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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 07:17

Tout va pour le mieux à l'UMP. Du moins on essaie de vous le faire croire. Et le pire, c'est que ça marche, car pendant que le jongleur joue avec des milliards virtuels, on peut se permettre de jongler avec la démocratie. Jamais en Gironde on n'a assisté à une telle cacophonie et à une telle succession de « gamelles » électorales dans la même année. Mais on ne parle que du PS ! La valse électorale qui a transformé une députée en sénatrice, avec la bénédiction de l'Elysée, a tourné court, et il faut donc se préparer à une rude reprise en mains par un Alain Juppé, prêt à retrouver les sommets du parti qu'il a créé. Lentement, pas à pas, l'ancien Premier Ministre va effectuer son retour, en laissant les sarkozystes locaux sur le carreau. Ils ont, en effet, tous manqué une marche ! Cette remontée vers la surface repose sur une analyse : la bourrasque des réformes inutiles, contradictoires, inefficaces finira par ébranler le piedestal sur lequel se trouve celui qui a raflé l'UMP en profitant de son absence. Il ne faut pas effectuer le chemin à marche forcée, mais méthodiquement, et par pallier !
Il cherchait par exemple à maintenir son influence en Dordogne. La « motion » Juppé y était représentée par l'ex Maire de Bergerac, battu aux dernières municipales. Ne pouvant plus compter sur... Xavier Darcos, lui aussi dégagé de Périgueux, l'ex-Premier Ministre avait porté ses espoirs sur le Député Daniel Garrigues. Or, ce dernier a annoncé hier sa démission pure et simple de l'UMP et du groupe à l'Assemblée nationale. Ce qui porte à deux en une semaine les défections dans ce groupe magnifiquement uni (La girondine Marie Hélène des Esgaulx et lui). Il dénonce « l'absence de débat », et les manœuvres du parti pour le remplacer à la présidence départementale par le sarkozyste Jérôme Peyrat. Des réalités qui pourraient pousser François Fillon à tirer à boulets rouges sur un UMP « sans ligne politique ». « Il suffit simplement que les Français réfléchissent une minute à ce qui se serait passé si le résultat avait été inverse et si l'Ump était aujourd'hui aux commandes. Quelle décision prendrait-il, quelle ligne politique serait la sienne ? Est-ce qu'il faudrait, avant de décider d'un plan d'urgence de relance de l'économie, six mois de débats entre les courants A, B et C de l'Ump ? ». En fait, il faut remplacer UMP par PS, puisque le Premier Ministre avait ironisé, sous les rires et les applaudissements de la « nouvelle Gauche ». François Fillon avait conclu sa démonstration en demandant aux militants de l'UMP « d'être aussi ouverts que le PS est fermé ». Une invitation que les électrices et les électeurs girondins avaient appliqué à la lettre, en votant pour François Deluga, candidat du... PS ! Daniel Garrigues, désormais cocu du sarkozysme a eu, hier, une appréciation différente : « Au sein de l'UMP, les gaullistes sont de plus en plus marginalisés, on est de plus en plus dans du néolibéralisme, avec des positions qui varient au jour le jour, selon l'humeur du président », a déclaré le président « sorti » de la fédération départementale UMP, au cours d'une conférence de presse. « Il y a de plus en plus de difficultés à avoir du débat, il n'y a plus de pensée politique", a-t-il jugé, regrettant d'avoir "perdu la supériorité intellectuelle d'Alain Juppé et le débat », depuis le départ du fondateur du parti et actuel maire de Bordeaux. Daniel Garrigue a aussi expliqué sa démission par « le fait qu'on envoie contre (lui), seul parlementaire UMP de Dordogne, le conseiller du président de la République », directeur général de l'UMP, Jérôme Peyrat, et que le « secrétaire général adjoint de l'UMP, Xavier Bertrand, vienne ensuite apporter son soutien à Peyrat ». Le temps des copains, qui fut un feuilleton télévisé célèbre dans les années 60, reste d'actualité.

