Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


MAIS JE DEBLOGUE...

Archives

23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 07:17

Il arrive que dans certaines circonstances il faille faire abstraction de toute animosité personnelle, pour examiner sereinement les faits. Ce n'est pas toujours facile, car malheureusement, l'objectivité nécessite souvent du courage. La société actuelle est devenue beaucoup plus injuste qu'elle ne l'était antérieurement. Personne ne tire les leçons d'un passé peu glorieux pour la démocratie, car il est beaucoup plus facile d'imiter, d'amplifier et même de déformer, les recettes les plus éculées. Dans un système de la révélation permanente, il est pourtant devenu très dangereux de prétendre garantir les libertés individuelles républicaines... quand on sait que plus rien ne sert de contre-poids à un système médiatique omniprésent. Comme personne ne pose véritablement le problème de sa légitimité dans un pays où les libertés sont parfois illusoires, nous perdons l'essentiel : le respect de l'homme !
Désormais la sentence n'est plus dans les prétoires, mais plus certainement dans les pages intérieures des journaux, ou dans les images des actualités télévisées. C'est un véritable drame pour la République, car plus personne ne peut véritablement croire à la présomption d'innocence, quand un tsunami s'abat sur les épaules de ceux qui sont soupçonnés d'un faux pas. Les dégâts sont irrémédiables, car définitifs, scellant le sort d'une vie en quelques lignes ou en quelques secondes... sans possibilité d'appel, car il arrive en décalage, et quand le mal est fait. Quel que soit le « coupable », quel que soit sa génération, quelles que soient ses origines, quelles que soient les circonstances, quelles que soient les accusations qui pèsent sur lui, il devient intolérable de voir les médias s'ériger en sérum de vérités toutes prêtes. Il faut être prêt à défendre ce droit pour son propre ennemi pour pouvoir, un jour ou l'autre, défendre légitimement ses amis.
Le député PS de l'Essonne, Julien Dray, soupçonné d'abus de confiance, « a été exécuté médiatiquement », a estimé Malek Boutih, membre du bureau national du Parti socialiste. « Il est déclaré coupable avant même la fin d'une instruction qui à mon avis va durer longtemps », a dit l'ex-président de SOS Racisme. Et quoi que l'on pense de l'un ou de l'autre, je ne peux que partager cette opinion, tellement elle correspond à une constat partagé. « Quand bien même cette affaire sera finie d'un point de vue judiciaire, il a été exécuté médiatiquement » et « je pense qu'il aura beaucoup de mal à s'en relever », a-t-il ajouté. Et c'est la terrible sanction de notre société, que celle qui cloue au pilori une « victime » potentielle. D'ailleurs plus la personnalité a des copains dans le milieu du journalisme et plus l'assassinat est féroce, comme s'il fallait exorciser une éventuelle « complicité ». Si en plus, de temps en temps, il a eu la dent dure contre la presse, et celle qui compte en particulier, on l'ensevelira sous les enquêtes accusatrices. La peine de mort médiatique est la plus pratiquée mais la moins critiquée, surtout quand elle correspond aux aspirations de l'opinion dominante !

