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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 07:17

Ce n'est plus qu'un secret de Polichinelle, puisque sur tous les plateaux de télévision, les commentateurs avisés l'affirment : une cellule de crise travaille à l'Elysée sur la crainte d'une révolte collective violente. En secret, on envisage des mauvais moments pour le printemps, et une stratégie sera bâtie pour juguler au plus vite des incidents pouvant éventuellement déboucher sur des faits plus graves. On se demande bien pourquoi ils s'inquiètent, avec la popularité actuelle, ressassée, du sauveur de l'Humanité entière, qui a fait aussi bien que Jésus lorsqu'il multiplia les pains et les poissons, en décuplant les milliards et les milliards surgis de nulle part. Et pourtant, on va vite envoyer en Grèce des analystes pour prévoir ce qui pourrait se développer brutalement si les milliers de chômeurs rejoignent des enseignants humiliés, des élèves déboussolés, des fonctionnaires laminés, des retraités angoissés. Il faut à tout prix éviter que cette synergie de la contestation se mette en place, et les spécialistes élyséens vont donc parcelliser les réformes, ou les décaler vers des périodes plus propices. Mais il n'empêche que le risque existe !
Tous les responsables d'associations caritatives doivent depuis plusieurs semaines faire face à un problème majeur: « une augmentation constante de la fréquentation » de leurs structures. « Nous constatons d'une part une augmentation du nombre de personnes qui viennent chercher de l'aide dans nos permanences, et d'autre part l'apparition de nouveaux profils », observe pour sa part Julien Lauprêtre, président du Secours Populaire français, qui affirme « aider 160.000 personnes par jour à se nourrir. Nous nous trouvons dans une situation qui rappelle celle de 1954 quand l'abbé Pierre a lancé son appel », juge-t-il. « Il y a des risques d'émeutes de la faim également dans notre pays », assure-t-il, estimant qu'en France « cette crise est immense ». Et il pourrait même ajouter que nous n'avons encore rien vu : le pire est à venir !

EXPORTATION POSSIBLE
La révolte des jeunes en Grèce peut-elle s'exporter en France ? « Oui », répondent pour une fois d'une même voix Laurent Fabius et Julien Dray, en chœur : « Ce qu'on voit en Grèce n'est pas du tout, malheureusement, hors du champ de ce qui peut arriver en France », a déclaré le premier en soulignant le double effet de « la dépression économique, la désespérance sociale » et en fustigeant « un gouvernement qui, vis-à-vis de la jeunesse, ne montre pas de compréhension ». Le second estime que « le syndrome grec menace l'ensemble des pays, parce qu'on est dans une crise très grave, avec une explosion des inégalités sociales ». Chez les Verts, Noël Mamère remarque que « les émeutiers grecs ne sont pas des anarchistes mais des gens formés à l'université » et impute la crise aux difficultés d'insertion que rencontrent de nombreux jeunes diplômés en Europe. Au Modem, Marielle de Sarnez pointe « le climat de dégradation extrême qui est celui de tout le système éducatif » français, et insiste sur les mouvements de jeunes dans les lycées et les IUT. En fait, dès que les étudiants vont constater que les postes mis aux concours sont en chute libre, que le marché de l'emploi de haut niveau va s'effondrer, et qu'ils n'auront comme perspective que des contrats aidés à durée limitée pour subsister avec un BTS, une licence ou un master, on peut prévoir le pire. Il n'y a aucun doute qu'ils rencontreront un soutien auprès des ouvriers, techniciens, cadres licenciés, qui sont souvent leurs parents et qui se retrouveront en... concurrence avec eux pour survivre; les événements risquent vite de dégénérer !
L'UMP surveille de très près la situation dans les lycées, les facs et les usines, consciente que la remontée du chômage et la multiplication des plans sociaux va alimenter non seulement l'inquiétude, mais aussi la révolte. Les plus inquiets sont ceux qui ont dans leurs circonscriptions des grands ensembles industriels issus de filières en chute libre. Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, a pris contact avec le ministre de l'intérieur grec, qu'il connaît bien, pour prendre la mesure de la situation. Il craint une « surexploitation » du phénomène en France, même si les conditions politiques et sociales ne sont pas du tout les mêmes... pour le moment !

