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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 07:17

La crise ressemble de plus en plus à un révélateur féroce des faiblesses de la mondialisation des économies. On y voit apparaître, comme pour une photo sur du papier dans un bain de révélateur, les éléments noirs d'un système ayant vécu sur les apparences. Par exemple, le secteur de l'automobile apparaît comme extrêmement sinistré, pour avoir survécu sur un pétrole peu cher, des primes le récompensant d'avoir jusqu'à ce jour pollué la planète, le goût effréné des femmes et des hommes pour la fausse liberté que leur accorde un mode de déplacement omniprésent. Les statistiques qui tombent les unes après les autres, dévoilent une crise au moins aussi profonde que celle des banques. En plus des difficultés financières, se profilent des milliers et des milliers de licenciements. Il va falloir renationaliser certaines marques si l'on veut éviter un désastre angoissant pour tous les ouvriers de la planète.
D'abord  les fabricants, trop sûrs d'eux, n'ont pas pris la mesure de la modification des comportements, encore superficiels mais significatifs, qui parcourent la société. L'automobile n'est plus considérée comme le symbole de la réussite sociale. Elle devient un « outil » du quotidien qui doit impérativement demeurer dans les limites financières du raisonnable. C'est une véritable révolution qui n'a pas été anticipée. L'époque des « bagnoles » chromées, parfaitement entretenues, n'est plus d'actualité. Il faut aller vers du raisonnable, et encore mieux vers de l' économique, pour le même service. Les ventes de voitures particulières neuves en France sont en régression de 7,3% en octobre par rapport au même mois de 2007, avec le même nombre de jours ouvrables, a annoncé lundi le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Selon le communiqué du CCFA, les ventes du groupe PSA Peugeot Citroën ont reculé de... 4,7%, tandis que le groupe Renault a connu une baisse de... 9,8% de ses ventes, en octobre. Le marché des voitures particulières neuves a enregistré, le mois dernier, une vente de 175 014 unités. Sur le mois, les marques françaises, avec 92.923 unités vendues, ont connu une baisse de 8, 1% face aux marques étrangères qui ont enregistré une baisse de 6,5%, avec 82.091 unités vendues. La part de marché des marques françaises est en baisse à 53,1% contre 53,5% un an auparavant.
Le nombre d'immatriculations avait néanmoins augmenté, par exemple, de plus de 10 % en neuf mois en Haute-Garonne. Tout roulerait ainsi pour le mieux dans le meilleur des mondes automobiles. Mais brutalement livrés, les chiffres sont pourtant trompeurs. D'abord parce qu'une hausse de 37 % des immatriculations de Smart, sur un volume d'une vingtaine de véhicules, traduit moins une tendance qu'une augmentation de 13 % de Renault sur un volume de 700 voitures. Les « petits » véhicules se taillent une part prépondérante sur un marché qui, malgré tout, est extrêmement secoué, et ne va pas s'améliorer avec la baisse des propositions de crédits, et aussi son surenchérissement. Si les prix baissent, ce ne sera le cas que pour les acheteurs pouvant payer cash. Les autres subiront des taux d'intérêt qui augmenteront considérablement les coûts. Et encore, à condition qu'ils puissent emprunter.
Résultat, les usines regorgent d'invendus, et les ouvriers sont au chômage technique, avant de filer vers le chômage tout court.
C'est qu'entre un pouvoir d'achat peau de chagrin, et ce bonus-malus traduisant la nouvelle conscience écologique, dont les spécialistes estiment qu'il « bouleverse le marché », le secteur connaît  une mutation profonde et durable. Les comportements d'achat de l'automobiliste en témoignent. Les immatriculations de petits modèles économiques et de voitures à moindre coût (Dacia, Mini, Smart...) ne cessent d'augmenter. Les marques qui ont anticipé le virage écologique, en proposant des modèles à moindre production de CO2 (comme Toyota, par exemple) aussi. Les constructeurs français, pendant ce temps, remplissent les plates-formes de stockage.

