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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 10:58

Les coups pleuvent sur les collectivités locales qui, selon le gouvernement, sont partiellement responsables de la ruine d'un pays au bord du gouffre. Selon une technique parfaitement rodée, les leaders d'une droite très encline à reporter vers les autres les responsabilités du plus grave échec politique du demi-siècle écoulé, se relayent pour clamer haut et fort des contre-vérités aussi grosses que les promesses sarkozystes non tenues. Elles sont fragmentées de telle manière que le citoyen, même lucide, ne puisse jamais les mettre en synergie. C'est la politique des petits pas... négatifs, ou des trous répétés, qui finissent par avoir globalement des incidences catastrophiques, et surtout par masquer totalement une action concertée. Il leur faut absolument reprendre le pouvoir local, que le suffrage universel a confisqué majoritairement à l'UMP et à ses alliés. Alors, on va pratiquer l'étouffement progressif avec accumulation de compétences transférées, de telle manière que la gestion en devienne impossible. Il faut retourner l'opinion publique contre la Gauche qui, c'est bien connu, augmente les impôts par plaisir et plus encore par laxisme. Le plan global visant à tuer les départements, à détruire l'élection directe des régions, à fusionner de force l'intercommunalité pour réduire le nombre d'élus locaux s'opposant aux directives gouvernementales, à diminuer le nombre des communes en les obligeant à se délester de leurs responsabilités vers les communautés en tous genres, va se déployer durant l'année 2009.
Les contribuables vont recevoir leurs feuilles d'imposition locale, ou les ont déjà reçues, et rares seront ceux qui feront le lien entre leur montant et la politique gouvernementale de désengagement constant, organisé, planifié, car ils sont anesthésiés par les affirmations télévisuelles constantes. Même cette semaine, en plein désastre bancaire dont on devait punir... les responsables qui, vous l'aurez bien compris, ne sont pas des responsables politiques de droite, et encore moins leurs amis, Jean François Copé, leader d'une partie des députés UMP a... concentré ses efforts sur la destruction des départements ! Il faut avouer que personne n'aurait imaginé une telle mauvaise foi. Et cela au moment où le capitalisme financier s'effondre, pour avoir assassiné une société de la solidarité, essentiellement portée, sur le terrain, par des collectivités locales qui dépensent plus de 50 % de leurs ressources pour... la politique sociale de proximité, destinée à compenser les dégâts faits par ceux qui devraient être considérés comme des escrocs ! Qui va compenser l'incapacité des familles ruinées par les taux d'intérêts progressifs à payer la cantine, la demi-pension, les transports scolaires, les crèches, les centres de loisirs ? Qui va finir par prendre en charge le manque de financement prévisible du RSA ? Qui va, dans les prochaine semaines, alimenter le soutien scolaire prévu avec des bouts de chandelle dans des établissements scolaires déjà privés de moyens humains en nombre suffisant ? Qui va devoir remplacer un fonctionnaire du système éducatif national absent pour « cause imprévisible » ? Vers qui vont se tourner les familles pour solliciter des logements inexistants ? Rares sont ceux qui font le lien entre la politique nationale actuelle et ses conséquences sur leur feuille d'impôt.

