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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 09:53

Vive la Chine. Quel beau pays que la Chine. On peut y truquer sans problème la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, continuer à mépriser les droits de l'Homme, censurer les informations qui déplaisent, mettre en garde l'ex-sanctuaire des Droits de l'Homme, éclipser une conflit armé majeur et... occulter toutes les difficultés sociales du monde par des médailles plus ou moins dorées. En plus, elle rend service aux autres nations en mobilisant toute l'attention sur « ses » J.O., permettant ainsi durant ce long week-end insouciant du 15 août d'augmenter le prix de l'électricité et du gaz, et de publier les pires données économiques depuis des décennies. Tous ces repères politiques catastrophiques, significatifs d'un échec total du libéralisme triomphant, se noient, par exemple, dans les tourbillons d'un 100 mètres nage libre. La France pourra « revivre » avec... désormais deux vedettes : une reine du show-biz devenue première dame et un gendarme nageur, plus rapide dans son bain que tous les autres baigneurs de la planète. Pour le reste, on verra bien en regardant le compte en banque que l'on a encore fin août, car hier, dans n'importe quel autre contexte, on aurait sonné le tocsin ! Il y a belle lurette que le pays n'a pas été dans une situation globale aussi catastrophique. Mais dans le fond, même si le pain a augmenté, les jeux suffiront à faire remonter la cause vacillante d'un président d'une République en déliquescence.
La France ressemble en effet au Titanic, dans lequel l'orchestre continue de jouer, les tables du casino de fonctionner, les « pilotes » de se congratuler, alors que l'iceberg est en vue. Et les citoyens passagers, fascinés par les flonflons et les affirmations des « ingénieurs » sur le caractère insubmersible du bateau, continuent à danser dans les campings, à bader leur télévision mirage, et à siroter un petit jaune avec leurs amis sur une table de jardin. Plus personne ne bouge. On se cloître sur le slogan « maison, télévision, gazon » avec l'espoir que le repli sur le cocon préservera de la pire des métamorphoses, celle qui transforme et ne permet plus d'accéder aux rêves des papillons, attirés par la lampe de la consommation. La situation présente tient de celle qui précède l'arrivée d'un ouragan. Tout le monde se calfeutre dans son univers, faute de moyens pour se protéger, apeuré par un avenir dévastateur. La seule ouverture sur la réalité vient de Chine... où les désillusions succèdent aux désillusions, éclipsées par une ou deux réussites individuelles présentées comme des triomphes.
En ce mois d'août, avant la rentrée, nous avons reçu le bilan de santé de la France réelle. Une analyse sur dix points déterminants pour la suite. Tous sont dans le rouge. Absolument tous. Or le Président de la Principauté de Brégançon persiste à taper la bronzette et à aller donner des leçons à Poutine, qui n'en a rien à cirer, car il sait fort bien que Traité ou pas, l'Europe des Peuples n'existe pas. Faible, disparate, anémiée, introvertie, cette Europe exclusivement préoccupée par la libre concurrence économique génératrice de profits financiers accrus, ne va pas tarder à s'occuper de son Président actuel, dont le pays ne respectera aucune des règles édictées.
RECESSION INAVOUEE
Hier, le PIB français a reculé au deuxième trimestre pour la première fois depuis fin... 2002 (qui était au Ministère de l'Economie ?), conséquence du ralentissement économique mondial, ce qui met à mal les prévisions de croissance du gouvernement et alimente les craintes d'une récession. Le produit intérieur brut du pays s'est abaissé de 0,3%, selon une première estimation de l'Insee, qui avait été vivement tancé par les Ministres pour le pessimisme de ses prévisions il y a quelques mois. Les économistes interrogés attendaient une hausse de 0,2%. La croissance du premier trimestre a par ailleurs été revue en légère baisse, à +0,4%. Enfin c'est, quel que soit le montant définitif, un signe alarmant de récession qui constitue la cerise sur un gâteau empoisonné. Ne le cachons pas, le risque d'une récession est désormais très grand pour l'économie française, prévient un spécialiste renommé. La dégradation du PIB tient surtout au plongeon de l'investissement des ménages et des entreprises, qui prennent de plein fouet la baisse du pouvoir d'achat. Et malgré un déluge d'effets de manche ministériels sur les chiffres du chômage, artificiellement diminués, la vérité de ce chiffre du PIB repose sur...une diminution de 0,1% de l'emploi... salarié, et le creusement du déficit commercial.
En effet, la balance commerciale enregistre un déficit des échanges qui s'est encore alourdi en juin. Selon les chiffres des douanes, il s'est établi à 5,64 milliards d'euros pour juin et se monte à 24,4 milliards d'euros sur les six premiers mois de l'année (15,8 milliards au premier semestre 2007). De quoi envier l'Allemagne qui, pour le seul mois de juin, affiche un excédent commercial de 19,7 milliards d'euros ! Second indice qui mettrait un gouvernement, non idéologiquement bloqué, en alerte rouge.
