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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 07:17

L'avantage des voyages en TGV, c'est que je suis forcé à prendre au moins quelques heures pour sortir du rythme effréné du quotidien alors que l'on cherche paradoxalement avec ce moyen de transport à aller au plus vite d'un point à un autre. C'est pour un Bordeaux-Paris, 3 heures de lecture devant moi. Un luxe que je ne peux m'offrir qu'une dizaine de jours de vacances par an. En rentrant de l'assemblée générale de l'Association des Maires de France, j'avais raflé tous les titres quotidiens disponibles ce qui me permet de pratiquer mon sport favori : comparer le traitement de quasiment la même actualité par des journalistes différents. Impossible de ne pas constater qu'il existe de fantastiques décalages entre les renoncements, les ablations sélectives, les témoignages avantageux, les disparitions pures et simples, les outrances partisanes... De ce voyage, je n'ai retenu qu'une seule phrase contenue dans un papier de Libération traitant de l'emprisonnement des terroristes présumés qui s'en étaient pris aux caténaires de la SNCF. Elle émanait du père du chef présumé de ce groupe, qui s'était baptisé "cellule invisible", selon le procureur de Paris. Son fils, Julien Coupat, a été mis en examen par le juge d'instruction antiterroriste, pour avoir dirigé une structure à vocation terroriste et écroué. Cette incrimination criminelle est passible de vingt ans de réclusion.

Quatre autres personnes - celles aperçues à proximité des lignes sabotées - sont considérées par le parquet comme formant le "noyau dur" de ce groupuscule, et ont été également incarcérées. Le juge a cependant opéré un distinguo en poursuivant ces quatre personnes pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » mais deux d'entre elles - Yldun L. et Gabrielle H.- sous le chef de « destructions en réunion », selon la source judiciaire qui n'en a pas précisé les raisons. La mise en examen signifie que le juge estime, selon la loi, disposer « d'éléments graves et concordants » à leur encontre. Du coup, ils ont été incarcérés et Gérard Coupat, le père de Julien Coupat, chef présumé du groupe soupçonné d'avoir provoqué des dégradations sur des lignes TGV, a dénoncé mardi "une exagération" et a réfuté la responsabilité de son fils. Ce dernier a été mis en examen pour direction d'une structure à vocation terroriste.
Les enquêteurs estiment que Julien Coupat et ses amis appartiendraient à l'ultra-gauche. Ils sont accusés de cinq actes de malveillance, commis entre le 26 octobre et le 8 novembre. Des fers à béton en forme de crochets ont été posés sur des caténaires en Moselle, dans l'Oise, l'Yonne, la Seine-et-Marne, entraînant des retards dans la circulation de plusieurs dizaines de trains.


GLISSEMENT DANGEREUX
« Il y a une exagération de tout ce qui a été dit et de tout ce qui a été fait, a déclaré Gérard Coupat. On est en train de mettre en prison des gens pour délit d'opinion », a-t-il estimé, rejetant les accusations de terrorisme qui pèsent sur les neuf personnes interpellées le 11 novembre. « C'est au minimum être citoyen que de manifester et (...) quelquefois d'être vraiment coléreux », a jugé ce médecin à la retraite et ancien cadre de l'industrie pharmaceutique. Il se laisse aller, comme un dangereux révolutionnaire, à parler de « dictature douce » et il évoque un effacement des principes républicains...
Il se sert de l'exemple de l'incarcération de son fils pour justifier cette mutation, mais il aurait pu, depuis quelques semaines, recenser des exemples qui confirment ce glissement dangereux.

En fait, c'est parce qu'on ne les explicite pas, et surtout qu'on ne les met pas en synergie, que l'on est endormi par des comportements de plus en plus inquiétants. Jamais d'attaques frontales mais des piqures répétés qui provoquent une mutation génétique de la démocratie. La technique est identique dans tous les domaines : la fragmentation pour permettre une destruction progressive, non globalisable par l'opinion publique.
Surtout, éviter que l'on mette en relation des événements épars, et plus encore que l'on puisse croire que Napoléon pointe sous Bonaparte. Les révoltes étant parcellisées, elles n'ont aucun impact sur la population, engourdie par le froid glacial de son angoisse concernant son avenir individuel. Ce contexte n'a jamais été aussi propice pour des tentations autoritaires, ou mettant sous le boisseau les contestations les plus dangereuses. Quand on constate les effets dévastateurs du carnage de Bombay, personne n'osera élever la voix pour défendre des personnes idéalistes, écœurées par un système du profit écrasant les individus.


