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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 07:17

Certain renard gascon, d'autres disent normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d'une treille
Des raisins mûrs apparemment,
Et couverts d'une peau vermeille.
Le galant en eut fait volontiers un repas;
Mais comme il n'y pouvait point atteindre:
«Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats.»
Fit-il pas mieux que de se plaindre?
Cette fable, la plus courte de toutes celles de La Fontaine, mérite de devenir une contribution pour le Congrès du Parti Socialiste. Elle pourrait figurer dans l'anthologie des textes révélateurs des comportements actuels. Les renards qui se placent au pied de la treille pour espérer décrocher la grappe exceptionnelle qui leur permettrait de se régaler durant quelques temps, commencent à se poser la question de savoir s'ils pourront aller au bout de leurs ambitions. Par exemple, le 3 janvier dernier Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à la présidentielle, avait indiqué : « Si je suis capable de rassembler les socialistes sur cette offre politique, j'irai jusqu'au bout de cette démarche ». Mais avait-elle la capacité de « faire une offre politique »? Elle avait ajouté, à la mi-mai, avant que Bertrand Delanoé se manifeste «Si les militants partagent les orientations que nous proposerons, j'assumerai les responsabilités qui en découlent (...)» devant 4 à 500 militants réunis dans le XXe arrondissement, le plus populaire de la capitale, pour « un atelier citoyen ».
«Si les militants en décident ainsi et l'estiment utile pour le parti socialiste, j'accepterai avec joie et détermination d'assumer cette belle mission de chef du parti », avait ajouté Ségolène Royal, qui entendait «porter une conception du renouveau du socialisme en France et dans le monde». Il semble que, depuis hier soir et son passage sur TF1 devant beaucoup plus de monde que lors de sa déclaration de candidature, elle ait tiré un trait sur un poste qu'elle n'a aucune chance d'occuper. Cette marque de lucidité sur un avenir qu'elle n'a véritablement pas désiré, mais qui s'impose à elle, est honorable. La voici revenue à la case départ, depuis que les sondages ne sont plus à la hauteur des ambitions. Les autres vont suivre, mais il est à peu près certain qu'ils n'iront pas sur le plateau de Laurence Ferrari (il est en chute libre en terme d'audience) pour annoncer qu'ils se retirent sur la pointe des pieds, mais qu'ils le feront avec la certitude qu'une bonne retraite est parfois plus profitable qu' une mauvaise défaite.
En fait, quand on connaît les habitudes du PS, on sait qu'il faut se porter candidat pour mobiliser des troupes permettant de négocier un retrait honorable. Il est vrai que, depuis quelques jours, certains caciques songent essentiellement à protéger leur poste au niveau national, synonyme de médiatisation permanente. Selon les propos d'un élu girondin :
« pour faire carrière en Province, il faut être reconnu à Paris ! » et pour exister dans la capitale, il est indispensable de rester dans les 5 ou 6 personnes qui peuvent s'exprimer au nom de celles et de ceux qui bossent sur le terrain, sans accéder à ce statut de porte parole. D'autant que les listes des Européennes vont être constituées sur la base des résultats obtenus par les motions, et qu'il faut jouer « gagnant-gagnant ». De toutes parts, les ralliements se multiplient : secrètement ou ostensiblement, selon les nécessités du moment et l'objectif visé.

