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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 07:17

Le malaise que traverse la France est extrêmement préoccupant, car il pourrait conduire à la fin d'un système de gestion sociale qui faisait écrire à Sir Winston Churchill : « la démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes ». Si l'on observe bien le comportement d'une très grande majorité de Françaises et de Français, on ne peut que constater qu'elle n'a plus aucun repère lui permettant de juger la situation générale. Une véritable déliquescence démocratique menace, mais les autruches politiques étant les plus nombreuses, personne n'ose véritablement aborder le problème.
L'opinion dominante se construit sur les apparences médiatiques à une allure vertigineuse, et surtout se défait à une allure aussi rapide. Elle constitue le seul objectif politique de la plupart des femmes et des hommes prétendant gouverner le pays. Il leur faut absolument surfer sur cette majorité, silencieuse et résignée, qui fait monter ou descendre les cotes de popularité. Sachant pertinemment qu'un événement chasse l'autre, on peut en créer un, de manière totalement fallacieuse ou artificielle, en étant certain qu'il sera détruit par celui que l'on inventera pour le lendemain. Dramatique. Plus que jamais, les spécialistes de la manipulation médiatique pétrissent des vérités superficielles indécentes. Impossible, direz-vous, puisque nous sommes dans une société de la raison. Parmi bien d'autres effets de cette tendance dévastatrice, on peut trouver un fait simple, précis, concret, qui ne repose pas sur une analyse partisane, et qui illustre ce comportement collectif.
L'opinion dominante a été bâtie sur un incident : le premier « collaborateur » de Nicolas Sarkozy, François Fillon qui revenait de week-end dans la Sarthe avec sa famille, dans un avion de la République, avait échappé à une collision au moment de son atterrissage au Bourget. La France a frémi. Les chaumières ont retenu leur souffle. Les articles, les reportages, les commentaires n'ont pas manqué, sur la foi des affirmations du service de communication de Matignon. La compassion a précédé les accusations sur l'inconscience d'un pilote de « coucou », ayant mis en péril le chef du gouvernement de la France. L'information est prise comme argent comptant. L'accident terrible a été évité de « 60 mètres » selon les dépêches... On a frôlé le drame, et la cote de popularité du Premier Ministre a connu un appel d'air ascensionnel. On avait construit une vérité éphémère.
Le pilote, Xavier Thiry, 38 ans, reste sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre dans un aérodrome, excepté Orly et Roissy.

LA VERITE TOUJOURS DECALEE
Fin septembre, l'avion de François Fillon avait bien dû suivre une procédure d'urgence pour éviter la collision, peu avant son atterrissage à l'aéroport militaire de Villacoublay dans les Yvelines, avec un avion de tourisme égaré, de type Cessna. L'avocat du pilote a notamment évoqué le fait de « ne pas avoir eu de copie papier de ce dossier très technique ». Il veut avoir accès à certaines « pièces sous scellés comme la trajectographie ou la conversation entre le pilote du Falcon 900 et la tour de contrôle ». Des pièces importantes. Car selon nos informations, un autre pilote, qui était dans le secteur au moment de l'incident, a tout entendu des échanges radio entre le contrôle aérien et le pilote du Falcon. Selon lui, il n'y aurait jamais vraiment eu de risque de collision... Selon ce témoignage exclusif pour Europe 1, si l'avion de tourisme était en tort et qu'il volait un peu trop haut, le Falcon de François Fillon pouvait l'éviter. Grâce à son radar anti-collision. Grâce aussi à la tour de contrôle qui l'avait prévenu de l'éventuel danger.
De plus, selon le site du Figaro.fr, l'avion du Premier ministre volait, lui, trop vite (les retours de week-end sont toujours trop longs). Les radars civils des centres de contrôle montrent en effet que le Falcon volait à 350 nœuds (environ 650 km/h), alors que la vitesse maximale autorisée sous les 3.300 mètres d'altitude n'est de 250 noeuds... On est encore loin de la vérité, mais, c'est terminé, le pilote est un coupable désigné et un« assassin » potentiel. Cette affaire pourrait être « démontée » avec un angle différent de celui qui a été « balancé » pour bétonner une version médiatisable, mais quand ce sera fait, on aura oublié les fondements. c'est la technique du décalage !