AU BORD DE L'EXPLOSION
Invité d'i-Télé, de France-Inter et du quotidien Le Monde, Arnaud Montebourg, secrétaire national chargé de la rénovation du PS, a affirmé hier soir que « ce pays, la France, est une cocotte-minute, et qu'il est tout à fait possible que les tensions sociales explosent". Il a décrit " la déferlante des plans sociaux " et " les petites foules de 40 à 50 personnes à la sortie des supermarchés, à Paris, qui viennent ramasser dans les poubelles, et vous y voyez des gens très bien habillés". Des réalités que les caméras de TF1, et bientôt celles de France Télévisions, encore plus aux ordres, oublient d'aller filmer, même en caméras cachées ! Après chaque marché du mercredi, à Créon, des retraités viennent aussi fouiller les cageots abandonnés par les marchands de légumes, avec l'espoir de récupérer quelques délaissés, pas encore trop abîmés. Ces gens là n'auront bientôt plus d'espoir de remonter la pente ! « La France est au bord de l'explosion », a-t-il dit, jugeant qu'entre « les dégâts faits aux libertés publiques » et les « tensions sociales, le sarkozysme n'était pas viable sur le long terme ». La France va droit dans le mur, et ce n'est qu'une question de mois. Soit il faut être « croyant pratiquant » du sarkozysme, soit être totalement « aveugle » pour ne pas voir venir le crash social. Les fêtes vont masquer cette déliquescence, débouchant en février 2009 sur le début d'une récession désastreuse pour l'emploi. Tous les secteurs d'activité les plus porteurs commencent à s'effondrer et les carnets de commande ne se regarniront au mieux que dans un an ! La construction bat déjà de l'aile, les travaux routiers sont décalés, le marché de l'immobilier entre dans une dépression sans précédent, la viticulture replonge, la balance commerciale de la France mériterait d'entrer dans le livre des records, en raison de son déficit exponentiel... Mais bien entendu, tout ceci n'a aucune importance puisque, désormais, la France a un copain du président comme ministre délégué auprès de son premier collaborateur, chargé du plan de relance. Il devra d'abord, comme Soubise qui cherchait son armée, se mettre à quatre pattes, avec une lanterne, pour trouver les milliards cumulés des annonces présidentielles.

AUCUNE MESURE EFFICACE
Le paradoxe c'est que médiatiquement, Nicolas Sarkozy et sa garde rapprochée ont décidé de faire semblant de croire dans leurs réformes. Par exemple, dans la détaxation des heures supplémentaires. Mais qui peut croire en cette mesure débile en période de crise ? Comment un patron sans chantier, sans commandes, va-t-il distribuer des heures supplémentaires ? Comment ce même patron d'une entreprise de moins de 10 salariés va-t-il embaucher un ouvrier, s'il n'a aucun travail à lui confier ? Comment un étudiant en langues vivantes, en littérature, en éducation physique, en sciences économiques, en histoire, trouvera-t-il un poste, quand les IUFM réduisent leur recrutement, quand les postes mis au CAPES diminuent en raison des suppressions de postes ou d'heures d'enseignement dans l'enseignement public ?
Outre leur simultanéité, plusieurs points permettent de tracer un parallèle avec la Grèce : la progression du chômage depuis le mois d'août; une crise sociale qui prend le relais de la crise financière de la rentrée; la mobilisation de la jeunesse qui ne s'essouffle pas, les étudiants en IUT rejoignant les lycéens; une majorité de droite qui se crispe sur ses réformes, et passe pour avoir rompu le dialogue social. Le test du travail le dimanche, décision qui ressemble au « fait du Prince », pourrait être déterminante dans l'explosion ultérieure. Si cette mesure passe en force, plus personne n'aura confiance dans un gouvernement préoccupé de sa notoriété, mais sûrement pas par l'urgence sociale. Une victoire à la Pyrrhus, car elle sonnerait le glas du dialogue avec les syndicats. Pas une seule mesure n'a véritablement été prise en faveur du pouvoir d'achat..., et celle là ne changera absolument rien pour ce volet angoissant du quotidien. Les études des enfants à payer, les crédits de la maison, les dépenses obligatoires de début d'année (mensualisations diverses : loyer éventuel, eau, électricité, impôts locaux et sur le revenu, mutuelle...) vont réduire terriblement les marges de manœuvre des familles de la classe moyenne. Les autres, en-dessous du seuil de pauvreté, n'ont même pas à se préoccuper de dépenser ce qui leur reste, car il ne leur restera plus rien.
Dans l'immédiat, on vit encore sur l'illusion que demain pourrait être meilleur, mais sans aucune perspective optimiste sur le résultat. Pour l'instant, la cocotte minute monte en pression... et le maître-queux ne fait rien pour réduire le feu. C'est à croire qu'une explosion ne l'effraie pas tant que ça, et qui sait si, comme la crise, ça ne l'arrangerait pas ! Un bon coup de Karcher et l'affaire serait jouée pour longtemps ! Rappelez-moi le score de l'UDR aux législatives d'après mai 68 ?
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

