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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 07:17

« Pourquoi ne pas réfléchir au lancement d'un grand emprunt d'État, pour être en mesure de donner au secteur bancaire les moyens de financer notre économie ? Pourquoi ne pas réfléchir aussi à une amnistie fiscale pour nos compatriotes qui accepteraient de rapatrier leurs capitaux, sous condition bien sûr de souscrire à cet emprunt d'État ? » Face à la crise, ce sont les solutions avancées par Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale qui est, rappelons-le, l'un des personnages devant représenter la France ! Incroyable paradoxe que celui qui préside l'Assemblée nationale, dont le rôle essentiel reste de voter les lois et de se plaindre ensuite... de ne pas les voir exécutées, recherche des solutions pour exonérer les fautifs. Drôle d'époque que celle que nous traversons. On va infliger des années de prison à un pauvre erre, et amnistier les pires tricheurs, qui passent leur vie à contourner le principe même d'équité républicaine.
« C'est une idée personnelle mais je me suis aperçu qu'elle pouvait être partagée. Nous ne devons nous interdire aucune voie de réflexion afin que la France puisse sortir de cette crise et rebondir le mieux possible. S'agissant de l'amnistie, je pense à nos compatriotes, pas aux dirigeants qui ont pu être défaillants", précise-t-il. "Même si son système bancaire est plus solide qu'ailleurs, la France aura quand même à faire face aux conséquences de cette crise. Donc nous devons mobiliser toutes nos forces. D'autant plus qu'il nous faut continuer à assainir nos finances publiques. » L'initiative devrait cependant faire long feu, Nicolas Sarkozy s'étant empressé de la balayer hier matin. Un participant de la réunion du groupe des sept ministres qu'il réunit régulièrement à l'Élysée raconte que le chef de l'État juge la proposition « pas opportune ». Alors qu'on lui demandait s'il la trouvait juste, le Président aurait répondu « non » sans pour autant indiquer si sa réponse était circonstancielle ou définitive. Il serait tout de même dramatique que l'on inflige une amende à un automobiliste n'ayant pas les moyens d'acquérir deux gilets fluo... d'ailleurs non exigés, dans les faits, par la loi puisque le décret d'application du texte original n'a pas été publié en temps opportun. Tous les procès verbaux seront donc amnistiés de fait !
Question indulgence de la justice, il y avait un spécialiste que les journalistes ont vite consulté, puisqu'ils ne vont voir que les gens qui comptent. Jean Sarkozy est moins catégorique que papa. À la question « faut-il permettre à ceux qui ont mis leur argent à l'étranger de le faire revenir en France et de bénéficier d'une amnistie fiscale au passage ? », le conseiller général des Hauts-de-Seine a répondu : « Pourquoi pas, il faut voir comment les choses évoluent dans les semaines qui viennent, quelles seront les différentes répercussions de la crise, mais si c'est une solution qui permet de rapporter de la confiance, de restaurer cette confiance dans les marchés, alors il ne faut pas l'écarter. » Il est vrai qu'il a de nombreux amis qui connaissent les vicissitudes d'une fortune exportée à l'insu du plein gré de son propriétaire. Tenez Johnny, malgré  le bouclier fiscal, n'est pas revenu de Suisse, mais avec une indulgence plénière, il pourrait nous faire bénéficier de sa présence !

