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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 07:17

La France file vers le gouffre, au son quotidien de la musique du joueur de flûte sociale, la plus douce et la plus facile de toutes. Celui-ci s'évertue, chaque jour, à mettre de dérisoires rustines sur les roues en bois de ses réformes. Le pire, c'est qu'il se déjuge en permanence en prenant le chemin inverse de ce qu'il affirme avec véhémence. Il réclame l'unité nationale, mais se comporte en chef du parti unique présidentiel. Il accumule les effets d'annonces dirigistes, alors qu'il prône les vertus du libéralisme. Il continue à soutenir que la France pourra renaître de ses cendres économiques, alors que, depuis son arrivée, tous les indicateurs se sont effondrés. Il accuse la crise mondiale d'être la cause de tous les maux, alors qu'il a soutenu ou encouragé depuis des années ceux qui en portent les responsabilités. Il se prétend le défenseur des ouvriers ou des employés, alors qu'il n'a trouvé de solutions que pour les banquiers et les détenteurs du capital. Il s'affiche comme le meneur de la fronde contre les Etats-Unis, alors qu'il s'est présenté comme le meilleur ami de George W. Bush, au temps où tout paraissait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Il se décrète défenseur du pouvoir d'achat des humbles, mais comble de cadeaux les nantis !
Enfin, nous sommes entrés en France, après le début fracassant des sorties fric, les expéditions humanitaires, la valse hésitation chinoise, la pipolisation outrancière des désamours et des coups de foudre, la déroute du « travailler plus pour gagner plus », l'obsession de la chasse aux fonctionnaires, l'affirmation de la croissance récessive... dans la période de la volte-face toute honte bue. Hier encore, on a assisté à la énième supercherie des derniers jours, puisque malgré les centaines de milliards dépensés, un budget 2009 voté avec un déficit budgétaire alourdi de 118 millions d'euros pour s'établir à 52,208 milliards, contre 52,090 milliards dans le projet de loi initial, on a assisté, donc, à l'annonce... d'une réserve encore disponible ! On comprend mieux que le communicant en chef du gouvernement ait besoin d'une émission spéciale de propagande pour faire avaler cette potion magique, consistant à trouver une cagnotte, quand... le premier ministre ne cesse d'affirmer que les caisses sont vides et que nous sommes guettés par les critères de Maastricht. Il faudra véritablement que les Françaises et les Français tombent bien bas pour se laisser convaincre que la politique consiste à faire le contraire de ce que l'on a affirmé pouvoir faire, et que désormais le grand principe c'est « dépenser plus, pour ceux qui profitent des gens travaillant moins ». On en arrive à se demander si, un jour, le Président de la République ne passera pas au grand cabaret de Patrick Sébastien, sur le service public. Il y réaliserait un numéro de prestidigitateur qui fascinerait la France profonde, en faisant jaillir d'un chapeau vide des milliards inconnus à ce jour. Certains, totalement imaginaires, d'autres, dépensés avant même d'avoir été créés dans le budget 2009, beaucoup, empruntés sur les places internationales, pour être mis au crédit des banques hexagonales, qui nous ont expliqué qu'elles n'en auraient pas besoin. Il terminera son numéro de music-hall politique permanent, en donnant l'illusion que la source est intarissable, en s'adressant à un public béat devant tant d'activisme positif.

AGITATION NEGATIVE PERMANENTE
Pourtant, si on observe bien la situation actuelle, il faut admettre que toutes les mesures présentées comme des remèdes miracles pour relancer un pays victime d'une idéologie discutable, sont déjà oubliées par les parlementaires qui en ont vanté les mérites. Et le pire, c'est que l'on continue dans la même voie pour accentuer l'échec. En fait, la France ne sortira de la crise que si on se décide à donner un espoir à moyen terme au plus grand nombre des gens qui y travaillent. Or, chaque jour, on fait exactement le contraire avec zèle et application. Le zapping présidentiel conduit vers l'insécurité permanente. Les seules certitudes actuelles sont négatives : destruction féroce des services publics et de la fonction publique, deux secteurs dans lesquels, justement, on avait encore un peu de stabilité pour investir personnellement, car on était sûr du lendemain.
Les assauts de Darcos contre le système éducatif, les menaces sur les collectivités locales (75 % des investissements publics), les franchises médicales dont les finalités ont été escamotées, les oublis volontaires sur les stocks-options, ne font que renforcer le désarroi, sans apporter le moindre espoir aux citoyens les plus concernés par la fameuse crise. Détruire n'a jamais constitué la meilleure preuve de confiance dans l'avenir, surtout quand on n'a plus les moyens de reconstruire. Ces erreurs se paieront comptant dans quelques mois, car la France, fragilisée par cette agitation négative permanente, n'est pas près de se rasséréner. Personne ne sait véritablement quand s'arrêtera cette glissade vers les bas-fonds économiques.
La défiscalisation des heures supplémentaires va se révéler catastrophique dans le contexte actuel, si le gouvernement n'a pas le courage d'en suspendre l'application. D'abord, sans être un économiste de haut niveau, on peut prévoir que pour qu'un patron puisse donner des heures sup' à ses employés, il faut qu'il ait... du travail à leur donner ! Or les carnets de commande se rétrécissent, tant en volume que dans le temps. Impossible de payer des gens pour faire plaisir au gouvernement, surtout quand on n'a aucune assurance sur ce qu'on leur fera faire dans trois mois.
On va donc sagement revenir en arrière : impact sur le pouvoir d'achat, nul, et des difficultés sociales accrues par le fait que tous les organismes auront été privés par cette décision dogmatique d'une belle part de leurs recettes. Il n'y aura plus aucune embauche dans les secteurs jusque-là les plus porteurs : BTP notamment. Régions, départements, communes vont mettre le frein en 2009, car ces collectivités seront sous la menace forcenée de Jean François Copé, désireux de se tailler une réputation de tueur de socialistes incrustés au plan local. Déjà happées par la crise financière, inquiètes sur leur avenir, elles vont mettre, à leur tour au réfrigérateur leurs projets de début de mandat. Plutôt que de donner des moyens aux banquiers, il aurait été bien plus judicieux de conforter les aides aux collectivités, afin qu'elles investissent au maximum pour permettre, via des initiatives publiques, le maintien d'un volume d'affaires qui aurait permis de conserver les salariés pour un temps normal de travail ! C'est exactement le contraire qui a été décidé !

