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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 07:17

Il n'y a pas beaucoup de gens courageux dans le gouvernement. Etre simplement dans cette catégorie, c'est être capable d'assumer une décision jusqu'au bout. De deux choses l'une : ou elle est justifiée et défendue bec et ongles, ou elle est purement politique, et elle n'a aucun intérêt autre que celui de son effet d'annonce ! Le reste relève de la conscience individuelle, et surtout de son détachement au regard de la rentabilité ministérielle. Jamais, dans l'histoire récente de la République, on n'a vu autant d'adeptes de la Bérézina politique, c'est-à-dire du principe de la retraite sous les coups de boutoir de l'ennemi. En l'occurrence, leur principal ennemi, c'est celui qu'ils vénèrent et qui ne cesse de les harceler,  les forçant à revenir sur des faits qu'ils présentaient comme exemplaires. Mieux, leur mentor a inventé l'auto-destruction, par aveu public de sa faute, de sa très grande faute ! Le mea-culpa est désormais le credo idéologique d'un gouvernement qui passera tout juste les fêtes. Plus un seul ministre qui n'ait pas mangé son chapeau en public. Même celles et ceux qui se tapissent dans l'ombre ont été parfois repérés et dénoncés au bon peuple, pour la gloire du Saint Patron pratiquant le « je vous ai compris » !
Le premier des Ministres du culte sarkozyste a maintes fois essuyé les rebuffades de celui avec qui il est sensé collaborer. Mieux, il déteste copieusement celui qu'il est chargé de servir et de valoriser. Rien, décidément, ne va plus entre les deux hommes. Nicolas Sarkozy choisit de taper du poing sur la table. Il ne comprend pas que son Premier Ministre en ait plein le dos d'être à Matignon, et il interprète son absence de bonheur comme un manque de sens politique et de volonté de combattre. « Fillon le désespère » aurait même expliqué un proche de l'Elysée. Depuis les municipales, Nicolas Sarkozy a entrepris un pilonnage incessant de son Premier ministre.
Lors du remaniement du 18 mars, le président nommait au gouvernement quelques fidèles purs et durs - pas le moindre ami de François Fillon. Il recomposait l'équipe dirigeante de l'UMP selon la même logique, ne sollicitant pas l'avis de son Premier ministre, qui devra se plaindre, afin d'être informé des décisions. Incroyable que chez les socialistes on en arrive à débattre et à voter pour choisir un secrétaire général ; à l'UMP, c'est le chef qui décide. C'est plus simple, plus rapide et sûrement plus... démocratique !
A quelques interlocuteurs, le chef de l'Etat a indiqué, il y a déjà plusieurs mois, que le bail de François Fillon à Matignon prendra fin en 2009, après les européennes, de telle manière qu'il puisse assumer l'échec. Soigneusement, il met en avant de possibles successeurs. En propulsant Xavier Bertrand parmi les numéros 2 de l'UMP, il l'installe comme une carte de rechange crédible. « Prépare-toi », confie-t-il depuis plusieurs jours à son ami, le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, qui devrait selon des indiscrétions, être brillamment élu à la tête du parti présidentiel, après que Dvedjian ait été viré ! Désormais, Fillon et paillasson riment en permanence. Boutin déraille sur les SDF, c'est Fillon qui trinque. Le SMA de Darcos capote, on envoie Fillon en première ligne se faire dézinguer par les Maires. Fillon sait que l'on devient indispensable quand on sait assumer les erreurs des autres. Mais dans le fond, ce n'est pas le plus mal loti !

