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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 07:17

Les demandes s'accumulent. Les pressions se multiplient. Les déceptions deviennent insupportables. Une bonne partie de la France la plus jeune et la moins aisée passe son quotidien à rechercher un logement. Il en manque des centaines de milliers à des prix correspondants au niveau actuel des salaires. L'urgence devient habituelle. La situation est tellement tendue que le désespoir gagne les couples les plus fragiles. Ils savent qu'il faut des mois et des mois avant d'entrevoir une solution. Or, depuis des années, on effectue des prévisions qui ne sont jamais tenues en matière de construction puisque, dans la majorité des cas, l'apparition de logements sociaux, aussi parfaits soient-ils, génère des oppositions « égologistes » ou « égosociales ». La peste viendrait avec l'arrivée de nouveaux habitants, pourtant soigneusement choisis par des commissions pointilleuses. On se retrouve donc avec une pénurie que le gouvernement actuel, persuadé que seule l'accession à la propriété permettra de lui ramener cet électorat mécontent, se révèle incapable de résoudre. Pire, la situation économique présente va aggraver la situation, car l'immobilier va connaître un ralentissement et donc accentuer le déficit constaté.
Le recul du nombre de mises en chantier de logements et de permis de construire en France s'est confirmé sur la période juin-août, a annoncé hier le ministère de l'Ecologie. La baisse est de 13,1%, à 106.689 unités par rapport à la même période de 2007 pour les mises en chantier ; et de 19,6%, à 118.988 unités pour les permis de construire. Au total, sur un an (de septembre 2007 à août 2008), le nombre de mises en chantier est passé sous la barre symbolique des 400.000 logements, enregistrant un repli de 9,5% à 394.726 unités, tandis que le nombre de permis a chuté de 16,0% à 480.793 unités. Or, le gouvernement juge nécessaire d'avoir 500.000 nouveaux logements par an pour répondre à la demande de logements non satisfaite en France. Mais au cours de ces trois derniers mois, la baisse a été de 4,1% pour les logements individuels (à 62.452 unités) et de 12,0% sur un an (à 207.429 unités). Quant aux les logements collectifs, leur nombre a chuté de 23,3% sur le trimestre (à 39.529 unités) et de 5,3% sur un an (à 169.753 unités). C'est purement et simplement angoissant à l'approche de l'hiver et des difficultés croissantes en matière de pouvoir d'achat. Le marché va s'effondrer, et les constructions s'arrêter net, entraînant une récession forte dans le domaine du BTP.

DES MILLIONS DE MAL LOGES
En fait, les statistiques mériteraient d'être connues des Françaises et des Français. Par exemple, savent-ils que 1,6 millions de personnes vivent dans des logements sans douche, WC ou les deux ! Un million de personnes sont logées en situation de surpeuplement accentué, alors que 550 000 personnes, dont 50 000 enfants, vivent dans des hôtels, des meublés ou sont sous-locataires. C'est une honte, pour un pays se voulant puissance mondiale participant à la police sur la planète. C'est encore pire si l'on ajoute que, parmi les locataires, 300 000 ménages sont en situation d'impayés de loyers, dont deux tiers dans le parc social, soit environ 1 million de personnes. On évalue à 46 000 les personnes vivant dans des maisons mobiles, et à 10 000 le nombre des sans abri à Paris. Enfin, 86 000 personnes seraient "sans domicile". Et on pourrait ajouter tous les jeunes qui sont encore logés chez les parents, faute d'avoir trouvé une solution acceptable. Bien évidemment, le refrain habituel va retentir : c'est la faute à la crise !
« Les difficultés proviennent largement des conséquences de la crise financière, alors même que les professionnels de l'immobilier sont en mesure de répondre aux besoins de construction et que les besoins en logements restent forts », a déclaré à l'AFP une porte-parole du ministère du Logement. Jeudi dernier, à Toulon, le Président de la République, Nicolas Sarkozy avait annoncé que le projet de loi sur le logement que la ministre du Logement Christine Boutin doit présenter au Sénat le 14 octobre serait adopté en urgence. De plus, Nicolas Sarkozy a indiqué, selon le ministère, que « seraient prises des mesures pour que les programmes immobiliers en cours puissent être menés à bien, et pour que les terrains appartenant au secteur public soient libérés pour y construire de nouveaux logements ». Bref, on est très en retard sur les besoins, mais on vous prie de croire que... demain ce sera magnifique !
Concrètement, il faudrait aujourd'hui produire 350.000 logements par an pour répondre aux besoins de la Métropole et de La Réunion. Alors que le gouvernement prétend ne jamais avoir autant produit de logements sociaux que ces dernières années - entre 90 et 110.000 selon les enchères - à partir des propres données du ministère, Emmaüs soutient quant à lui le chiffre de 31.000 par an depuis 2000. Il ne compte pas, comme le gouvernement, les logements intermédiaires qui ne sont pas sociaux, et prend en compte le temps de mise en chantier. Une programmation n'est pas un rendu. Aujourd'hui, on ne produit du logement que pour un tiers des Français : 23% de logements pour 70% des ménages et 8% de logements locatifs sociaux.

