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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 07:17

Il va falloir ramer pour retrouver un climat réel de confiance entre les Etats-Unis et la France. C'est une certitude qui percera derrière les messages de félicitations, les commentaires sympathiques ou triomphalistes, les prévisions optimistes. Depuis son élection, le Président de la République française avait véritablement placé la France dans le camp, non pas des USA, mais dans celui de la vision que portait, pour eux, George W. Bush. J'espère que l'on exhumera, dans les journaux télévisés, les effusions multiples entre Nicolas Sarkozy et celui qui aurait pris une raclée encore plus forte s'il avait été candidat à sa propre succession. Ce revirement historique, allant jusqu'au retour de l'intégration de fait dans l'OTAN, s'était effectué à petites touches.
La compassion vis à vis de l'engagement américain en Irak, le soutien effectif à l'expédition afghane, la compréhension vis à vis des excès du capitalisme US ou de la fin de non recevoir liée au développement durable, la chasse française à une immigration jugée désastreuse, nécessiteront des comportements moins ostentatoires durant quelques temps. Mais ce sera, bien évidemment, très difficile, dans la mesure où désormais rien ne sera plus beau, plus dynamique, plus compétent, plus efficace, plus symbolique, plus progressiste que le futur président des Etats-Unis.
Le gouvernement français, et tout le personnel politique de droite, effectuera une volte face salvatrice. Même au PS, il va s'en trouver pour expliquer que, si les Etats-Unis virent à « gauche », il est temps que les socialistes en fassent vite autant, alors que, toutes proportions gardées, Barak Obama n'est qu'un social-libéral à l'américaine, ou même, en exagérant un peu un « social démocrate-libéral ». Il n'y aura pas une seule voix discordante, car la prudence est de mise surtout dans le contexte actuel où... on oublie que les électrices et les électeurs américains ont aussi sanctionné la politique d'un certain George W. Bush ! Mais au fait, qui donc pouvait bien encore le soutenir dans ses initiatives de Croisé du libéralisme, il y a encore quelques mois ?
Il est de plus en plus vrai que dès que vous gagnez, on exploite immédiatement votre succès ! La sincérité se mérite, mais elle n'est pas toujours présente dans les victoires... Bien des gens qui comptent n'aiment pas les lauriers que l'on tresse aux autres, surtout quand il faut faire marche arrière et modifier, par obligation, ses engagements antérieurs. Il faudrait ressortir par exemple le message adressé par l'Elysée... pour l'élection de Poutine, pour en comparer les termes. Selon le Kremlin, Nicolas Sarkozy avait en effet « chaleureusement félicité » son homologue russe pour la victoire de son parti aux élections législatives russes. L'Elysée s'était jusque-là borné à confirmer que Nicolas Sarkozy, qui était alors en Algérie pour une visite d'Etat de trois jours, avait en effet téléphoné à Vladimir Poutine, se refusant à tout commentaire sur le contenu de cette conversation... et il vaut mieux ! Mais celui qui a été adressé à Barak Obama ne restera pas secret ! Il devrait y avoir un paragraphe sur la défense de la liberté du monde.
Le président français, Nicolas Sarkozy, a rapidement fait parvenir une lettre de félicitations au vainqueur de l'élection. "En vous choisissant, c'est le choix du changement, de l'ouverture et de l'optimisme qu'a fait le peuple américain." Mais pour M. Sarkozy, "le message du peuple américain résonne bien au-delà » des frontières américaines. Au moment où nous devons faire face tous ensemble à d'immenses défis, votre élection soulève en France, en Europe et au-delà, dans le monde, un immense espoir. Celui d'une Amérique ouverte, solidaire et forte qui montrera à nouveau la voie, avec ses partenaires, par la force de l'exemple et l'adhésion à ses principes ». Il faudrait retrouver, dans les poubelles de l'Histoire, celui qui avait été écrit, au cas où Mc Caïn aurait été élu. Il y n'aurait probablement pas de modifications fondamentales.

