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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 07:17

Quelles qu'aient pu être les paroles prononcées à la tribune du PS, les médias n'auraient, de toutes manières, retenu que ce qui était le plus défavorable à son image. Il en est ainsi depuis maintenant une bonne décennie, et plus personne ne trouvera une solution fiable à cette situation catastrophique. En fait, le scénario a été presque parfait, puisque rien n'est meilleur pour les ventes que les querelles de famille, car elles plaisent à tout le monde. Les journalistes n'aiment pas les paysages paisibles, et ils récusent les explications rationnelles, car elles confortent l'opinion dans le sentiment que la politique n'est qu'une affaire de rivalités de personnes. Ce sont eux qui se mettent à faire de la politique en prenant soin de ne pas s'exposer aux affres du suffrage universel. Ils en arrivent à ne même plus du tout s'intéresser au fond, mais à se concentrer sur la seule forme ! On en arrive donc à espérer la disparition de ces rassemblements désastreux, quand on sait que désormais ils devraient, selon les souhaits médiatiques, être réglés comme des spectacles. Toutes les analyses sur la crise, sur les erreurs de la droite, sur les solutions possibles, énoncées par des dizaines de « seconds rôles », ont été totalement censurées comme celle, louée même par ses ennemis, de Laurent Fabius. Inutiles. Totalement inutiles, car elles ne correspondent pas à l'extraordinaire simplisme dont ont besoin les vulgarisateurs de linge sale à laver en public. Ils ne souhaitent absolument pas casser l'image socialiste qu'ils veulent créer. Un Congrès doit ressembler aux jeux du cirque, avec des rétiaires, des mirmillons, des secutor oplomaques, des larmes potentielles et du sang virtuel sur le sable de l'arêne.
La dépêche AFP qui rend compte de l'intervention de Laurent Fabius est véritablement révélatrice de cette approche, car elle n'évoque absolument aucun des éléments qui conduisent l'ex-premier ministre à se positionner pour un « ancrage à gauche du PS ». Parlant de la crise financière et économique avec des mots justes, des propositions concrètes, des prévisions qui se révèleront fondées, Fabius a affirmé que les socialistes sont « à cent lieues de l'analyse du Président de la République, nous sommes très éloignés de ce que (pense) le MoDem, nous participons, même s'il y a des nuances (entre nous, ndlr), à l'analyse sociale-démocrate » selon laquelle « c'est bien la répartition injuste des richesses qui est à l'origine de la crise ». C'est tout ce que retiendra l'AFP de la clé du Congrès car, dans le fond, Fabius a le terrible défaut d'être trop intelligent. Il n'a pas parlé des personnes. Il n'a pas assassiné Pierre, Benoît, Sainte Blandine ou Bertrand, et donc il n'effectuera plus jamais de retour sur le devant de la scène, car il apparaît comme un "has been" donneur de leçons que plus personne ne veut entendre.
Il pourra sans cesse démontrer son attachement à des valeurs, à des principes, à des convictions, il sera noyé sous la pipolisation de tous les rendez-vous dans lesquels il apparaît. Le Congrès se résume à cette prestation dont le moindre mot était pesé, jamais lu et totalement cohérent. C'est hors du champ médiatique, et donc inutilisable.
Il faut des mots charismatiques, inspirés par une morale affective : « bien », « mal », « bon », « méchant », « malade », « heureux » « bonheur », « malheur », « tendresse », « amour », « vertu », « courage », « se soigner de ses blessures », « ouvrir les portes et les fenêtres », « peur de l'invasion"... inspirés par une volonté de séduire, plutôt que de convaincre.
Laurent Fabius avait pourtant résumé en une phrase synthétique le cœur du problème de la France, en estimant que la présidence de Nicolas Sarkozy n'était "pas seulement une hyperprésidence mais une autocratie, un gouvernement du président, par le président, pour le président". C'était pourtant la synthèse parfaite de ce qu'il ne fallait pas faire chez les socialistes. Il est haï car il a trop souvent raison, et c'est désormais une tare dans une société des apparences trompeuses.