CREDITS FERMES
La crise ne va pas améliorer ce contexte. Les banques regardent désormais à 2 fois avant de prêter de l'argent aux ménages pour acquérir un logement, conséquence : le marché de l'immobilier, qui était en hausse constante depuis 10 ans, commence à se retourner. Agences et promoteurs n'hésitent plus à parler de menaces graves sur leur avenir. De nombreux propriétaires de bien immobiliers qui souhaitent vendre sont désormais obligés de revoir leur stratégie avec les agents immobiliers, les délais pour vendre s'allongent, les acquéreurs se bousculent nettement moins, les vendeurs doivent donc baisser leur prix pour s'aligner sur le marché. Ce décalage va causer des désillusions. La rivalité autour d'un logement à un prix acceptable va s'accentuer.
Prix à la baisse, surtout hors des grandes villes, invendus qui s'accumulent, l'immobilier est en crise. Principale raison, les ménages n'ont plus les moyens. En 10 ans, les prix ont grimpé de 140%, les taux d'intérêt dépassent désormais les 5% et les banques vont limiter encore davantage l'accès au crédit. Ce retournement affecte l'ensemble du secteur, l'activité des agences immobilières fléchit et les plus récentes sont désormais menacées. On prévoit déjà qu'en France entre 15 et 20% des agences immobilières vont fermer dans les 12 mois à venir, mais il faut savoir aussi que leur nombre était passé de 15/16 000 agences il y à 10 ans, à plus de 32 / 33 000 aujourd'hui. L'horizon s'assombrit également pour les promoteurs dans le neuf : les ventes ont chuté de 34% en 1 an, et pour réguler l'offre, de nombreux chantiers sont gelés.
Les promoteurs se retrouvent avec des stocks d'invendus surtout dans les villes moyennes. Dans une ville moyenne, par définition, la capacité d'absorption de logements neufs reste relativement limitée, car après quelques opérations, le marché se retrouve vite saturé. Pourtant, le marché a les capacités pour rebondir, les Français sont 2 fois moins endettés que leurs voisins anglais ou espagnols, et surtout,  la France manque cruellement de logements, alors que plus de 200 000 ménages nouveaux arrivent sur le marché chaque année.