PIETRI Annie 15/12/2008 23:42

Faut-il qu'ils aient eu peur ! Faut-il que les renseignements recueillis en Grèce aient paru inquiétants à Monsieur Hortefeux, et sans doute aussi ceux fournis par les renseignements généraux, sur la tension montante dans toutes les villes de province, même celles les plus aveuglément acquises à la politique de Monsieur Sarkozy....pour qu'on assiste aujourd'hui à cette reculade spectaculaire. Mais il est vrai que ce gouvernement nous a habitués à cette méthode du "un pas en avant suivi de deux pas en arrière". Et d'ailleurs, vous l'avez bien entendu, de la bouche même de Monsieur Darcos, ce n'est pas à cause des manifestatioins de lycéens et d'étudiants que l'on "reporte" d'un an l'application de cette réforme, qui demeure excellente, selon ses concepteurs. Non, c'est parce que vous, moi, les enseignants, les parents d'élèves , les étudiants,les syndicalistes, tous ces gens qui sont décidément demeurés, n'ont rien compris.....Il faut donc prendre le temps de leur expliquer tous les bienfaits qu'il faut attendre des élucubrations de Xavier.... Mais pour qui nous prend-t-on? de qui se moque-t-on? Surtout, ne nous laissons pas berner, ne les laissons pas faire croire qu'ils sont à l'écoute, qu'ils vont tenir compte des protestations. Expliquons autour de nous qu'une reculade de circonstance, provoquée par une grande peur, n'est pas un renoncement, et qu'ils ont bel et bien l'intention de remettre le couvert, dès que la tension sera un peu retombée, dès que les députés seront en week end ou en vacances en grand nombre (il n'y a qu'à voir combien ils étaient en séance vendredi soir pour voter  sur le texte concernant la publicité à la télévision : 48 sur 567 ....et les SMS n'ont même pas pu faire revenir les absents...).Et, de plus, le "délai de réflexion ne concerne que de la réforme des lycées. Rien n'est changé pour ce qui concerne l'ecole, les maternelles, les Rased et toutes ces mesures qui conduisent à coup sûrà l'écroulement du système scolaire. uisqu'ils ont instauré une cellule de crise à l'Elysée pour mettre "préventivement" en place une parade ou une riposte à ce que pourraient être des mouvements de rue, il faut impérativement que la gauche, toute la gauche, s'y prépare, elle aussi, pour ne pas se laisser déborder. Personne ne doit se laisser endormir par leurs bonnes paroles et par leur simulacre de ....temps de réflexion. Soyons sûrs qu'ils ne lâcheront sur rien. Soyons vigilants.L'avenir de nos libertés et de la République en dépend, et ce qui nous attend est extrèmement grave.Tu as raison, la pression monte dans la cocotte...

PIETRI Annie 15/12/2008 12:00

Vous êtes des mauvaises langues.....Il n'y a plus de faute d'ortographe! Et permettez-moi de vous dire  que ce n'était pas l'essentiel de la chronique.....Annie

J.J. 15/12/2008 09:29

C'est ce que l'on appelle un lapsus révélateur....

Jean 15/12/2008 08:58

Maître queux, Jean-Marie, pas maître queue ! On dirait que  les magazines people t'influencent sur les capacités du petit Nicolas.

REIX J-P 15/12/2008 07:53

A force de dire que l’on va manquer de sucre….