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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 23:17

Dans quelques semaines, il n'y aura plus personne pour apprécier le parcours de George W. Bush. Si. Peut- être. On finira bien par trouver sur la planète un ou deux dirigeants qui salueront sa vie et son œuvre comme étant des modèles d'engagement utiles à notre monde. La vie publique est ainsi : vous êtes parmi les Phénix tant que vous détenez les rênes du pouvoir pour ensuite être voué aux gémonies quand vous l'avez quitté. Il est vrai que Bush junior aura accompli à la tête du pays, qui se prétend encore le plus puissant de la planète, un parcours pour le moins catastrophique. Le royaume de l'oncle Sam a été transformé en champ de ruines. Il n'y a pas un seul observateur sincère qui puisse défendre le bilan. C'est d'ailleurs l'un des principes politiques essentiels : on n'est jamais élu, ou on ne fait jamais élire son successeur, sur un... bilan ! Demandez donc à Lionel Jospin ce qu'il en pense.
Bush junior, notoirement incapable intellectuellement de s'approprier un poste que d'autres avaient décidé de lui attribuer (merci papa !), aura été l'un des plus médiocres présidents des Etats Unis d'Amérique. Tout le monde a oublié les circonstances de son élection qui n'a reposé que sur des machines à voter plus ou moins truquées et sur un écart de voix peu significatifs. Il est arrivé à la Maison Blanche dans une chaise à porteurs, déplacée par les « faucons », dévoués au principe clé du profit. Tout son mandat global n'a reposé que sur le mensonge, la manipulation, l'indifférence aux règles élémentaires des droits de l'Homme.
Les raisons de l'invasion de l'Irak ? Fallacieuses pour une grande partie d'entre elles ! Les décisions en matière de réchauffement de la planète ? Inexistantes et dévoilant le souci de préserver avant tout les intérêts des grands groupes industriels. Les avancées sur la régulations mondiale du commerce ? Destructrices pour les pays les plus faibles. La prise en compte de la montée du terrorisme ? Oubliée, jusqu'au fameux 11 septembre, qui marquera à tout jamais son passage à la maison blanche. La situation sociale dans ce grand pays du libéralisme triomphant ? Catastrophique avec une précarité désastreuse. La réalité économique ? terriblement angoissante avec la crise des « subprimes » ayant contaminé tout le système bancaire mondial. Les rapports Ouest-Est ? Angoissants, depuis que l'OTAN a décidé avec plus ou moins de précautions de cerner la Russie. Que restera-t-il de positif de celui qui a eu l'immense privilège, il y à peine plus d'un an de recevoir chez lui, après des vacances que personne n'a oubliées, notre Président de la « précipauté » de France, pour un barbecue de ralliement. Absolument aucune des décisions prises au nom de la liberté d'entreprendre, la liberté de se gérer, la liberté de s'exprimer n'aura été salué comme positive par l'Histoire du monde. Il ne demeurera du passage de Bush que des guerres discutables et un effondrement de l'économie mondiale.

DEMARQUAGE EN REGLE
Dans son discours d'un peu moins d'une heure, lors de la Convention de son Parti , McCaïn s'est étendu sur son expérience en tant que sénateur, avec quatre mandats, mais a surtout insisté sur ses années de guerre, sur lesquelles il est longuement revenu, pour souligner l'amour qu'il a pour son pays. « Je suis tombé amoureux de mon pays quand j'étais prisonnier dans un autre pays que le mien (...) Je ne m'appartenais plus. J'étais mon pays », a souligné celui qui a passé cinq ans dans une prison de Hanoï alors que Bush les passait à des sujets beaucoup moins glorieux.
Sans ménager son adversaire démocrate Barak Obama, à qui il a promis une campagne vigoureuse, mais qu'il n'a que très peu évoqué, John McCain a pris soin de se démarquer clairement de l'actuel locataire de la Maison Blanche, George W. Bush. « Nous allons retrouver la confiance du peuple en nous mobilisant à nouveau pour les valeurs chères aux Américains. Le parti de (Abraham) Lincoln, (Theodore) Roosevelt et (Ronald) Reagan doit revenir à ses fondements ».
Le candidat républicain à la Maison Blanche a rappelé la période difficile que le monde traverse: « Je me suis toujours battu pour la meilleure stratégie et pour plus de troupes en Irak, alors même que cela n'était pas populaire. Et quand les experts ont prédit que cela me ferait perdre la campagne, j'ai rétorqué préférer perdre une élection que voir mon pays perdre une guerre ». C'est comme à l'Ump en France entre Fillon et Sarkozy : on n'est d'accord sur rien, mais dans le fond, c'est probablement ce qui fait la force, car c'est mieux pour les médias.

