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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 07:17

A quelques jours de son Congrès, le Parti socialiste est en train de mettre en place un nouveau code de la Route, puisque tout le monde tente de rouler le plus à ... gauche possible. Cette propension est certainement liée aux avanies du système libéral, dont plus personne (même pas le gouvernement et les politiques du "rouler à droite"), n'ose se réclamer. Il existe, parait-il, des exégètes de ces chroniques qui auraient aimé qu'elles cessent durant cette période de débat interne, puisque les informations qu'elles développent sont... trop à gauche par rapport à mon engagement personnel au sein du PS. Les faits décrits choqueraient des âmes sensibles, considérant que le positionnement à gauche relève d'un label d'exclusivité attribué à une clan plutôt qu'à un autre. Cette propension à classer de « plus à gauche » à « moins à gauche », avec des nuances liées à des mots, mais surtout pas à des pratiques, va finir par briser le parti des socialistes. Le problème, c'est que personne n'est encore capable de définir la norme réelle du placement des uns et des autres, puisqu'il faudrait passer les affirmations péremptoires au crible... des actions concrètes réalisées. En fait, il suffit de détecter un mot dans un texte, pour effectuer une hiérarchie par exclusion arrangeant tout le monde.
Pour moi, par principe, toute personne, tout militant, tout élu qui ne soutient pas les idées et les actes des personnes, des militants ou des élus se réclamant de la ... Droite est forcément de gauche. Mais c'est une vision simpliste qui n'est pas dans l'air du temps, puisqu'il faut se différencier pour convaincre. Le problème, c'est que je ne me considère pas comme "plus ou moins de gauche que tel ou tel autre", car je cherche désespérément et uniquement à traduire mon idéal de progrès, de justice sociale, de liberté individuelle et d'équité dans des... actes quotidiens. Dans quelques semaines, on en reviendra à cette réalité.
Je suis donc forcément plus à gauche que les ministres d'ouverture qui cautionnent, (surtout par leur silence) les agissements d'un Président de la République adepte de l'énergie renouvelable procurée par le brassage du vent. Je suis donc forcément plus à gauche que les députés qui ont voté, tard samedi matin, un amendement portant l'âge de la cessation d'activité à... 70 ans ! La suppression de toute mise à la retraite d'office à partir de 65 ans, en autorisant les salariés -qui le souhaitent- à cumuler pendant 5 ans emploi et retraite, ne va probablement pas plaire aux sénateurs et donc, il y a fort à parier que cette disposition n'a pas fini de faire des vagues.
Impossible de ne pas me situer plus à gauche que Henri Guaino, qui après avoir voulu privatiser La Poste ne veut plus le faire, tout en assurant qu'il le fera sans le faire tout en le faisant ! Pour moi, c'est clair : pas question de piller un nouveau service au public ! Je suis donc inévitablement à Gauche. Mais diable, comment pourrais-je ne pas me placer à gauche de la gauche quand je m'oppose avec mes collèges élus locaux à la mise en place du Service Minimum d'Accueil dans les écoles publiques, car il constitue une atteinte délibérée au statut des enseignants? Il faut bien avouer que parmi eux, celles et ceux qui expliquent que le SMA ne les concerne pas mais regarde seulement les Maires, ne sont pas forcément plus à gauche que moi qui les défends malgré eux.
Je me sens plus à gauche que des députés qui réclamaient un vote positif sur la loi sarkozyste relative à l'aide aux banques, surtout quand ils donnent ensuite des leçons de réalisme politique au nom de l'union nationale. Que voulez- vous, je n'ai pas de mal à me placer à "la gauche" de ceux qui prennent les militants pour des débiles, incapables d'apprécier la trame générale d'un texte de principe. Ce ne sont jamais les mots d'une motion plutôt qu'une autre qui feront la différence sur ce point là, mais l'application sur le terrain des principes communs à tous les socialistes.