AUCUNE GLOBALISATION POSSIBLE
N'ayant plus le moyen culturel de trancher, le grand public ne se révolte même plus : il baisse la tête, se replie sur ses certitudes, et passe son chemin dans l'indifférence. Je sens que vous voulez un autre exemple. Hier matin, je représentais Martine Faure, députée au Congrès du 50 ° anniversaire de la Fédération Nationale des Anciens Combattants d'Algérie (Fnaca). Un exemple d'une autre technqiue : celle de la fragmentation de la destruction!
Plus de 360 000 adhérents (« plus que n'importe quel parti politique dans notre pays » affirma l'un des parlementaires invités à s'exprimer) qui mènent une lutte pugnace pour, entre autres revendications, obtenir que la mesure absurde chiraquienne de placer la date commémorative de la fin de la Guerre d'Algérie au 5 décembre (« pour nous ce n'est que la fête de Saint Gérald » dira avec humour le président national) soit annulée et ramenée au 19 mars, date de la signature des accords d'Evian. Les 2 000 congressistes présents accueillaient Jean Marie Bockel, Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de la Défense chargé des anciens combattants.
Le débat, parfois « musclé », porta sur un rapport déposé auprès du gouvernement, préconisant l'instauration d'un « mémorial day » à la Française, qui annulerait toutes les commémorations actuelles, pour les rassembler sur un seul jour ! On échangea des arguments. On fustigea cette idée saugrenue de nouvel alignement sur la culture américaine. On attendit que Bockel annonce que cette « idée saugrenue ne verrait jamais le jour », mais personne ne fit le lien entre ce rapport et la volonté de... Xavier Darcos de supprimer les cours d'Histoire au lycée. Si l'on met en synergie la disparition des références historiques sur la Grande Guerre qui saigna le Peuple de France, la fin du nazisme qui reste omniprésent, l'arrêt de la période coloniale française... et celle des connaissances du passé on devine les arrière-pensées idéologiques. Plus de repères et donc plus de possibilités d'apprécier.
L'éducation pillée, sabrée, démantelée, marchandisée, la citoyenneté démantelée : place au pouvoir absolu des médias ! Personne ne souligna que le premier lieu d'apprentissage de la Mémoire reste l'école au sens large, car c'est là que l'on apprend que l'avenir ne peut reposer que sur la connaissance du passé. Pas une seule fois son rôle ne fut évoqué. Les dizaines de milliers de postes supprimés, les centaines d'heures de classe occultées, les programmes simplifiés pour justifier des horaires réduits, les crédits dévolus à la culture réduits, concourent à la confection d'un paysage social uniforme, sans aspérités culturelles potentielles. Faute d'une résistance citoyenne globale organisée, nous allons vers un désastre démocratique, semblable à celui du 22 avril 2002 !

L'ENFER POUR LES PARADIS
Je suis certain que ces faits ne convaincront pas les apôtres zélés du Sarkozysme. On peut en ajouter un autre. Les télévisions ont ruisselé de jubilation, en constatant que le « Président » de l'Europe et également de la France allait traiter avec un Président, qui dans trois semaines ne sera plus en poste, la réforme d'un système bancaire mondial qu'il n'a eu de cesse de mettre en place et de développer. Avec l'ineffable libéral Manuel Barosso, notre Batman de la crise financière est parti négocier avec l'assassin du monde, des peuples les plus faibles, de l'environnement planétaire, un repenti qui durera quelques semaines afin de sauver les profits qui peuvent encore être faits. Parmi les mesures drastiques prônées par cette Europe donneuse de leçon à un Président des Etats-Unis sachant fort bien que les élections présidentielles délivreront son successeur de tout engagement, il y a la fin des « paradis fiscaux ». On entre dans le monde de l'omission organisée !
Extraordinaire proposition, quand on sait en effet que le responsable de la politique monétaire européenne n'est autre que ce brave Jean Claude Junker (qui se fait d'ailleurs très discret depuis le début de la crise) gouvernant du Luxembourg, plaque tournante richissime de tous les trafics financiers. Nicolas Sarkozy devrait donc convoquer, avec le brillant Junker donneur de leçons sur la crise (au fait Clearstream va bien ?), le Prince Albert de Monaco, le Prince Guillaume du Luxembourg, Le Prince Hans Adam II du Lichtenstein, l'évêque d'Urgell co-prince d'Andorre, et les gouverneurs de Gibraltar, de l'île de Man, de Jersey, de Guernesey, le Premier Minsitre de... Chypre, pour leur enjoindre de mettre leurs fiscalités au même niveau que celles de leurs voisins. Il ne ferait que mettre en application les propos du miraculé de l'accident potentiel du Bourget. « Les trous noirs comme les centres offshore ne doivent plus exister... Leur disparition doit être le prélude à une "refondation" du système financier international », avait, en effet, déclaré hier François Fillon devant l'Assemblée nationale. Le Premier ministre reprenait l'idée de Dominique Strauss-Kahn qui, en tant que président du FMI, suggère de « pourchasser et faire disparaître les paradis fiscaux ».
Tenez si l'opinion dominante n'existait pas, on se souviendrait que ce ne sont que les demandes d'Attac France depuis dix ans ! Ne serait-ce pas parce qu'officiellement, selon le Groupe d'action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI), il n'existerait plus... de paradis fiscaux dans le monde, et que la déclaration du gouvernement français ne l'engagerait à rien ?
Or, hélas, les paradis se comptent par dizaines, et nombre d'entre eux sont en Europe ou aux portes de celle-ci. Les personnes et les entreprises dont les fortunes sont exilées dans ces pays ont largement bénéficié de la spéculation et de la financiarisation, qui nous ont conduits à la crise actuelle. A-t-on entendu le gouvernement leur demander une contribution pour éponger la casse sociale qui résultera de la crise ? Cela supposerait qu'il renonce à sa politique néolibérale et, notamment, à sa politique fiscale et à son bouclier fiscal.
Dans ce contexte, Nicolas Sarkozy devrait, dès son retour, proposer à l'échelle européenne trois mesures simples : fermer toutes les filiales des banques dans ces pays et, le cas échéant, leurs sièges sociaux, sous peine d'être exclues du dispositif étatique d'aide décidé par l'Union européenne ; interdire tous les flux financiers en provenance ou à destination des paradis fiscaux ; entamer des poursuites judiciaires contre toutes les institutions, personnes morales et physiques françaises, impliquées dans l'affaire de la fraude fiscale au Liechtenstein. Chiche !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

