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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 12:32

La France a mal à ses médias. La fièvre a gagné durant quelques mois le secteur de l'audiovisuel et les remèdes proposés ressemblent davantage à une potion magique pour le privé et un dépuratif pour le public, qu'à une réelle prise en compte d'un indispensable traitement de fond. En appauvrissant l'un, on a tenté d'engraisser les autres. Les relations ont joué à plein, mais il n'est pas certain que dans quelques années on ne soit pas contraint de revenir en arrière, tellement le déséquilibre mettra en péril un pan entier de la spécificité française. L'Etat finira bien d'une manière ou d'une autre par abandonner à la loi du marché le secteur de la télévision, dont on connaît l'importance dans le système réputé démocratique. Le pluralisme, qui repose essentiellement sur la diversité de l'offre et donc la possibilité de choisir pour celui qui reçoit, passivement, une information ou un programme de divertissement, disparaîtra sous les effets pervers d'une marchandisation outrancière. Malheureusement, les pavés ou le macadam des rues ne sont pas prêts à résonner des défilés de citoyennes et de citoyens révoltés par cette inquiétante mutation. Ils ont d'autres chats à fouetter. Surtout en ce moment. Par manque absolu d'éducation, les consommateurs ont pris le pouvoir par le simple fait d'appuyer, dans un réflexe pavlovien, sur leur zapette, de manière stéréotypée. Il semble pourtant qu'il y ait un frémissement de révolte. Rien de bien significatif, mais tout de même révélateur d'une modification de certains paramètres, considérés comme immuables.
Les audiences de Laurence Ferrari inquiètent TF1. Bien que l'audience ait grimpé de 40% le jour de son arrivée, depuis c'est la dégringolade. La baisse s'est accélérée au point d'arriver à seulement 37,78% de part de marché, le plus mauvais score de Laurence Ferrari. Selon Christophe Beaugrand, journaliste à Canal +, cette chute inquiéterait tellement TF1, que le travail de Michel Floquet, le rédacteur en chef du journal serait remis en cause. Un nouveau coup dur pour l'homme qui avait du gérer « l'affaire Schaal ». Souvenez-vous, Florence Schaal avait annoncé la mort d'un enfant, cet été. Une information qui s'est avérée fausse. Michel Floquet avait été mis hors de cause dans l'affaire. TF1 avait, quand à elle, imputé la faute à la journaliste, qui avait -de peu- échappé au licenciement. La part d'audience de TF1 ressort à 28,4% sur la semaine du 8 au 14 septembre, selon les chiffres publiés par Médiamétrie. La première chaîne de télévision affiche toujours un score en deçà des 30%, mais qui reste le meilleur de l'ensemble des chaînes de télévision, dont les résultats s'améliorent toujours un peu. Les chaînes autres que les chaînes nationales confirment, pour leur part, leur ascension au sein du paysage télévisuel. Sur la semaine écoulée, France 2 affiche une part d'audience de 16,1%, France 3 de 12,7%, M6 de 10,9% et Canal + de 3,8%. La part d'audience des « autres télévisions » s'établit, quant à elle à 24,5% exactement, avec un score de 11,8% pour les autres chaînes reprises sur la TNT. Les chaînes thématiques affichent elles 12,7% de part d'audience sur la période considérée, et c'est probablement une évolution positive qui va se poursuivre, car il n'est pas certain que l'augmentation du nombre et de la durée des écrans publicitaires sur TF1 ne soit pas une solution d'amélioration des profits se révélant, en fin compte, plus néfaste que positive.

GRENELLE ECONOMIQUE
Le mal de l'uniformisation généralisée des médias a également rattrapé la presse écrite en proie à des difficultés économiques croissantes. Si la presse magazine arrive encore à majoritairement survivre, il faut bien convenir que les quotidiens nationaux ne sont plus au mieux de leur forme. Ils ont plusieurs fois touché le fond, et seules des transfusions de capitaux venus du milieu des affaires leur ont permis de se maintenir à flot. Les débats s'ouvrent aujourd'hui sur leur avenir, sur la base du modèle du Grenelle de l'environnement. Quatre groupes de travail, constitués autour de personnalités reconnues dans ce secteur, un délai de deux mois pour permettre aux réflexions de s'élaborer... et un objectif ambitieux : essayer de dessiner l'avenir de la presse en France.
Le coup d'envoi de ces états généraux va être donné par Nicolas Sarkozy, qui prononcera à 11 heures une allocution devant les professionnels du secteur réunis à l'Elysée. Rassurez-vous, on en connaît la teneur, et ce ne sera pas un scoop, puisque la méthode est toujours la même : « je vous ai compris. Je suis là pour vous aider. Je n'ai plus un euro vaillant mais je suis certain que vous trouverez des solutions efficaces pour réformer un système qui manque de liberté et dont les charges sont trop élevées ». C'est immuable. Il y aura des envolées lyriques sur la nécessaire indépendance de la presse, la beauté du métier de journaliste, la nécessité absolue d'éduquer, dès le plus jeune âge, un peuple récalcitrant. Les débats devraient se dérouler sur un mode participatif. Arnaud de Puyfontaine (ex-Pdg de Mondadori France) devrait animer ceux consacrés aux aspects économiques et industriels, Bruno Patino (directeur général de Radio France et ancien vice-président du Monde) serait chargé du numérique, Bruno Frappat (président du directoire de Bayard Presse) de la réflexion autour du métier de journaliste, et François Dufour (fondateur du groupe Play Bac Presse) de la question presse et société. Certaines réunions pourraient être portes-ouvertes, ce qui permettrait peut-être, de temps en temps, aux... journalistes de s'exprimer, via leurs sociétés civiles ou leurs syndicats, mais comme ce seront, quoiqu'on en dise, essentiellement des débats économiques, leur présence ne sera pas fondamentale. Il restera alors, à l'issue de ce nouveau Grenelle, de savoir si ce n'est pas trop tard !