COUPABLE DESIGNE
Malek Boutih a souligné que « l'association SOS Racisme n'est même pas en cause dans cette affaire » et « qu'elle est une des associations les plus contrôlées en France ». Elle est « quasiment contrôlée tous les trimestres par un contrôleur du ministère des Finances », a-t-il assuré. Bizarre que, tout à coup, on débouche sur une révélation fracassante, alors que personne n'en avait détecté les origines. D'une manière générale, les associations sont « beaucoup plus contrôlées que les banques françaises (...) qui ont pu rentrer ces derniers mois dans des magouilles qui ont fait perdre des millions et des millions d'euros à des épargnants », a insisté Malek Boutih. Mais comme ce sont les banquiers qui maintiennent en vie les médias, on ne va surtout pas aller mettre en cause avec la même virulence un PDG de la Société Générale, de la Caisse d'Epargne, de la BNP ou du Crédit Agricole qu'un responsable associatif.
 D'abord, parce que l'un a de solides avocats. Ensuite, parce qu'il possède un avantage considérable : il dispense des subsides, via la publicité, alors que l'autre ne souhaite que des surfaces gratuites pour informer ! Enfin, parce que le banquier a ses secrets bien gardés, alors que l'autre doit en permanence mettre ses tripes au soleil !
Je suis donc heureux de constater que Frédéric Lefebvre, l'un des porte-parole de l'UMP, prend sans ambiguïté la défense du député de l'Essonne. Il dénonce un « déchaînement » à l'encontre du député PS, et réclame un strict respect du principe de la présomption d'innocence. « Personne ne connaît la réalité et des juges font leur travail (...) La justice dira s'il a des choses à se reprocher ou non. En tout cas pour moi, tant que la justice ne s'est pas prononcée, Julien Dray est innocent. » Bravo, et nul ne peut songer à rapprocher cette prise de position, beaucoup plus courageuse que celle de bien des socialistes, du fait que durant quelques semaines la presse envisageait le ralliement possible du député au clan de « l'ouverture » sarkozyste ! Peu importe. Ce qui compte c'est, dans le fond, le fait que le lynchage soit bien conduit et repose sur des communiqués généraux, dont on extrait quelques mots bien sentis. Que ce soit Julien Dray ou un autre, la position ne doit pas varier : résister à la tentation de la condamnation prématurée. Elle est facile, mais fort dangereuses pour les libertés fondamentales. La puissance de cette artillerie de la publication multiple de faits non avérés est terrible : son nom n'a même pas été cité dans la procédure engagée, mais il a dû être publié des milliers de fois. Sa vie politique est mal en point, mais sa vie personnelle l'est aussi ! Comment se remettre d'un tel « essorage ».

QUI EST SURVEILLE ?
L'affaire a déboulé sur la place publique grâce à un organisme méconnu, mais sûrement extrêmement efficace pour surveiller les hommes politiques. TRACFIN est en effer la cellule française de lutte anti-blanchiment. Elle dépend des ministres de l'Économie, des finances et de l'emploi ainsi que du Budget, des comptes publics et de la Fonction publique. Créé en 1990, à la suite du sommet du G7, Tracfin concourt au développement d'une économie saine, en luttant contre les circuits financiers clandestins, le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme...Il est certain que cette cellule, d'une telle efficacité, a surveillé les fonds planqués au Lichtenstein, et a, je vous le rappelle, vite publié la liste des « coupables » possibles français. TRACFIN est pourtant devenu un service à compétence nationale (SCN) depuis le 6 décembre 2006 et anime, au sein de ces ministères de tutelle, un pôle de lutte contre les circuits financiers clandestins. Depuis février dernier, le Lichtenstein est en effet au cœur de l'actualité financière. Les autorités allemandes ont lancé une grande enquête sur les citoyens pratiquant l'évasion fiscale dans le but de réduire leurs impôts.
Les informations ont été achetées par les services secrets allemands à un ancien banquier du Lichtenstein, pour une valeur de 5 millions d'euros. La liste contenait les noms et numéros de compte de près de 900 riches contribuables allemands, dont certains très célèbres. La France a soutenu le gouvernement allemand dans sa démarche de pression sur les paradis fiscaux, en déclarant être...déterminée à poursuivre les citoyens frauduleux de l'impôt sur le revenu et sur la fortune. Il semblerait que les deux voisins, profondément touchés par l'évasion fiscale de leurs citoyens écrasés par les impôts les plus élevés au monde (jusqu'à 50% des revenus), ait oublié (bizarre, bizarre...) les règles et procédures imposées par l'Union Européenne dont ils sont les principaux fondateurs. En effet, l'achat de cette liste de noms était illégale et donc irrecevable devant un tribunal. D'autre part, la France vient d'être condamnée par la Cours Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), le 21 février dernier, pour non respect des procédures de perquisition, lors d'une enquête fiscale. Enfin, rappelons que le Lichtenstein reste la destination offshore la plus sûre du monde et que les paradis fiscaux les plus réputés, comme la Suisse, Monaco, Andorre, les îles Caïmans, mais aussi tous les autres, ont encore un très bel avenir devant eux, et ne sont pas près de lâcher prise en termes de respect de l'anonymat de leurs clients, et sur le principe de faible taxation. Trafinc n'a pas su détecter les fautifs, et les déclarations d'Eric Woerth n'ont pas poussé les médias à dévoiler la liste des trafiquants.