LA LIGNE A FRANCHIR
"Plus à gauche, moins à gauche"... le débat serait interminable, car il faut toujours le replacer dans son contexte. Impossible de considérer que le positionnement de 1936 serait le même que celui de 1981 ou de 2008. Le gouvernement de Blum aura pris une mesure emblématique de gauche : l'attribution des congés payés ; celui de Mauroy restera pour moi celui de l'abolition de la peine de mort ; celui de Rocard aura mis en place le Revenu Minimum d'Insertion, la Contribution Sociale Généralisée, l'autodétermination en Nouvelle-Calédonie ; celui de Lionel Jospin avait lancé les emplois-jeunes, les 35 heures. Quel est celui qui aura été globalement, ensuite, le plus à gauche dans la hiérarchie de la pensée progressiste ? Difficile de faire un classement équitable et fiable. En fait, on ne s'aperçoit véritablement des qualités de la gouvernance de gauche que quand c'est la droite qui la remplace. « Il ne faut pas seulement arriver en tête, il faut être capable de rassembler sur une ligne politique, il ne suffit pas d'être devant », a déclaré hier Martine Aubry, le même jour où François Hollande précisait que « le vainqueur du congrès de Reims sera la motion qui sera arrivée en tête » d'où devra sortir, selon lui, le nom du premier secrétaire. « Tout le monde a déjà compris que le vrai problème, c'est la ligne politique qui va être choisie par les militants », a ajouté la maire de Lille. Elle a estimé que la ligne politique de sa motion était « centrale, c'est une ligne de gauche ». Si on la comprend bien, elle serait donc au centre de la gauche supposant ainsi que d'autres se situeraient à la « droite de la gauche » ou à « la gauche de la gauche », alors que je pensais que ce qui pouvait les rassembler c'est justement qu'elles me paraissaient toutes être de... gauche. Car il n'y en a pas une, à ma connaissance, qui n'affiche pas ce positionnement.
Il est vrai que les accusations gratuites permettent souvent de placer l'autre, d'un coté  d'une ligne « rouge » virtuelle, et de s'attribuer un brevet de « gauche » par comparaison hâtive. On peut simplement vérifier les engagements aux actes et là, c'est plus délicat. Comment juger de la « démocratie participative » quand on ne l'a jamais pratiquée ? Comment se pencher honnêtement sur la laïcité quand on ne la met pas en œuvre ? Comment juger la sincérité d'un engagement sur la protection de l'environnement quand on se comporter en consommateur plus qu'en citoyen ? Comment jauger une position sur l'Europe quand on n'a pas participé dans un camp ou l'autre au débat sur le Traité constitutionnel ? En fait je me reconnais le droit d'être, dans mes actes, "plus à gauche" que ceux qui veulent absolument que cette situation soit accordée par une signature au bas d'un texte et j'accepte donc parfois d'être "moins à gauche".

RASSEMBLEMENT TOUS AZIMUTS

Le "rassemblement" soude en fait tout le monde. Apparemment. Car quand on suit le raisonnement des leaders actuels, ils le veulent tous, à condition qu'il se fasse derrière eux. Le principe ressemble étrangement à celui des Mousquetaires : « tous pour un et moi pour tous ». Et pourtant, hier, Martine Aubry a déclaré : « Le moment du congrès, c'est le rassemblement, c'est pas d'exclure ».
« La jonction de notre motion et de celle du maire de Paris me paraît naturelle, mais je n'exclus pas d'autres motions. Les temps seront rudes, il faudra pour le parti un large rassemblement, de la cohésion et de la discipline » a expliqué Pierre Mauroy. « Ça ne me gêne pas de rassembler au plus large » a doctement expliqué, lors de son show spécial, Ségolène Royal. «... Moi, j'ai déjà donné des preuves de mon esprit de rassemblement dans la clarté politique. Je n'ai pas changé et au lendemain du 6 novembre, je serai le même » revendique Bertrand Delanoë. « Ma candidature n'a pas pour vocation d'amuser la galerie, mais de rassembler dès le lendemain du 6 novembre. Ça va être difficile... » lâche Benoît Hamon. Difficile d'être inquiet tellement il existe, dans les discours, une volonté aussi incontestable de... rassemblement entre « les plus à gauche » et les « moins à gauche. »
L'essentiel ne sera donc pas de choisir autre chose que celle ou celui qui aura la capacité de ranger derrière lui le maximum de socialistes, car il faudra bien continuer à faire vivre, sur le terrain, les principes que l'on aura défendus à l'intérieur du parti. En définitive, encore une fois, le PS tente de se persuader que le sort du scrutin présidentiel se joue... dans les sections, alors que ce n'est que par leur pouvoir de convaincre à l'extérieur que les militants peuvent espérer la victoire.
D'ailleurs, le référendum sur le traité européen a bien montré que la position interne pouvait être mise à mal par l'action externe, et le vote de désignation de la candidate aux dernières présidentielles, a été gagné à l'interne mais perdu à l'externe... Alors pitié : ne jaugeons pas la sincérité du socialisme sur des mots, mais davantage sur des actes et rassemblons ce qui peut l'être encore. Il est encore temps.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

