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MAIS JE DEBLOGUE...

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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 07:17

Au moins, à droite, les femmes de pouvoir provoquent des débats utiles pour le pays qui souffre. Ce n'est pas comme chez les socialistes, où elles ne savent qu'exposer leurs rancœurs, leurs déchirements, leurs antagonismes comme autant d'objets de valeur, pour fasciner le « menu » peuple. Il est vrai que c'est beaucoup moins vendeur, ces- règlements-de-mauvais-comptes-entre-ennemis-de-toujours, que le débat qui se crée autour de Rachida Dati. Pas un jour sans que l'on parle, dans les journaux politiques du moment (Closer, Gala, Voici, VSD, Paris-Match...), de sa vie, mais surtout pas de son œuvre. Pas un seul jour sans que l'on cherche à savoir qui est le père de son enfant (c'est d'ailleurs devenu, dans les soupers parisiens, un secret de Polichinelle); sans que l'on s'extasie sur son courage puisque, elle, elle ne prendra qu'une semaine de congé de maternité; sans que l'on s'extasie sur ses robes, ses bijoux, son train de vie ministériel... Autant de sujets bien plus importants que ceux qui préoccupent Martine et Ségolène. Rachida Dati sait que pour exister dans notre sociétés il faut être riche ou du moins donner à rêver, et pas nécessairement parler des réalités. Il faut même occulter les réalités derrière des faits sans importance, de telle manière que les médias puissent aisément tourner leurs objectifs ou leur regard... vers ailleurs.
Dans de nombreuses chroniques de L'AUTRE QUOTIDIEN, j'ai évoqué le climat pesant d'autocensure qui règne sur un système soucieux de ne pas contrarier le « guide suprême », et surtout ses amis, dispensateurs de subsides publicitaires ou capitalistiques. En ouvrant ou en coupant les robinets financiers, « l'économique » a pris nettement le pas, dans toutes les rédactions, sur le « médiatique ». Il commence donc à s'installer dans certains journaux une « peur préventive », chez la plupart des responsables. On travaille avec précaution sur les sujets épineux car on sait que de là-haut, la foudre peut tomber sur n'importe qui et à n'importe quel moment. Les socialistes n'ont aucun poids dans ce domaine, et même, parfois, leurs critiques maladroites - car méconnaissant le contexte général de la presse, des radios ou des télévisions - finissent par les couper totalement du monde médiatique. Ils adressent des lettres, des mises au point, des démentis, des informations confidentielles, avec l'espoir que ces méthodes les réconcilieront avec les supports qui les massacrent avec délectation.
Ces pratiques ont été illustrées par des événements très précis. On préfère adopter le principe médical du vaccin : « mieux vaut prévenir que guérir », que les instituteurs inculquaient aux élèves du Certif' il y a une cinquantaine d'années ! Et c'est bien là le plus grave : le gouvernement n'a même plus besoin de peser sur certains médias, ils s'autocensurent eux-mêmes sous une pression répétée et discrète.

Depuis belle lurette, le Sarkozysme s'appuie sur ces « leçons », données quotidiennement par des coups de téléphone ou des communiqués menaçants. L'exécution du service public de télévision, simplement par la suppression de ses recettes, n'est que le début d'un bombardement en règle du terrain. On tremble dans toutes les rédactions régionales : suppression engagée des pigistes, restrictions des reportages, menaces sur les plus « robustes » des journalistes... La grande lessive débute, et elle va s'accentuer dans les prochains mois. Mais le climat est identique dans de nombreuses télévisions d'agglomérations qui meurent lentement faute de ressources financière suffisantes. Partout, les tiroirs sont pleins de plans de restructuration, dans tous les groupes de presse, ce qui rend tout le monde pour le moins méfiant !

 

EXECUTES POUR L'EXEMPLE
Il y a eu une succession d'exécutions pour l'exemple, qui ont bousculé quelques certitudes chez les journalistes. En fait, le contenu des textes importe peu : c'est l'image qui compte ! Le poids des mots on s'en moque, puisque tout le monde lit, à la va vite, des journaux gratuits, squelettiques sur le fond. Le choc des photos est donc essentiel ! La une de la fugue de Cécilia sur Paris-Match avait coûté la direction au directeur, pourtant bien pensant, de l'hebdo ! Déjà l'Express avait dévoilé, en août 2007, comment Paris-Match avait « gommé » les bourrelets du président à peine élu, devançant ainsi les desiderata du souverain. A l'époque, Le Parisien avait révélé que cette « opération de retouche esthétique » avait été effectuée « sous l'autorité du directeur de la rédaction de Paris-Match, Olivier Royant ». Quelques semaines plus tard, on eut l'affaire de la troisième jambe, après celle de la taille similaire à celle de Bush...
L'hebdomadaire du copain Arnaud Lagardère s'est fait une spécialité de la retouche de l'image présidentielle. En septembre 2008, un site dévoilait qu'un garde du corps présidentiel avait été effacé d'une photo. Manque de chance, l'infographiste avait oublié de gommer une jambe du bodyguard, affublant ainsi Sarkozy d'un troisième membre. A l'époque, la société des journalistes de Paris-Match s'était offusquée de ces méthodes : « l'altération des photos déforme la réalité et doit être, en ce sens, strictement interdite. Seules les techniques traditionnelles de cadrage, de réajustement des contrastes, des échelles de couleurs, sont tolérées». Mais qui s'en soucie ? Surtout pas l'auteur du cliché, qui était prêt à tout pour garder son job ! Le photographe « officiel » du couple présidentiel, auteur dudit cliché, s'était défendu en expliquant que « depuis l'avènement du numérique, les photos (...) sont évidemment retouchées, on rend nos photos plus esthétiques ».


