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MAIS JE DEBLOGUE...

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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 07:17

Je ne pourrai probablement pas écrire une chronique pour le jeudi 18 septembre, compte tenu du fait que je suis en déplacement à Montpellier pour l'Assembleé Générale des Départements Cyclables.
Arrivé de Téhéran mercredi, pour participer à la conférence internationale de Paris sur l’Afghanistan ce jeudi, le ministre iranien des affaires étrangères Manouchehr Mottaki n’avait aucune rencontre bilatérale prévue avec le Quai d’Orsay et l’Elysée en marge de l’événement. Il est vrai que, pour Nicolas Sarkozy, l’Iran n’est pas la Syrie, avec qui la France vient de renouer depuis la fin de la crise au Liban, et que pour l’Elysée, « le président iranien actuel n’est pas un interlocuteur pour la France ». Il est vrai aussi que Paris recevra le 13 juin le futur ex-président américain, en tournée d’adieu en Europe pour le sommet USA-UE, qui devra dire, dans les locaux de l’OCDE, tout le mal qu’il pense de l’Iran. J'ai donc eu l'idée de vous redonner la chronique publiée ici il y un an!

AUX ABRIS, LES BOMBARDIERS ARRIVENT

Je demeure persuadé que le mot " collaboration ", sous quelque forme que ce soit, pose à un moment donné, un problème de conscience. En effet, il nécessite soit de devenir plus " royaliste " que le roi que l’on a rejoint, soit au contraire, de se replier (toujours trop tard) sur des positions hostiles. Dans tous les cas on finit par se trouver dans une situation inconfortable. Depuis 60 ans, le mot " collaborateur " recèle des sous entendus peu agréables.

Dans la chronique de hier, j’évoquais les orages qui attendaient un gouvernement constitué de " carpes " et de " lapins ". Je ne pensais pas sincèrement que les événements iraient aussi vite et que Bernard Kouchner illustrerait parfaitement ce que je dénonçais. Il a en effet le comportement typique de celui qui se sent obligé, un jour, d’être outrancier dans ses positions afin de donner des gages de fidélité, et de s’offrir le lendemain le luxe de critiquer, afin de faire oublier le sujet sur lequel on est allé un peu trop loin. Il a ainsi estimé que le monde devait se " préparer au pire ", c'est à dire à la possibilité d'une " guerre " avec l'Iran, et a demandé des sanctions européennes, tout en appelant à " négocier jusqu'au bout " pour éviter que Téhéran ne se dote de l'arme atomique. Le ministre d’ouverture a estimé " qu'il n'y a pas de plus grande crise " à l'heure actuelle que celle du programme nucléaire iranien, suspecté de servir de paravent à des activités militaires, malgré les démentis de Téhéran. " Nous n'accepterons pas que cette bombe soit construite " car cela constituerait un " vrai danger pour l'ensemble du monde ", a-t-il déclaré. Un langage aussi dur à l'égard de Téhéran rappelle celui de son " Roi ", Nicolas Sarkozy, le 27 août dernier.
Rompant avec la réticence des dirigeants occidentaux à évoquer ouvertement un conflit, le président de la République avait mis en garde contre une alternative catastrophique : la bombe iranienne, ou le bombardement de l'Iran ". Là, on a droit à la facette du collaborateur zélé, comme ce fut le cas lors du déplacement en Irak. Kouchner cherche surtout à être accueilli à bras ouverts lors de son prochain déplacement à Washington. Il sait qu’il lui faut absolument donner des gages forts et s’inscrire dans le sillon tracé par son mentor sur le sol américain. George Bush appréciera cette nouvelle volonté de rejoindre le clan Républicain le plus va-t-en-guerre ! Ensuite, il a légèrement retouché cette image de " bombardier ", en faisant un brin d’humanitaire vis à vis des tests ADN pour les rapprochements familiaux.