marc d Here 07/11/2008 08:28

Les résultats provisoires du vote des militants PS conduisent à quelques remarques:1- Malgré l'importance de l'enjeu et la dramatisation, les votants n'ont pas été très nombreux, ( moins de 140.000!) ce qui traduit bien le déclin du parti.2- Delanoë est battu. Lui qui prévoyait un score de 50%, fait autour de 25%....C'est une défaite personnelle, et une défaite de la vieille sociale démocratie ( Hollande, Moscovici, Ayraud, Jospin...qui n'a même pas voté).3- La "gauche" du parti fait un gros score, ce qui empêchera toute modernisation.

PIETRI Annie 04/11/2008 11:28

Je ne peux résister au plaisir  de rappeler ce passage d'une chronique que tu as écrite le 19 septembre 2006, et qui conserve, dans les discussions actuelles, toute son actualité. Tu écrivais alors : "....avouer, au parti socialiste, que vous avez plus de trente ans de militantisme avéré et que vous y puisez votre idéologie, c'est un peu "s'autofossiliser". Il vaut mieux affirmer sa présence récente, avec un enthousiasme communicatif né dans le besoin soudain de participer au combat des novateurs, face aux conservateurs. Le mal est irrémédiable: toute fidélité à des principes basiques (laïcité, solidarité, égalité, fraternité, lucidité, efficacité...) devient inexorablement suspecte. Elle relève, selon les modernistes, de cette volonté de préserver des acquis, ou d'un manque de sincérité patent."On en est toujours là.

grel suzette 04/11/2008 10:12

Encore une fois tu es dans la vérité ressentie par les gens de gauche...par des actes non dictés par une motion mais par une grande générosité intellectuelle.Merci pour ces réflexions de bon sens.

DJEFF 04/11/2008 07:03

Gauche - Droite même combat ? Certainement pas.Mais dans tous les cas, ce qui doit compter en premier, c'est l'Homme. Certains, certaines s'affichent "de gauche" mais sont des êtres humains détestables.D'autres peuvent être qualifiés "de droite" mais savent mettre l'humanité au premier rang.Jean-Marie fait partie de ces Hommes qui, avec ses convictions, mène sa barque, (sa "vocation"), avec en tout premier le sens de l'humain. C'est à mon sens une de ses plus grandes qualités. Dommage que nos hommes et nos femmes politiques soient plus des politiciens que de vrais Politiques...

PIETRI Annie 04/11/2008 00:05

Ton analyse de l'acharnement de nos "grosses têtes" parisiennes, et des autres, à se définir chacun comme plus à gauche que son voisin, me paraît plus convaincante que toutes les motions du monde !Je crois, comme toi, qu'être à gauche c'est "chercher désespérément et uniquement à traduire (son) idéal de progrès, de justice sociale, de liberté individuelle et d'équité dans des actes quotidiens". Oui, c'est cela être socialiste, être à gauche, sans chercher à savoir qui l'est un peu plus ou un peu moins.Si nos grands penseurs, exégètes des motionsd, étaient plus nombreux à partager cet idéal, il y aurait moins de souci à se faire sur l'avenir du parti socialiste, et sur sa capacité à convaincre nos concitoyens que seule la gauche, toute la gauche, et pas seulement celle qui est "plus ceci" ou "plus cela", est capable de leur offrir un avenir meilleur , plus juste, plus libre et plus ensoleillé !Oui, Jean Marie, tu es sans doute le plus sincère et le plus cohérent des militants de gauche que je connaisse actuellement, quoiqu'en pensent certains, parce que tes actes sont toujours la traduction de tes convictions socialistes profondes.