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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 07:17

Il devient totalement impossible de critiquer la moindre mesure gouvernementale quand on se positionne à gauche. L’argument qui surgit inévitablement dans les débats tourne autour des dissensions au sein du… parti socialiste. Si bien des gens reconnaissent que le sarkozysme ne leur convient pas, ils se montrent indulgents avec celui qui le porte car… la Gauche est inaudible. Elle l’est souvent par son incapacité à proposer une opposition claire, nette, sans bavure, permanente, pédagogique et citoyenne en raison de ses déchirements actuels. Aucune réaction solidaire institutionnelle au fichier Edvige. Aucune position solidaire concrète sur le service minimum dans les écoles. Aucun appel commun de protestation sur la mise à mal de la laïcité. Aucune réaction à des mesures dont la perversité n’est jamais démontrée au grand public. Tout le monde la ferme. Par peur ? Par connivence ? Par faiblesse ? Par désintérêt ? Par souci de ne pas être ciblé par les médias ? Par exemple aucune consigne politique n’a été donnée aux élus locaux sur Edvige, pas de motion commune, pas de demande de prise de position. Rien non plus sur le refus d’application du service minimum dans les écoles… On ne résiste pas, on se contente de courber l’échine et de protester contre les coups de bâtons distribués, sans même les remettre en cause.

Le constat devient préoccupant, puisque qu’il n’y a pourtant plus aucune profondeur dans les analyses effectuées par des citoyens, qui rangent ainsi tout le monde dans le même sac . Il suffirait de démonter, au sens mécanique, des réformes avec effets spéciaux virtuels masquant des réalités désastreuses. Prenons un exemple concret : la prime aux enseignants débutants ! Sous l’or d’une mesure mirifique, on trouve toujours le plomb d’une véritable escroquerie morale. Il suffit, pas exemple, de prendre un exemple, de le poser sur la table des discussions et de le disséquer sous les yeux de quelques personnes attentives, pour dénicher les véritables intentions. Citons le nouveau phénomène des primes de Darcos dans l’Education nationale. Elles sont révélatrices d’une supercherie permanente, mais jamais démontrée ! D’abord on affirme, encore une fois, que dans ce pays tout peut s’acheter, en cette période de l’argent roi, même le silence et la passivité arrangeante. Ensuite on ne souligne absolument pas les effets collatéraux d’un apport de 1500 € ou de 550 € destinés à endormir des consciences. Enfin cette mesure, apparemment valorisante, repositionnée dans un contexte plus global, prend une tout autre importance.

Le principe même de la prime place les syndicats dans une situation intenable, puisque tout versement de ce type n’entrera pas dans le calcul de la retraite, alors qu’il sera pris en compte dans l’imposition sur le revenu et pour les cotisations sociales. Personne ne souligne qu’il s’agit d’une somme brute qui ne sera pas en totalité une réalité sur le compte en banque. Mais peu importe, l’effet d’annonce suffit au bonheur des intéressés !

PAS ENCORE LE TOTAL

" Il est institué une prime d’entrée dans le métier attribuée aux personnes qui, à l’occasion de leur première titularisation dans un corps de fonctionnaires enseignants du premier ou du second degré, dans le corps des conseillers principaux d’éducation ou dans le corps des conseillers d’orientation-psychologues, sont affectées dans une école, un établissement ou un service relevant du ministre chargé de l’éducation nationale " affirme le décret d' hier, mais d’exonération des contributions sociales ou fiscales il n’est point question. A l’arrivée les 1500 euros n’existeront donc pas sur cette base-là. Pas question non plus, contrairement aux premières annonces, d’un règlement unique et global, puisqu’il faudra attendre novembre, et ensuite février, pour en voir la couleur ! Comment expliquer à un débutant sous-payé que ce qui lui arrive constitue une supercherie financière basée sur une confusion voulue entre un montant brut et un résultat net, sur un " donné-repris ", car forcément, pour celles et ceux qui dépasseront le seuil de l’imposition sur le revenu dès 2009, il faudra restituer une part supplémentaire à l’Etat providence (surtout s’ils sont célibataires). Les rémunérations dans la fonction publique finissent par ressembler à ces vieilles chambres à air, dont les primes deviennent des rustines permanentes à un pouvoir d’achat percé. Il n’y aura plus aucun soutien aux actions syndicales sur la revalorisation de salaires promises avec la disparition des emplois… Mais qui le dénonce ?