Le troisième repère angoissant concerne le déficit budgétaire de l'Etat français qui continue à se creuser. Il s'élevait à 32,8 milliards d'euros au 30 juin (30,5 milliards en 2007 à la même date), suivant les chiffres donnés par le ministère du budget. On est loin, très loin, des rodomontades présidentielles, car bien évidemment, toutes les exonérations accordées aux plus nantis manquent désormais cruellement à l'appel. Même Johnny, toujours réfugié en Suisse, supporteur inconditionnel de Nicolas Sarkozy, n'a jamais cru à ces promesses puisqu'il n'est jamais revenu dans cette France prospère du garant du pouvoir d'achat !
INFLATION DESASTREUSE
Le reste des résultats de l'analyse est tout aussi catastrophique, mais comme personne ne regarde la feuille récapitulative, la gravité de la situation échappe aux non-spécialistes. Ils constatent pourtant que, malgré des soldes extrêmement décevants sur le plan économique, l'inflation reste la plus élevée depuis 17 ans. Les prix à la consommation en France ont certes diminué de 0,2% comparé à juin, mais ont toujours enregistré une progression annuelle de... 3,6%, soit le niveau record depuis... juillet 1991. En juillet, la diminution des prix à la consommation s'explique notamment par une baisse mensuelle de 9,5% des prix de l'habillement et des chaussures, en raison des soldes d'été. Les prix de l'énergie progressent de 18, 5% sur un an, alors que ceux des produits alimentaires sont en hausse de 6,4% et, depuis hier, l'électricité (+2%) et le gaz (+5%) annoncent un hiver douloureux pour les ménages. La machine infernale ne va pas s'arrêter de sitôt ! Une catastrophe se prépare avec un effet ciseau : hausse des prix, précarité des revenus et endettement plus cher, en raison des taux révisables choisis pour les emprunts immobiliers. Le mélange est détonnant ! Résultat immédiat : la consommation s'effrite, or c'est le principal moteur de la croissance française : la consommation des ménages. Un moteur en panne, depuis que les Français compriment leur budget loisirs ou alimentation pour faire face à leurs dépenses immobilières et à l'envolée des prix de l'énergie.
Les commerces ressentent depuis plusieurs mois le phénomène : leur chiffre d'affaires a baissé sur la période de mars à mai. Un recul qui se serait poursuivi en juin, et qui débouchera en octobre et en novembre par des licenciements ou des chutes d'entreprises fragiles, et donc une hausse irrémédiable du chômage.
LE PIRE ARRIVE
Encore un mauvais point : le moral des ménages. Dans le public comme dans le privé, le pouvoir d'achat est en repli. Le salaire mensuel de base - hors indemnités diverses et heures supplémentaires - a progressé de 2,7 % sur un an à la fin mars, alors que, sur la même période, les prix ont dérapé de 3,2 %. Les heures supplémentaires défiscalisées n'ont rien changé à cette réalité. Un pouvoir d'achat qui se rétracte, ce sont des budgets familiaux poussés à de plus en plus d'arbitrages. C'est aussi l'un des éléments qui plombent le moral des ménages.
Au-delà des chiffres, voilà qui explique une bonne part du cancer qui semble ronger l'économie française à quinze jours de la rentrée. Le recul de 2,9 % de l'investissement des ménages signifie, lui, la fin de l'investissement dans l'immobilier. Or, ce secteur a été l'un des gros contributeurs à la croissance française depuis 2003, en amont avec la construction de nouveaux immeubles mais aussi en aval, avec les achats d'équipements des ménages.
Le bilan de santé suggère donc que le logement et la construction resteront mal orientés dans les prochains mois, ce qui aura des incidences sur le marché de l'emploi, très dépendant du BTP, et pourrait faire basculer la France dans une spirale de baisse du moral des ménages sur fond de remontée du chômage. Avec un acquis de croissance de seulement 0,9 % fin juin, les chances d'atteindre la fourchette fixée par le gouvernement sur l'ensemble de l'année, entre 1,7 % et 2 %, sont plus que minimes. Nombre d'économistes parient désormais sur un chiffre à peine supérieur à 1 %. Ce qui aura de lourdes conséquences au plan budgétaire et rend plus compliqué encore l'objectif de ramener les déficits publics à 2,5 % du PIB en fin d'année. Et ce n'est pas... le poids de l'or ramené de Beijing qui va modifier la donne.
En fait, le Sarkozysme se résume dans la méthode Coué, puisque personne ne s'affole ou ne doute un seul instant du bien-fondé des pseudos réformes mises en œuvre. Un chiffre auquel « on s'attendait », et qui «n'est  pas bon », a concédé la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. Avant d'ajouter, volontariste : « Il serait totalement inexact de parler de récession». Il serait totalement fallacieux de ne pas en parler, puisque le troisième trimestre se présente sous des auspices très alarmants annoncés ci-dessus . Heureusement, elle va avoir le temps de travailler, car... c'est bien la seule ministre qui n'a pas demandé audience au dalaï-lama. Par conviction, elle ne peut sauver la France de la récession qu'en allant en pèlerinage à Lourdes. Ils vendent des médailles pas chères, et le dopage à l'eau de la Grotte est indécelable.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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