UN TRAITEMENT TRES SPECIAL
Dans une lettre ouverte les parents des 9 dangereux terroristes évoquent pourtant l'inquiétude que devraient partager des millions de personnes dans notre pays. « (...) Certains médias se sont empressés d'accréditer la thèse, affirmée par la ministre de l'intérieur dans sa conférence de presse, alors que les perquisitions étaient en cours : les personnes arrêtées étaient d'emblée condamnées. Personne n'aura pu rater l'épisode de "police-réalité" que nous avons tous subi la semaine passée. L'angoisse, la peur, les pleurs nous ont submergé et continuent à le faire. Mais ce qui nous a le plus blessé, le plus anéanti, ce sont les marées de mensonges déversées. Aujourd'hui ce sont nos enfants, demain ce pourrait être les vôtres. Abasourdis, nous le sommes encore, paralysés nous ne le sommes plus. Les quelques évidences qui suivent tentent de rétablir la vérité et de faire taire la vindicte.
Les interpellés ont à l'évidence bénéficié d'un traitement spécial, enfermés pendant 96 heures, cela devait faire d'eux des personnes hors normes. La police les suspecte d'être trop organisés, de vouloir localement subvenir à leurs besoins élémentaires, d'avoir dans un village, repris une épicerie qui fermait, d'avoir cultivé des terres abandonnées, d'avoir organisé le ravitaillement en nourriture des personnes agées des alentours. Nos enfants ont été qualifiés de radicaux. Radical, dans le dictionnaire, signifie prendre le problème à la racine. A Tarnac, ils plantaient des carottes, sans chef ni leader. Ils pensent que la vie, l'intelligence et les décisions sont plus joyeuses lorsqu'elles sont collectives.
Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la simple lecture du livre "L'insurrection qui vient" du Comité Invisible fait d'une personne un terroriste, à force d'en parler, elle risque de bientôt avoir à en dénombrer des milliers sur son territoire. Ce livre, pour qui prend le temps de le lire, n'est pas un "bréviaire terroriste", mais un essai politique qui tente d'ouvrir de nouvelles perspectives.
Aujourd'hui, des financiers responsables de la plus grosse crise économique mondiale de ces 80 dernières années gardent leur liberté de mouvement, ne manquant pas de plonger dans la misère des millions de personnes, alors que nos enfants, eux, uniquement soupçonnés d'avoir débranché quelques trains, sont enfermés et encourent jusqu' à 20 ans de prison (...) ».

Cet extrait pourrait faire réfléchir bien des citoyens osant avoir un esprit critique sur la société, et d'ailleurs, le Président lui-même affirme la réalité de ces craintes, puisqu'en s'exprimant devant les Maires de France, il ose affirmer que ceux d'entre eux qui feraient de la résistance politique à l'égard de ses décisions seront poursuivis devant les tribunaux. En revanche ceux qui, moins « dangereux » car idéologiquement non contestataires, seront... exonérés de peine ! Le « délit d'opinion défavorable » entre dans le paysage démocratique. Nicolas Sarkozy a assuré en effet  faire "la différence" entre le maire qui "dit de bonne foi qu'il n'y arrive pas et celui pour qui c'est un acte militant de contestation de la loi. On ne peut pas traiter ces deux catégories d'élus de la même façon"  Les citoyens non plus !


ON MONTE D'UN CRAN
L'interpellation musclée de l'ex-directeur de la publication de Libération, Vittorio de Filippis, contre qui avait été délivré un mandat d'amener dans une banale affaire de diffamation, vient compléter le constat : une "première" qui suscitait l'indignation hier.
« Nous vivons dans un pays où l'on parle d'incarcérer les mineurs délinquants de 12 ans, on voit comment est traitée l'ultra-gauche sur l'affaire de la SNCF... On porte atteinte à la liberté de la presse, aux libertés publiques, au débat démocratique », a clamé celui qui est maintenant directeur du développement du journal. Vittorio de Filippis a en effet été interpellé à son domicile, vendredi vers 6h 30, par des policiers qui l'ont conduit au commissariat du Raincy, la commune où il réside. Il a été mis en examen par la juge Muriel Josié pour « diffamation publique » envers Xavier Niel, fondateur du fournisseur d'accès internet Free. Celui-ci avait déposé plainte après la parution en 2006, sur le site internet du quotidien, d'un commentaire d'un internaute, à la suite d'un article du journaliste Renaud Lecadre faisant état de ses démêlés judiciaires. Sur le site du journal, M. de Filippis affirme avoir été arrêté sans ménagement, et insulté, devant l'un de ses deux fils, âgés de 10 et 14 ans, restés seuls alors qu'il était emmené. Interrogé au commissariat, il sera acheminé menotté au dépôt du TGI où il sera enfermé et déshabillé à... deux reprises avant d'être conduit devant la juge, selon ses dires. Il sera relâché vers 11h 30.
On précisait au ministère de l'Intérieur que « dans une affaire comme celle-là, la police est à la disposition du juge d'instruction », qui « décide des modalités de l'interpellation, de l'heure... » et donc un tel traitement, pour un délit qui n'est pas passible de prison, était supposé légal et... normal ! Depuis les Etats-Unis dans un grand élan de rigueur, le 23 septembre dernier, le Président de ce qui reste de République avait déclaré : « Nous devons nous interroger sur nos responsabilités. Aujourd'hui, des millions de gens à travers le monde ont peur pour leurs économies, pour leur appartement, pour l'épargne qu'ils ont mise dans les banques. Notre devoir est de leur apporter des réponses claires. Qui est responsable du désastre ? Que ceux qui sont responsables soient sanctionnés, et rendent des comptes, et que nous, les chefs d'Etat, assumions nos responsabilités » sans toutefois identifier les « responsables »... Nul doute : des policiers et des juges cherchent ces dangereux « terroristes de l'ultra droite libérale ». Ils vont voir débarquer très vite  chez eux, au petit matin, des policiers mandatés par un juge républicain. Enfin vous pouvez encore y croire... comme au reste!
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

Obs 07/12/2008 23:49

Revue de pressehttp://ctx-n-flrs.zikforum.com/ici-on-discute-de-tout-et-de-rien-f2/cellule-invisible-revue-de-presse-t5437.htm

Jean 30/11/2008 09:59











M. De Filippis évoque aujourd'hui la façon dont

"est traitée l'ultra-gauche sur l'affaire de la SNCF".
Quand cette affaire est sortie, LIbération n'a pourtant pas été le dernier à aboyer avec la meute, avec ce titre qui occupait toute sa une : "L'ultra gauche déraille".











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