DES PROFITS CONFORTABLES
On aurait pu aussi s'intéresser à une autre réalité dénoncée par Laurent Fabius, mais passée sous silence, car probablement sans intérêt pour porter le programme ultérieur du PS sur le terrain. Après une année 2007 record, les entreprises du CAC 40 pourraient voir leurs bénéfices encore augmenter de plus de... 12% en moyenne en 2008 (rappelez-moi le taux du livret de Caisse d'Epargne...) malgré la crise, selon une étude du cabinet Price Water House Coopers (PWC) publiée dans Le Monde. Se fondant sur des estimations de résultats pour toute l'année 2008, les experts du cabinet d'expertise comptable ont calculé qu'au total, les quarante plus grosses entreprises françaises allaient enregistrer une hausse de 12,09% de leurs bénéfices par rapport à 2007, une moyenne pondérée en fonction de la capitalisation boursière de chaque société.
Selon cette étude, réalisée à la demande du quotidien, les entreprises voient encore progresser leurs résultats en 2008, car « la traduction chiffrée de la crise n'apparaîtra réellement dans les résultats qu'en 2009 ». Dans l'immédiat, on se contente de prendre les dividendes. Le bénéfice net total des entreprises du CAC 40 « anticipé actuellement par les analystes » est de... 99 milliards d'euros pour 2008, d'après PWC, et ce malgré la faiblesse de certains secteurs. Ainsi les deux constructeurs automobiles PSA et Renault, dont les chiffres d'affaires ont baissé au troisième trimestre, devraient respectivement voir leurs bénéfices chuter sur l'année de 30,4% et 23,3%, et ils se rattraperont sur la masse salariale et sur le nombre d'emplois.
Les banques devraient, elles aussi, voir leurs résultats baisser, sauf la Société Générale, qui bénéficiera de la comparaison avec 2007, où les résultats avaient été substantiellement grevés par les pertes liées à l'affaire du trader Jérôme Kerviel... qui a été digérée sans trop de difficultés, compte tenu des réserves accumulées. Le cabinet souligne néanmoins que les banques françaises, en conservant des résultats positifs, s'en tirent mieux que la plupart de leurs homologues étrangères, qui affichent des pertes.
Les poids lourds de l'indice vedette, l'aciériste Arcelor Mittal et le groupe pétrolier Total devraient, quant à eux, très bien finir l'année, avec une hausse de près de... 40% attendue pour le premier (à 10,55 milliards d'euros) et de 7,6% pour Total (à 14,2 milliards) qui devrait donc, une nouvelle fois, dégager le plus gros bénéfice du CAC.
En queue de peloton, on devrait retrouver l'équipementier en télécoms Alcatel-Lucent, qui pourrait enregistrer une perte de 623 millions (largement réduite toutefois, comparée aux -3,5 milliards de 2007), seule entreprise dans le rouge au sein de l'indice parisien. La valeur en Bourse des sociétés du CAC 40 a pourtant, elle, beaucoup baissé: fin octobre, le CAC 40 a touché son plus bas niveau en cinq ans, et on a beaucoup pleuré dans les chaumières !

DES SUPPORTEURS AUX ACTIONNAIRES
Le congrès du PS aura permis, une fois encore, de vérifier que les "supporteurs" ne font pas de bons militants. L'ex-journaliste sportif que je suis, connaît fort bien leurs réactions et leurs méthodes. Il leur faut toujours un responsable de la défaite de leur favori (te). Quand ce n'est pas le terrain, les blessures, c'est forcément l'arbitre, le règlement, l'entraîneur, qui font que toute analyse objective d'une défaite leur parait une horrible critique. Cette mutation profonde de la vie politique est absente de toutes les analyses. Or c'est elle qui explique les sifflets, les interpellations intempestives, les huées idiotes, les silences réprobateurs et l'enthousiasme débridé. Le Congrès ne sera plus jamais un espace de débat, mais sera simplement un stade pour affrontements de vedettes, une sorte de star Academy, une réserve de transférables d'un camp à l'autre, selon les besoins des « dispositifs humains ». C'est tout juste si certains n'ont pas mis le pouce vers le bas !
Aujourd'hui, le CAC 40 va donc se régaler, et TF1, avec cette nouveauté du Congrès Star Ac', va faire un bond vers le haut, car il a la certitude que personne ne remettra véritablement en cause son diktat médiatique dans un proche avenir. On invitera une candidate ou un candidat au 20 heures avec l'espoir qu'il attaquera un autre socialiste mais surtout pas le maître des lieux!
Durant cette semaine agitée,  les pilotes de ligne, les conducteurs de trains (au fait, pour eux, les maires ne devront pas contribuer au service minimum d'accueil en mobilisant leur personnel municipal), les enseignants (la grève sera massive et les gendarmes iront voir si les Maires appliquent ou non le SMA), les postiers (la privatisation est toujours dans les tuyaux)... tenteront de sauver ce qui peut l'être encore du service public. Ils n'auront pas, eux, tous les supporteurs qu'ils espèrent à leur coté, puisque des maires de gauche mettront en place, sous la menace, le service minium d'accueil; puisque certains de leurs collègues ne feront pas grève, car ils ne peuvent pas s'offrir ce qui devient un luxe;  puisque les reportages des Jités montreront des braves gens qui travaillent, pénalisés par ces "feignasses" inutiles sauf les jours où ils ne travaillent plus.
La cote de popularité du Président et de son « collaborateur » va remonter même si, pour son malheur, le G 20 des décisions aussi théoriques que celles du PS a été occulté par les bisbilles rémoises. Mais, comme le résultat n'était pas au rendez-vous, c'est aussi bien pour Nicolas Sarkozy, qui lui, s'occupe de choses sérieuses. Il tiendra compte de la leçon, et il n'est pas près de réunir un Congrès pour exhiber ses contradictions, et d'ailleurs, même pour celui que prévoit la Constitution, il est certain d'être minoritaire.
Si cette semaine les socialistes ne se réconcilient pas avec la réalité, ils passeront à coté de leur match. Les supporteurs, même les plus assidus, vont vite quitter le stade ! Il n'y a plus qu'une solution : transformer les militants en actionnaires, et introduire le PS en bourse. Au moins, chaque jour, on parlera de lui, car il pèsera sur le CAC 40 !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

