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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 07:17

Les droits de l'Homme ? De quoi parlez-vous ? Un homme, sur notre planète, aurait des droits ? Vis-à-vis de qui ? Vis-à-vis de quoi ? Le seul Homme qui ait des droits, c'est celui qui réalise des profits, car selon la morale nouvelle, il est sensé en faire bénéficier les autres. Cet Homme-là a consacré sa vie à accumuler des fortunes colossales, qui se sont évaporées par sa propension à faire prendre aux plus pauvres des vessies financières pour des lanternes du bonheur. En fait, jamais les Droits de l'Homme, reposant sur une idéologie de l'équilibre, de la tolérance, du respect, n'ont autant été bafoués. C'est même devenu, si l'on en croit Bernard Kouchner, un sujet subalterne, au nom du réalisme politique. Il ne faut tout de même pas rigoler, on ne va pas se fâcher avec la Chine pour une liste de dissidents, dont personne n'a jamais entendu parler, et que notre chevalier blanc a déposée, avant de parader aux Jeux Olympiques, auprès de ces ardents défenseurs de la démocratie que sont les marchands du temple maoïste. On ne va tout de même pas se mettre à critiquer les Etats-Unis, l'Iran ou l'Arabie saoudite, parce qu'ils exécutent, plus ou moins selon les années, par chaises électriques, pendaisons, injections ou décapitations. L'exécution d'un scientifique chinois, vendredi, est en effet la dernière en date d'une série d'exécutions capitales qui vont à l'inverse de la tendance mondiale, orientée vers un moratoire sur la peine de mort. Pas la peine de réagir, car la France perdrait encore un contrat... profitable !
Wo Weihan, scientifique âgé de cinquante-neuf ans, avait été déclaré coupable d'espionnage pour le compte de Taiwan. Il a passé trente minutes avec sa famille le jour de son exécution. Il n'avait plus été autorisé à recevoir la visite de ses proches depuis son transfert à l'hôpital de la prison, en mars 2005. Wo Weihan, détenteur de plusieurs brevets liés à des découvertes biomédicales, a été privé d'avocat pendant dix mois après son placement en détention, et il a été condamné à mort, à l'issue d'un procès à huis clos, en mai 2007.
La Chine est l'un des trois pays qui continuent de tuer leurs propres citoyens et ce, alors qu'il y a une semaine à peine, à l'ONU, un nombre record de pays se sont prononcés en faveur de la fin des exécutions capitales.
En Iran, mercredi 26 novembre, dix personnes ont été pendues lors d'une exécution collective dans la prison d'Evin, à Téhéran. Les condamnés avaient, semble-t-il, été déclarés coupables de meurtre, vol qualifié et enlèvement. Le palmarès de ces Etats qui tuent a été annoncé : les Etats-Unis sont en cinquième position. En 2007, la Chine était en tête avec 470 exécutions, devant l'Iran (317), l'Arabie Saoudite (143) et le Pakistan (135).

LA MORT AU SOLEIL
En Jamaïque, le vote sur le maintien de la peine de mort s'est inscrit dans un contexte de discussions portant sur la nouvelle proposition de Charte des droits et des libertés, qui doit remplacer le Chapitre III de la Constitution jamaïcaine, consacré à la protection des libertés et des droits fondamentaux des personnes. Alors que le monde se détourne de plus en plus de la peine capitale, Amnesty International appelle l'Iran, la Chine et la Jamaïque à réexaminer leur politique en matière d'homicide judiciaire. Lors de l'Assemblée générale de l'ONU, la communauté internationale a clairement indiqué que les exécutions étaient inacceptables. Les pays qui maintiennent la peine de mort doivent tenir compte de ce message essentiel.
Le 20 novembre dernier, la deuxième résolution de l'Assemblée générale de l'ONU (Troisième Commission), appelant à un moratoire sur le recours à la peine de mort, a été largement soutenue par une grande majorité d'États de toutes les régions du monde. Cent cinq pays ont voté en faveur du projet de résolution, 48 contre, et 31 se sont abstenus. Des amendements, proposés par une petite minorité de pays favorables à la peine capitale, ont été rejetés par une majorité écrasante. Mais il est inutile de se battre, et il serait de bon ton de laisser faire, si l'on se réfère aux déclarations de Bernard Kouchner, dont la suffisance est incommensurable !
Il a dû s'expliquer sur l'interview, donnée au Parisien, au cours de laquelle il a regretté d'avoir demandé au président Sarkozy la création d'un Secrétariat d'Etat aux droits de l'homme au sein de son ministère: « C'est une erreur, a-t-il dit. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'homme et la politique étrangère d'un Etat, même en France.» Voilà un aveu qui tombe à pic, le jour même où l'on célébrait le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme !

