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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 07:17

Qui peut avoir encore un brin d'estime pour un gouvernement de droite prompt à appliquer des mesures de gauche et  pour un « gouvernement gauche » face à la crise, prêt à renoncer à appliquer des « mesures adroites » ? Seuls les ralliés de la première heure et les sociaux-opportunistes ont encore envie de croire au miracle du Sarkozysme, puisque les autres constatent chaque jour qu'aucune des annonces faites n'est suivie des faits. Une seule promesse a été assumée jusqu'au bout et se révèle profitable à celles et ceux auxquels elle était destinée : le paquet fiscal ! Pour le reste un bilan objectif, réforme par réforme, démontre que c'est un échec patent. On annonce, on dénonce, on renonce dans l'ordre, comme si le nec plus ultra de la politique consistait à ne rien faire de ce que qui a servi à se faire élire. La situation devient critique.
Le mouvement « CAP 21 » de l'ancienne ministre Corinne Lepage, ainsi que les associations « Centr'Egaux » et « Aujourd'hui Autrement », se sont pourvus devant le Conseil d'Etat pour demander la suspension du décret, daté du 27 juin, portant sur la création du fichier de renseignements Edvige.
Les associations s'inquiètent de la « duplicité » du gouvernement, qui pourrait être amené à mettre en application ce premier décret, fortement controversé, alors qu'il a déjà transmis un nouveau texte à la CNIL, dont sont retranchés les éléments les plus sujets à polémiques (orientation sexuelle, religieuse, état de santé). Les associations soulignent, par ailleurs, que « le projet de nouveau décret ne prévoit pas l'abrogation de l'ancien ». Mais bien entendu dans le climat actuel, la duplicité de cette démarche passera inaperçue et ne mobilisera guère les habituels opposants.
« Il y a donc une véritable urgence pour le Conseil d'Etat à suspendre le décret litigieux dans la mesure où son application, dont on sait qu'elle devrait être temporaire, permet de créer des fichiers dont on peut plus que douter qu'ils soient un jour détruits lorsque le nouveau décret sera sorti », écrivent-elles dans le référé en suspension.
« Le gouvernement a annoncé son intention de préparer un nouveau décret et celui-ci a du reste d'ores et déjà été transmis à la CNIL », rappellent les associations. « Dans ces conditions, la logique eût voulu que, dans l'intervalle, le gouvernement retire purement et simplement le décret destiné à être remplacé par ce nouveau texte. C'est en raison de cette logique que les requérants n'avaient pas déposé de référé suspension. » Or, le décret n'a pas été retiré et, pire encore, le projet de nouveau décret ne prévoit pas l'abrogation de l'ancien, ce qui dénote une intention pour le moins dangereuse.

PLUS VITE QUE LA MUSIQUE
Dans ces conditions, cela signifie tout simplement que le décret Edvige est, non seulement applicable, mais très probablement appliqué, le gouvernement utilisant le laps de temps nécessaire jusqu'à la sortie du nouveau décret pour mettre en pratique le décret Edvige, dont il indique qu'il sera remplacé par un autre décret, sans pour autant en tirer toutes les conséquences juridiques. On doit donc se dépêcher, dans les officines spécialisées, pour compléter les fiches existantes avec des renseignements qu'on ne retirera plus. On comprend mieux les raisons qui ont récemment poussé un fonctionnaire zélé des ex-RG à s'enquérir de la religion des fonctionnaires de la région Rhône-Alpes. Une affaire toujours pas éclaircie mais qui prend son véritable sens quand on sait que le non-abandon du décret Edvige permet légalement ce type de pratiques. La direction des ressources humaines du conseil régional Rhône-Alpes a reçu le 16 septembre un courriel d'un fonctionnaire de la sous-direction de l'Information générale (SDIG, ex-Renseignements généraux) de la Direction départementale de la Sécurité publique (DDSP) lui demandant si son personnel comportait "des agents de confession autre que chrétienne". Le 26 septembre, le président PS de la région, avait interrogé le ministre de l'Intérieur, « sur cette enquête qu'il trouve choquante tant dans son principe que dans les modalités de sa mise en œuvre ».
Cette demande est « inadmissible, totalement déplacée », avait assuré le cabinet du ministre, qui avait saisi le directeur général de la police nationale pour diligenter une enquête hiérarchique interne. Le directeur départemental de la DDSP, Jacques Signourel, a assuré que l'expéditeur de ce courrier, " un brigadier d'une quarantaine d'années", n'avait « pas sollicité sa hiérarchie, dont il n'avait reçu aucune instruction » allant dans ce sens, estimant que cet envoi était « peut-être la conséquence de consignes mal comprises » (sic), alors qu'il n'a fait qu'appliquer, tout simplement, le décret Edvige que personne n'avait soupçonné être encore actif. CAP 21 et les organisations associées, tirent donc à juste titre la sonnette d'alarme : « Il va de soi que dans l'hypothèse où le gouvernement s'opposerait à la demande de suspension, il avouerait alors vouloir appliquer le décret Edvige dans l'attente de l'intervention du nouveau texte permettant ainsi de créer un fichier dont l'objectif avoué serait de rester totalement secret, inexistant sur le plan juridique parfaitement réel sur le plan des faits. Une telle duplicité ne serait pas acceptable "
DES FUITES MALVENUES
Le fichier étant réputé secret, selon les affirmations du Ministère de l'Intérieur, le Français fiché n'avait rien à craindre. Du moins le croyait-on avant qu'une enquête soit ouverte, après la divulgation, sur le site internet Bakchich, des fiches de police confidentielles du chanteur Johnny Hallyday et du comédien Jamel Debbouze. Tiens donc, les premières fuites ou reventes de fuites sont devenues possibles. Sous le titre « Tous fichés, même les potes de Nicolas Sarkozy », le site satirique publie lundi, in extenso, les fiches des deux célébrités, contenues dans le système de traitement des infractions constatées, un fichier controversé de la police, dont les données sont confidentielles.
Ces fiches recensent de présumées infractions leur étant imputées, remontant à 1972 pour Hallyday et s'arrêtant, toujours pour celui-ci, à 1995. Interrogé par l'AFP, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Gérard Gachet, a déclaré que la ministre, Michèle Alliot-Marie avait demandé une enquête ! Encore une, mais qui n'effacera pas la faute déjà commise. L'intérieur rappelle en effet que la traçabilité des consultations des fichiers de police permet d'identifier leurs utilisateurs.
Gérard Gachet ajoute également que Michèle Alliot-Marie réunira la semaine prochaine le groupe de contrôle des fichiers, comme elle l'avait annoncé après la polémique autour du fichier Edvige. En revanche, pas un mot sur la validité du décret déjà publié... Si Edvige n'existe plus, ces fiches devraient être détruites ou au moins protégées.
Dommage que l'on n'écoute pas la Commission nationale de l'informatique et des libertés, qui dénonce depuis 2004 les dérives de l'utilisation de fichiers de police, pour l'embauche de personnels, par exemple. Rassurez-vous, ce ne sera certainement pas le cas pour Edvige qui est inaccessible à toute intrusion extérieure. Des policiers, soupçonnés d'avoir monnayé des informations contenues dans le Stic, qui recense des milliers de personnes à partir de la moindre infraction ou garde à vue, ont déjà été interpellés et sanctionnés dans d'autres affaires, mais ce n'est pas alarmant !