SOUVENIRS... SOUVENIRS
Pour la presse américaine, le style de la rencontre entre les deux présidents, au mois d'août 2007, était « chaleureux et simple ». Elle marquait une « nouvelle ère » dans les relations entre les deux pays, et les médias relevaient que des « frites de la liberté » n'avaient pas été servies au pique-nique, où le président français était allé faire acte d'allégeance à papa et fiston Bush ! En mars 2003, en représailles à la position française contre la guerre en Irak, des parlementaires américains avaient fait bannir des cafétérias du Congrès l'appellation « French Fries » (communément utilisée pour désigner les frites), pour les remplacer par « Freedom Fries » (frites de la liberté), mais tout ceci sera vite oublié, alors qu'on nous en a rebattu les oreilles durant des semaines. On avait même truqué les photos officielles, afin que les deux « grands » soient aussi grands l'un que l'autre !
« Le rêve américain, ce fut dès l'origine de prouver à tous les hommes à travers le monde, que la liberté, la justice, les droits de l'homme, la démocratie, ce n'était pas une utopie, mais au contraire la politique la plus réaliste qui soit et la meilleure politique pour améliorer le sort de chacun ». C'est avec ce lyrisme que Nicolas Sarkozy s'adressait au congrès américain le 7 novembre 2007, avant de rejoindre son ami... George W. Bush. Car les deux hommes, non seulement s'appréciaient mutuellement, mais partageaient la même vision du monde sur ces grandes valeurs, et plus particulièrement celles qui concernent le respect des droits de l'homme qu'ils « pratiquent » dans leur propre pays. L'attachement à ces droits concerne également « tous les hommes à travers le monde » de l'Afghanistan à l'Irak en passant par Guantanamo à Cuba... On a vu, d'ailleurs, les conséquences de cet engagement.
Bush va partir le 20 janvier 2009 avec le sang de centaines de milliers de morts innocents sur les mains, mais pas sur la conscience. Aucune institution, aucun tribunal n'aura suffisamment de pouvoir ni de courage pour le juger, et pour considérer que ce qu'il a fait ne relevait pas du ... « rêve américain ». Seule, peut-être, l'Histoire rappellera aux générations futures la cruauté du système qui l'a engendré. Les classes populaires et même les classes moyennes n'ont jamais autant souffert que sous son « règne » et bien entendu toute comparaison avec la France serait malvenue. L'ultralibéralisme qu'il a poussé jusqu'à l'extrême s'est effondré sous ses yeux, mais bientôt il n'y aura plus aucun responsable : tous auront félicité Obama, et seront amnistiés ! Sarkozy, lui, restera jusqu'en 2012. Il n'aspire qu'à une seule chose : poursuivre, avec l'aide des forces qui l'ont porté au pouvoir, son travail de démolition, avec ou sans le soutien des Etats-Unis !
La victoire de Barak Obama (mais je sais que je vais commettre, dans le contexte actuel, un véritable crime de lèse majesté) c'est aussi l'échec fondamental d'une certaine politique, copiée par le gouvernement français. L'Elysée l'a bien compris, en se lançant dans une version jusque-là inédite, mais proche de ce que va pratiquer le nouveau président : « l'étatisme libéral ». Obama est un homme de compromis, un pragmatique, qui sait faire des choix avisés pour suivre la route « médiane » qu'il s'est tracé. Il ne compte pas révolutionner l'Amérique, mais devenir, juge un universitaire, son « plus grand dénominateur commun ». C'est pourquoi il est consensuel, jusque dans son programme... de rassemblement !