AU NOM DU FILS
Une voix du fils, contre le père mais avec le saint esprit de la famille, qui semble isolée. L'amnistie fiscale « n'est pas vraiment (sic) d'actualité et elle n'est pas forcément liée à ce sujet de la crise financière internationale », affirme le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, sur France 2 vendredi matin, renvoyant ce sujet au débat sur la loi de finances. Selon le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé, « c'est une contribution intéressante qui mérite l'attention mais qui, pour autant, aujourd'hui, ne doit pas être une priorité, ni présentée comme une mesure isolée ». Mieux habillée, après un ballon d'essai ne soulevant pas trop d'indignation chez des contribuables anesthésiés, recroquevillés sur leur gazon, leur maison et devant leur télévision, la mesure pourrait devenir... acceptable. En effet, on ne peut pas décemment écrire que ce soit la révolte, face à cette proposition, dans les chaumières. Dans le fond, la situation est tellement désespérée que le moindre avantage consenti aux uns porte en lui-même un espoir pour les autres, même s'ils en sont très éloignés.
La gauche, qui avait proposé sans grand succès une amnistie fiscale en 1982 sous le gouvernement de Pierre Mauroy, est rapidement montée au créneau, dans un contexte marqué par un krach mondial et la dégradation de la situation économique et sociale française. Le député PS Philippe Martin a résumé parfaitement la situation : "on est déjà dans une situation où on renfloue des banques qui ont fait des mauvaises opérations avec l'argent des contribuables et, là, on propose ni plus ni moins que d'amnistier des Français qui ne se sont pas conduits en bons citoyens puisqu'ils ont soustrait leurs capitaux à l'impôt national. » Et alors, on a bien accordé le « paquet fiscal » sans soulever des manifestations populaires d'envergure! Et alors, on a bien remboursé Tapie en nous expliquant que l'on faisait des... économies ! Et alors, on ne s'est pas gêné pour exonérer les entreprises de charges sociales, qui vont douloureusement manquer à la CF, à la Caisse d'Assurances maladie, aux caisses de retraite qui voient maintenant arriver la tourmente avec angoisse ! Alors pourquoi une amnistie ne passerait-elle pas, au cœur de la crise, comme un brillant outil du sarkozysme triomphant ?

FRAUDE COLOSSALE
Il y a fort à parier que le Président de l'Assemblée nationale ne lit pas les rapports que lui adressent régulièrement les instances officielles qui scrutent les évolutions, car autrement, il saurait que le Conseil des prélèvements obligatoires qui a succédé au Conseil des impôts en avril 2005, a rendu public un rapport sur la fraude aux prélèvements obligatoires. Citant ce rapport, le quotidien ''Les Echos'' a chiffré la fraude fiscale et sociale entre 29 et 40 milliards, ce qui représente entre 1,7% et 2,3% du produit intérieur brut. Le quotidien économique indique que les deux-tiers du montant de la fraude sont imputables aux impôts, avec en tête la fraude à la TVA, qui atteindrait entre 7,3 et 12,4 milliards d'euros. Ce serait dans les secteurs de l'électronique, de la téléphonie et du textile que cette taxe serait la plus détournée. Viennent ensuite la fraude à l'impôt sur les sociétés (4,6 milliards), à l'impôt sur le revenu (4,3 milliards) et aux impôts locaux (1,9 milliard). Essentiellement liées à l'ampleur du travail au noir dans l'agriculture, le BTP et l'hôtellerie-restauration, les fraudes aux prélèvements sociaux représentent, quant à elles, entre 8,4 et 14,6 milliards.
Le Conseil des prélèvements obligatoires émet plusieurs propositions pour développer de nouvelles formes de contrôle en utilisant, par exemple, les interconnexions de fichiers et de bases de données. Il préconise également la création d'un office européen de lutte contre la fraude, sur le modèle d'Europol pour la police, et une coopération renforcée entre les différentes administrations. Cet office pourrait embaucher le sieur Accoyer, qui découvrirait alors que ceux qui peuvent le moins frauder sont les salariés ou les fonctionnaires. Comme on a décidé  leur disparition, il y aura plus de place pour les autres... Surtout s'ils rentrent avec leurs dépôts au Lichtenstein, en Andorre, à Monaco, à Saint Martin ou à La Barbade et avec le contenu des coffres ! Tenez, lors de la prochaine opération « Pièces jaunes » on trouvera de généreux donateurs, parmi lesquels David Douillet, un pote aux Présidentes de la République qui se sont succédées. Le judoka avait porté plainte contre le site Bakchich à la suite d'un article publié le 15 mars, où il était soupçonné de posséder un compte au Liechtenstein. David Douillet réclamait 110.000 euros de dommages et intérêts à Bakchich. Hier, le tribunal de grande instance de Nanterre a rendu son jugement. Le site d'information est mis hors de cause. David Douillet est condamné à verser 1.000 euros au site ! Vivement une amnistie fiscale pour effacer ces doutes.