DES FICHES BIEN GARNIES
Il est vrai que sur le fichier Edvige on va vite retrouver des fiches de choix. Celle des amis de la campagne présidentielle. Tenez, Bigard aura droit à une mention spéciale puisque sa religion est faite : « les attentats du 11 septembre ne seraient, selon lui que d'odieuses manipulation américaines ». Remarquez qu'un pote de ce type, ayant participé à la visite chez le Pape avec le Chanoine de Latran, mérite une mention spéciale car, à priori, c'est un catholique illuminé ayant reçu un message transcendantal arrivant directement de l'au-delà ! Il faut absolument identifier son informateur... ou son informatrice.
Un an d'emprisonnement avec sursis a été requis hier par le tribunal correctionnel de Versailles, pour fraude fiscale, à l'encontre du chanteur Doc Gyneco, un autre ami providentiel de Nicolas Sarkozy. Bruno Beausir, alias Doc Gyneco, était jugé pour avoir "oublié" de  payer un peu plus de... 356.000 euros d'impôts entre 1999 et 2000, selon une source confirmant une information du Parisien. Pour sa défense, le chanteur a avancé lors de l'audience qu'à l'époque, il était « mal renseigné » et ne « savait pas » (sic) qu'il devait payer cet impôt. Bien joué; il a fait rétroactivement un petit chèque pour se faire oublier. Lui au moins, il a une banque qui a du répondant et qui ne refuse pas encore du crédit à un bon client. Il a une chance : le décret Edvige supprimé permettra que sa fiche soit allégée d'une ligne désolante. Il en est un autre, qui doit se faire du mouron pour sa fiche. Le procureur de Paris va en effet demander le renvoi en correctionnelle pour « complicité de dénonciation calomnieuse » de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, dans l'enquête sur la manipulation menée en 2004, à l'aide de fausses listes de comptes bancaires de la société Clearstream. Ces faux listings, semblant imputer des pratiques de corruption à des dizaines de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, avaient été transmis à la justice, qui n'avait pu mettre au jour la manipulation qu'après plus d'un an d'enquête... Encore des fuites organisées, dont on sait combien elles ne peuvent pas exister.
En fait on constate que les affirmations publiques répétées ne sont que des rideaux de fumée destinés à dissimuler la triste réalité de l'agonie d'une démocratie. Le déclin économique va accentuer ce démantèlement des certitudes républicaines. L'insécurité sociale va éclipser les mesures liberticides comme le passeport biométrique, le fichage des acteurs de la vie publique, la pression médiatique organisée. La méthode sarkozyste génèrera une perte de confiance totale dans la structure de l'Etat et favorisera un populisme désastreux.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

herbien 08/10/2008 15:42

qu'en dit MARC D'here le thuriféraire du nain

J.J. 08/10/2008 09:54

Question subsidiaire :Les chaussettes du maire de Perpignan figureront-elles sur Edvige ? 

J.J. 08/10/2008 09:52

Encore une bonne nouvelle sociale !"Au cours de la séance du Comité d'action sociale interministériel du 11 septembre, les organisations syndicales ont été informées du projet du gouvernement de suspension de la prestation d'Aide ménagère à domicile (AMD) dans le cadre du budget 2009.(non applicable pour le moment aux retraités du régime général)