EN DEHORS DES SANCTIONS DE L’ONU
Toutefois, évoquant le risque d'un bombardement contre l'Iran, Bernard Kouchner a cherché à démentir qu' une attaque soit imminente. Il a indiqué " qu'aucun signe ne nous permet de penser, en dehors des préparations militaires ", qu'un bombardement américain de l'Iran soit proche. " Je ne crois pas que nous en soyons là " mais il " normal qu'on fasse des plans ". Il a aussi déclaré que Paris plaidait pour que l'Union européenne prenne des sanctions économiques contre Téhéran, en dehors du cadre des Nations Unies jusqu'ici suivi.
Cette attitude traduit un durcissement de la position française, et une crainte que l'adoption d'un nouveau train de sanctions par le Conseil de sécurité ne se heurte à l'hostilité de la Russie ou de la Chine. " Nous avons décidé, pendant que la négociation se poursuit, de nous préparer à des sanctions éventuelles en dehors des sanctions de l'ONU, qui seraient des sanctions européennes", a-t-il déclaré. " Nos amis allemands l'ont proposé ", a-t-il ajouté, en précisant qu'il s'agirait de " sanctions économiques à propos des circuits financiers " visant notamment " les grandes fortunes, les banques " en Iran, pas la population ordinaire. Difficile de mieux dire, et surtout de mieux proposer, pour satisfaire l’UMP la plus " atlantiste ".
Bernard Kouchner, partisan de l’ingérence humanitaire, vient en quelques déclarations bien senties de se spécialiser dans l’ingérence militaire. Il couvre déjà, avant même qu’ils en aient fait la demande, une intervention des américains, en jouant au fameux " retenez moi ou je fais un malheur avec… les moyens des autres " car on voit mal la France, dans la situation financière pitoyable où elle se trouve, se lancer dans une guerre en Iran !
Il a d’ailleurs pris un tacle immédiat des gens courageux ayant dénoncé l’attaque de l’Irak au nom du danger nucléaire. Alors que les Etats-Unis se sont félicités avec célérité des propos tenus dimanche par le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, sur l'éventualité d'une guerre contre l'Iran, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique Mohamed El Baradei a, lui, mis en garde contre une dramatisation du dossier. Il a rappelé l'exemple irakien, pour souhaiter que l'usage de la force ne soit envisagé qu'en dernier recours, et seulement avec l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU.

RESTER CALMES
Pour l’instant, Nicolas Sarkozy ou ses porte-paroles médiatiques, n’ont pas fait savoir vers qui leur cœur balançait, mais il y a fort à parier sur une jubilation particulière, en constatant qu’un ex-socialiste peut devenir plus pro-Bush que lui-même. En effet, à Washington, le secrétaire à la Défense Robert Gates a déclaré que la diplomatie restait " pour le moment la meilleure approche " pour traiter avec l'Iran. Extraordinaire, de voir que Bernard Kouchner peut aller plus loin que ce que souhaitent plus ou moins fortement les " faucons " nichés à la Maison blanche.
Alors il fallait bien, pour le " French Doctor " revenir en arrière pour se donner bonne conscience. Bernard Kouchner a donc exprimé des réserves sur le projet de tests ADN pour les candidats au regroupement familial, et sur l'objectif chiffré des reconduites à la frontière d'étrangers en situation irrégulière. " Ca ne me plaît pas, mais ça ne m'indigne pas ", a-t-il déclaré au sujet des tests ADN. " Le jour où je m'indignerai vraiment, je partirai ", a-t-il précisé. " Je pense que ce n'est pas comme ça qu'on réglera le problème de l'immigration ", a-t-il souligné, en assurant toutefois qu'il fallait que de tels tests soient faits " volontairement " par les candidats au regroupement familial. " Ce n'est pas une obligation ", a-t-il observé. Interrogé également sur l'objectif de 25.000 expulsions d'étrangers en situation irrégulière fixé pour l'année 2007 par Nicolas Sarkozy, il a déclaré qu'il n'aimait pas " cette histoire de chiffres " et que les reconduites à la frontière devraient être " décidées au cas par cas, car  je sais qu'hélas, il est nécessaire que les illégaux soient reconduits dans leurs pays ", a-t-il poursuivi. " Lorsqu'on est aux affaires, il y a là des nécessités qui ne me plaisent pas " et " d'ailleurs, la politique de l'immigration choisie ne recueille pas entièrement mon adhésion ", a-t-il ajouté. " Je crois qu'il faut un traitement humain ". Probablement qu’il pensait à celui qu’il promettait à l’Iran.
Le bombardement en règle de Sarkozy n’a pas débuté. Il ne s’agit que d’une éventualité très faible, mais qui existe. A l’Elysée, on a du analyser cette probabilité avec attention, a déclaré Mohamed El Baradei devant la presse. " Il y a des règles sur la façon d'utiliser la force et j'espère que chacun aura retenu la leçon de la situation en Irak, où 700.000 civils innocents ont perdu la vie pour un soupçon d'armes nucléaires possédées par le pays ", a ajouté Mohamed El Baradei . " Nous devons rester calmes ", a-t-il souhaité en marge de la réunion de l'agence rassemblant 144 pays. " Nous ne devons pas dramatiser cette question ". Une véritable leçon de diplomatie, et surtout une mise en garde sensée face à des déclarations pour le moins intempestives.