REMARQUE SCANDALEUSE

Et pour Rama Yade, la titulaire de ce Secrétariat d'Etat « erroné », ce « mea culpa » de son supérieur direct est ressenti comme un coup de poignard dans le dos. Elle a d'ailleurs répliqué, en tentant de mettre Sarkozy dans son camp: « Personne n'est assez naïf pour croire que la politique étrangère se construit uniquement sur des valeurs. Mais, pour moi et le président, la France n'est pas la France, sans les valeurs. La remarque de Kouchner est d'autant plus incompréhensible qu'elle n'émane pas d'un perdreau de l'année. Cela fait des années - depuis 1988 - que le créateur des «French doctors» occupe des postes ministériels, plus ou moins régulièrement. Et c'est maintenant qu'il se rend compte qu'entre politique étrangère et droits de l'homme, les noces ne sont pas forcément fastueuses ! Proprement scandaleux. Et dire que ce Ministre, au vernis médiatique aussi reluisant que son bronzage artificiel, prétend avoir été, un jour, de gauche !
« Consternant», « lent à faire son autocritique », « cynisme » : les ONG françaises n'ont pas été tendres avec Bernard Kouchner. Et pourtant, la remise en cause de l'existence même du secrétariat d'Etat de Rama Yade, comme l'a suggéré le ministre dans le Parisien, ne fait pas bondir le président de la Ligue des droits de l'homme, Jean-Pierre Dubois : «Depuis un an et demi, nous disons qu'un ministère des Droits de l'homme est une mauvaise idée, car cela devient une réserve indienne, un alibi. Que Kouchner s'en rende compte, même tard, c'est une bonne nouvelle. Maintenant, il devrait se demander à quoi sert sa propre nomination au Quai d'Orsay.» Car dans le fond, le véritable problème, c'est bel et bien de savoir à quoi sert véritablement Kouchner, caniche docile d'un Président versatile, et surtout inconstant dans ses doctrines, ses promesses, ses engagements, ses actions. Un ministre tel que lui n'est bel et bien là que pour la défense de ses Droits personnels à l'image... mais pour le reste, il ne s'agit que d'une application du principe, prêté à Edgard Faure, alors qu'il est de Camille Desmoulins : « ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent ! » Il abandonne les rares lambeaux de son idéal pour une effrayante realpolitik. Comment croire les affirmations de son idole élyséenne, défendue avec le même enthousiasme par Rama Yade, sur la télévision et le respect de la liberté ?

LA PURGE DEBUTE
Par exemple, le journaliste Ulysse Gosset, qui avait cofondé France 24 et y animait "Le talk de Paris", a été limogé brutalement. Il conteste ici, les raisons invoquées dans la presse par Alain de Pouzilhac, qui dirige l'audiovisuel extérieur de la France. Celui-ci avait notamment déclaré, dans le journal Libération, que l'émission d'Ulysse Gosset qui était "la plus chère de France 24", avait "l'audience la plus petite".
« J'estime que j'ai été limogé de façon brutale, sans raison et au mépris du droit et de l'exercice loyal de mon contrat » a expliqué ce professionnel reconnu par ses pairs depuis des décennies. Mais, bien évidemment, c'est sans lien direct avec la politique extérieure de la France ! Il faut cependant rappeler que Christine Ockrent a été nommée, le 20 février 2008, directrice générale de la holding France Monde, chargée de regrouper l'audiovisuel extérieur: TV5 Monde...France 24, RFI, et que le président de cette holding n'est autre qu'Alain de Pouzilhac. La société des journalistes (SDJ) de RFI a condamné hier une intervention exemplaire de ce zélé défenseur de son patron, image de ce qui attend toutes les rédactions de France dans quelques mois, après le coup d'état médiatique sarkozyste.  Il a interpellé un journaliste, à qui il a reproché « d'avoir laissé dire des contrevérités » au député Vert Noël Mamère lors d'une interview. Mardi, Frédéric Rivière, qui conduisait l'interview du matin sur RFI depuis trois ans, a reçu, après son entretien avec Noël Mamère, la visite de M. de Pouzilhac et de la directrice de l'information. C'est une nouveauté : le journaliste doit rectifier, en direct, les propos de celui qu'il interroge. Déontologie, où es-tu? Il ne fait aucun doute que ce sermon fait suite aux propos extrêmement critiques tenus par le député de la Gironde sur la réforme de l'audiovisuel français et sur la gestion actuelle de RFI.
Au cours de cette interview, Noël Mamère a en effet parlé de RFI, et critiqué une « présidence incestueuse politiquement, puisque c'est l'épouse du ministre des Affaires étrangères (Christine Ockrent et Bernard Kouchner, NDLR) qui est en charge de l'audiovisuel extérieur de la France et donc de RFI ». Interrogée par l'AFP, la directrice déléguée de RFI, Geneviève Goëtzinger, a précisé que Christine Ockrent n'était "pas présidente de RFI" et que cette "erreur aurait dû être relevée à l'antenne". Christine Ockrent n'est, en effet, que directrice générale déléguée de RFI. Elle n'est donc absolument pour rien dans cette polémique, et elle ne savait rien. Il est vrai qu'elle est journaliste, avec les avantages liés à cette profession. Elle sait ce que rigueur de l'information due aux citoyens veut dire. Elle y veille d'ailleurs scrupuleusement. D'ici à ce qu'elle soit nommée, directement par le Président de la République, Présidente de France Télévisions... on aurait alors une émission spéciale sur les Droits de l'Homme. On pourrait l'appeler Résistances, et la confier à Noël Mamère. A condition qu'il fasse de l'audience et qu'il ne parle pas des Droits de l'Homme, mais de la politique étrangère de la France.
Mais je déblogue...