UNE SALADE NICOISE
On trouve même mieux, dans les pratiques de ce grand parti démocratique, sur la Côte d'Azur, puisque Christian Estrosi, inscrit dans le livre des records au titre de son palmarès (Député, Président du Conseil général des Alpes Maritimes, Maire de Nice, président de la Communauté d'agglomération, Office d'HLM, centre hospitalier...), tente toutes les manœuvres dilatoires pour contourner la loi.
Il ne veut pas, en effet, laisser la Présidence du département à n'importe qui, et il a donc fait faire un recours contre ce cumul illégal par un comparse. En principe, il aurait dû renoncer, après les municipales, à l'un de ses mandats exécutifs (Conseil général). Mais il en est dispensé, grâce à ce mystérieux opposant qui a eu la bonne idée de déposer un recours contre son élection à la mairie de Nice. Comme le temps joue en sa faveur, il peut tenter d'organiser sa succession. L'ex-champion de moto peut rester, pour quelques mois encore, recordman de France du cumul. Heureusement que ce n'est pas un socialiste qui tente pareille manœuvre ! Il souhaite que le fauteuil de Président du Conseil Général revienne à son protégé Eric Ciotti. On monte donc une opération chaises musicales comme sur Arcachon. La mécanique va pourtant se gripper, comme en Gironde, dans le premier canton de Nice.
Ciotti doit s'y faire élire pour prendre la succession d'Estrosi. Gonflé à bloc par la dynamique de victoire à l'UMP, Eric Ciotti se lance dans cette nouvelle bataille, mais c'est la tuile : le socialiste Marc Concas parvient à garder son siège avec 190 voix d'avance... La défaite n'en est que plus lourde à digérer, et surtout elle contrecarre les plans du clan Estrosi. Coup de chance, un recours administratif contre son élection à la mairie suspend, provisoirement, l'interdiction de cumuler plus de deux mandats, et permet à Estrosi de se maintenir quelques mois encore à la tête du Département. Mais il faut trouver une solution, et vite. Il propose alors au conseiller général de Saint Martin Vésubie, canton de rève UMP, de moins de 1500 habitants,... une place à 7 000 €/mois (affirmation de Jean-Jacques Bourdin, sur RMC hier matin) au sein de la mairie de Nice. Ce brave homme, alors que rien ne l'y obligeait, a démissionné de son mandat, pour laisser une nouvelle chance à Ciotti. Une méthode qui permettra aux deux députés UMP niçois de se répartir équitablement le pouvoir...en cas de victoire. Ces pratiques ne sont pas dénoncées par la presse nationale car elles ne portent pas... tort aux socialistes ! Et pourtant, elles sont bel et bien réelles, mais jamais commentées par les chroniqueurs qui font l'opinion dominante !

UN PARTI DEMOCRATIQUE
Ils ont par contre repris avec volupté la nomination de Patrick Devedjian au poste de Ministre prestidigitateur, après qu'il eût abandonné ses fonctions de secrétaire général de l'UMP, sans successeur, en attendant la décision qui départagera les deux principaux prétendants que sont Brice Hortefeux et Xavier Bertrand.
« L'UMP a un bureau politique le 15 décembre et un conseil national le 24 janvier, ce sont deux rendez-vous qui permettent de régler le problème », a répondu le démissionnaire aux journalistes qui l'interrogeaient. Selon un dirigeant de l'UMP, l'actuel ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Brice Hortefeux, conseiller politique du parti, semble avoir l'avantage sur Xavier Bertrand, l'autre favori. Il n'y aura pas d'élection et donc aucun risque de voir s'étaler sur la place publique les déchirement internes d'un parti qui se moque du PS, mais qui fait bien pire ! C'est sûr que la démocratie jouera à plein, puisque la décision devrait revenir, sans surprise, au président de la République, qui est resté « le vrai patron », même s'il n'exerce aucune fonction officielle dans l'organigramme du parti majoritaire depuis son élection. Nicolas Sarkozy réunit en effet ,chaque semaine, les cadres de l'UMP à... l'Elysée pour leur donner des consignes politiques, et leur faire partager ses haines vis-à-vis des uns et des autres. Estrosi l'a sûrement informé de son montage spécieux, mais l'incident girondin va rendre l'Elysée méfiant !
Le chef de l'Etat aura à trancher entre un candidat des plus fidèles, Brice Hortefeux, et un autre, qui ne cache pas ses ambitions, en la personne du ministre du Travail Xavier Bertrand. Il pourrait choisir d'opposer encore plus ces deux personnalités, qui ont la réputation de se... détester cordialement, en nommant l'un au secrétariat général et l'autre au poste de vice-président. Ce serait une façon de s'assurer la haute main sur l'UMP. Patrick Devedjian leur laisse un bilan mitigé, très critiqué par les proches de Nicolas Sarkozy. Il a été attaqué pour ses "maladresses" et son incapacité à animer un parti qui a perdu beaucoup d'adhérents. François Fillon, si sévère, si donneur de leçons au PS ferait beaucoup mieux de se préoccuper d'un parti théorique, et surtout extrêmement respectueux de la démocratie à tous les niveaux. « Je leur (NDLR : les socialistes) demande un peu de décence, restez silencieux, aidez-nous à redresser notre pays et attendez le moment venu ce délai de décence pour pouvoir de nouveau donner des conseils à la France entière », avait déclaré le Premier ministre, lors d'une réunion des nouveaux adhérents de l'UMP, salle Gaveau dans le VIIIe arrondissement de Paris. Est-il certain qu'il ne s'est pas trompé de parti ?
Mais je déblogue... 

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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