LA FIN DE LA PHOTO INFORMATIVE
La dernière opération en date est encore d'une autre nature. Plus politique. Pointée du doigt par des magistrats et sommée dans une lettre de présenter des «excuses publiques», la garde des Sceaux a répondu aux critiques dans une interview au journal. Le service photo du Figaro n'a pas retouché le physique de Rachida Dati, mais a fait disparaître d'une photo de la garde des Sceaux, une bague... d'une valeur de 15.000 euros. C'est L'Express qui a, cette fois encore, dévoilé la supercherie. « On assume », répond la rédactrice en chef du service photo du Figaro. « On ne voulait pas que la bague soit l'objet de la polémique ». Un succès retentissant. Le Figaro admettant, par là même, qu'en cas de conflits sociaux, le journal n'entend pas polluer la communication gouvernementale, quitte à manipuler des images. Une forme d'autocensure, qui échappe de moins en moins à l'œil attentif des journalistes, blogueurs ou simples internautes, mais qui devient terriblement préoccupante. Il est certain que ce n'est pas, en cette période de crise, un pur hasard si une rédaction gomme ce détail de 15 000 euros de sa une ! Et il n'y aura véritablement que les lectrices et les lecteurs du Figaro pour le croire.
C'est, à ma connaissance, la première fois qu'un cas de retouche d'image dans un organe d'information national est pleinement admis. On se souvient des dénégations embarrassées de Paris-Match lors de ses manipulations antérieures graduelles du chef de l'Etat, assurant que « l'altération des photos » doit être « strictement interdite ». Témoignages des progrès de la culture de la retouche et de l'apparence, ces pieux mensonges ne sont plus de mise. On ne se cache plus pour expliquer que ce type de pratiques est courante et banale ! C'est un aveu d'autocensure flagrant et désastreux pour la démocratie ! Admettre qu'il fallait ôter le bijou parce qu'il risquait de brouiller la... lecture du texte, c'est admettre qu'on a enfreint le principe fondamental selon lequel l'usage de la photographie dans la presse n'est déterminé que par sa valeur pour l'information. C'est aussi admettre que politique et apparences sont devenues les mamelles de la gouvernance. Et si on parlait du parti des socialistes ? Ce n'est pas chez eux que ce type de pratiques existerait. Rue de Solférino, tout le monde n'est attaché qu'au poids des mots : fra-ter-ni-té ! Pour les retouches sur les photos, c'était avant !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

puig 24/11/2008 13:29

Est il urgent de parler de Rachida Dati et de sa bague, alors que le PS se déchire et implose. Ce qui se passe aura des conséquences dramatiques pour l'avenir du peuple de gauche et de la crédibilité du plus grand parti qui se dit de gauche. Je sais que les manipulations des journaux sont monnaies courantes y compris et surtout à la télé. Rappelez vous ce que disait Coluche à ce sujet. Le rouleau compresseur de la Sarkozie ne rencontre pas suffisament d'opposition audible et il détruit tout sur son passage notamment nos consciences politiques. La confusion de la pensée vérole notre discernement. Il faut retrouver le sens et fédérer nos forces à gauche et sans compromissions! y at'il encore un espoir?

Jean Louis Vigneau 24/11/2008 09:50

Ce qui me navre, c'est que l'on attendait de l'arrivée (tardive, timide mais bien réelle) des femmes en politique, un changement.  La fin des méthodes de cour de récréation, la fin du culte de la personne avec lesquels ces machos ineptes et infantiles, les hommes, avaient pollué et avili la Politique.
Que nenni, mon brave Monsieur, elles sont pires que nous. Plus vaniteuses, plus "perso", plus teigneuses.
Reviens, Tonton, tout est pardonné !!!!

youkaidi 24/11/2008 09:38

A ce niveau là (supprimer la bague de Mme Dati ) ce n'est plus de l'autocensure mais de la manipulation d'information !!!
Après les mêmes journaux vont venir se plaindre du désintérêt des lecteurs pour la presse écrite, du manque de confiance des lecteurs ...