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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 07:17

Les fins d'années se suivent et se ressemblent. Depuis des mois dans toutes les rédactions, une équipe prépare la rétrospective des événements majeurs. Un choix toujours délicat qui, avec le recul, est parfois peu révélateur des moments clés de la vie sociale. Ce qui paraît important au moment de boucler un bilan est vite englouti par le tsunami permanent de l'actualité. Qui, l'an passé, a eu l'intelligence de prévoir qu'une crise s'annonçait ? Qui a placé le « paquet fiscal » comme élément essentiel de la politique sakozyste, alors qu'un an plus tard on constate qu'il demeure le boulet de la relance ? En fait peu de monde se risquera à tabler sa rétro sur la Star Academy. Et pourtant, tout 2008 aura été marqué par cette conception de la vie... exceptionnelle !
La recette a envahi absolument toute la société. On pratique ce système qui veut que l'on offre, moyennant l'accès payant à un espace de vote, le pouvoir d'éliminer ou de valoriser, via des images, le comportement et le sens du spectacle d'une personne par rapport à une autre. Il faut bien avouer que le grand public adore ces affrontements auxquels il peut participer, car ils lui confèrent une importance rassurante. Il achète le droit de juger : le plus précieux et le plus important. La saga du parti socialiste a probablement sauvé la presse écrite de la famine, car on peut s'interroger sur ce qu'ils auraient eu à publier sans cette Star Academy serrée. Tous les éléments étaient réunis, avec des déclarations intempestives, des spectacles plus ou moins dramatiques ou comiques, des salles enthousiastes ou rétives, des supporteurs acharnés ou démobilisés, des injustices flagrantes ou secrètes... et un score serré jusqu'au dernier moment ! Heureusement, pour tout le monde, la saison a pris fin, car elle commençait à lasser tout le monde. Car évidemment, il y eut les aigreurs de la défaite, les promesses tolérantes et les réalités désespérantes.
C'est une constante dans l'élection de miss France, mais jusqu'à ce jour on en était resté éloigné dans la politique. Divorce, mariage, naissance programmée... ont envahi les medias, avec parfois des sous-entendus scabreux ou lestes, et l'on peut même parier sur la qualité des relations affectives de l'un ou l'autre. On en arrive à ne plus penser les remaniements que sur les bases de la notoriété, au point d'évaluer les cotes de popularité avant d'effectuer le recrutement. Il faudrait arriver à ce que la sélection soit effectuée par appel à un vote sur téléphone mobile. « Vous voulez que Rama Yade reste aux Droits de l'Homme ? Tapez 1. Vous souhaitez qu'elle change de ministère ? Tapez 2 ! Vous voulez la virer ? Tapez 3 ! » Le gouvernement serait ainsi forcément plus populaire, et Darcos déchaînerait l'envoi de SMS ce qui ferait, en plus, entrer de l'argent dans les caisses de France Télévision, si de Carolis acceptait d'héberger l'émission « sarkozyste » dont rêve Thierry Saussez, directeur du Service de l'Information du Gouvernement. Il recherche, paraît-il, des moyens pour redonner confiance dans l'institution, et ce système serait beaucoup plus crédible que les sondages.
Le seul problème c'est qu'en 2008, la Star Academy a battu de l'aile, et elle ne trompe plus que les croyants. La huitième édition n'a pas engrangé, et de loin, les succès des premières années. L'érosion des audiences, entrevue durant l'année passée, s'est confirmée à nouveau, au point de menacer, en cours de route, le programme qui s'est finalement légèrement redressé. L'émission hebdomadaire du 26 septembre, en première partie de soirée, avait atteint un record à la baisse avec 4,35 millions de spectateurs.

UNE SERIE DE RATAGES
L'émission finale de vendredi soir n'a rassemblé que 5,9 millions de téléspectateurs, selon TF1, qui cite des chiffres de l'institut Médiamétrie (5.901.000 téléspectateurs, soit 27.6% de part d'audience). Sur M6, les trois épisodes de "NCIS : enquêtes spéciales" ont, pour leur part, rassemblé, ensemble, en moyenne 5,8 millions de spectateurs par épisode, avec une moyenne de 6,8 millions pour le premier épisode, toujours selon Médiamétrie. Star Academy 8 est donc bien un échec.
Le programme phare de TF1 a réalisé le plus bas score de son histoire. Retour sur les erreurs qui ont empêché ce programme fédérateur de s'imposer. M6 a installé en face un programme fort et original. NCIS est devenu le tombeur de Star Academy, rassemblant certains soirs un million de téléspectateurs de plus ! NCIS est une série américaine comme M6 en diffuse par dizaines, mais là, elle a touché une audience que voulait s'attirer la Star Academy : les jeunes et leurs familles.
L'époque est au policier américain violent ou scientifique. Le casting musical était raté. Ce qui plaît, en famille, le vendredi soir, ce sont les bonnes chansons de la France populaire. Installer les élèves de la Star Academy était une erreur symbolique. C'était ancrer dans la capitale un programme regardé en province. Le précédent château rassemblait les publics autour du mythe dysneylandais de la Belle au bois dormant, mais l'hôtel particulier dans un quartier bobo parisien était clivant. D'autant plus que les riverains ont fait tout le barouf possible pour éloigner les chevelus de la Star Ac, conscients que cela n'allait apporter que des nuisances.
Au PS, on a d'ailleurs commis les mêmes erreurs catastrophiques, sans s'apercevoir que l'on allait droit dans le mur; d'autant que là où les profs se sont tiré dans les pattes, ailleurs, ce sont les éléphants qui se sont affrontés. C'était, dans les deux cas, comme si les membres du comité de direction d'une entreprise se crêpaient le chignon devant leurs salariés : effets ravageurs garantis. La confiance en l'autorité des profs ou dans les « éléphants » s'est progressivement évanouie devant leurs criailleries de cour de récré. C'est le syndrome décrit dans les MBA de Harvard : on espère relancer en réinventant la forme, alors qu'il faut tout simplement retrouver le fond !


