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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 07:17

Il existe un incroyable décalage entre les analyses que font les "monsieur je-sais-tout" des plateaux télévisés et la réalité sociale. Ils tentent de construire une opinion dominante conforme à leurs choix politiques, que certains ne dissimulent plus, mais ils ne connaissent pas la réalité. Ils interprètent des rôles de donneurs de leçons, sans jamais douter de la légitimité de leur texte. Depuis des mois, si ce n'est des années, ils se vantent par exemple de connaître le Parti socialiste et de lui prédire un avenir désastreux. Il est vrai qu'à force de déjeuner dans les meilleurs restaurants parisiens, de fréquenter les brasseries proches de l'Assemblée nationale, de croire dans les mises en scène des divas de la politique, de confondre courtisans et citoyens, de penser que la modernité passe par le renoncement aux convictions, ils intoxiquent les esprits. En fait, ils oublient tous que le seul juge de l'action politique c'est le suffrage universel, et d'ailleurs ils enragent quand le résultat n'est pas conforme à leurs espoirs. On l'a constaté sur le référendum lié au traité européen. On vient de le revoir avec le résultat du vote interne du PS. On le constate avec le renoncement qui met en évidence leur courage, quand il s'agit de s'attaquer aux pratiques policières à l'égard de leurs confrères.
Ces adeptes des « ménages » comme on dit dans le jargon du milieu (leurs commentaires, éditoriaux, apparitions télévisées... sont des ressources annexes tarifées) ou des « piges » de notoriété (ils s'auto-promeuvent entre eux !) passent pour des Pythie en phase avec le Peuple. Un Jean-Michel Apathie, un Laurent Joffrin, un Jean-François Khan, un Frantz-Olivier Gisbert, un Christian Barbier, ... et bien d'autres, se présentent en tenue de Saint Michel de l'opinion publique pourfendant le démon de la politique. Souvent d'ailleurs, au PS, ils endossent la tenue de chasseurs d'éléphants. Surtout quand ces derniers refusent de suivre leurs injonctions de gagner le cimetière, et qu'ils leur résistent. Ils sont devenus des bêtes de scène, avec forcément leurs passages à l'Olympia dans un récital bien rôdé et quelques faire-valoir en première partie ! Ils peuvent s'en tirer dans tous les répertoires, passant de « l'air de la calomnie » à « poussez ! poussez l'escarpolette ! » en passant par la chansonnette de rues ou le hard-rock dévastateur. Ils s'adaptent au contexte et ont l'avantage d'avoir un avis sur tout, faute d'avoir des solutions à tout. Le seul problème, c'est que pour certains d'entre eux, le nombre de leurs lecteurs est inversement proportionnel à l'influence qu'ils prétendent avoir ! Ils vont donc, après avoir échoué, dans un autre lieu sans aucun état d'âme. Ils exploitent le filon de la politique pour en faire, sans prendre le risque de l'exposition au jugement populaire !
Par exemple, ils se sont repus d'analyses sur le Congrès des Socialistes en rapprochant quasiment tous la situation actuelle de celle de feu la SFIO... et prédisant la même fin à ce parti incapable de se rénover. Constitué, selon ces exégètes, de pratiques qu'ils ne connaissent pas, le PS serait devenu un parti de notables, déconnecté des préoccupations des électrices et des électeurs. Mieux, ses luttes intestines porteraient une atteinte irrémédiable à son image dans la population. Or, leurs affirmations ne reposent que sur une vue extrêmement partiale de la vie du seul parti  d'opposition crédible, et elles ne reposent que sur un Parisianisme exaspérant.


