Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


MAIS JE DEBLOGUE...

Archives

21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 07:17

La crise en France ne doit pas être aussi grave qu'on le dit puisque toute l'énergie de l'Etat est tournée vers des sujets beaucoup plus importants. Les Préfets de tout un pays ont été mobilisés durant 48 heures pour surveiller, dénoncer, sanctionner les Maires honnêtes qui ont osé défendre le service public d'éducation sur leur territoire. C'est vrai qu'en Gironde, au moment où des centaines d'ouvriers de Ford manifestaient pour la défense de leurs emplois et où la viticulture traverse une crise dramatique, tous les services officiels étaient mobilisées autour du Service minimum d'accueil. Non pas pour examiner les réalités des difficultés provoquées par sa mise en œuvre ubuesque, mais tout simplement pour convoquer, à la hâte et sans avertissement autre que téléphonique, 14 maires... de gauche ayant pris, comme à Créon, une position attirant l'attention des pouvoirs publics sur les impossibilités liées à la mise en place d'une accueil totalement surréaliste.
Il est vrai que la réussite scolaire dépend plus de l'accueil d'une très gentille cantinière, d'un animateur de centre de loisirs, d'une maman dévouée... que de la présence de réseaux d'aide aux enfants en difficulté, de remplaçants disponibles tout au long de l'année, d'enseignants face à un nombre convenable d'élèves, ou que de la disparition de tous les mouvements périscolaires laïques... L'essentiel c'est de traduire, comme des malfaiteurs, devant le tribunal administratif, les maires qui ont osé expliquer franchement et clairement qu'ils ne tueraient pas le « métier » d'enseignant. Pour toutes celles et tous ceux qui n'ont eu... que le courage de ne rien dire, mais de fermer à double tour leurs écoles : rien, pas de sanction ! Pour un délit d'opinion divergente : le tribunal ! Tout le régime Sarkozyste est dans cette nuance : il est interdit de défendre le service public d'enseignement contre le mépris dont le Ministre lui témoigne. Le délit d'opinion consistant à refuser une dénaturation du métier d'enseignant est puni quand il est exprimé par écrit, mais oublié quand il est fait dans la discrétion !
Hier matin, les chauffeurs de bus de Bordeaux étaient en grève : pas de service minimum, alors qu'il s'agit d'un service public délégué. Pourquoi le Ministre des Transports n'impose-t-il pas, par une loi, aux Maires de la Communauté urbaine, de prêter leurs chauffeurs de bus pour un service minimum ? Les conducteurs de tram avaient cessé le travail : les travailleurs ramaient ! Pourquoi ne pas demander à Monsieur le Maire de Bordeaux, ardent défenseur du service minimum d'accueil (enfin il le fait croire, car en privé, il a appelé Darcos pour lui dire que c'était une connerie) de faire appel à des citoyens volontaires pour conduire ces machines ? La semaine dernière, Air France manquait de pilotes de lignes. Pourquoi ne pas avoir fait un service minimum avec les pilotes des aéroclubs de Saucats et d'Yvrac ? Et quand un policier est malade, les policiers municipaux ou les vigiles privés ne peuvent-ils pas le suppléer ?

 