 

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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J.J. 13/12/2008 09:27

Si vous me permettez d'ajouter mon grain de riz, comme dirait un ministre connu pour sa dextérité dans le sport de retournement de vêtements, je dirais un mot à propos de nos voisins belges, que l'on a coutume de moquer pour une soi disant rusticité.Cela  me rappelle une fable de La Fontaine : "la Besace".Bien que non officiellement abolie à l'époque des faits évoqués, la peine de mort en Belgique n'est plus pratiquée depuis le milieu du XIX éme siècle !A tel point que le pays ne diposait plus du matériel nécessaire à cette noble activité, et que la France, "Pays des Droits de l'Homme" dut, pour une circonstance exceptionnelle, lui prêter l'outillage et le personnel nécessaire (voir téléfilm sur la "2", mardi soir du 9/12dernier). Voilà une "anecdote" que peut donner à réfléchir sur la légitimité que nous avons à donner des leçons aux autres nations.Ce n'est à sa superficie que l'on mesure la grandeur d'un pays.

PIETRI Annie 12/12/2008 23:31

Merci, Jean-Marie, pour ce très bel article sur les droits de l'Homme, et sur ce que la folie et la cupidité des hommes est en train d'en faire. Pays de la Révolution de 1789, et admirée à travers le monde pour sa recherche et son respect des Droits de l'Homme, la France a servi de phare et de modèle, à ce titre, pour la plupart des pays du Monde. Lorsqu'après la guerre de 1939-1945, René Cassin a consacré son temps et son énergie à élaborer, en collaboration avec Mme Eléanore Roosevelt, et quelques autres, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, il n'avait pas d'autre objectif que de mener l'Humanité vers un monde meilleur, d'établir des règles universelles qui permettraient à chaque être humain de bénéficier de droits lui assurant la liberté et l'égalité avec les autres êtres humains. Il aspirait à ce que le respect de ces règles par tous éloigne, à tout jamais, le risque des affrontements et des guerres, et redonne à chacun, en toutes circonstances, sa dignité d'Homme.Qu'avons-nous fait, en soixante ans, de cet idéal? On pourrait en écrire des pages et des pages sur ce sujet, et les colloques qui fleurissent de toutes parts pour célébrer ce soixantième anniversaire nous rappellent l'espoir qu'a fait naître l'adoption de cette Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.Et tout cela pour entendre un Ministre français nous expliquer que la politique internationale ne peut pas s'accomoder du respect ou de la défense des Droits de l'Homme, que la conquête de "marchés" est plus importante que le respect de la dignité humaine, pour constater qu'un Bernard Kouchner, "le French Doctor" qui a bâti sa notoriété sur ses actions soit disant humanitaires, mais surtout spectaculaires, qui se disait socialiste, et qui, de surcroît, se targue d'humanisme  (le même humanisme que celui de Jean Pierre Dubois, le Président de la Ligue des Droits de l'Homme, dont la prise de position est pour le moins équivoque), que ce Kouchner, donc, se fasse le porte parole servile de Nicolas Sarkozy et le défenseur de la conquête de marchés, quel qu'en soit le prix, c'est à la fois révoltant et décourageant...Je veux bien aussi compatir avec l'amertume de Rama Yade, mais, après l'avoir entendue hier, je ne peux pas la plaindre. Humiliée, elle ne se découragera pas, et fera, quoi qu'il arrive, une confiance aveugle à son maître, Nicolas Sarkozy.C'est ainsi. Et si nous ne nous réveillons pas, si nous ne réagissons pas, si nous continuons à nous comporter comme des moutons - ou des veaux comme disait De Gaulle - nous nous retrouverons sous un régime dictatorial, ou pire encore....

youkaidi 12/12/2008 12:14

Mdme Yade en était devenue presque sympathique après toutes ces attaques venant de défenseurs de la pseudo "real politik" ... hier soir en se montrant groupie inconditionnelle de Sarkozy son capital sympathie a diminué.

montesquieu 12/12/2008 11:01

pas besoin d'aller jusqu'à paris pour constater que les droits de l'homme ne sont pas respectés par ceux là-même qui sont sensés les défendre et montrer l'exemple en matière de respect et de considération humaine de base...

Jean 12/12/2008 08:16

J'ai du mal à croire que Rama Yade était la seule à ne pas s'être rendu compte que son "ministère" n'était qu'un gadget, qu'elle devait au souci sarkozien et démagogique de faire dans la "promotion des minorités visibles" , ainsi qu'à son fort joli minois.