LES AMIS PAS LOIN
En annonçant ces états généraux en juin, Nicolas Sarkozy avait relevé un « gigantesque problème de distribution », estimant qu'il fallait développer le portage à domicile et multiplier les points de vente des journaux. « Est-ce qu'il ne faut pas créer des groupes multimédias, alors qu'aujourd'hui tout est fait pour les éviter ? », s'était-il aussi interrogé en pensant à tous ses « amis » qui s'efforcent, chaque jour, de rassembler tous les supports médiatiques dans un même portefeuille. Il ne manque aux principaux d'entre eux que quelques télévisions taillées sur mesure. Ce devrait être fait avec le dépeçage programmé de France 3, que l'on adosserait à une presse quotidienne régionale ayant besoin d'une transfusion salvatrice. Chez les professionnels eux-mêmes, ces états généraux suscitent des attentes multiples. Du côté des éditeurs, la distribution apparaît comme une question centrale, alors que les tarifs postaux pour l'acheminement des abonnements vont bientôt augmenter, et que le nombre de points de vente est largement inférieur à ce qu'on observe en Allemagne ou au Royaume-Uni.
Le propriétaire de La Tribune estime que le développement du portage des journaux à domicile devra être un "sujet fondamental", tandis que le président de Lagardère Active, Didier Quillot, veut, entre autres, faciliter la vente dans les hypermarchés. Ils en débattront et se mettront vite d'accord sur un point : la nécessité absolue de se débarrasser du Syndicat du Livre et de faire sauter un verrou, qui gêne fortement, dans une libéralisation forcenée du système. Les ouvriers du Livre sont en effet régulièrement montrés du doigt pour expliquer l'importance des coûts d'impression. Alain Minc  (inspirateur de Sarkozy qui a démontré son talent de gestionnaire au Monde) a souhaité que les états généraux "aident à mettre à bas le monopole du syndicat du Livre", qu'il a qualifié de "verrue". Le contenu ne pose aucun problème, puisqu'il est majoritairement identique, mais par contre, il faut absolument rénover le contenant, et regrouper, fusionner tout ce qui peut l'être, afin de lutter avec plus d'efficacité contre une tendance des lectrices et des lecteurs à aller voir ailleurs, comme vous le faites en lisant cette chronique

UN PROBLEME DE CONFIANCE
Le directeur de Libération appelle pour sa part à ouvrir ces états généraux de la presse au public, estimant que la profession doit « procéder à un examen de conscience collectif » face à la crise de confiance de l'opinion. La profession doit notamment « étudier, non en vase clos, mais publiquement et contradictoirement, les moyens concrets de combler le fossé de méfiance qui s'est creusé entre les médias et le public », estime-t-il. Laurent Geoffrin pose le véritable problème. Tant pour la télévision que pour les autres supports, le véritable défi reste de redonner, en effet, confiance aux téléspectateurs et aux lecteurs potentiels.
Comment les ramener vers des journaux, de quelque nature que ce soit, alors qu'ils savent bien que ceux-ci ne rapportent qu'une part de la réalité, et que bien souvent ils l'orientent dans le sens qui leur permet de « capturer » le maximum d'auditoire. La téléréalité a fini par tuer la réalité, et la peopolisation a assassiné l'information. Quel citoyen non consommateur peut-il affirmer qu'il trouve dans le système des analyses profondément différentes des faits ? Quel citoyen non consommateur ne se rend pas compte que l'opinion dominante est cultivée tous azimuts, afin d'espérer sauver les meubles quand tout va moins bien ? Faut-il un Grenelle pour se rendre compte lucidement que certains lecteurs se contentent des « gratuits », pour la bonne et simple raison qu'ils n'ont plus les moyens financiers d'accéder à une presse onéreuse ? Est-ce véritablement un scoop que d'affirmer que l'indépendance des journalistes est menacée, avec perquisitions dans les journaux, procès multiples, risques de licenciements permanents ?
Si ce Grenelle se contente d'aborder le volet économique, il se soldera par un échec, car on le voit bien, globalement, la réussite de toute réforme ne repose que sur la confiance que les gens mettent dans celle ou celui qui la porte.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

cigalette 06/10/2008 15:15

Bon lundi*******Personnellement j'ai acheté des tas de journeaux et hebdomadaires...tant que j'ai pu.Maintenantheureuse d'avoir internet pour m'informer.Regrette seulement qu'il n'y ait pas d'incompatibilité entre posséder un média et une entreprise....Vive la presse libre et les journalistes courageux !Cordialement