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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 07:45

Hier en roulant, j'écoutais sur RMC les commentaires des auditeurs sur les résultats actuels des Françaises et des Français aux Jeux Olympiques, dans cette émission extrêmement « poujadiste » qu'anime Jean Jacques Bourdin, éminent fabricant d'opinion dominante. Bien évidemment, avant que les deux frères partisans de la lutte finale, employés de la RATP, renflouent les réserves d'or de la banque olympique hexagonale, les intervenants sur l'antenne se répandaient en constats dignes des comptoirs des bars du sport. On le sait depuis belle lurette, il y a forcément un entraîneur et un sélectionneur qui sommeillent en chaque auditeur. Bien évidemment, ce duo se réveille dès que les résultats ne sont pas à la hauteur de l'événement... pour empiler les « si » ou les « mais » permettant d'affirmer que la France file du mauvais coton.
Les modérateurs de la matinée en ajoutent une couche dans le genre : « je ne dis rien, car ce n'est pas mon rôle, mais Jeannot, vous n'avez pas tort... ». Les interventions exposent des solutions à dix balles, et plus encore, se lamentent sur les méthodes françaises, qu'il faut nécessairement... réformer ! C'est Nicolas Sarkozy qui va enfin jubiler : les réformes... les réformes... les réformes ! Enfin ces J.O. vont ouvrir l'esprit de ces gens obtus qui n'ont pas encore compris que ce mot reste la clé de l'avenir. Dans le fond, plus les résultats seront mauvais, et plus sa théorie politique permanente, dénuée de toute efficacité sur les événements se justifiera.
D'ailleurs, très vite arrive sur l'antenne le Géo Trouve-Tout des Olympiades. « Moi, je pense (NDLR : très important) que les (NDLR : en cas de victoire, ce fut « nos ») sportifs reflètent la nullité de l'enseignement du sport à l'école. Il faut une nouvelle organisation de la journée scolaire. Prenons modèle sur les Etats Unis et le système anglo-saxon... » Nous y voilà enfin !
L'histoire étant un éternel recommencement, pour celles et ceux qui ont un zeste de mémoire, le serpent de mer du sport à l'école revient toujours à la surface. Il n'y a jamais eu de palmarès des J.O catastrophique qui n'ait pas débouché... sur une remise en cause du sport à l'école. Il en faut davantage... Il doit devenir une priorité scolaire... Il faut des piscines, des gymnases, des pistes, des terrains, des vélodromes, pour que la jeunesse de France devienne conquérante et reine du monde. La recette ne varie pas depuis que les compétitions sportives existent. Et sur RMC, hier matin, elle était seulement accommodée à la sauce chinoise. L'auditeur, soutenu par ses pairs, ressassait une rengaine qui se pose dans tous les esprits. Si les escrimeurs chutent, si les chevaux s'enlisent, si les cyclistes ne tournent pas rond, si les judokas se plantent, si les boxeurs vont dans les cordes, ne cherchez pas, docteur : ce n'est pas de la faute à Voltaire, mais de la faute à l'école ! Dites-moi un peu, dans notre société, quel échec n'est pas de la faute à l'école, publique de préférence. On ne fait pas asez de sport à l'école. pas assez d'escrime, de boxe, de judo, de vélo, de football, de rugby, de pétanque ou de bilboquet!
LES REFORMES REALISEES
Bien évidemment, personne n'a évoqué, dans le talk-show de RMC, autre chose que des poncifs. C'est tellement rassurant pour l'animateur et les auditeurs, puisque tout n'est fait que pour renforcer de pseudos certitudes. Par exemple, à propos du sport à l'école, je suis étonné que pas un seul appel n'ait fait référence... à la suppression de 26 000 postes dans l'Education nationale sur deux années scolaires.
Pourquoi diable pas un seul commentateurs de comptoir n'a rappelé qu'à la prochaine rentrée, il y aura des centaines d'heures d'éducation physique et sportive non assurées, et les fédérations du sport scolaire (USEP, UNSS...) verront le nombre de leurs responsables commencer à diminuer, comme dans tous les mouvements périscolaires. Si ça, ce n'est pas de la réforme ! Peut-être aurait-il fallu rappeler que les enseignants  «survivants » du « génocide » des fonctionnaires ont été très nombreux à condamner, dans l'indifférence quasi générale, les nouveaux programmes que leur Ministre a imposé.
Il a déjà taillé dans les horaires dévolus aux matières réputées « accessoires » pour les parents. On en avait tant parlé ! On nous l'avait tant promise ! Et voilà que ... exit la quatrième heure dans le temps scolaire ! Exit la référence à une pratique régulière de l'EPS dans les nouveaux programmes ! L'école ne doit plus désormais que 3 heures de sport par semaine aux enfants qui lui sont confiés, au lieu de 4 : si ce n'est pas une autre réforme positive pour les résultats aux futures olympiades, c'est à n'y rien comprendre !
Dans les collèges et dans les écoles, le gouvernement tente de transférer aux collectivités locales la responsabilité de l'enseignement sportif. Il n'a pas attaqué de front, mais plus discrètement, par l'accompagnement scolaire, qui va satisfaire les familles quand il sera mis en place, puisqu'il prétend  "occuper"  davantage les enfants.