DARCOS CAPITULE

Favori pour son remplacement il y a encore quelques semaines, le spécialiste de l'espionnage médiatique privé, a hier soir commencé à déguster une belle couleuvre. Alors que le généralissime élyséen lui avait demandé d'exterminer les maires récalcitrants vis-à-vis du SMA, il l'a abandonné sous la mitraille ennemie. Xavier Darcos a préféré battre en retraite plutôt que d'essuyer des échecs judiciaires, préjudiciables à son image. Pour ne pas perdre, il a obligé les Préfets les plus zélés (et ils étaient nombreux) à faire une volte face peu glorieuse. Il a en effet annoncé, hier, l'arrêt des procédures engagées contre les maires de petites communes qui, en dépit de « leur volonté », n'ont pu mettre en place le droit d'accueil des élèves, faute de moyens. « L'Etat mettra fin aux actions contentieuses engagées à l'encontre des petites communes qui n'ont pas pu mettre en œuvre, compte tenu des contraintes qui leur sont propres, le service d'accueil le 20 novembre dernier, mais qui sont prêtes à faire tous leurs efforts pour appliquer la loi », a affirmé avec sérénité, et surtout toute honte bue, le ministre de l'Education nationale. Dommage qu'il ne l'ait pas dit lui-même devant les milliers de Maires, mercredi dernier porte de Versailles... Il découvre maintenant que son texte est déjà partiellement inapplicable, mais comme il est certain que des tribunaux honnêtes jugeront que c'est le cas dans de nombreuses communes quelle que soit leur taille, il va avoir du mal à sauver le reste.
Cette annonce est destinée à aménager la loi, qui a montré ses limites lors d'une grève très suivie dans le primaire le 20 novembre dernier. « En revanche, l'Etat maintiendra les actions contentieuses pour les communes qui ont manifesté explicitement leur intention de ne pas appliquer la loi républicaine », a prévenu Xavier Darcos, se calant sur la notion de « procès politique » de celui qui l'avait désavoué devant une assemblée des Maires, acquise à sa cause et qu'il fallait rassurer. Le Ministre de l'Education nationale illustre un principe pédagogique immuable : la répétition minutieuse des concepts des autres a encore une valeur pédagogique. Après un tel lâchage, bien d'autres Ministres auraient appliqué le principe chevènementiste : « Un ministre, ça ferme sa gueule, ou ça démissionne ». Jamais on n'avait vu autant de Ministres incapables de l'appliquer !

DATI EST EMUE
Hier, à l'assemblée nationale, la ministre de la Justice Rachida Dati, qui avait défendu lundi le parquet, a admis à son tour « comprendre les réactions et l'émoi ». Mais elle a aussi mis en garde: « Attention de ne pas porter atteinte à l'indépendance d'un magistrat », a-t-elle averti au milieu d'un brouhaha de claquements de pupitres et des cris « démission, démission » lancés par la gauche de l'hémicycle... Elle aussi à avalé son chapeau de haute couture ! Un bijou de revirement... qui donne une idée de la manière dont la France est gouvernée. Elle ressemble de plus en plus à ces bateaux fantômes, avec un équipage fantomatique, qui changent de direction au gré du vent ! Il est vrai qu'entre temps elle avait été, une fois encore, totalement désavouée par Nicolas Sarkozy. Machine arrière toute. Le chef de l'Etat a assuré, dans un communiqué, comprendre "l'émoi" suscité par le sort de M. de Filippis, interpellé à l'aube, humilié et menotté, pour une plainte en diffamation de Xavier Niel, fondateur du fournisseur d'accès Internet Free, en raison d'un commentaire d'un internaute ... « Comme vous, comme beaucoup de Français, j'ai été choqué par les conditions dans lesquelles M. de Filippis a été interpellé par la police à la demande d'un magistrat", a dit François Fillon lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale. "Je veux qu'à l'occasion de cette affaire, nous puissions ensemble en tirer toutes les conséquences pour améliorer le fonctionnement de notre justice", a-t-il souligné. Et hop, Dati vire sa cuti ! Elle avait en effet été beaucoup moins ouverte, dans ce contexte, sur les avances d'une expédition policière pour le moins disproportionnée. Elle avait  expliqué au Sénat que la procédure était « tout à fait régulière », car quand « un citoyen ne défère pas aux convocations, on lui envoie un mandat d'amener », mais elle n'était guère « émue ». Heureusement que Nicolas Sarkozy et François Fillon lui ont rappelé que les larmes de crocodile étaient de rigueur, avant qu'elle soit virée ou mutée au Ministère de la Famille alors qu'on l'annonce à la Culture ! Elle aura tout avalé, tout accepté, tout provoqué... mais s'en tirera avec les honneurs !