LES BOMBARDEMENTS EN REGLE
Le " collaborateur " n’est pas celui auquel a fait référence Nicolas Sarkozy, mais plus certainement Bernard Kouchner. François Fillon n’aurait pas en effet osé aller aussi loin dans son engagement aux côtés de celui qui l’a pourtant nommé Premier Ministre. Il a compris que le " Roi " pouvait être d’humeur changeante. Impossible d’aller plus vite que lui. Impossible de le devancer sur les chemins pavés d’effets d’annonces ou de bonnes intentions. Sa déclaration prématurée sur la réforme des " régimes spéciaux " lui a servi de leçon. Il a adopté le silence comme méthode de communication et il a médité sur les dangers de l’ouverture. Bernard Kouchner, par contre, a une haute idée de son rôle et de son aura. Il n’est pas à une déclaration fracassante près. Il n’ignore pas que l’opinion dominante veut voir les hérétiques exterminés… surtout par les autres. Il a condamné des centaines de bombardements, mais les siens sont justes et indispensables, comme toutes les guerres vues du coté de l’assaillant.
En fait, l’époque des déversements de bombes est ouverte. Plus de quartiers. On prétend même que Lionel Jospin, lui-même, aurait été contaminé par l’ambiance actuelle. Il ne prône pas une attaque frontale avec l’Iran mais il écrase sous ses missiles… Ségolène Royal, histoire de mener un combat rédempteur. Lui aussi a une haute idée de lui-même !
Dans "L'impasse", l'ancien Premier ministre socialiste lance de vives attaques en piqué contre l'ex-candidate à la présidentielle. Il affirme que Ségolène Royal n'était pas en mesure de l'emporter " non pas parce qu'elle était une femme, mais parce que j'avais pu me faire une idée assez exacte de ses qualités, notoires, et de ses insuffisances, réelles ". Selon lui, Ségolène Royal aurait notamment commis l’erreur d'être " enfermée dans un face-à-face narcissique avec l’opinion ". Il juge également que Ségolène Royal est " une personnalité (qui) n'a pas les qualités humaines ni les capacités politiques " nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche, et " espérer gagner la prochaine présidentielle ". Selon lui, elle est " une figure seconde de la vie publique " qui n'est " pas taillée pour le rôle " de secrétaire national du PS. " Avoir commis une erreur en la désignant ne justifie pas qu'on la réitère "  affirme-t-il. Un bombardement en règle !
A moins que ce soit le syndrome de Kouchner qui le fasse réagir ainsi : plus royaliste que le Roi quand il le faut, et critique mesuré sur le Roi quand il est souhaitable de l’être. Histoire de se donner bonne conscience. En tous cas, il va falloir se mettre aux abris car le ciel va nous tomber sur la tête. Je me sens de plus en plus Gaulois !
Mais je déblogue…

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans DANS LE RETRO
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commentaires

Cigalette 19/09/2008 14:40

Bonjour,On pourrait penser que le projet de l'attaque de l'Iran date de l'époque du père, de la prise d'otage à Téhéran, etc...Les guerres en Irak préparaient le terrain.Celle en Afghanistan aide à cerner le pays.Les "évènements" en Géorgie complètent...Si la famille Bush et leurs amis militaro-industriels veulent concrétiser leur obsession... l'Iran sera attaqué avant la fin de l'année... Si la FRANCE-EUROPE y participe...Adieu la Paix sur notre vieux continent...Cordialement.