LES 50 QUI COMPTENT
Combien de gens ont-ils espéré une amnistie dans des circonstances plus douloureuses ? Combien ont-ils été déçus par un discours sécuritaire qui leur signifiait que l'indulgence n'appartenait pas à la philosophie de la Droite ? Combien ont-ils compris que les crises ne désespèrent pas tout le monde : il y en a qui en profitent aussi. Tenez, c'est aussi l'occasion d'amnistier les fameux « traders » et de les préparer à la suite. Réunis sous les lustres en cristal qui éclairaient les assiettes luxueusement agencées par le chef Alain Ducasse, les 50 invités de Fortis se sont studieusement penchés sur la crise financière. A 150.000 euros le déjeuner pour ce groupe, ils avaient plutôt intérêt !
Frappée de plein fouet par la tempête financière, la société d'assurance belgo-néerlandaise s'est vue proposer le rachat de 75% de ses activités bancaires belges, de 100% des assurances et de 66% de ses activités luxembourgeoises par le français BNP, qui va certainement resserrer les boulons. Une cinquantaine de traders a été invitée dans la salle Empire de l'Hôtel de Paris, le plus chic et le plus coûteux établissement de Monaco, 3 étoiles au guide Michelin. Quand le CAC 40 dévisse de 8% par jour, il faut bien ça pour remonter le moral de ceux qui l'ont précipité dans le gouffre...
L'histoire est amusante, car révélatrice du mépris -comme celui d'Accoyer- pour celles et ceux qui ne peuvent plus boucler les fins de mois, ou qui craignent pour leur livret A d'une Caisse d'Epargne, qui a davantage prêté qu'elle n'avait reçu ! Peu importe d'ailleurs ce qu'ils en pensent, puisqu'ils subiront encore durant plusieurs mois les conséquences des réformes d'un Président qui finira par réveiller quelques consciences faute de faire remonter le CAC 40 ! Les Françaises et les Français finiront par... l'amnistier. C'est ce qu'il espère car il sait que la mémoire est une denrée de plus en plus rare.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

gilles baillet 11/10/2008 13:05

Bonjour,je découvre dans Sud-Ouest que vous soutenez maintenant Delanoë. J'ai du mal à vous comprendre. Vous n'êtes pas cohérent avec ce que vous écrivez tous les jours!

J.J. 11/10/2008 09:55

Puisqu'il faut se plier aux contraintes édictées par Bruxelles (quand ça arrange certains...) pourquoi tolère-t-on encore dans notre Europe unie des "bandes à part" comme le Lichtenstein, Saint Martin, Monaco, Andorre, le Vatican, le Luxembourg qui n'existent que par leur fiscalité paradisiaque ?Ils font partie du territoire européen que je sache ? Non ?Alors pourquoi ne pas annexer ces territoires, quitte à les partager, entre les états limithrophes ? Certes ça serait au départ difficile à vivre pour les populations locales, mais certainement pas plus que pour les habitants d'une région industrielle ruinée par les délocalisations, et le chômage qui en découle.On n'a pas hésité à sacrifier la Lorraine, le Nord et bien d'autres régions, pourquoi ces zônes, qui sont dans notre territoire européen, ne participerainet pas comme les autres à l'effort général ? Cela permettrait ainsi aux exportateurss de capitaux de réintégrer de gré ou de force le giron national (avec ou sans amnistie...) .Et pourquoi ne pas étendre le principe, au nom de la mondialisation, aux Barbades, Caïman et autres villégiatures ? Comme tu vois, Jean Marie, ily en a d'autres qui débloguent...