INEGALITE TOTALE
Les Français sont également de plus en plus inégaux face au logement, dont le poids dans leur budget varie désormais beaucoup avec leur niveau de vie, alors qu'ils le sont moins que par le passé face à l'alimentation, selon une récente enquête publiée par l'Insee. Selon la plus récente parution de cette enquête, "Budget de famille", réalisée tous les cinq ans par l'institut de la statistique, "le logement est devenu le poste qui différencie le plus nettement les ménages en fonction de leur revenu". Ainsi, en 2006, les 20% de ménages ayant les niveaux de vie les plus faibles consacraient en moyenne 24,8% de leurs dépenses de consommation au logement, contre 10,8% pour les 20% de ménages les plus aisés, indique l'Insee. Alors qu'en 1979, le poids du logement était pratiquement identique pour toutes les catégories sociales, représentant environ 12% du budget des Français, il est resté stable pour les ménages les plus aisés mais a fortement augmenté depuis pour les autres, note aussi l'Insee. Ce creusement de l'écart s'explique notamment par le fait que les ménages les plus modestes "sont plus souvent locataires" : c'est le cas de 48% des 20% de Français les plus pauvres, contre 18% pour les 20% les plus riches. Le logement pèse par ailleurs plus lourd chez les personnes seules (23% de leur consommation en 2006) et les familles monoparentales (21%) que chez les couples avec enfants (13%). Ces statistiques confirment que la pénurie renforce, de fait, l'inégalité. Mais est-ce un souci véritable pour le gouvernement actuel ?
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans SOCIAL
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PIETRI Annie 01/10/2008 22:59

Il est évident que l'habitat , en France, ne cesse de se dégrader, tant en qualité qu'en quantité. Alors que l'on a voulu à tout prix favoriser l'accession à la propriété, le français moyen n'est plus en mesure d'acheter! Ses revenus ne le lui permettent pas, et lorsqu'en dépit des difficultés il décide de se lancer dans une acquisition immobilière, ce sont les banques qui freinent, et refusent de lui consentir un prêt! La situation est dramatique et ne fera qu'empirer : les particuliers n'ont plus les moyens de financer l'achat d'un logement, les entreprises de travaux du bâtiment vont avoir de moins en moins de chantiers, ce qui va générer de plus en plus de chômage, etc., et il y aura de moins en moins de travailleurs en mesure de se loger décemment dans des conditions raisonnables. Depuis des décennies, le logement social était en grande partie financé par les sommes versées par les épargnants sur leur Livret A. Ces sommes étaient regroupées à la Caisse des Dépôts et Consignations, qui les gérait, et dont l'une des missions essentielles était de consentir des prêts aux collectivités locales et aux organismes HLM dans le but de construire des logements sociaux, essentiellement locatifs. Ces sommes pouvaient également être utilisées pour la réhabilitation de l'habitat ancien.Depuis que les difficultés économiques s'amoncèlent, le français moyen ou modeste, qui a le souci de prévoir les difficultés à venir, et qui fait confiance à la Caisse d'Epargne, a multiplié ses dépôts auprès de cet organisme, pensant mettre ses maigres é&conomies en lieu sûr.... ce qui n'a pas échappé, bien évidemment, à Mr Sarkozy, à Mr Fillon, ni aux membres du gouvernement....On aurait pu penser qu'ils allaient mettre sur pied un plan de relance du logement social, et mettre en chantier un grand programme de construction. Outre que cela aurait permis de loger un grand nombre de ceux qui cherchent une habitation, cela aurait aussi permis de relancer les activités du bâtiment. Et comme chacun sait, "quand le bâtiment va, tout va"...Et bien, pas du tout.... Ces économies des petits épargnants (les grosses fortunes n'ayant que faire d'un livret A) vont servir à renflouer les entreprises, et les banques, qui ont géré leurs avoirs de la manière que l'on sait....C'est vraiment n'importe quoi ! cela relève, en quelque sorte, à la fois de l'abus de confiance et du détournement de fonds.Trop, c'est trop! Et on peut se demander jusqu'où ils oseront aller ! Mais puisqu'on nous dit qu'inciter les épargnants à retirer leur argent de leur compte constitue un délit durement réprimé par la loi.... je m'abstiendrai donc. Mais on ne m'empêchera pas de leur suggérer de trouver un autre moyen de valoriser leurs économies que de les placer sur un Livret A....

DURAND Gérard 01/10/2008 11:59

Ne serait-il pas opportun de recencer les logements vacants ou pouvant le devenir (avec des travaux payés par l'état).De grands garages ou dépendances seraient je pense assez rentables à restaurer en logements moyennat l'achat OU LE PRËT à bonnes conditions pour les vendeurs QUI SONT LA PLUPART désargentés en cette période.