LA MANIPULATION ORGANISEE
Si l'on prend un exemple incontestable et très précis, on peut démonter le système. L'Etat vient de lancer, sur injonction européenne et surtout américaine (via les exigences sur la sécurité intérieure) la mise en place du passeport « biométrique ». Une mesure contestée par la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL), et par la Ligue des Droits de l'Homme, compte tenu du risque terrible de fichage électronique que comporte ce document que, dans les faits, l'Etat n'a pas les moyens de mettre en œuvre. En effet, personne ne fait le lien entre la suppression massive de fonctionnaires dans les structures étatiques et son impact sur le terrain ! Or, pour mettre en place la confection extrêmement complexe de ces documents électroniques, il faut du personnel que n'ont plus ou ne veulent surtout pas recruter les Préfectures ! Alors, on a eu l'idée géniale de confier ce boulot... à des mairies choisies après une pseudo concertation, qui consistait surtout à résoudre concrètement un problème de délais sur le dos du contribuable local !
Qui se souciera véritablement, en venant se faire photographier devant un appareil sophistiqué, et en faisant remplir son dossier de demande de passeport dans une mairie qui n'est pas la sienne, de savoir qui paye l'employée qui le reçoit ? Or, pour une machine installée localement (5 000 passeports et, plus tard, cartes nationales d'identité sécurisées) l'Etat versera un forfait annuel de 3 000 € ! Rien à voir avec le salaire du fonctionnaire territorial qui, toute l'année, ne fera plus rien d'autre que l'accueil et le traitement des dossiers ! On économise, d'un côté, un poste à la Préfecture (l'Etat s'en glorifie), et de l'autre, on refile le bébé à la Mairie, qui devra se débrouiller pour financer la création, obligatoire à terme, d'un nouvel emploi. Mais c'est même mieux que cela en matière de tromperie, car dans le même temps, comme il est incapable de payer ces maigres 3 000 euros, le gouvernement a décidé... d'augmenter le prix des passeports ! Le contribuable local paiera donc deux fois : par ses impôts locaux, puis en demandant un document de nationalité qui devrait justement être gratuit, et relever de la seule compétence de l'Etat républicain !

ENCORE LE POUVOIR D'ACHAT
Le projet de budget 2009 prévoit, en effet, une hausse des tarifs des passeports, qui deviennent biométriques, de 29 euros pour les adultes et de 15 euros pour les 15-18 ans, annoncent Les Echos dans leur édition du vendredi 3 octobre. Ainsi, le prix d'un passeport pour un adulte passe de 60 à 89 euros, et de 30 à 45 euros pour les 15-18 ans. Pour les moins de 15 ans, dont le passeport était jusqu'à présent gratuit, il en coûtera 20 euros, précise encore le quotidien économique, qui énumère des mesures « non évoquées par le gouvernement » lors de sa présentation du projet de budget 2009. Un exemple concret des duperies en cours qui , bien évidemment, seront avalées facilement par les Sarkozystes idôlatres, toujours heureux, comme les fous de Dieu, des décisions tordues prises au nom de l'intérêt d'une caste. C'est ce que « leur » président appelle l'amélioration du pouvoir d'achat. Rassurez-vous, ce seront les Maires qui exigeront désormais le chèque avec le dossier, puisque le demandeur n'aura plus aucun contact avec les fonctionnaires de l'Etat !
S'agissant de la carte d'identité, qui devient elle aussi biométrique, sa délivrance reste gratuite, mais « son renouvellement en cas de perte ou de vol plus de douze mois avant la date d'expiration sera désormais facturé 25 euros », selon le journal. Tiens donc, on avait donc oublié de le dire ? Remarquez que ces mesures financières concrètes, qui ne seront certainement pas médiatisées, reposent, comme toujours, sur un concept général acceptable par tout le monde. L'objectif pour le gouvernement est clair : « Réduire la fraude à l'identité », alors que les déclarations de perte ou de vol ont fortement augmenté depuis 1997, « date à laquelle la carte est devenue gratuite », expliquent les Echos. Quelle confiance peut-on encore mettre dans un gouvernement qui passe son temps à tenter de surfer sur des apparences uniquement, et qui profite au maximum de la passivité de citoyens, anesthésiés par l'opinion dominante facile ?

