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Texte Libre

LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 07:59

Durant des siècles, les exécutions capitales drainèrent des milliers de curieux ou des déchaînés de la vengeance dite populaire. On jouait sur l'exemplarité supposée de la sentence, et le spectacle était proposé aux gens de toutes origines afin qu'ils puissent avoir peur. En fait, on n'a jamais démontré la véracité de ce principe de l'exemplarité du spectacle proposé. Une exécution capitale au Moyen Age est déjà un spectacle d'une rare intensité et extrêmement attendu par la foule. C'est un grand moment de la vie médiévale, d'autant plus qu'elle est rare. Une fois la sentence de mort prononcée, l'exécution capitale a lieu de façon quasi immédiate, et elle se déroule en suivant un rituel très strict. Le mode d'exécution varie selon le statut social ; en général les nobles sont décapités, avant d'être pendus, et ils gardent effectivement leurs vêtements distinctifs, fourrures et éperons, alors que les roturiers sont déshabillés et pendent, en chemise, au gibet. Le mode d'exécution capitale varie aussi selon la nature du crime commis.
Les auteurs de meurtres sont traînés sur une claie avant de subir la pendaison qui, en général, est réservée aux larrons. Les criminels de lèse-majesté sont décapités. En revanche, les faux-monnayeurs sont en principe bouillis dans un grand chaudron, les sorciers et sorcières, comme les hérétiques, sont brûlés, les auteurs de crimes sexuels comme la bestialité, l'homosexualité ou l'inceste. sont aussi brûlés. Les femmes sont plus facilement enfouies, vivantes, dans une fosse au pied du gibet ou brûlées comme les hommes, mais certaines peuvent aussi être pendues.
La peine de mort la plus répandue est la pendaison, à laquelle n'échappent pas ceux qui sont décapités, y compris quand une partie de leurs membres restent fichés sur des lances, pour être présentés sur des places publiques ou aux portes de la ville. Ce qui subsiste de leur corps est pendu au gibet, où il est parfois mis en sac.
Le cheminement vers le lieu d'exécution et l'exécution elle-même sont l'objet d'une cérémonie dont tous les moments ont un sens. La rue qui conduit au supplice est, dans chaque ville, toujours la même et elle doit être peuplée par un abondant public : le cortège passe donc de jour, à une heure d'activité, si possible un jour de marché, afin que tout le monde puisse en profiter.
La foule peut aussi être sollicitée lors des arrêts du cortège, en général aux carrefours, pour insulter le condamné ou lui jeter des pierres et de la boue. Le condamné est mis dans une charrette, la charrette d'infamie qui est aussi celle des ordures. Au moment de l'exécution, un responsable de la justice crie l'acte d'accusation au peuple qui l'écoute. Puis le bourreau fait son office. Les gestes et les cris qui scandent ces cérémonies ont un sens symbolique. La peine doit prendre une valeur exemplaire, et le pouvoir affirme ainsi sa force. Il manifeste aux yeux de tous qu'il peut être pouvoir de mort. Et le roi lui-même disait qu' on ne punit pas le malfaiteur pour le méfait mais pour l'exemple.
Enfin, à partir du XVI siècle, l'éclat des supplices devient un spectacle terrorisant, en particulier quand il s'agit de lèse-majesté. D'ailleurs les gibets, placés en dehors des villes et à proximité des murailles, ont un effet dissuasif. La foule est donc là pour prendre exemple et, parce qu'elle est terrorisée, pour être dominée. Mais la foule est aussi là pour participer à l'exécution et sa présence est nécessaire à l'accomplissement de la peine. Elle est témoin de l'infamie qui, peu à peu, au cours du rituel judiciaire, rejette le condamné hors du monde des vivants, l'exclut comme inutile au monde et irrécupérable. On sait fort bien que ces pratiques ont perduré jusqu'à il y a un peu plus de 79 ans, avec le même succès !

UN GOUT PRONONCE POUR LE SANG
En raison du comportement scandaleux des spectateurs lors de l'exécution capitale d'Eugène Weidmann le 17 juin 1939, le président de la République Lebrun interdit les exécutions publiques dès le 29 juin, pour la sanction appliquée à Jean Dehaene. Weidmann doit être guillotiné , le 17 juin, à l'entrée de la prison de Versailles par le bourreau officiel de la République. L'exécution se déroule dans des circonstances très particulières. Une erreur (peut-être délibérée) cause un retard de 45 minutes dans l'exécution. Le soleil est déjà bien haut dans le ciel quand Weidmann parait aux yeux de tous, ce qui permet à des journalistes de prendre la plus importante série de photographies d'une exécution capitale. De plus, la foule qui assiste au « spectacle », parvient à déborder le service d'ordre, et certaines personnes se précipitent au pied de l'échafaud pour tremper leur mouchoir ...dans le sang du supplicié. On tombe dans le terrible, dans le comportement irrationnel, dans les plus bas instincts pouvant animer la nature humaine.
C'est ainsi qu'Eugène Weidmann est entré dans l'histoire de la justice française comme le dernier guillotiné en public. Le gouvernement s'émeut de ces désordres, et le 24 juin, le président du Conseil Edouard Daladier promulgue un décret-loi abolissant les exécutions capitales publiques. Désormais, les condamnés à mort seraient exécutés dans l'enceinte des prisons, à l'abri des regards de la foule, en attendant la suppression définitive de la peine de mort. L'ultime montage de la guillotine fut effectué dans la prison des Baumettes à Marseille le 10 septembre 1977 pour l'éxécution de Hamida Djandoubi.