DES MESURES A COPIER
« Je veux, dit-il, donner un nouveau visage à nos relations avec le monde extérieur.» L'un de ses modèles en diplomatie est James Baker, un républicain, adepte de la realpolitik, qui fut le secrétaire d'Etat du président George H.W. Bush, le père de l'actuel occupant de la Maison Blanche. Obama promet de « commencer » à retirer les « troupes de combat » d'Irak,  dès sa prise de fonction, en janvier 2009. Elles seront toutes évacuées en mai 2011, dit-il. Le terme « troupes de combat » qu'il emploie est toutefois ambigu, puisqu'elles constituent moins d'un tiers des 170 000 hommes déployés en Irak, les autres étant des troupes de soutien. Tout en affirmant que des unités resteront en Irak, en cas de besoin, pour conduire des frappes contre Al-Qaeda, il assure que « les Etats-Unis n'ont aucune intention de construire des bases permanentes en Irak ».
Concernant la question nucléaire iranienne, il affirme, comme George W. Bush que « toutes les options sont sur la table », mais se dit « prêt à des pourparlers directs et sans préconditions avec l'Iran ».
Les Etats-Unis dépensent des sommes incroyables (16 % de leur PIB) pour un système de santé très inégalitaire, qui laisse 47 millions d'Américains sans assurance-santé. « Pour se soigner, on dépense pour chaque individu le double de la France et du Canada, car notre système de santé est inefficace », dit Obama, qui dit vouloir une « assurance santé universelle ».
Il s'agit, en réalité, d'une réforme axée sur l'entreprise privée qui, en 2013, abaisserait considérablement le coût de l'assurance santé, sans toutefois assurer vraiment tout le monde. Reste à savoir si le Congrès votera un tel texte, se demandent nombre d'experts, en pointant du doigt les lobbies pharmaceutiques et médicaux qui, selon Obama « ont dépensé un milliard de dollars pour empêcher une réforme de l'assurance santé ». Obama préconise une hausse du salaire minimal, qui sera pour la première fois indexé sur l'inflation.
Quitte à froisser son public, il recommande des potions amères, comme la hausse du prix de l'électricité pour contrer le réchauffement climatique. Son programme d'indépendance énergétique passe par des investissements importants dans les « énergies vertes », les nouvelles technologies, et la création de millions d'« emplois verts » (voir les déclarations récentes de Nicolas Sarkozy). Obama a aussi promis de baisser les impôts pour 95% des ménages américains et de ponctionner les revenus dépassant les 250.000 dollars annuels. Il propose une réduction fiscale annuelle de 500 dollars par salarié et de 1.000 dollars par famille. Il supprimerait aussi les impôts pour les personnes âgées dont les revenus ne dépassent pas 50.000 dollars. Il veut, en revanche, porter l'impôt sur les plus-values financières de... 15% à 28%.
Il entend débloquer 50 milliards de dollars pour de grands travaux d'infrastructures (routes, ponts, système éducatif). Il a promis un crédit d'impôt de 3.000 dollars pour chaque emploi créé aux Etats-Unis dans les deux ans à venir, et a plaidé pour un deuxième plan de relance économique de 60 milliards de dollars. Il va lui falloir en convaincre son « copain » de 24 heures . Soyons heureux de l'élection d'un homme plus à gauche que Nicolas Sarkozy dans les faits, mais pas nécessairement dans les mots. Pour le reste, on verra à l'usage.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

J.J. 06/11/2008 09:30

Ce qui me fait peur, dans cette liesse, que j'aprouve et qui me réjouit, c'est que j'ai déja connu la même chose en 1944 à la libération (j'étais un tout jeune enfant, et je suis maintenant un vieux machin).Tout le monde était content, réjoui, on s'embrassait dans les rues (enfin, pas les collabo notoires qui se cachaient), même ceux qui n'étaient pas vraiment d'accord mais ne voulaient pas se faire remarquer.Et les lendemains n'ont pas tout à fait chanté comme on l'avait éspéré, et maintenant ils chantent vraiment faux..... 

PIETRI Annie 05/11/2008 23:24

Bien sûr, la lettre de félicitations adressée par Nicolas Sarkozy à Barack Obama est un message on ne peut plus diplomatique, un message de convenance adressé par un chef d"Etat à un autre Chef d'Etat, comme il est de coutume d'en adresser un au vainqueur...même si l'on sait qu'il sera le pire des tyrans. Et tu as raison, si Mc Caine avait été élu,il aurait sans doute reçu le même ou à peu près le même.Nicolas Sarkozy était un fervent admirateur de Georges W.Busch et partageait ses valeurs. C'est Obama qui a été élu, ses valeurs sont très éloignées de celles de Busch. Peu importe. On va le porter aux nues, l'encenser,proclamer qu'il était le meilleur - et je suis convaincue qu'il l'était. Pour le gouvernement français, ce ne sera jamais qu'un retournement de veste supplémentaire : nous commençons à y être habitués.Il n'empêche que, c'est vrai, cette élection que beaucoup avaient du mal à croire possible, ne peut que provoquer l'enthousiasme des humanistes, des défenseurs de l'égalité des races, de tous ceux qui espèrent en un monde meilleur pour le plus grand nombre. Il y aura peut-être des déceptions, mais, pour l'heure, il ne faut retenir que l'immense espoir que cette élection fait naître dans le monde entier!Si seulement un jour les électeurs français pouvaient sanctionner l'"élève" Sarkozy comme les électeurs américains ont sanctionné la politique du "maître" Busch....Ce serait tellement beau si nous pouvions connaître, nous aussi, la liesse qui a envahi les Etats Unis cette nuit...

youkaidi 05/11/2008 17:52

Bah, ne boudons pas notre plaisir. Pour le futur on verra, pour l'instant il faut se réjouir.Se réjouir pour Obama qui a su redonner espoir, c'est l'aspect le plus important de ces élections, plus que le fait qu'il soit métis.Se réjouir que l'on ait échappé au duo improbable Mc Cain/Palin.Se réjouir que les Etats Unis nous donnent enfin une autre image.Pour le reste c'est une autre histoire.