LA VRAIE RAISON
Les réalités sont en effet bien différentes des compte-rendus médiatiques qui ne vont jamais au fond des sujets, et se contentent avec délectation de l'écume des annonces. La responsabilité des journalistes, qui ne veulent que du « facile », du « superficiel », mais surtout pas du « technique », du « raisonnable », devient lourde, dans la situation actuelle du pays. Selon le principe très ancien du « qui veut tuer son chien l'accuse de la rage ! »,  les responsable de l'UMP se lamentent depuis des années, à longueur de journaux, sur le mille-feuille administratif français et ses innombrables communes, départements, régions, sources d'inefficacité et de dépenses inutiles. Un rideau de fumée pour dissimuler le fiasco total du gouvernement.
Jacques Attali, il y a un an, en avait remis une couche dans son rapport, en préconisant tout simplement la suppression des départements. "Ca ne se fera pas", pensaient tout bas les élus de tous bords. Mais rupture oblige, le chef de l'Etat a donné son feu vert cet été pour ouvrir le débat, car il reste fidèle à sa technique de communication : pour éviter que l'on s'intéresse à vos échecs, attaquez les autres pour détourner l'attention ! La récession, ce n'est pas lui, c'est la crise mondiale ! La faillite des banques, il n'y est pour rien, ce sont les forces du mal venues d'ailleurs, les défaites successives aux élections locales, il n'en porte surtout pas la responsabilité ! Si la France va mal c'est la faute de ces élus locaux de gauche qui sont trop nombreux, et surtout qui l'empêchent encore un peu d'avoir la main mise absolue sur le pays.
Peu importe les dégâts politiques au sens large du terme, avec la disparition de la notion de proximité qui fait la force de la structuration territoriale actuelle. On sait fort bien que la mobilisation de l'électorat s'effectue essentiellement quand il y a un enjeu fort sur les personnes, beaucoup plus que sur les étiquettes au plan local. En introduisant des processus d'étranglement progressif de ces collectivités, proches des gens, pour les transformer en structures lointaines, plus aisément contrôlables, plus malléables sur le plan de la politique politicienne, on modèlera une France américanisée avec des « gouverneurs » omnipotents et des structures administratives gigantesques, éloignées des réalités ! Mais l'essentiel, c'est bien que Monsieur Copé inscrive son nom pour la postérité sur une loi lui permettant de se placer pour les futures présidentielles... Le citoyen contribuable votera pour lui, persuadé qu'il lui a fait économiser ces euros si précieux que l'Etat lui vole par des voies détournées. Ah ! C'est bon d'être croyant et de ne pas se poser de questions !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

marc d Here 05/10/2008 23:54

Cette fois-ci E.M. je vous approuve d'accepter l'idée d'une réforme (comment faire autrement en effet) et même de faire une proposition, plutôt intéressante...

PIETRI Annie 05/10/2008 21:26

Qu'ajouter à cette chronique? Tout y est dit. La mauvaise foi de ceux qui veulent procéder à cette réforme des collectivités locales, les buts qu'ils poursuivent, leurs arrières pensées politiques, qui, comme toujours n'ont que peu de choses à voir avec l'intérêt général, leurs mensonges, et toutes les ruses qu'ils déploient, avec la complicité d'une presse servile, pour tromper les citoyens, et ne leur fournir que des informations partielles ou mensongères. Alors, il me semble  que plutôt que de faire de longs commentaires, il nous appartient à nous, socialistes, amis et lecteurs de Jean Marie Darmian, de diffuser au maximum ce texte, tant auprès des élus de notre entourage que de nos concitoyens, pour qu'ils aient un autre regard, un regard lucide et clair, sur ce qui se prépare. Et pour qu'ils transmettent à d'autres élus locaux et à leurs administrés, qu'on est encore en train de manipuler, les informations que ceux qui détiennent le pouvoir absolu de faire n'importe quoi sans aucune concertation avec les principaux intéressés, cachent soigneusement, et se préparent, en catimini, à leur imposer.C'est ce à quoi je me suis employée cet après midi et ce soir. Je suis certaine que l'auteur de ce texte ne m'en voudra pas....

E.M. 05/10/2008 20:32

Oui, il faut certainement y toucher, mais attention aux dégâts causés si cela est fait sans prendre en compte l'importance actuelle de ces collectivités dans le "traitement" social !Il me semble que le mieux serait de remplacer les Régions par une fédération de Conseils Généraux. 

marc d Here 05/10/2008 20:28

Je comprends que vous êtes contre le projet de réforme des collectivités locales (on en est au stade du débat), mais j'ai du mal à comprendre pourquoi vous souhaitez un statu quo. Pensez-vous vraiment que notre organisation territoriale est si excellente qu'il ne faut pas y toucher?