DES DECLARATIONS OUBLIEES
Ségolène Royal était pourtant partie pour grimper à la treille. Elle avait défendu sa candidature à la tête du Parti socialiste, vivement critiquée au sein du PS au nom de... l'unité du parti. « Je l'ai fait par transparence, par sincérité, par clarté, par cohérence », avait-elle imprudemment annoncé dans un moment de bravitude. « Je pense qu'aujourd'hui le monde a changé, et que le Parti socialiste doit changer, que les socialistes doivent changer pour répondre aux nouveaux défis du temps présent » avait-elle ajouté. On n'en parle plus désormais, car la donne a changé avec l'entrée en lice de Bertrand Delanoé.
« J'ai beaucoup réfléchi avant de dire une chose comme celle-ci. J'ai réfléchi aussi avec ceux qui m'entourent, les équipes. Il y a encore beaucoup de travail à faire, de clarifications politiques à apporter », avait précisé celle qui a, semble-t-il, oublié ces principes hier soir dans le Jité du 20 heures, bien meilleur tremplin qu'un Congrès. L'ancienne candidate socialiste à la présidence de la République avait jugé péremptoirement que le texte publié par Bertrand Delanoë, dans lequel le maire de Paris, son rival potentiel dans la succession, développe sa philosophie politique, relevait « d'une certaine conception de la politique ». Elle avait bien insisté sur le fait que ce texte avait également été signé par l'ancien Premier ministre Lionel Jospin. « C'est important que cela soit dit, parce que c'est une certaine identité politique qu'on retrouve d'ailleurs dans ce texte ». Merci pour lui ! Elle avait noté les "différences" existantes avec ses positions, notamment sur la démocratie participative, critiquée par le Maire de Paris. Il faut pourtant reconnaître que, désormais, ce sont les thèses de ce dernier qui sont majoritaires dans un Parti échaudé par les coups médiatiques éphémères donnant la sensation que les certitudes volent trop facilement en éclats.

UNE DIVERSITE PRODUCTIVE
Bizarrement, le PS n'a jamais été aussi solide. C'est forcément paradoxal d'oser ce constat, puisqu'il va à l'encontre des milliers de commentaires faits par les éditorialistes de tous poils, qui ne cessent de rabâcher que la guerre des chefs tue la crédibilité socialiste. Or, depuis les élections présidentielles, les socialistes ont effectué un nouveau bond en avant, avec la conquête de dizaines de villes importantes et de multiples départements. Jamais la Droite au pouvoir n'avait essuyé pareil désastre. Personne n'a souligné que des centaines d'élus locaux sont venus grossir les sections socialistes de leur canton ou de leur ville. Ce sont des militants nouveaux, engagés, conscients des nécessités d'une élection, et rassemblant autour d'eux des groupes moins volatiles que ceux qui étaient arrivés pour le vote interne des présidentielles.
Ces nouveaux arrivants ne se laissent pas influencer par les médias, dont ils se méfient naturellement. Ils ne voteront pas nécessairement sur les mêmes bases que les arrivants de 2006. Par ailleurs, on sent bien que, lentement, émerge le véritable débat, qui dépassera vite les éléphants, habitués à être suivis par des « troupeaux » dociles. Il tournera en fait autour des alliances possibles pour les échéances électorales futures : aller vers le Modem qui s'affiche parfois plus motivé que des socialistes du consensus mou, ou revenir à une forme d'union de la Gauche encore hésitante. Cet affrontement n'a jamais véritablement été rencontré depuis des années, puisque le Centre n'existait qu'au sein de la droite.
Celle ou celui qui s'installera dans le fauteuil de François Hollande aura au moins un mandat clair, même si c'est au prix d'une explication préalable confuse et parfois médiocre. Jamais le PS n'a été aussi fort que quand Mitterrand et Rocard mobilisaient tous deux des forces éparpillées dans la nature. On débouchera, n'en déplaise à Pierre Moscovici, qui va finir par devenir capitaine du radeau de la Méduse, sur un duel ou au pire, une triangulaire. En fait, l'idéal pour les socialistes c'est qu'il n'y ait point de fusion alibi, car elle ne fait que donner aux électrices et électeurs l'impression d'insincérité des positions qui a tant fait mal lors des présidentielles de 2002. L'existence de divergences n'a rien de déshonorant, avant l'élaboration d'un programme présidentiel qui devra justement constituer une plate-forme acceptable par le maximum de progressistes. Avant 1981 combien y avait-il de courants à l'intérieur du PS ? A-t-il été empêché de se mettre d'accord sur un candidat, et ensuite de rassembler le maximum d'électrices et d'électeurs ? Jamais le spectre de la gauche n'avait été aussi large... et ce fut, par voie de conséquence, son seul véritable succès.