Toutes les autres Star Academy ont été de la même veine. Celle des Etats-Unis fut bien entendu d'un autre calibre et d'une autre forme, car elle a vu Barak Obama vite s'imposer par, justement, l'utilisation massive des moyens qui permettaient d'associer le public à son parcours. En fait, il faut constater que l'amateurisme n'est plus de mise partout... et que des USA vient la technique parfaite des campagnes de promotion, tellement calculées, qu'elles mettent mal à l'aise. Il faut faire croire à l'amateurisme pour valoriser sa sincérité !
Si l'on se réfère à l'émission de TF1, on constate que le vainqueur est cette fois un « routier » du spectacle et pas un chanteur spontané, arrivé comme par enchantement dans l'écurie du show-bizz ! Elève pendant trois ans à l'école de chant Alice Dona, Mickels Rea n'est pas un débutant : en 2003, il a fait partie de la troupe de la comédie musicale "Les Enfants du Soleil", créée par Alexandre Arcady et Didier Barbelivien. Le père du lauréat est à la tête d'un studio d'enregistrement parisien... ce qui permettra un bon « rendement », que le « motodictate » Estrosi, futur pensionnaire du château UMP, exige des stars prometteuses du gouvernement Fillon ! On constatera à terme si l'investissement effectué par de très nombreux américains sur Obama par internet aura été productif.
Les millions de dollars sont tombés par dizaines dans la cagnotte de campagne de Barack Obama : 66 millions, rien qu'en août. Un record qui s'expliquait par l'afflux de 500.000 nouveaux donateurs. En février, le sénateur de l'Illinois avait collecté 55 millions de dollars. Une somme qui constituait déjà un record dans l'histoire des primaires américaines. Il a disposé de 77 millions de dollars, immédiatement disponibles en liquide selon son équipe, un avantage financier sur son rival républicain, dont il pourrait tirer profit en multipliant les campagnes publicitaires. C'est une nouveauté qui, soyez-en certains, entrera dans les mœurs politiques de notre pays via des moyens détournés de collecte.

LA CRISE EXISTE
La Star Academy française permanente a aussi été victime de la crise. On peut en effet aussi mettre cette débâcle de TF1 sur le dos de la crise économique. Cette bonne vieille crise économique, qui a sapé le moral des français, plongé les honnêtes gens dans la morosité, leur retirant toute joie de vivre et tout intérêt pour un programme qui leur montrait le triste reflet de notre société. Le PS avait été surpris par l'arrivée de cette modification profonde des comportements, et avait effectué la sienne sans se rendre compte que le paysage extérieur se modifiait.
Des jeunes sans talent, capricieux, parfois hautains, rarement ambitieux, avenir d'une société en crise, placés en permanence sous l'œil des caméras : le contraste était saisissant au moment où les lycéens et leurs familles étaient inquiets pour le quotidien et l'avenir. Sans parler de Nikos, l'animateur aux blagues pas drôles, qui a contribué à exaspérer les bonnes gens, avec ses costards à 3000 euros, et son salaire de ministre... car c'est probablement ce qui a tué tout le faste habituel de ces méthodes à grand spectacle. On a vu que le luxe ostentatoire avait plongé « Nikos » Sarkozy dans l'impopularité, les sénateurs ont également trinqué, et il est certain que tout ce qui apparaîtra comme exagéré viendra affaiblir la crédibilité de ces « loteries » au succès.
Le PS a l'air de l'avoir compris. Provisoirement ? Nul ne le sait ! Le virus de la starisation est, en effet, entré dans les esprits, et il faut craindre qu'il ne ressurgisse à contre-sens dans les prochaines années. Avec seulement 5.901.000 téléspectateurs, et 27,6% de part de marché, TF1 est tombée plus bas que l'année dernière, qui avait déjà été celle de la pire audience en 7 ans d'émissions. L'année dernière, la finale de la Star Academy, qui avait vu la victoire de Quentin, avait déjà réalisé la plus mauvaise audience de son histoire  avec 6 193 000 téléspectateurs pour 30,4 % de PDM. En 2006, la finale avait réuni 8.100.000  téléspectateurs contre 8.800.000 en 2005 et 9.000.000 en 2004... En 2001, année de la première Star Academy, 11.900.000 téléspectateurs avaient suivi la victoire de Jenifer. Un appauvrissement qui dénote peut-être une tendance à voir notre société de consommation revenir à davantage de citoyenneté. Les parts du marché politique pourraient alors se réduire. On peut encore rêver au Père Noël!
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

pc 22/12/2008 20:04

finalement, même au 21ème siècle la merde finit toujours dans la fosse et c'est plutôt rassurant.....