ON JETTE PAR-DESSUS BORD
Les virés pour l'exemple se doutent bien du sort qui les attend. Parmi ces « condamnés » pour manque de talent de prestidigitateur, on trouve un quatuor de pointe : Boutin, Dati, MAM et Lagarde. Elles seront renvoyées à leurs études ou rendues à leur mandats antérieurs. Christine Lagarde reste une énigme politique depuis sa nomination au poste de Ministre de l'Economie. Il y a quelque temps, elle se gargarisait de l'excellente tenue de la croissance française: +0,14% . Autant dire qu'elle se fout royalement (excusez moi !) du monde. Jeudi, 45 000 chômeurs supplémentaires sont venus grossir les statistiques d'octobre. Commentaire de la ministre: "il est inévitable que le chômage augmente". Merci de cet aveu qui condamne de fait sa propre politique, à moins que ce ne soit celle de Nicolas Sarkozy.
Christine Boutin s'étale sur les sans-abris qui meurent de froid : mercredi dernier, il faut les placer d'office en hébergement d'urgence ! Que nenni, répond Fillon le lendemain. Offrez-leur au moins un repas chaud, suggère Sarkozy vendredi. Quelqu'un pourrait-il leur dire que les hébergements sont en nombre insuffisant? J'oubliais... Christine Boutin n'est que ministre de la Ville et du... Logement, pas des SDF que je sache !
Roselyne Bachelot n'est pas mieux lotie et elle pourrait elle-aussi se retrouver sur la « liste de Sarko ». En effet, comme elle est visiblement incapable de prendre une mesure qui convienne à l'Elysée, c'est le « château » qui agit en son nom et en l'oubliant. Nicolas Sarkozy a ainsi exigé que « les malades potentiellement dangereux (soient) soumis à une surveillance particulière afin d'empêcher un éventuel passage à l'acte ». Il a donc annoncé un projet de loi que devra préparer « sa » ministre... de la Santé, Roselyne Bachelot, sur l'hospitalisation d'office. Mesure-phare: la sortie, même temporaire, des patients hospitalisés de force sera désormais soumise à l'approbation finale du préfet.
« La décision, ce doit être l'Etat ou dans certains cas la justice, pas les experts », a-t-il jugé. Même si « l'avis des experts est indispensable, je ne suis pas pour une société d'experts », a-t-il lancé devant une centaine de professionnels de la psychiatrie qui ont manifesté une certaine désapprobation. Mais il s'en moque, car il sait que le dernier mot lui revient, et que de toutes les manières, il ne suit que ce qui relève de l'opinion dominante. Pour le reste, on oublie trop vite les changements de cap, car ils sont toujours imputables aux autres !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

PIETRI Annie 04/12/2008 00:47

Il est tout à fait extraordinanre que tous ces ministres qui sont malmenés, piétinés, démentis, bousculés, jour après jour,en redemandent...Et n'appliquent pas le fameux principe Chevènementiste!Il est encore plus surprenant que ces messieurs,- et ces dames -qui espèrent que leur tour va venir de siéger à la droite du Père, soient si nombreux à se bousculer au portillon, car il faut avoir l'estomac solide pour avaler toutes ces couleuvres, ou manger son chapeau, comme on voudra. Et avec la fin de son mandat de Président de l'Europe, le Chef va avoir encore plus de temps pour...s'occuper de la France, pour s'agiter et les houspiller, les envoyer au charbon, puis les contredire, pour exiger d'eux une activité de tous les instants, et au bout du compte les faire passer pour des imbéciles incompétents. Il faut vraiment en avoir envie ! Et bien nous, ici, nous en avons un qui en meurt d'envie.... Maire, Président du Conseil Général, Président de la Communauté Urbaine et de bien d'autres choses encore, Député, vice président de l'Ump....il attend avec impatience de retrouver un porte-feuille ministériel, et on murmure qu'il va l'obtenir. Il avait juré ses grands dieux, en se portant candidat à la Mairie, qu'il se consacrerait à 100% à sa ville et à ses administrés.... mais vraiment, l'attrait du pouvoir est trop grand, et il est prêt à avaler toutes les couleuvres possibles et imaginables....et je vous parie même qu'il ne se rendra même pas compte qu'on les lui fait avaler...Et si Sarkozy ne tient pas à être entourré d'experts, il va être servi...c'est juste l'homme qu'il lui faut !