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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 23:17

La rentrée verra, maintenant c’est une certitude, Nicolas Sarkozy remonter dans les sondages et, avec le retour de quelques symboles qui lui éviteront de parler des réalités, faire oublier la rentrée scolaire et son service minimum, la présidence européenne, le retour à une guerre froide larvée autour des territoires clés pour la maîtrise des flux énergétiques, la mort des soldats français en Afghanistan et les hommages sentant le patriotisme exacerbé, et le PS qui va poursuivre son autodestruction : tout concourt à ce que le Président de la République surfe sur l’événementiel pour revenir sur les rivages ensoleillés de la popularité. En fait, la technique du " symbole " va continuer à envahir le monde politique français, afin que l’on oublie l’échec quotidien de toutes les réformes concrètes décidées par un gouvernement qui n’a jamais, dans l’histoire récente, eu autant  mauvais indices à gérer. La cellule de communication élyséenne va tourner à plein régime, non pas pour résoudre les indéniables difficultés constatées, mais simplement pour construire une opinion dominante autour de quelques mesures phares.

Par exemple, on doit rêver qu’arrive rapidement une grève dure des enseignants, afin que les parents constatent le bien fondé du système inapplicable que le " sous-commandant Darcos " a mis en place. Pourvu qu’il y ait suffisamment de grévistes pour que les communes soient obligées de se substituer à l’Etat et que, si elles le refusent, le ministre puisse les mettre en opposition avec les familles, persuadées du bien-fondé d’un système mettant à mal le caractère national de l’Education.

La cellule communication doit déjà plancher sur une intervention de Nicolas Sarkozy dans le 20 heures de la belle Ferrari. Elle interviendra avant la rentrée parlementaire, de telle manière que soit magnifié le dernier symbole de l’efficacité présidentielle : la mise en place du revenu de solidarité active. En fait le RSA en lui-même n’intéresse pas l’opinion dominante, puisque tout ce qui ressemble à ce que la Droite appelle, depuis des années et des années, de l’assistanat, est condamné par l’électorat sarkozyste. C’est justement sur cette opposition que va s’appuyer le Président pour se construire une image nouvelle de chef de guerre, une sorte de Clémenceau, négligeant les mécontentements de son camp au nom de la bataille à mener.

Le RSA ne pouvait pas s’appuyer sur un financement classique, car il aurait eu le double désavantage de mécontenter son électorat de base et de mettre en cause le discours sur la nécessité de baisser les déficits ! Alors, on a inventé la mesure qui tue : la taxation du capital ! Quel symbole pour celui qui a tué toute forme de solidarité possible via le paquet fiscal, fait justement pour ceux qui détiennent la richesse du capital ! Toute la communication gouvernementale va tourner autour de ce choix purement théorique car, dans les faits, on sait déjà qu’elle ne financera pas le RSA, à moins de réduire à sa plus simple expression ce processus de solidarité.

INTERDIT DE CRITIQUER

Le Revenu de Solidarité Active sera financé par une taxe assise sur les revenus du capital. Ce mode de financement cloue le cercueil de tout débat sérieux sur ce mécanisme d'aide aux plus pauvres ; prendre aux riches pour donner aux nécessiteux, tout en incitant ces derniers à travailler et à se réinsérer ainsi dans la société, qui peut oser être contre ? Pas grand monde, si l'on en juge par l'unanimité de la classe politique et des commentateurs de la mesure. La Gauche est restée médusée par une audace qu’elle n’aurait même pas envisagée. Que n’aurait-elle entendu si elle avait osé s’attaquer à ce symbole ? Effondrement du CAC 40 ! Menace de fuites des capitaux ! Catastrophe annoncée pour les investissements !

Certaines voix discordantes se font entendre, remarquant par exemple que le bouclier fiscal protégera les plus hauts revenus de ce financement ; mais ces critiques sont noyées d’avance dans le vocabulaire employé. "Taxer le capital", "aider les pauvres" et "réinsertion", contiennent une telle charge émotionnelle qu'il devient impossible de critiquer le mécanisme sans se voir immanquablement, entre autres amabilités, traiter de suppôt du patronat, dépourvu de compassion. C'est dommage : car l'un des principes de base de l'économie, c'est que les choses ne sont souvent pas ce qu'elles semblent être – et le RSA et son mode de financement ne font pas exception.