LA COMBINE DES COPAINS
Hier, la circonscription d'une partie du Sud Gironde et surtout du Bassin d'Arcachon votait, à la suite d'une entourloupe UMP. Incapables de régler leur dissensions internes, les caciques locaux, qu'Alain Juppé n'a jamais pu ramener à la raison, ont multiplié les querelles, les critiques, les rivalités, les assassinats, les trahisons, sans soulever de commentaires aussi sévères que ceux qui furent portés sur le PS local ou national. Les échecs s'accumulent. Défaite d'Alain Juppé aux législatives, nouvelle raclée aux cantonales (49 sièges sur 63 sont désormais à gauche), échec retentissant aux sénatoriales avec une liste dissidente... et un département comptant désormais 13 parlementaires socialistes et un vert sur 18 possibles ! Jamais l'UMP n'a été aussi faible, aussi divisée, aussi peu suivie en nombre d'habitants, mais jamais elle n'a autant été respectée. La tromperie constituée par la candidature d'une députée, élue il y a un peu plus d'un an, qui a préféré le confort du Sénat, a conduit à une combine élyséenne que, bien évidemment, tout le monde démentira, et sur laquelle les « je-sais-tout » parisiens ne se prononceront pas : ce n'est pas de leur niveau.
En fait, Nicolas Sarkozy avait soigneusement monté le scénario lors de ses vacances de Ministre de l'Intérieur sur les rives du bassin d'Arcachon. Marie-Thérèse des Esgaulx serait, malgré les mises en garde d'Alain Juppé transmises directement au « château », placée en rang éligible aux sénatoriales, au titre de la parité, et laisserait ainsi sa place au palais Bourbon à Yves Foulon, maire de la ville la plus âgée de Gironde (Arcachon). Une affaire bien ficelée, qui récompensait l'organisateur des expéditions médiatiques à vélo, sur quelques kilomètres, dans le secteur « chicos » du Pilat ! On a été gavé de photos des séjours de celui qui préparait la campagne des présidentielles, et je me souviens avoir signalé ces outrances people dans le grand quotidien régional d'information... ce qui m'avait valu une belle engueulade avec l'un de ses dirigeants, qui n'avait pas apprécié le ton d'un blog, qu'il faudrait relire.

Cette semaine, face à un candidat du PS au travail depuis des mois et des mois sur le terrain, auprès des électrices et des électeurs, le principal collaborateur de Nicolas Sarkozy, avec l'argent de la République, et apparemment peu stressé par la situation du pays, est descendu de Paris pour mettre en évidence le soutien du gouvernement à Yves Foulon. François Fillon, après le désaveu du SMA encaissé à l'assemblée générale de l'association des Maires de France (quelle claque !), aura encore une fois le sentiment d'être véritablement un domestique.


UN PEU DE DECENCE, FILLON
François Fillon, ironisant sur les difficultés du Parti socialiste, a demandé samedi au principal parti de l'opposition de respecter un « délai de décence » avant de critiquer à nouveau son gouvernement. " Je leur demande un peu de décence, restez silencieux, aidez-nous à redresser notre pays et attendez, le moment venu, ce délai de décence pour pouvoir de nouveau donner des conseils à la France entière », a déclaré le Premier ministre lors d'une réunion des nouveaux adhérents de l'UMP, salle Gaveau dans le VIIIe arrondissement de Paris, alors qu'il avait tenu le même discours, dans une enceinte privée, vendredi matin en Gironde, en se déplaçant aux frais de la République pour participer à la campagne du « copain » de son ennemi de l'Elysée. Il s'est moqué des discussions en cours au PS pour former la nouvelle direction du parti: « si le Parti socialiste était aujourd'hui aux commandes, quelle décision prendraient-ils? Est-ce qu'il faudrait, avant de décider d'un plan de relance de l'économie, six mois de débat entre les courants A, B et C du Parti socialiste pour décider si la relance doit être de la consommation ou de l'investissement? »

C''est vrai que ce n'est pas à l'UMP que l'on verrait le Président de la République venir publiquement, devant les Maires, dire le contraire de son premier ministre et désavouer son ministre de l'éducation nationale. Qui doit-on croire sur le Service Minimum ? Qui doit-on croire sur le logement obligatoire des SDF ? Boutin ? Fillon ? Sarkozy ? A l'UMP, il n'y a pas de courants, mais seulement des divergences d'appréciation. Devedjian n'est pas viré : il a terminé sa mission !


OUVERTURE A GAUCHE
Le Premier ministre a déploré l'opposition du PS aux mesures prises par le gouvernement contre la crise économique et financière. « On leur propose un plan de sauvetage des banques qui a été décidé en même temps par tous les pays européens, ils n'en veulent pas. Ils ne veulent pas participer au vote, pourquoi? Parce que c'est Nicolas Sarkozy qui le leur propose. C'est leur seule ligne politique, c'est la seule chose qui les rassemble », a raillé M. Fillon. Il a demandé aux militants UMP « d'être aussi ouverts que le Parti socialiste est fermé ».
Les électrices et les électeurs de Gironde lui ont répondu, et ils ont fait un large rassemblement anti-sarkozyste. Sa visite restera donc dans les annales, puisque hier, nonobstant les commentaires désastreux sur le PS, nonobstant les prédictions de désintérêt pour la Gauche, le socialiste François Deluga a été largement élu comme Député, réalisant un score indiscutable ! Il est certain que ces faits seront commentés ce matin sur RTL, Europe n° 1, RMC, dans l'Express, dans le Point ou dans Libé...et annoncés au journal télévisé de TF1.
La semaine prochaine, une autre législative partielle aura lieu à Reims. Il est certain qu'après le résultat de la Gironde, on en parlera davantage. Les électrices et les électeurs n'apprécient pas qu'on les prenne pour des idiots. Ils écoutent les diatribes médiatiques et... ils votent, après avoir acheté de moins en moins de journaux, écouté de moins en moins les radios (Elkabach en sait quelque chose) et regardé de moins en moins les télés sarkozystes (Ferrari le constate). Trop c'est trop ! L'occasion de parler autrement de Reims sera fournie aux « je-sais-tout », avec cette nouvelle confrontation entre les réformes sarkozystes et le suffrage universel, mais d'ici là, ils auront multiplié les commentaires sur la composition du secrétariat national du PS. Ils en auront disséqué les membres pour démontrer que les socialistes n'ont plus la... confiance des électrices et des électeurs. Le tour des « je sais-tout » finira bien par venir, tellement ils sont en décalage avec l'opinion qu'ils croient mordicus être dominante.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