En fait, l’opinion publique se contente de l’écume des réformes, mais sans jamais vérifier ce que contient la réalité des textes les définissant. Elle a avalé les franchises médicales, et ne se souvient déjà plus qu’elles devaient servir au plan Alzheimer ou au plan cancer. Où sont passés les fonds collectés auprès de malades anesthésiés ? Peu importe. Qui se soucie de connaître les causes de l’augmentation de sa feuille d’impôts locaux, alors qu’il ingurgite tous les jours un euphorisant prescrit par des annonces répétées de désengagement de l’Etat. Pédagogiquement, on ne lui explique rien. On ne prend jamais le temps de peser les véritables conséquences de décisions apparemment bénéfiques, mais qui conduisent à l’effroi lorsqu’elles sont démaquillées.

UN PANSEMENT AUX CONSCIENCES

Les enseignants ont avalé une rentrée sans problèmes, et il y a fort à parier qu’ils ne seront pas nombreux lors des prochains mouvements de protestation annoncés. Une prime suffira à panser les éventuelles plaies qu’ils pourraient avoir à leur conscience. Quand tombera le pourcentage d’entre eux ayant accepté d’effectuer le maximum d’heures supplémentaires, permettant à leur Ministre de préparer paisiblement pour l’an prochain une diminution drastique des postes mis en concours au CAPES, ce sera tout bénéfice pour le gouvernement, car… puisqu’il n’y aura plus, à terme, qu’un recrutement très réduit d’enseignants débutants, il économisera vers 2011 sur sa généreuse prime de rentrée ! Plus d’heures supplémentaires, moins de postes, moins de débutants, moins de primes et, à l’arrivée, plus d’élèves par classe, moins d’options, moins d’encadrement, moins de jours de classe, plus de jours de garde pour les familles…Mais qui en a véritablement mesuré les conséquences ? Qui a eu connaissance d’une autre vague de primes, comme celles que se sont accordé les plus grands dirigeants des entreprises françaises ? On avait dit beaucoup de mal, il y a quelques temps, d'une étude plus ou moins confidentielle publiée par la Tribune, sur la hausse des revenus des patrons. Ce n'est pas le cas de l'enquête réalisée par l'Expansion, année après année, qui se focalise notamment sur les stock-options. La dernière vague calcule, en effet, pour la première fois, le revenu total des patrons, en prenant en compte le salaire fixe, le variable, et les stock-options, ainsi que les dividendes issus des actions de la société qu'ils dirigent et les jetons de présence alloués par d'autres sociétés du CAC 40. Allez allons faire un petit tour dans le privé libéral et ultra efficace pour gérer le développement économique (cf le milieu bancaire) car le résultat est atterrant et relativise les primes Darcos...

DE + 2312 % à + 27 %

L'augmentation totale des avantages annexes atteint les 58%! Très exactement, le total des revenus cumulés était de 102 millions en 2006, il passe à 161 millions en 2007. Voici le classement des dix patrons les plus payés selon les calculs de l'Expansion:
1. Pierre Verluca, Vallourec: 18,12 millions (+ 2312 %)
2. Gérard Mestrallet, Suez: 15,54 millions (+ 364 %)
3. Xavier Huillard, Vinci: 13,10 millions (+ 552 %)
4. Henri Proglio, Veolia Environnement: 7,33 millions (+ 207 %)
5. Henri de Castries, Axa: 5,53 millions (+ 22 %)
6. Jean-Bernard Lévy, Vivendi: 5,42 millions (+ 129 %)
7. Daniel Bouton, Société générale: 5,24 millions (– 52 %)
8. Jean-Paul Agon, L’Oréal: 5,03 millions (+ 27 %)
9. Martin Bouygues, Bouygues: 4,99 millions (+ 69 %) (hors dividendes)
10. Benoît Potier, Air liquide: 4,37 millions (+ 52 %)
On ne fera pas de commentaires, si ce n'est reproduire ceux de l'Expansion: "Attention, les rémunérations ici révélées sont susceptibles de heurter la sensibilité d’un public non averti." Mais surtout pas celle de cette opinion dominante, ravie de voir les enseignants dont le salaire de début est une véritable misère, recevoir une aumône idéologique d’un ministre qui les condamne au silence, alors qu’ils deviennent, de fait, les actrices et les acteurs de leur propre disparition dans leur statut actuel. Mais que ne ferait-on pas pour une prime ?