PAS ENCORE LA REVOLUTION
Les 4X4 passent de mode, et personne ne s'en plaindra. Toujours aussi compétitifs en matière de sécurité et d'utilité dans les zones rurales, ils sont désormais "has been" dans les milieux urbains. Les marques haut de gamme, elles, prennent un sacré bouillon. Encore que... Mercedes tire assez remarquablement son épingle du jeu, quand Jaguar a même enregistré une hausse de 40 % des immatriculations entre janvier et septembre, mais sur des petits nombres. Le marché automobile reflète en fait l'état de la société française. Les riches ne connaissent pas la crise, car même relégués à l'arrière des stands, les modèles haut de gamme ont très bien marché au dernier Mondial de l'Auto. Par contre, le fossé se creuse, et les classes moyennes lorgnent vers le bas.
Pour autant, on n' en est pas encore arrivé à une révolution verte dans le petit monde de la voiture. Ce serait surestimer la modification des mentalités, même si cette « révolution » paraît inéluctable, et dire qu'on y est parvenu serait excessif. C'est vrai que les constructeurs ont pris conscience de cette pression écologique, mais on ne peut parler de révolution. Notamment parce que les technologies déjà au point aujourd'hui, sont freinées par le lobby pétrolier.
Sans compter le coût, car bien évidemment, personne n'hésiterait à acheter un petit modèle électrique à 10 000 ou 12 000 €. Pas à 22 000 €. Et paradoxalement, cette politique ne permettra pas de compenser la destruction des emplois liée aux véhicules dépassés. 8 000 véhicules électriques circulent en France, dont 5 000 voitures, sur les 11 000 présents en Europe. C'est insuffisant pour espérer en faire une filière ! Une voiture d'une autonomie de 250 kilomètres en parcours urbain, pouvant atteindre 150 kilomètres heure, et rechargeable « sur n'importe quelle prise utilisée pour l'habitat », c'est le modèle que Bolloré veut commercialiser dès la fin de l'été 2009 en Europe, aux Etats-Unis et au Japon . Les premières commandes pourront même être prises. Ceci aura, bien sûr, un coût, à savoir 500 euros par mois dans le cadre d'une procédure de leasing. Bolloré a depuis longtemps investi dans la recherche sur les voitures électriques, et leurs batteries. La voiture comprendra notamment la batterie « Lithium Métal Polymère », développée par Bolloré. Aucun gaz carbonique ne sera par conséquent émis par ce véhicule, qui sera fabriqué en Italie. Les volumes de vente seront dans un premier temps limités, avec 1.000 véhicules à la mi-2009, 4.000 en 2010, 5.000 en 2011, 10.000 en 2012, et 15.000 les années suivantes. Les deux groupes précisent en outre qu'en cas de succès, les capacités de production de batteries seront, bien entendu, augmentées... Il faudra attendre, mais jamais cela ne remplacera les terribles mesures qui arrivent.

CONTRIBUABLES GENEREUX
Le constructeur automobile américain General Motors (GM) a reconnu hier être menacé d'une crise imminente de liquidités, qui l'a conduit à abandonner son projet de rachat de Chrysler, et à lancer un appel à l'aide, indispensable, du gouvernement fédéral. Il faut s'y préparer : la nationalisation de usines de production va redevenir d'actualité, car à moins d'une reprise vigoureuse (et à ce jour improbable) du marché automobile, et sans aide gouvernementale, le numéro un américain ne devrait plus avoir l'argent nécessaire à son fonctionnement dès les premiers mois de 2009. Lors des trois mois achevés fin septembre, GM a enregistré une perte nette de 2,5 milliards de dollars. Rapportée au nombre d'actions, elle atteint 7,35 dollars, alors que les analystes tablaient sur des dégâts limités à 3,7 dollars.
Confronté à un marché nord-américain en chute libre (-32% en octobre), le plus gros constructeur de Détroit a tendu la sébile vers le gouvernement fédéral, car les conséquences d'une faillite seraient terribles et dépasseraient largement General Motors. Plus d'un quart de million de personnes travaillent, en effet, pour le constructeur qui vient de fêter son siècle d'existence, et dont les marques sont les plus vendues aux Etats-Unis. GM s'est fait ravir le premier rang mondial par le japonais Toyota cette année. Les trois grands de Détroit (GM, Ford, Chrysler) sont dans l'attente du déblocage d'un crédit de 25 milliards de dollars voté par le Congrès, et sont allés jeudi à Washington pour quémander des aides supplémentaires. En France, si on n'en est pas encore là, des signes se profilent. Ainsi, un nouvel épisode dans l'évolution du capital des chantiers navals de Saint-Nazaire vient d'être signé.
L'État va en effet acquérir 33,34 % de la filiale France de STX Europe, celle qu'on appelle les ex-Chantiers de l'Atlantique, qui regroupe les sites de Saint-Nazaire et Lorient. Jusqu'ici, les Chantiers de l'Atlantique étaient détenus à 75 % par la société norvégienne STX Europe (elle-même détenue à presque 100 % par les Coréens), et 25 % par le français Alstom. Désormais, la répartition sera la suivante : 50,01 % détenus par STX Europe, 33,34 % par l'État français et 16,65 % par Alstom, a indiqué, hier soir, l'Élysée. L'État met 110 millions d'euros sur la table, provoquant ainsi une augmentation de capital de l'entreprise. En 2006, pour acquérir 75 % du capital, les Norvégiens d'Aker Yards n'avaient eu à débourser que 50 millions d'euros...L'Etat, qui avait refusé par sectarisme, de mettre cette somme dans la corbeille en temps opportun, est obligé, en temps de crise... de sortir le double ! Comprenne qui pourra.
En effet, hier à Bordeaux, Christine Lagarde a totalement éludé une prise de participation de l'Etat dans un plan de reprise des 3 000 personnes travaillant aux usines Ford de Blanquefort. Ah ! Les symboles, ils ont la vie dure !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN
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