TRANSFERT DEGUISE
Les enseignants les plus lucides ont pourtant dit et répété qu'ils veilleraient à ce que l'« accompagnement scolaire » ne vienne pas se substituer à l'EPS mais, au contraire, participe du sport scolaire. Dans les collèges notamment, le gouvernement cherche à contourner la réglementation en organisant un « accompagnement pédagogique » qui intègre des activités sportives ou artistiques (démarrage dès la rentrée 2008). Des profs  "volontaires"  sont censés les encadrer (en heures supplémentaires uniquement, vu le nombre de suppressions de postes annoncé), mais la manœuvre du gouvernement est bien d'inciter les établissements et les collectivités locales à recourir à des intervenants extérieurs, précaires et sous-payés. Certains professeurs ont perdu des jours de salaire pour dénoncer cette supercherie, mais... qui les a entendus ?
La baisse « préventive » des postes aux concours dans ces matières confirme cette stratégie. Avant la prochaine olympiade, il y a fort à parier que leur nombre aura baissé de 20 à 30 % car, à terme, il s'agit d'une volonté de faire disparaître ces matières de l'enseignement « de base », avec pour l'Etat deux avantages : prise en charge par les collectivités locales, et précarisation et moindre coût des enseignants. Il y a mieux : les prochains échecs seront imputés aux élus locaux qui n'auront pas mis assez de cœur à l'ouvrage pour mettre en œuvre dette divine réforme !
Ce ne sont pas des discussions prophétiques sur les ondes de RMC, mais des réalités sarkozystes de la... prochaine rentrée ! Qui me fera croire que les parents des élèves vont aller défiler dans les rues pour sauver le sport scolaire de la ruine qui le menace ? ils sont satisfaits : les jours de grève, leur progéniture aura gym grâce au service minimum ! Qui dira haut et fort que l'on ne peut pas à la fois demander à l'école d'améliorer les savoirs, et d'éduquer à la citoyenneté, au sport, aux arts... dans une période où on taille au bistouri dans le nombre des enseignants sur le terrain ? Qui dira que le nombre de médailles ne reflétera que l'état du mouvement sportif en France ?
LES TRUCAGES BUDGETAIRES
Mais diable, pourquoi personne ne souligne que la première mesure du président de la République aura été de faire disparaître le Ministère « autonome » de la Jeunesse et des Sports ? Pourquoi ne demande-t-on pas les raisons qui ont conduit à dissocier "Education" et "Sport", en rattachant l'intellectuel Laporte au Ministère de la... Santé ? Etait-ce la meilleure manière de rapprocher l'école du sport ? Pourquoi en cette période olympique ne parle-t-on pas du budget que consacrera en 2008 notre pays, si avide de succès, à la jeunesse et aux sports ? Le budget « Jeunesse, Sport, Vie associative » a été annoncé à 1,048 milliard d'euros, soit... 0,38 % du budget de l'Etat, très loin des 3 % promis par le candidat président. Mais qui s'en souviendra au moment du retour de la terre chinoise promise aux médailles ?
Comme tous ses prédécesseurs, le Ministre a affiché sa satisfaction, à la présentation de son budget, en faisant état d'une augmentation de... 2,7 % (27 millions d'euros par rapport à 2007). Encore une fois, ce ne sont que des apparences, et un honteux trucage pour supporteurs sans recul. En effet, comme pour tous les budgets précédents, depuis des décennies, le discours masque la réalité des chiffres annoncés, car l'augmentation provient du Centre National de Développement du Sport (CNDS), lié au prélèvement sur les gains de la Française des Jeux (+ 30 millions d'euros). Ce qui veut dire que le budget de l'Etat aura reculé en fait de... 3 millions. De plus, le budget de cette année olympique aura intégré le Plan National de Développement du Sport, qui cessera en 2009, soit 68 millions d'euros qui vont disparaître l'an prochain ! Plus un seul euro pour les équipements sportifs collectifs : Jeunesse et sports sont aux financeurs absents avec des crédits inexistants!
Comment vont être financées les activités sportives optionnelles, annoncées dans les écoles entre 16 et 18 heures ? Des compétences sportives nouvelles seront-elles déléguées aux communes, comme cela a été évoqué, afin qu'on les accuse ensuite, comme l'a fait M. Woerth, d'être trop dépensières et d'augmenter leur fiscalité ? Est-ce en additionnant des financements issus de différents niveaux territoriaux que le président et sa ministre comptent respecter la promesse des 3 % ? Dans le fond, les françaises et les Français, désolés de cette scoumoune qui semble s'abattre sur les Olympiades de l'ère Sarkozy, ne veulent pas le savoir... Le mirage doré des médailles s'évanouira, et la France de l'opinion dominante continuera à refaire le monde devant un « jaune » au comptoir. D'ailleurs, attendez la fin des J.O., il y aura bien un sondage pour le confirmer : satanée école publique, elle nous aura ridiculisés une fois encore ! Virons tous les enseignants, et tout ira mieux. Ce sont eux qui vous le disent sur RMC !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