djeff 21/10/2008 07:02

Dans ma jeunesse je n'étais pas, mais alors pas du tout, un adepte des cours d'histoire, leur préférant les maths et la physique ... C'est ainsi... Et pourtant je ne epux du'être d'accord avec la nécessité absolue de conserver l'acquisition de ces repères. néanmoins, l'idée d'un "mémorial day" à la française qui viendrait se substituer aux diverses célébrations ne me paraît pas totalement aberrante. Encore faut-il que cela soit accompagné d'un véritable travail collectif de mémoire et d'apprentissage de la mémoire... De la sorte les repères pourraient perdurer.A contrario, la dissémination des commémorations, dont certaines ne sont pour la plupart que prétexte à un jour férié montre, par la désaffection de la population qu'elle peut être contre productive...Amicalement.

PIETRI Annie 20/10/2008 22:22

Eh oui, le moindre incident, aussi anodin soit-il, peut être monté en épingle par des médias avides de sensationnel, et soucieux de faire pleurer ou trembler dans les chaumières, bien plus que d'informer. L'incident devient alors événement, grossit de média en média, au fil des heures, et ce qui n'était rien devient tout !On en a des exemples tous les jours. Ceux que tu cites. Mais aussi bien d'autres. Il ne se passe pas un jour où un "scoop" dont on n'a même pas pris la peine de vérifier les sources ou l'authenticité, devient un événement majeur qui figure à la 'Une" des journaux.Ainsi on clame à qui veut bien l'entendre, que Nicolas Sarkozy a convaincu le Président des Etats Unis qu'il fallait en arriver à la fin des "Paradis Fiscaux". Bien sûr que cela assainirait le marché financier ! Bien sûr que cela moraliserait les relations financières internationales ! Mais, en faisant croire aux lecteurs et aux auditeurs que la "fermeté" de Nicolas Sarkozy et la "collaboration bienveillante" du futur ex-Président des Etats-Unis permettrait d'obtenir ce résultat, que beaucoup d'autres avant eux ont tenté de faire prévaloir, sans jamais y parvenir, tant les intérêts en jeu dépassent les Etats, on est en plein délire, et en pleine supercherie....Certes, les trois propositions énoncées à la fin de la chronique constituent un idéal vers lequel il faut tendre, mais, comme la commentatrice précédente (tiens, une niçoise aussi !), j'ai passé l'âge de croire au Père Noël ou à Saint Nicolas.....Tu n'y crois pas non plus, d'ailleurs, Jean-Marie !

Andrée G 20/10/2008 07:51

J'adore vos 3 propositions simples ... simples et efficaces... mais je ne crois plus au Père Noël et au bon sens en politique.. ...alors, nous déblogons !!