Qui paiera la taxe sur les revenus du capital servant à financer le RSA ? Spontanément, on se dit que ceux qui paieront la taxe sont ceux qui y sont assujettis, c'est-à-dire les gens qui perçoivent des revenus du capital, à l'exception de ceux qui reçoivent de tels revenus et qui, pour une raison ou une autre, sont exonérés (les livrets A, ou les bénéficiaires du bouclier fiscal). Mais cette réponse immédiate néglige les règles de base propres à l'analyse économique de l'incidence fiscale,

UN COUT SOUS- ESTIME

De fait, cette mesure destinée à fournir un complément de revenu aux 3,7 millions de ménages les plus pauvres s'ils reprennent un travail, coûtera 1,5 milliard de plus que le système actuel qu'elle remplace, à savoir le RMI (revenu minimum d'insertion) et l'allocation de parent isolé (API) pour les plus de 25 ans.
Or, le président Sarkozy a assuré, à l'occasion de son discours en Mayenne jeudi, que " l'Etat prendra ses responsabilités. Ce ne sont pas les déficits qui financeront la réforme. Je (sic) financerai ce nouveau RSA en créant une surtaxe de 1,1 point à la contribution sociale de 2% sur les revenus du patrimoine et des placements", a-t-il expliqué.
L’imposition des revenus du capital s’élèvera donc désormais à 30,1%: 18% au titre de l’impôt, et 12,1% au titre des taxes dites "sociales": Contribution Sociale Généralisée (8,2%), Contribution au remboursement de la dette sociale (0,5%), prélèvement pour la Sécurité Sociale (2%), Contribution additionnelle au prélèvement social (0,3%) et, à partir de juillet, Contribution au financement du RSA (1,1%). Sont concernés par cette nouvelle taxe sarkosiste les revenus de l’assurance-vie: 12 millions de souscripteurs ont placé 1.200 milliards d'euros sur ces contrats , les revenus d’actions: 6,5 millions de Français sont actionnaires, mais sans doute beaucoup plus, si on prend en compte les Sicav actions, détenues en direct ou à travers l’assurance-vie ; les revenus fonciers: la France compte environ 4 millions de propriétaires-bailleurs. Environ 40 % des agriculteurs et des professions libérales en font partie. Seulement 7% des salariés. On va donc s’attaquer, en théorie, à l’électorat proche de l’Ump en sachant fort bien que jamais la taxation ne sera, dans les faits, opérationnelle. Les revenus qui sont exonérés : les revenus des livrets: 37 millions de Français détiennent un Livret A, sur lesquels ils ont accumulé plus de 130 milliards d’euros et les revenus d’obligations. Il faut préciser qu’environ 2 millions de Français détiennent des titres en direct, ce qui limite aussi l’impact des mesures !

LA SUBSTITUTION SIMPLE

Le symptôme de l’inutilité de ce mode de financement est révélé par la position des spécialistes des finances de l’Ump, et notamment du sénateur de l’Orne Jérôme Lambert. " Non. Je suis 100 000 fois pour ce dispositif. Je n’ai pas la moindre hésitation. Du reste, il y a dix ans, j’avais travaillé à la création d’un dispositif similaire, baptisé RMA (revenu minimum d’activité). Non, je trouve juste que Nicolas Sarkozy ait choisi un mauvais financement pour une bonne idée. Et il va donner une mauvaise image de la bonne idée. C’est-à-dire qu’il va faire payer des gens presque aussi pauvres que ceux à qui cette mesure est destinée. " Il n’est pas nécessaire de lever un nouvel impôt quand on gaspille l’argent de ceux qui existent déjà. L’argent est disponible : il est dans les comptes de l’Etat, de la Sécu…  1000 milliards d’impôts prélevés par an, c’est le montant le plus élevé du monde. Cela montre juste que ceux qui gèrent l’argent public n’ont pas la compétence ou le sérieux pour le faire " a affirmé celui qui veut remettre de l’ordre dans les finances publiques.
Il n’y va pas par quatre chemins quand il démonte le projet de Martin Hirsch et du gouvernement : " bien entendu, j’y perçois une forme de couardise idéologique, en réponse à la diabolisation de la loi Tepa par la gauche. Et s’en prendre au capital, c’est une façon d’expier ce péché. Sauf que Sarkozy impose la pénitence à ceux qui n’y sont pour rien : les petits épargnants. C’est l’épargne qu’il sanctionne sans s’en rendre compte. Il en vient à appeler à la contribution des gens qui vivent de leur modeste travail, parce que l’exécutif n’a pas eu le courage de faire le tri dans ces 1 000 milliards. Mes collègues de la majorité sont tous très furieux. Après, c’est toujours pareil : il y a ceux qui ont le courage de parler, et les autres ". Une parfaite synthèse de la gouvernance sarkoziste qui émerge sur un plan de communication destiné à contourner une Gauche prise au piège de principes mais pas des réalités.