annie PIETRI 14/08/2008 22:45

Je ne vois vraiment pas comment le sport à l'école, tel qu'il a toujours été pratiqué, pouvait faire naître des vocations de sportifs. Les enfants qui avaient le goût des activités sportives, et qui possédaient des capacités particulières pour un sport ou un autre, révélaient leurs aptitudes au sein d'un club sportif, où leurs ainés décelaient et cultivaient leurs dons.Il est certain que la réduction du nombre d'enseignants, et du nombre d'heures consacrées au sport ne favorisera pas l'éclosion de vocations, mais il serait quand même un peu abusif, et même scandaleux, de faire porter au système éducatif la responsabilité des échecs aux jeux olympiques.....Une absence de crédits, un secrétaire d'état aux vues ultra-courtes, sont des motifs beaucoup plus convaincants pour expliquer les échecs en série....

Nade 14/08/2008 11:58

Bonjour,je ne vous connaissais pas et un ami m'a indiqué votre blog, je viens de vous ajouter à mes favoris pour vous lire régulièrement, continuez à analyser et à démontrer que dans notre politique actuelle, une seule chose compte, c'est le martelage quotidien d'une propagrande d'un pouvoir de droite voire d'extrème droite sans aucune vision d'un avenir commun pour les français ou ceux qui vivent en France.En l'espace d'un an, cet homme inculte, mal élevé, violent, cynique, menteur a réussi à monter les plus petits les uns contre les autres, au lieu de faire bloc contre cette destruction totale des acquis sociaux,contre cette volonté de briser "le vivre ensemble", contre le fait que les plus aisés amassent encore plus de jour en jour un pactole indécent, contre le fait d'accuser les malades de leurs maladies et de leur faire payer, contre le fait de stimagtiser les chomeurs (ils se virent eux mêmes de leurs entreprises) bref, ces français là me donnent la nausée, il faut enlever du fronton de nos édifices publics la devise de notre pays, car maintenant elle ne représente plus rien, tous les jours, chaque mot est bafoué par ceux qui nous gouvernent et malheureusement, même si certains dénoncent ces faits, la plupart des journalistes ne veulent ou n'osent prendre le risque de s'attaquer à cette oligarchie financière qui a pris le pouvoir.