MORAL SANS LENDEMAIN
Le recours aux emplois aidés ne règlera que quelques milliers de cas. L'option prise n'a rien à voir avec celle mise en œuvre par le gouvernement de Lionel Jospin, avec ces fameux emplois jeunes, tellement décriés par... Nicolas Sarkozy, du temps où il était leader de l'opposition. Il faut, en effet, rappeler que les contrats emplois-jeunes couvraient une période de 5 ans, et ont permis à nombre d'entre eux de rendre leur collaboration indispensable... Qu'apportera à un jeune un contrat de... six mois, sauf à le retirer provisoirement des statistiques du chômage ? Comment participera-t-il à la relance, quand il ne saura même pas ce dont son année sera faite ? Quel crédit lui accordera-t-on ? Comment trouvera-t-il un logement ? Sans perspectives plus longues, rien ne bougera. Bien au contraire, les sables mouvants de la récession absorberont les efforts désordonnés. Rien ne bougera sans un moral restauré par une lueur d'espoir à échéance convenable.
Après avoir enregistré en septembre sa première amélioration de l'année, le moral des ménages est ainsi retombé en octobre, l'indicateur qui le mesure perdant trois points pour tomber... à -47 en données corrigées des variations saisonnières, selon l'enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages, publiée par l'Insee hier. Tous les soldes composant l'indicateur résumé se sont dégradés en octobre, à l'exception de l'opinion sur l'évolution passée de la situation financière personnelle des ménages, qui s' est légèrement améliorée, signale l'Insee dans un communiqué. Il va falloir détruire l'Insee, surtout si elle continue à publier de telles statistiques après que les rustines aient été collées à la volée.
La dégradation la plus notable concerne les perspectives d'évolution du niveau de vie en France, le solde passant de -50 à -59 points.
L'opinion des ménages sur l'évolution passée du niveau de vie en France se détériore aussi, mais moins nettement (de -80 à -82). Les ménages sont plus pessimistes sur l'évolution future de leur situation financière personnelle, et le solde sur l'opportunité de faire des achats importants baisse de deux points à -39. L'enquête montre aussi que les ménages sont nettement plus nombreux à penser que le chômage va augmenter dans les douze prochains mois, et ils sont moins optimistes sur leur capacité à épargner.
Leur opinion sur leur situation financière actuelle est quasiment stable : la preuve que ce n'est pas la crise qui a provoqué la catastrophe, mais qu'elle était simplement camouflée, chez nous, depuis des mois ! Pour vivre malheureux, vivons encore longtemps cachés, et attendons la fameuse émission télévisée du gouvernement. Une seule certitude : ce ne sera pas de la télé-réalité !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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PIETRI Annie 29/10/2008 22:59

Il faut bien admettre qu'il n'y a rien dans l'actualité qui apporte un rayon de soleil, ou qui permette une lueur d'espoir ou un sourire ! ce ne sont que mesures et contre mesures, coups de gueule et ironie stérile de la part de notre Président. Quant aux solutions proposées pour mettre un terme à la crise ou lutter contre le chômage, ce ne sont que de pâles copies de ce qui avait été fait auparavant...par la gauche.Toutes les mesures annoncéees s'apparentent à des cautères sur des jambes de bois, comme si nos hommes politiques voulaient ignorer à tout prix les seules mesures qui seraient efficaces, pour ne pas risquer de déplaire aux patrons et aux financiers ! Devant les ravages de la crise, et les inquiétudes qu'elle engendre, les petits épargnants s'étaient repliés vers leur livrets de Caisse d'Epargne, parce que cela leur paraissait plus sûr que leurs banques. Et puis, ils percevaient un intérêt de 4% sur les sommes déposées : c'était modeste, mais cela inspirait confiance. Et bien, c'était encore trop, et la rémunération des sommes déposées va être limitée à 3,5% voire  3% . Et qui sont les titulaires de comptes à la Caisse d'Epargne qui vont être encore pénalisés? Pas des gens très riches, mais des épargnants modestes, des petits salariés , des petits retraités - si tant est qu'ils peuvent encore faire des économies.... Les tous petits intérêts que pouvaient leur rapporter leurs livrets, vont eux aussi s'évanouir au nom de la crise que ceux qui méprisent totalement les Livrets de la Caisse d'Epargne ont eux mêmes provoquée.Mais quand tous ces gens modestes, dont on méprise les difficultés et les souffrances vont-ils se rebeller? Les statistiques nous montrent qu'ils n'ont pas le moral. Alors quand vont-ils enfin comprendre qu'on leur fait des promesses dérisoires qui ne seront même pas tenues, qu'on les mène en bateau, et qu'on ne cesse pas de leur mentir?Un jour peut-être, ils s'éveilleront, et leur colère risque d'être terrible.