UNE GABEGIE INEFFICACE
Des dizaines de fonctionnaires ont été mobilisés à tous les échelons de cette éducation qui fut nationale pour ne rien faire d'autre que de mettre en évidence la carence de ses services. Plus de 3700 fax ont été envoyés depuis l'inspection académique de la Gironde... pour recevoir et annoncer les carences constatées localement. Le fax lui-même a rendu l'âme ! Surréaliste. On aura encore des dizaines d'autres personnels mobilisés pour payer les dédommagements attendus par les communes, puis encore ceux qui devront vérifier les absences habituelles les jours de grève, pour les retenues de salaire. Extraordinaires économies de gestion pour un Etat ruiné ! Des dizaines de millions d'euros dépensés uniquement pour que... comme à Créon, aucun enfant sur 535 ne se soit présenté dans les établissements scolaires, et souvent assez peu dans la très grande majorité des établissements scolaires des autres communes.
Mieux, il y a des maires sages qui ont embauché des vacataires, qui étaient plus nombreux que les élèves présents ! Une gabegie absurde, que personne n'aura le courage d'évaluer, car il faudrait faire un ratio entre le véritable coût global de cette opération purement idéologique et le nombre de familles concernées !
Que ce soit Nice, Poitiers, Limoges, Rouen, Strasbourg, Créteil, Paris, Aix-Marseille ou Versailles, aucune des dix académies sur lesquelles le ministère de l'Education nationale disposait, dès hier, de données fiables, n'a pu mettre complètement en œuvre le service minimum d'accueil (SMA). Son taux d'application oscillait entre 85 % des communes dans le cas de l'académie de Créteil et 97 % dans celui de l'académie de Rouen... mais, bien entendu, ces statistiques sont totalement truquées, puisqu'on y inclut les communes n'ayant pas eu besoin de mettre en place le SMA dès lors que les enseignants... n'étaient pas grévistes ! En réaction, l'État se montre ferme. Plus de 200 recours en justice ont été engagés contre des communes récalcitrantes. Dans le seul département de l'Hérault, 53 communes ont été assignées en référé devant le tribunal administratif pour avoir pris une décision explicite de ne pas appliquer le SMA. À plusieurs reprises, cependant, la justice a donné raison aux communes réfractaires, estimant que les délais impartis ne leur permettaient pas d'organiser le SMA. La seule sanction encourue, dans certains cas, est financière (100 € à 500 € d'astreinte par jour, imposés à des communes de l'Essonne). Il semble d'autant plus difficile pour l'État de contraindre ces municipalités que le président UMP de l'Association des maires de France, Jacques Pélissard, a lui-même réclamé aujourd'hui une « évaluation de cette loi », qu'il juge « difficile à appliquer ». Et pourtant les tribunaux vont condamner à tour de bras !


MASSON FAIT LE MUR
C'est une absurdité qui finira d'ailleurs par exploser. Un sénateur (non inscrit) de la Moselle, Jean-Louis Masson, a déposé une proposition de loi visant à dispenser les communes de moins de 1.500 habitants d'organiser un service minimum d'accueil (SMA) des élèves dans les écoles. En demandant aux communes d'organiser un SMA en cas de grève des enseignants, l'Etat a créé une obligation disproportionnée et irréaliste, (...), les maires des petites communes ne disposant absolument pas des moyens en personnel nécessaires pour encadrer les écoliers.
Considérant que « le personnel enseignant relève de la seule et unique compétence de l'Etat », M. Masson juge que « l'Etat a voulu se décharger sur les communes parce qu'il sait pertinemment que le SMA est impraticable ».
Il avait auparavant souligné « l'incohérence du système » auprès du ministre de l'Education, Xavier Darcos, dans quatre questions écrites. Dans son exposé des motifs, M. Masson estime que « ces communes, eu égard à la faiblesse des moyens et des personnels dont elles disposent, sont dans l'incapacité d'assurer ce service ». Par ailleurs, poursuit-il, « eu égard au petit nombre d'enseignants dans ces communes, dès qu'un seul d'entre eux est en grève, le seuil de 25% de déclenchement du SMA est atteint ». Dans un souci d'égalité de traitement, « le droit pour les enfants scolarisés dans ces écoles de bénéficier du SMA devrait être toutefois préservé », ajoute M. Masson. Pour cela, conclut-il, « il suffirait que l'obligation d'organiser l'accueil incombe à l'Etat ».
Ce sont les termes mêmes de la très grande majorité des délibérations qui sont actuellement traduites dans la France entière devant les tribunaux... Dommage que ce brave Sénateur ne subisse pas le même sort, mais lui a probablement une vision honteusement partisane.
Le juge des référés du tribunal administratif de Lyon avait cependant rejeté mercredi soir une requête du préfet du Rhône, demandant l'annulation de la décision prise par les communes de Lyon et Chassieu de ne pas assurer hier le service minimum d'accueil dans les écoles. Une nouvelle qui va donner des idées aux plus modestes ! Si Lyon n'y arrive pas, comme voulez vous que fasse le Maire de Trifouillis les Oies. Le juge a par ailleurs estimé que la commune de Chassieu, qui organisera un service minimum d'accueil des élèves, assuré par un seul élu ou un seul fonctionnaire, devait de ce fait être regardée comme ayant retiré son refus d'organiser le dit service. Il a condamné l'Etat à verser à ces deux communes... 800 euros, au titre de frais de justice. Encore une économie supplémentaire !
Mais je déblogue...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article

commentaires