Mais je déblogue…

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

PIETRI Annie 14/09/2008 23:52

Tu as, encore une fois, raison, Jean-Marie, la gauche est inaudible....et incapable d'apporter des réponses cohérentes, claires et "unitaires" aux problèmes que ne cesse de faire naître le pouvoir en place ! Rien sur le refus d'application du service minimum dans les écoles, rien sur l'atteinte aux libertés des élus, et à la démocratie, que constitue le fichier edvige ! Tu es le seul, dans ta mairie de Créon,(avec Noel Mamère) à avoir fait acte de résistance à ces textes inacceptables, et à avoir fait voter des motions unanimes aux membres de ton Conseil Municipal.... Que font donc les autres maires socialistes de France? Pourquoi ne protestent-ils pas? Qu'est-ce qu'on leur promet en échange de leur silence et de leur docilité ? Et pourtant, nous sommes en période pré-congrès.... ce devrait être le moment de donner , tant aux gouvernants qu'aux citoyens, l'image d'une puissance apte à résister aux pressions du pouvoir. Mais non, rien. C'est décourageant !Les bénéficiaires d'une prime "Darcos" ne voient certes pas plus loin que le bout de leur nez, et n'ont pas mesuré que le cadeau qui leur est promis n'a, en réalité, rien à voir avec ce qu'ils recevront en fin de compte. Les fonctionnaires des finances en font l'expérience depuis des années, eux à qui on a toujours accordé des primes pour éviter de leur donner des augmentations, ou pour tenir compte du risque de mise en cause de leur responsabilité financière. Comme ce sera le cas pour les enseignants, ces "compléments de rémunération" ont toujours donné lieu à tous les prélèvements sociaux, ont toujours été soumis à l'impôt sur le revenu... et n'ont jamais été retenus pour le calcul de leur retraite... Avec des conséquences souvent non négligeables lors de leur cessation d'activité!Quant à la rentrée sans problèmes, c'est encore une vaste supercherie! Qui peut croire que les réductions drastiques des effectifs d'enseignants seront sans conséquences sur la qualité des enseignements? Qui peut croire que la semaine de quatre jours suffira à boucler les programmes dans des conditions acceptables, tant pour les enseignants que pour les élèves? Et comment se fait-il que les enseignants ne prennent pas conscience, là encore, que c'est la mort de l'ecole publique qui est programmée? Il leur a sans doute échappé que "le Figaro" de ce matin titre "L'enseignement privé organise à sa manière le temps scolaire", et nous explique que l'école privée a la liberté d'organiser le temps scolaire comme il le souhaite, et qu'il ne s'en prive pas....Ils ont déjà refusé 30000 à 35000 élèves à cette rentrée, et s'ils sont libres de leur organisation, et que cette organisation convient mieux aux parents, la fuite vers le privé va se poursuivre.Mais ne l'as-tu pas dit maintes fois, Jean-Marie?

le blog de cigalette 14/09/2008 16:10

Bonjour,A la lecture des augmentations, des salaires, des stock-options, des avantages divers etc...on a la nausée...Même certains patrons s'en inquiètent ou écrivent des livres sur le sujet... c'est dire s'il est incontestablement inacceptable !Pour ma part, depuis août 2002, je milite pour une GRILLE SALARIALE UNIVERSELLEseule capable de remettre un peu d'équitée républicaine dans toute cette chienlit ! et d'éponger les déficits... la moindre preuve d'amour envers nos enfants et les générations futures!Cordialement.

Morland 14/09/2008 11:06

Cher Jean-Marie,
 
Mais de quoi nous plaignons-nous exactement ?
 
Aujourd'hui le représentant de Dieu sur terre est en FRANCE !  Alleluia ! La France s'est mise à l'heure chrétienne, prosternons-nous et acceptons la vie telle qu'elle est, après tout si c'est ainsi c'est que le Seigneur l'a voulu c'est formidable !
 
Il y a des pauvres ? Tant mieux les riches pourront s'adonner à la charité ! Mais attention quand même car par les temps qui courent il n'y aura pas de riches pour tout le monde, c'est un peu comme la dualité entre l'offre et la demande, nous sombrons dans un déficit de riches par rapport aux pauvres mais ayons confiance Sarkozy est là pour faire la charité aux riches pauvres. 
 
Non, plus sérieusement, quand je vois tout ce baratin autour de la venue du Pape, j'en éprouve un véritable malaise, et quelque part je comprends mieux pourquoi un guignol comme Sarkozy a pu se faire élire par une majorité de Français. En observant cet affligeant spectacle je ne pouvais m'empêcher de penser que les vrais croyants dans ce pays c'est le peuple de Gauche qui malgré le poids terrible de la réalité continuent dans l'ombre à croire en des lendemains de victoire alors que "tout semble foutre le camp". Comment ne pas perdre foi en l'avenir en regardant "nos chefs" se flinguer en public et ne jamais attaquer franchement celles et ceux "du pouvoir" ?!
 
J'ai en tête une phrase du Général de Gaulle :
 
"Je m'apparaissais à moi-même seul et démuni de tout, comme un homme au bord d'un océan qu'il prétendrait traverser à la nage."