marc d Here 02/12/2008 23:37

Ce dimanche, il y avait aussi le Congrès fondateur de La Gauche Moderne...




MESSAGE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
AU CONGRES FONDATEUR DE LA GAUCHE MODERNE
29-30 NOVEMBRE 2008
SURESNES
Chers Amis,
 
C’est avec grande joie que je m’associe à la fondation de votre parti et que je salue tout particulièrement Jean-Marie Bockel qui l’a voulu avec force et ténacité.
 
Vous le savez, la France, l’Europe et le monde traversent une crise financière et économique sans précédent, historique dans les bouleversements qu’elle génère. Le rassemblement de toutes les énergies de notre pays est donc plus que jamais nécessaire.
 
Au moment de créer votre parti, vous vous placez dans une continuité, dans une tradition de gauche qui ne sont pas les miennes. Mais je respecte votre identité. Lorsque j’ai été élu Président de la République, j’ai souhaité l’ouverture. Je veux continuer dans cette voie. Et même aller plus loin aujourd’hui.
 
Pour répondre à la crise, les Français ne veulent pas qu’on arrête le mouvement des réformes que nous avons engagé. Ils refusent l’immobilisme. Ils veulent le changement. Pour cela, il nous faut être rassemblés. J’ai dialogué avec les responsables de la gauche européenne. J’ai trouvé auprès d’eux la même volonté de transformer la société que je trouve aujourd’hui auprès de vous.
 
Ce que vous appelez « la réforme juste » c’est le besoin de modernisation et d’équité que ressentent les Français. Je le ressens comme vous. Je sais que je peux compter sur vous. Vous savez que vous trouverez dans la majorité, écoute et respect.
 
Je souhaite que la gauche moderne rassemble tous ces Français de gauche -éloignés et las des querelles subalternes et dépassées- qui veulent refonder la politique et construire la France du 21ème siècle.
 
Je vous remercie. Nicolas Sarkozy




youkaidi 01/12/2008 23:21

La décence M Fillon lorsque l'on est premier ministre de la cinquième puissance économique mondiale c'est après avoir donné quelques milliards aux banques d'au moins essayer de s'occuper des SDF.
Avec un milliard d'euros combien peut on construire de structures d'accueil dignes de ce nom ???

PIETRI aNNIE 01/12/2008 23:15

Il ne pouvait pas être apporté une plus belle réponse aux "je-sais-tout de la communication...et de la politique sarkozienne, que celle donnée hier soir par les électeurs du Sud Gironde qui ont élu François Deluga député, de la plus éclatante manière qui soit, face au grand ami de Sarkozy à qui était destinée cette circonscription. Bravo à François Deluga, et à tous ceux qui l'ont aidé durant cette campagne - je pense tout particulièrement à Marie Christine, dont je sais à quel point elle s'est impliquée durant ces dernières semaines. Bravo à toi aussi, Jean-Marie, qui avais prononcé un discours remarquable au cours d'un meeting de soutien. Tous ces efforts n'auront donc pas été inutiles, et les électeurs ont rendu justice à un candidat de terrain, proche de la population, comme nous les aimons au Parti Socialiste. Au surplus, cette victoire démontre à tous ces commentateurs prompts à moquer le congrès de Reims, et à dénigrer les socialistes, soi-disant sur le déclin, incapables de s'entendre, et notre Parti qui, à leurs yeux, était près de voler en éclats. Les électeurs d'Arcachon et de la 8ème circonscription de la Gironde ont démontré que c'est eux qui, en définitive, ont le dernier mot, quoi qu'on essaie de leur faire croire. Cette victoire constitue donc aussi un message d'espoir pour tous les hommes de gauche qui croient encore en la démocratie. Et c'est là, me semble-t-il, qu'est la plus belle victoire du scrutin d'hier.