DECLINAISON DE FOIRE
Il manque apparemment de tels spectacles « formateurs » à la jeunesse française, puisque les forains tentent d'exploiter un filon vieux comme le monde. On a vu arriver sur les foires aux attractions une nouveauté qui atteste que le ventre de la bête immonde est toujours fécond. Un mannequin en latex, dans un grand parallélépipède de verre illuminé de néons bleuâtres, simule le condamné perpétuel. Lors de « l'exécution à l'américaine » c'est à dire par chaise électrique, ce mannequin, actionné par un vérin hydraulique synchronisé, pousse des cris, se contorsionne, de la fumée sort de ses chaussures, puis sa tête retombe. Avouez que ce type d'animation payante en donne pour son argent.
Au Moyen Age, personne n'avait eu l'idée de faire payer ! Des forains ont pourtant fortement misé sur cette attraction phare pour l'ouverture de la fête foraine du Bois de Boulogne, prévue à partir du 30 août, mais la vive polémique et la Mairie de Paris peuvent avoir raison de cette attraction pour le moins douteuse. Stéphane Camors avait importé des Etats-Unis une attraction « chaise électrique » pour 10.000 dollars. Déjà interdite à Milan puis à Fréjus, cette attraction risque de ne pas être installee à Boulogne pour la Fête à Neu Neu. Bertrand Delanoe ayant demandé au Préfet de ne pas accorder d'autorisation pour cette attraction, on attend le positionnement des autorités, mais il est inimaginable que l'on continue à espérer faire du fric avec une telle offre.

TOUT EST EXPLOITABLE
Les spécialistes de la foire du Trône pourraient imaginer une réplique de la guillotine pour couper des cous en matière plastique ou mieux, pour trucider des animaux divers et variés. Les spectatrices et les spectateurs repartiraient avec une fiole de sang numérotée. Pourquoi ne pas relancer la culture du gibet en Place de Grève ? C'est peu coûteux, mais en série ça pourrait avoir de la gueule ! On imagine le succès qu'aurait le garrot, car il aurait l'avantage de faire durer la démonstration. Et il est certain qu'une bonne crucifixion avec distribution des morceaux de la couronne d'épines drainerait les foules. Pour le profit, il n'y a plus aucune limite à l'exploitation de la bêtise humaine. La société est entrée dans le virtuel.
Les jeunes en viennent à ne plus faire véritablement la différence entre le réel et sa représentation. Les simulations se rapprochent tellement de ce qu'ils croient savoir de la réalité qu'une sorte de translation s'effectue en permanence. La mort sous tous ses aspects n'a plus aucun sens, puisqu'elle se finit, dans les jeux vidéo, par un résurrection permanente. L'électrocuté des foires est éternel, laissant l'impression que sa disparition n'a pas de conséquences sur son existence. Qu'une brochette d'affamés de sensations fortes se présente, et en quelques secondes la démonstration repart, banalisant au maximum un acte d'une extrême gravité.
La firme écossaise Traffic Games a lancé une mouture virtuelle de l'assassinat de Kennedy. L'équipe de développement n'avait rien d'autre que du respect pour l'ancien président, et avait également envoyé une lettre au Sénateur pour l'avertir de son projet. Techniquement parlant, elle met en avant la thèse selon laquelle il n'y a eu aucun complot, ce seraient en tout cas les convictions profondes du personnel qui a travaillé sur le projet. Le but du jeu est de tirer trois fois sur le président dans son véhicule et vous incarnez, en toute logique, Lee Harvey Oswald, l'assassin présumé. Toucher les vrais points d'impact dans le bon ordre et le bon temps donne des points supplémentaires, alors que tirer par exemple sur sa femme Jacky vous en enlèvera. Les séquences de tirs peuvent être ralenties tout en décalant les angles de caméra et les balles peuvent être suivies dans leur voyage jusqu'à les voir entrer dans le corps du défunt président. On nage au cœur du bon goût mais ce n'est qu'une question... de rentabilité !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

DSB 25/08/2008 21:24

Tout est consommable, il n'y a ni valeur ni respect dans notre société : quel dégout!

D'JEFF 25/08/2008 14:25

Tout à fait d'accord, c'st ignoble et répugnant. Je n'en avais pas cru mes yeux en voyant cette info à la télé ...Mais les hommes sont capables de tout ... pour le fric, ou tout simplement par bêtise ! ! !de même les multiples "jeux" sur internet ou sur consoles ou il s'agit de battre son record en étant le plus violent possible ... quelle humanité sommes nous en train de préparer ???

herbien 25/08/2008 09:37

si vous aimez les éxécutions bien sanglantes si possible précédéesd'un peu de torture allez à la CORRIDA