L’ampleur du mensonge concernant le RSA ne sera jamais critiqué, puisque la Gauche avait elle-même suggéré pareille source de financement. Or ce dispositif est présenté comme la solution pour augmenter le revenu des travailleurs pauvres, alors qu'avec l’application du décret sur le train de vie, il va, au contraire,  exclure certains d'entre eux de  l’accès à un complément de salaire, mais aussi aux droits connexes afférents au statut de Rmiste. On sait avec certitude que la taxe sera facturée au consommateur pour éviter de sanctionner le capital, et comme le RMI supprimé est versé par la Conseil Général, on trouvera vite un financeur de substitution !

Mais je déblogue

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

E.M. 06/09/2008 15:33

@ Marc
Non, je ne suis pas seul, loin de là, à constater que la rentrée est catastrophique ! Va voir sur mon blog le dernier “article” si tu en a envie...
Par contre, nous ne sommes pas très nombreux à être dans l’action ! Oui, l’individualisme grandissant sur lequel surfe ton copain Sarko est très inquiétant !
Quant à Jean-Marie, il a œuvré excellemment pour obtenir la création d’une classe de maternelle cette semaine. Il n’a pas forcément eu trop de temps pour communiquer sur la rentrée...
Emmanuelli n’est pas n’importe qui ! Excuse moi de ne pas avoir honte de répéter ses discours... Nous avons beaucoup à apprendre de lui, même s’il n’est bien sûr pas exempt de tout reproche !
Au SNETAA Bordeaux, nous considérons qu’il est bon de continuer à enseigner, même si nous prenons des responsabilités qui augmentent considérablement notre temps de travail ! Suivant la fonction occupée, nous avons quelques heures de “décharges” qui sont toujours insuffisantes au regard de la charge des fonctions !
 
Marc, pour l’ORL, j’insiste ! ;-))

marc d Here 06/09/2008 13:34

Je vous sens bien seul, E.M., qui ne trouvez qu'Henri Emmanuelli (!), pour dire à peu près la même chose que vous...Bien seul vraiment, mais je ne savais pas que vous étie syndicaliste (permanent ou continuant à faire votre travail de prof?)...Je comprends mieux votre isolement maintenant...Bon courage!

E.M. 05/09/2008 18:03

@ Marc

Sureffectifs en collège : la sécurité dans les classes n'est plus assurée, affirme le département des Landes
 
Henri Emmanuelli, le président du Conseil général des Landes interpelle le recteur de Bordeaux par courrier aujourd'hui, 5 septembre 2008, quant aux risques pour les personnes que font courir, selon lui, les sureffectifs d'élèves dans les classes. Dix collèges des Landes sur 34 ont des divisions de plus de 28 élèves, soit au total 46 divisions, affirme le responsable landais. "Or, le département a mainte fois répété, y compris en Conseil départemental de l'Éducation nationale qu'aucun collège ne dispose de salles en surface et équipements suffisants pour recevoir autant d'élèves par classe" écrit-il. 
 
"Malgré ces informations et rappels, l'État a persisté dans sa volonté de dépasser les seuils de capacité des salles, passant de 28 à 30 élèves par division, "afin de pallier le manque de dotation en personnels enseignants dans certains départements" de l'académie de Bordeaux, poursuit l'élu socialiste, ajoutant que les services du rectorat ont sous-estimé les effectifs. "La rentrée a été préparée sur la base de 14 989 élèves alors que les principaux en annonçaient jusqu'à 15 280. À ce jour, 15 271 élèves ont effectué leur rentrée dans les collèges landais soit 510 de plus qu'à la rentrée dernière, près de 300 de plus que le chiffre avancé par le Rectorat et à une dizaine près le chiffre avancé par les chefs d'établissements", détaille le courrier au recteur Marois diffusé à la presse.
 
Pour le département, ce dépassement des seuils a deux conséquences. Les élèves "ne disposent pas d'équipement en suffisance pour l'enseignement" et "l'encombrement de personnes et de mobilier supplémentaire (...) par salle de classe ne permet pas d'assurer une sécurité normale pour les personnes". "Il appartiendra désormais à l'État responsable à la fois de la mise en situation dangereuse des élèves et des personnels et de la sécurité dans les établissements recevant du public, d'en assumer moralement et juridiquement l'entière responsabilité", conclut Henri Emmanuelli.

E.M. 05/09/2008 18:01

@ MarcJe suis responsable syndical en charge du département de la Gironde pour le premier syndicat de l'enseignement professionnel (SNETAA)... Et je te dis que cela s'est très mal passé ! Ce qui me chagrine, c'est surtout que des personnels et des élèves vont souffrir des conditions dans lesquelles ils vont devoir travailler... Pour le reste...Marc, es-tu allé voir un ORL ? Ce silence autour de toi devrait t'inquiéter ! ;-)

marc d Here 05/09/2008 00:16

Je crois pouvoir confirmer que la rentrée s'est très très bien passée. D'ailleurs le silence des syndicats et des partis de gauche le prouve. Que cela chagrine quelques E.M. c'est normal....