MAIS OU SONT LES NOMS ?
Ce Ministre, très à cheval sur les principes, avait proposé en juillet que pour détecter les montages frauduleux complexes, que soit créé, comme l'ont déjà fait les Douanes, une nouvelle cellule fiscale judicaire, qui serait placée sous l'autorité d'un juge. « Des mesures en ce sens pourraient être intégrées dans une prochaine loi de finances et au projet de loi de financement de la Sécurité sociale » avait-il ajouté avant de se lancer dans une diatribe qui a été oubliée. « Sur le plan international, nous avons décidé, avec mon collègue allemand, Peer Steinbrück, de réunir les pays de l'OCDE en octobre prochain pour faire un point politique sur le sujet », affirmait-il.
Il souhaitait notamment y aborder « les questions liées au secret bancaire dans les paradis fiscaux » et « la crédibilité de la liste noire des paradis fiscaux ». Mais les médias l'ont oublié. Qui étaient donc ces « planqueurs » de fric, car ils ne venaient certainement pas de la Fidl ou des amis de SOS Racisme, et la fraude devait porter sur des sommes exceptionnelles. Concernant l'enquête sur l'évasion fiscale vers le Lichtenstein, il avait indiqué que « la DNEF (Direction nationale des Enquêtes fiscales) a identifié 64 groupes familiaux faisant partie de la clientèle » de la banque lichtenteinoise mise en cause, LGT. « Depuis le 10 juillet dernier, grâce à des documents fournis par le fisc australien, nous possédons désormais l'ensemble des informations fiscales portant sur ces 64 groupes de contribuables français faisant partie de la clientèle de la banque LGT ». Selon Eric Woerth, le montant des sommes en jeu s'élèverait à « environ 1 milliard d'euros ». Il avait ajouté : « la Direction nationale des Vérifications de Situations fiscales (DNVSF) a lancé 150 procédures de contrôle, dont 61 examens de situation fiscale personnelle, 46 contrôles portant sur le paiement de l'impôt de solidarité sur la fortune et 38 vérifications de comptabilité ». Vite, vite, des noms et des images des perquisitions qui ont eu lieu... Vite, vite des noms, en boucle sur I télé, LCI ou France Infos. Vous pouvez compter dès demain sur les journaux français pour faire leur boulot. Surtout s'ils son prévenus avant !
Mais je déblogue...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article

commentaires

J.J. 23/12/2008 11:26

La TRACFIN avait détecté il y a quelques mois des irrégularités (avant la visite pontificale) dans les comptes de la bienheureuse gestion du complexe religioso-commercial de la grotte de Lourdes.L'indélicat saint homme, responsable de détournements à son bénéfice, a été jugé dernièrement après avoir plaidé coupable et a été condamné à une peine à peu près symbolique. Avez vous entendu aux divers bulletins d'information de longs commentaires à ce sujet ?Avez vous trouvé des articles explicites et en gros titres dans la presse "convenable" ? 

Gilbert SOULET 23/12/2008 07:58

Bonjour ami et camarade,Rien n'est plus terrible en effet qu'une déclaration de soupçon.Et donner en pâture le Député PS Julien DRAY aux médias est à la fois lâche et épouvantable pour tous. Parce qu'il est Député? Parce qu'il est au PS? Parce qu'il s'appelle JUJU tout simplement et ce qu'il représente?Ah, il est autrement moins important de parler de Bernard MADOFF; Vous savez, ce gentleman conseiller en investissements à Wall Street et ancien pdg de la Bourse Nasdaq; Il vient d'être libéré, LUI, après versement d'une caution de 10 millions de dollars; C'est dire!!! Mais les conséquences, faudraient-elles les cacher au bon Peuple? Et pendant ce temps on détruit JUJU.Et la présomption d'innocence, bordel !Merci encore et mon amitié, Gilbert de Pertuis en Luberon.