NOUS FAISONS L'HISTOIRE
Le sénateur de l'Arizona avait commencé son discours d'acceptation en rendant hommage à sa femme, qui l'a plus inspiré que lui ne l'a inspirée elle-même. Il a remercié à plusieurs reprises le public de la convention, pour sa « confiance » et lui a adressé son « respect » et son « admiration ». McCain a conclu en appelant les Américains à rejoindre son combat : « Battez-vous avec moi. Battez-vous avec moi. Battez-vous pour ce qui est juste dans notre pays. Battez-vous avec les idéaux et la personnalité d'un peuple libre. Battez-vous pour le futur de nos enfants. Battez-vous pour la justice et pour donner sa chance à tous. Levez-vous pour défendre notre pays contre ses ennemis. Levez-vous les uns pour les autres; pour une Amérique magnifique, bénie et généreuse. Levez-vous, levez-vous, levez-vous et combattez. Rien n'est inévitable ici. Nous sommes américains et n'abandonnons jamais. Nous ne renonçons jamais. Nous ne fuyons jamais devant l'Histoire. Nous faisons l'Histoire. » Là il faut avouer que le discours n'a guère varié... On se transcende toujours quand on parle de son Pays, puisque les campagnes électorale doivent ressembler à des croisades ou à des prêches.

Le seul événement que les Républicains ont retenu du parcours de Bush... C'est le 11 septembre, car il va leur servir d'épouvantail afin de « mobiliser », au sens propre, face aux dangers supposés d'Obama. Ils vont l'utiliser à fond pour provoquer un réflexe nationaliste exacerbé. C'est leur arme favorite.
La projection, jeudi dernier durant la convention, d'une vidéo jouant sur la peur du terrorisme et utilisant des images des attentats du 11 septembre, en est l'illustration. Bush, avec le 11 septembre, restera comme le Président qui a entamé une guerre sainte que doivent mener les Etats-Unis.

EXPLOITATION FORCENEE
Le film, diffusé sur un écran géant derrière le podium, commence par une évocation de l'affaire des otages américains de Téhéran, en 1979: « La première attaque a eu lieu en Iran », affirme une voix-off, « durant 444 jours, l'Amérique a été prise en otage ». Le film enchaîne sur des images de divers attentats menés à l'étranger contre des intérêts américains, tandis que le commentateur déclare: « Et encore, et encore. Contre nos ambassades, contre notre marine... »
Puis, la vidéo évoque directement Oussama Ben Laden et les attentats du 11 septembre. Sur l'écran, défilent des images des attaques contre les tours du World Trade Center, du Pentagone ou encore des mots laissés par les familles des victimes, tandis que la voix-off multiplie les commentaires patriotiques, et joue sur les émotions: « Nous nous rappelons des immeubles qui brûlent, des corps qui tombent. Tant d'histoires de bravoure. Nous nous souvenons. Nous porterons la mémoire de vos beaux visages et de ces voix bien aimés, aujourd'hui partis pour toujours. Et nous ne laisserons jamais cela arriver à nouveau ». Dans la salle, ce film a été accueilli par une standing-ovation, car on sait bien que la télé-réalité dépasse la fiction des idées. On se souvient chez nous, à une autre échelle bien entendu, des images destructrices de ce pauvre Papy Voise qui avait été agressé chez lui, à Orléans, et qui quelques heures avant le premier tour des présidentielles de 2002 avait fait gagner deux ou trois points à... Le Pen !
George W. Bush terminera son mandat comme étant le plus impopulaire de tous les présidents des Etats Unis. Il aura cependant entraîné dans sa chute des millions d'êtres humains, totalement indifférents à son sort, mais dont le leur est lié à des décisions prises... au nom d'une liberté qu'ils n'ont jamais eue. Ces pauvres gens qui meurent de faim, de maladie, sous les bombes, d'une eau rare ou non potable, du réchauffement climatique sont à des années lumière des propos de McCaïn qui s'aperçoit, un peu tard, qu'il a soutenu un guignol manipulé par des obsédés du profit. Rassurez vous, s'il le faut, pour être élu, il prétendra que c'était le « meilleur d'entre nous ».
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

puig 06/09/2008 09:58

Bonjourcette analyse rejoint en partie ce que j'ai lu de Ziegler dans son livre "l'empire de la honte". Toutefois il me semble qu'il faut approfondir la question car comme tu le dis Busch a été porté par des gens qui y avaient intérêt. Les 500 multinationales qui contrôlent 60 % de l'économie mondiale manipulent les gens ici aussi, comme elles ont manipulés les américains. Mensonges d'état sur la sécurité, sur les finances, les profits...la conclusion de ZIEGLER est sans concession. Il faut lutter contre les puissances de l'argent. Mais je déblogue le PS a accepter l'économie de marché comme incontournable et a abandonné la notion de révolution. (le sens premier de révolution veut dire faire demi- tour et il est temps de faire demi-tour pour enfin mettre l'être humain au centre de nos préoccupations et non les profits)