marc d Here 22/11/2008 09:21

Il semble donc que Martine Aubry l'emporte avec 42 voix d'avance sur Ségolène Royal. Celle-ci conteste le résultat et les deux camps s'accusent de fraude (ce qui est sans doute vrai pour les deux)...Le PS, déchiré et sans projet sombre dans le ridicule et l'abject.

E.M. 19/11/2008 08:27

@ YoukaidiIl le surveille déjà... ;-))) 

youkaidi 19/11/2008 00:52

Peut être justement pour certains Benoît Hamon est il trop à gauche ...De toute façon M Mouchet attention à toi, je vais demander à M Darcos de faire surveiller ton blog espèce d'enseignant crypto-communiste qui lave le cerveau de nos enfants (bon là c'est de l'humour, vaut mieux le signaler en ces temps d'extrême sensibilité   ');"> ).

E.M. 18/11/2008 22:51


6 bonnes raisons de voter Hamon
 
1) A l’issue du week end, l’image du Parti est sérieusement écornée. L’impression qui domine, c’est que le Ps est incapable de dépasser le choc des egos et d’effacer les vieilles rancœurs. Aubry, soutenue par les amis de DSK et de Fabius, contre Royal, c’est rejouer la primaire de 2007. Voter Hamon, c’est tourner la page et sortir par la haut. C’est faire le choix d’un homme neuf, qui n’a ni comptes à régler ni revanche à prendre.
 
2) Les institutions de la Vème République polluent notre parti. Réduire le choix du premier secrétaire à la sélection anticipée d’un présidentiable, c’est conduire un peu plus le PS sur le chemin de l’hyper personnalisation et de la dépolitisation. Voter Hamon, c’est, pour les militants, l’occasion de dire « Chaque chose en son temps ». Voter Hamon, c’est remettre le parti au travail, pour qu’il soit, le moment venu, en situation d’affronter les échéances.
 
3) Ségolène Royal se présente comme la candidate du « parti nouveau » contre « le vieux parti ». Martine Aubry se veut la représentante d’un « parti de militants » contre  un « parti de supporters ». Voter Hamon, c’est dépasser les oppositions artificielles : c’est faire le choix du renouvellement des pratiques et des équipes sans tourner le dos à notre identité et à notre histoire.   
 
4) Ségolène Royal veut l’alliance avec le centre et donne une place secondaire à la question sociale : c’est le choix de la droitisation. Martine Aubry, à qui Delanoë reprochait de faire coexister carpes et lapins, est désormais rejointe par le maire de Paris : c’est le risque de la confusion. Voter Hamon, c’est faire le choix de la clarté et de la cohérence. C’est l’assurance d’un PS vraiment ancré à gauche.
 
5) Ségolène Royal avait mis sa candidature « au frigidaire » pour finalement, après plusieurs jours d’hésitations, la ressortir samedi après midi. Martine Aubry a fait acte de candidature le dimanche matin à 9h45, après avoir accepté, la veille, de soutenir celle de Benoît Hamon. Voter Benoît Hamon, c’est faire le choix de la constance et de la détermination.
 
6) Ségolène Royal a la nostalgie de sa campagne de 2007, à laquelle elle se réfère constamment. Martine Aubry évoque régulièrement la « dream team » du gouvernement Jospin de 1997. Toutes deux ont été ministres sous François Mitterrand et sous Lionel Jospin. Voter Benoît Hamon, c’est changer d’ère.

E.M. 18/11/2008 20:29

@ MarcA chaque fois que tu mets un commentaire, tu ne peux vraiment pas t'empêcher d'écrire des conneries ! C'est vraiment incroyable ! Pour le congrès de Reims, contrairement à l'opinion dominante, je considère qu'il prouve, si besoin en était, que le PS est un vrai parti démocratique et non un parti comme l'est l'UMP, où il y a un chef qui dicte sa vérité à tous les autres ! Ce sont es militants qui vont trancher, quoi de plus normal. Nous nous plaignions tous des synthèses "molles", et bien voilà, enfin, il n'y en a pas !Pour ton invitation à la "Gauche Moderne", j'aimerais que tu arrives à motiver Royal & Co. Oui, il y a là, toute une bande de "camarades" qui feraient bien de quitter le parti très rapidement. Mais peut-être rejoindront-ils plutôt le MODEM !??! Au fait Marc, le MODEM, c'est pas pareil que "ta" "Gauche Moderne" ?