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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 08:40

J'ai déjà eu l'occasion d'écrire dans l'une de ces chroniques combien le gouvernement utiliserait la notion de « crise mondiale » pour effacer sa responsabilité dans la situation économique et sociale du pays. Jamais une dépression financière de grande ampleur n'a été aussi bienvenue pour créer une diversion sur les échecs successifs de nombreuses réformes, ou supposées réformes, purement « idéologiques » menées par le sarkozysme. C'est une véritable bénédiction politique que celle de pouvoir transférer ses erreurs, ou tout au moins les masquer, par un événement que l'on peut abondamment présenter comme indépendant de la volonté de celles et ceux qui ont antérieurement accumulé les effets d'annonce, ressemblant à des avantages calculés pour les uns au détriment des autres.
La télévision déverse des tonnes d'arguments planétaires et généralistes, mais rares sont les émissions de télévision qui démontent les « agitations » gouvernementales en effectuant un simple rapport « communication institutionnelle- efficience constatée », une sorte de couple « qualité-prix » en somme !
En trois mois, près de 100 000 chômeurs supplémentaires ont par exemple été enregistrés dans la catégorie de référence, déjà très discutée de l'ANPE (disponibles pour un emploi à temps plein et à durée indéterminée). Et l'avenir s'annonce angoissant pour ne pas dire désespérant. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit que le taux de chômage de la France passera à 8,2 % en 2009 et 8,7 % en 2010, contre 7,2 %, au deuxième trimestre 2008. L'Insee fera connaître le taux du 3e trimestre le 4 décembre, et il sera, c'est une certitude, catastrophique, prouvant que toutes les mesures n'ont rien résolu : la libéralisation outrancière mise en place depuis 6 ans n'a eu aucun impact positif sur la vie réelle du pays. Elle a simplement gonflé les profits d'une infime minorité, et plongé dans le désespoir des millions de personnes constatant encore que la solidarité n'est plus une valeur républicaine, puisque le « chacun pour soi » a envahi toutes les couches de la société !


UN CHEMIN DEJA EMPRUNTE ANTERIEUREMENT
En octobre, la crise financière n'a fait qu'amplifier le ralentissement antérieur de l'économie, déjà perceptible avant l'été... mais on oublie partout (et surtout à la télévision) d'expliquer que la France était sur le chemin de la récession, de l'aggravation du chômage, de la carence du pouvoir d'achat, puisque, avec les cadeaux faits dès le début du mandat présidentiel aux plus nantis, on l'avait privée de tout espoir de plan relance. Maintenant on va le faire au pire moment, en oubliant que les réformes antérieures ont tué tous les espoirs réels de réussite de n'importe quel plan, puisque son financement obèrera encore plus les finances d'un état qui vit à crédit depuis plus d'une décennie.
Qui osera demander au Président de la République quel pourcentage des remises d'impôts ou des exonérations accordées ont été réinvestis en France pour l'emploi ? Tout le monde se contente des apparences : suppression de postes dans la fonction publique ? Un bienfait pour les finances publiques, illusoire car ce sont des salaires garantis en moins pour la consommation, la construction, l'économie en général, c'est plus de chômeurs dans deux ans puisque le recrutement est réduit, c'est moins de cotisants sûrs pour les retraites, la sécurité sociale... Chaque emplois supprimé c'est un « bénéfice » virtuel et médiatique, mais en réalité c'est un handicap réel pour la collectivité ! Que vont devenir les milliers d'étudiants privés du débouché de la fonction publique : le RSA les attend, et nul n'ose le dire, au prétexte qu'il faut faire des économies au profit du « privé » pouvant réinvestir, alors que les marges servies aux actionnaires vont tout simplement augmenter les placements externes.


DES PANS ENTIERS VONT S'EFFONDRER
Toutes les catégories de chômeurs ont grossi et grossiront l'an prochain à la même date, portant le chiffre total à 2 004 500. Les jeunes, une priorité du gouvernement, sont les plus touchés (+ 4,3 %) et parmi eux, les hommes de moins de 25 ans (+ 6 %). Ce sont des faits et pas des annonces... Tandis que les fins de mission d'intérim augmentent (49 248, soit + 8 % par rapport à septembre et + 25 % par rapport à août), les " reprises d'emploi déclarées " diminuent fortement : 89 613, soit - 20 % par rapport au mois précédent. Un trou terrible qui va s'accentuer après les fêtes.
Rendez-vous en mai 2009 pour simplement vérifier combien, par exemple, l'exonération des heures supplémentaires a détruit de créations potentielles d'emplois. Le BTP va vite sombrer et, après l'automobile, conduire le pays à une paupérisation accentuée ! Et tous les plans de relance n'y feront rien, compte tenu du fait qu'il faudra des mois et des mois avant qu'un effet réel se produise sur une chaine de montage ou sur les marchés publics. En s'attaquant aux collectivités pour des raisons bassement politiques, le gouvernement va faire s'écrouler encore plus les investissements.
Quelle commune va en 2009 se lancer dans des travaux alors que son avenir même est menacé ? Quel Conseil général va oser augmenter sa fiscalité pour compenser l'effondrement des ressources conjoncturelles, comme les droits de mutation (-20 % en 2008. Combien en 2009 ?) et continuer à construire des collèges ou des routes ?
"Les fins de CDD et d'intérim sont les responsables actuels de la montée du chômage, les plans sociaux, en cours de négociation, n'auront d'impact que dans plusieurs semaines voire plusieurs mois", explique Christian Charpy, le directeur général du Pôle emploi, qui prendra la place de l'ANPE au 1er janvier 2009. Selon lui, toutefois, " on n'assiste pas à un effondrement de l'emploi ". L'ANPE a encore enregistré 291 000 offres d'emploi (soit 15 000 de moins par rapport à septembre et 30 000 par rapport à août). " On devrait atteindre l'objectif fixé pour 2008 de 3,5 millions d'offres " assure-t-il, sans tromper personne sur ces affirmations, qui ne relèvent que de statistiques théoriques. On le retrouvera début 2009, pour les mêmes prévisions, aussi valables que celles de la croissance du déficit budgétaire de l'Etat...