UN DUEL PAS ENCORE ANNONCE
En fait il y aura un duel (et encore, ce n'est pas certain) entre Bertrand Delanoé qui, dès le lendemain des sénatoriales, recevra des appuis nouveaux, venus des départements mobilisés provisoirement sur d'autres enjeux que ceux du Congrès. Ils seront décisifs, car Martine Aubry semble avoir fait le plein des soutiens potentiels. Si personne d'autre ne vient véritablement à sa rencontre, elle pourrait, elle aussi, se mettre en retrait. Il ne resterait alors que quelques irréductibles pour entrer en résistance. Cette hypothèse mettrait un terme à toutes les querelles actuelles, et il ne restera aux médias qu'à critiquer une... unité qui les dérangera, puisqu'ils auront du mal à trouver un angle d'attaque négatif. Ils enclencheront la bagarre sur les... présidentielles dès le lendemain du Congrès de Reims, s'estimant « volés » sur le spectacle.
La droite insistera fortement sur une union de façade, et se dépêchera de charcuter les circonscriptions, de modifier le système électoral des régionales, et de tenter de dissoudre les conseils généraux.
Le seul véritable problème reste la mobilisation de l'électorat de Gauche, qui semble être anesthésié ou désabusé : il n'a ni vedette, ni chef ! Et c'est insupportable pour une partie de celles et ceux qui n'ont pas encore compris que le réveil sera douloureux, et surtout irrécupérable, s'ils ne prennent pas eux-mêmes en mains leur destin. Le Congrès se résumera en une autre fable de La Fontaine :
Le lion tint conseil, et dit: "Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements:
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence
L'état de notre conscience... »
Il reste à connaître les noms des sacrifiés, et surtout de celles ou ceux qui sont prêts à effectuer l'état de leur conscience de gauche. Le reste sera aussi vite oublié, car il n'aura aucune conséquence tangible sur le quotidien des gens. Les mémoires flanchent tellement vite !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

marc d Here 16/09/2008 13:46

Pendant que vous vous félicitez de la forme du PS, cette  autre nouvelle.... La cote de popularité de Nicolas Sarkozy est en hausse de douze points par rapport à au dernier sondage à la mi-juillet, avec 47% d'opinions positives, selon un sondage BVA paraissant jeudi dans "L'Express". Moins d'un Français sur deux (48%, -12 points) a désormais une image négative du chef de l'Etat.Pour sa part, le Premier ministre François Fillon gagne également douze points, avec 55% d'opinions positives, contre 37% d'opinions négatives (-7 points).- sondage réalisé par téléphone les 12 et 13 septembre auprès d'un échantillon national représentatif de 955 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.Source AFP

nos 16/09/2008 11:56







Segolène Royal - JT de TF1

yoman 16/09/2008 11:43

Mais quel socialiste donnerait des gages à la droite autant que Sarko ne s'ouvre à la gauche ? Aucun ? Si, si : Delanoë :http://delanoe-illusionniste.hautetfort.com/
On marche sur la tête !

TM 16/09/2008 11:21

marc d Here 16/09/2008 09:25

Vous écrivez" le PS n'a jamai été aussi solide" et vous prenez comme exemple des élections déjà anciennes. Dimanche dernier il y avait trois élections partielles, toutes trois gagnées par la majorité présidentielle: Une élection législative à Chartres où l'UMP reprend un siège de député au PS. Deux cantonales partielles, gagnées par la majorité présidentielle sur le PS, dont une dans un canton appartenant au PSJe ne sais si le PS est solide mais il vient de perdre dimanche dernier, un siège de député et un siège de conseiller général!  Un PS solide comme ça, Sarkozy en redemande.