SOLUTIONS FACTUELLES
Le recours facile, rapide, au chômage partiel ou chômage technique : il propose de relever de 600 à 800 heures, voire 1 000, le nombre d'heures autorisées annuellement par salarié, de porter le plancher de l'indemnisation au niveau du smic actuel, et d'augmenter le taux de prise en charge, actuellement de 50 %. La présidente du Medef, Laurence Parisot, a indiqué qu'elle n'était "pas hostile" à l'ouverture de négociations, à condition que l'Etat précise ce qu'il est prêt à mettre dans le dispositif, et comme on sait que l'Etat n'a plus aucune marge de manœuvre dans aucun domaine, il faut s'attendre à un énième effet d'annonce non suivi d'effets !
L'entreprise verse au minimum 50 % du salaire brut au salarié - dans la chimie le taux est de 80 %, chez Renault de 60 % -, avec un plancher de 4,42 euros par heure, et se fait rembourser 2,13 euros par l'Etat pour les entreprises de plus de 250 salariés (2,44 euros pour les moins de 250). Au-delà de quatre semaines de chômage partiel, le salarié est pris en charge par les Assedic, tout en restant sous contrat avec son entreprise. Ce délai devrait passer de quatre à six semaines... et on devrait même en libéraliser l'usage. C'est là qu'on ferait bien de revenir sur la suppression des 35 heures et sur les heures supplémentaires. Qui prétendait que ces mesures n'auraient aucun effet sur l'emploi pérenne ? La possibilité de moduler les RTT ou de répartir la masse de travail à la fois dans le temps et sur le nombre de salariés apparait, avec le recul, comme une solution qui a été condamnée alors qu'elle était un recours possible à une situation exceptionnelle.
L'extension du contrat de transition professionnelle est prévue. Il sera désormais expérimenté dans 25 bassins d'emploi au lieu de 8. Le CTP permet à un licencié économique, dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, de percevoir 80 % du salaire brut durant douze mois avec des mesures intensives d'accompagnement (formation, stages...). Il arrive après le désastre, et ne permettra que de baisser les statistiques du chômage, mais on aura oublié de préciser que, pour changer d'emploi, il faut qu'il y ait des embauches dans le secteur concerné. On va encore donner des espoirs à des milliers de personnes, en les promenant de stage et stage, et en leur faisant miroiter des opportunités purement théoriques. Relancer l'activité, c'est d'abord et surtout relancer la consommation dans certains secteurs profitables à l'emploi, supprimer les exonérations sociales non accompagnées d'engagements précis en matière de maintien des emplois, revenir à la notion de partage du travail disponible, permettre aux collectivités locales, en n'amputant pas leurs ressources imparfaites actuelles, d'investir pour l'aménagement du territoire et sur les nouveaux domaines de compétence, avoir le courage de revenir sur le paquet fiscal. Autant écrire "manger son chapeau idéologique" et donner raison à celles et ceux qui ne croient pas dans des réformes aussi dispersées qu'inefficaces.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

PIETRI annie 29/11/2008 21:48

Oui, tu l'avais prévu, tout ce qui arrive, c'est la faute à la crise mondiale, pas la faute à des erreurs de jugement, pas à des erreurs d'appréciation , et surtout pas à des hommes ( ou des femmes)politiques français qui n'ont rien vu venir. Que ne nous a-t-on répété que la France serait épargnée, que l'Economie française était un modèle de solidité, en comparaison de ses voisines européennes et mondiales, que nous étions à l'abri, et qu'il ne pouvait rien nous arriver. Et puis, voilà, tout s'est accéléré, la crise financière n'a pas épargné la France, et maintenant, nous sommes en plein dans la crise économique! Le chômage, les fermetures d'usine, la hausse des prix, bref, tous les ingrédients qui révèlent une crise profonde. Mais on ne peut pas se déjuger, on ne peut pas admettre que l'on s'est trompé. Nos gouvernants persistent et signent. Pas question de supprimer le bouclier fiscal dont ne profitent que les plus riches, et qui coûte des fortunes au Trésor Public, pas question d'encourager les collectivités locales à entreprendre des grands travaux qui pourraient peut-être stimuler l'économie,en fournissant du travail, et des salaires, aux plus démunis, pas question de redonner du travail à ceux qui ont perdu leur emploi, pas question d'envisager la moindre entorse à ces théories ultra libérales dont se repaissent les membres de ce gouvernement, en rang serré autour de leur chef. Non, on ne peut pas croire dans toutes ces réformes (réformettes?)aussi désordonnées qu'inefficaces. Mais, à droite, on a sa fierté...et ce ne sont pas quelques sages aux idées gauchisantes qui les convaincront de manger leur chapeau! Jusqu'à ce que....