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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 07:17

Sortez vos mouchoirs ! Il va falloir en effet dès demain s'apitoyer sur le sort néfaste que les vilains consommateurs ont réservé à notre société en crise. Amis de la carte bleue vous n'avez rien compris : il fallait « dé-pen-ser ! » pour sauver les soldats Sarkozy parti à la conquête du Brésil et Fillon en campagne d'Egypte ! En vous restreignant, au nom de votre moral dans les chaussettes, vous avez été un mauvais citoyen, l'un de ceux que l'on ne va pas tarder à stigmatiser comme responsable de la récession. Restez optimiste, souriez pour les photos demain matin, même si sous le sapin il n'y a pas ce que vous attendiez. Réjouissez vous si vos proches ne vous ont rien acheté « made in China » car vous auriez pu attraper une allergie ou mourir carbonisé. Cherchez un peu à savoir si chacun de vos cadeaux a été profitable à la relance, et si vous êtes parmi les chanceux qui ont pu aller chez Peugeot, songez au bienfait de votre démarche ! Buvez et mangez sans modération, mais sans bouger de chez vous (contrôles d'alcoolémie oblige) afin de participer à la relance de la viticulture en péril. Ne vous privez de rien. Surtout pas, car vous seriez autrement un mauvais Français, l'un de ces saboteurs qui participent à notre décadence. Le problème, c'est qu'il vous manque probablement le pouvoir d'achat, celui qu'on vous avait promis si vous aviez eu la naïveté de croire au... Père Noël ! Et il fallait y croire en 2007, car depuis, la hotte n'a été pleine de cadeaux que pour ceux qui avaient les moyens de s'en offrir sans l'aide des autres !
La crise frappe essentiellement les ménages pauvres, dont plus de la moitié n'ont que 250 euros par mois pour vivre, une fois payées les dépenses fixes, révèle la première enquête globale sur les effets de la crise sur les Français, réalisée à la demande de Martin Hirsch... C'est le véritable cadeau de cette nouvelle année : plus vous êtes pauvres et plus vous deviendrez pauvre. Plus vous êtes riche et plus les dividendes qui vous seront versés au titre de 2008 vous permettront d'être riches. Si vous y ajoutez de lourdes pincées d'exonérations en tous genres et des niches fiscales ressemblant à la caverne d'Ali Baba, vous avez toutes les raisons de vivre heureux en 2009. Sous votre sapin, il ne manquera que quelques grains au caviar des fêtes !
Le baromètre social du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), rendu public hier, compare, à travers quelque 80 questions, les conséquences de la crise sur les ménages moyens et ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté (880 euros par mois pour une personne seule). « Tous les Français disent ressentir les effets de la crise, mais celle-ci touche essentiellement les plus faibles », a déclaré à l'AFP Matthieu Angotti, co-auteur de l'enquête, citant plusieurs facteurs de fragilité : avoir de faibles revenus, avoir moins de trente ans, des enfants, être au chômage ou locataire. Franchement, faire une enquête pour parvenir à cette conclusion, relève de l'exploit similaire au contenu du rapport de Xavière Tibéri. Il suffit en effet d'être au contact des gens pour constater que ce constat ne date pas de... l'apparition de la crise financière, mais qu'elle a lentement gangréné la société française. Le culte immodéré du profit avait occulté cette paupérisation d'un pays qui n'avait pas compris que le premier des Droits de l'Homme consiste à vivre convenablement des ressources de son travail ou du système de solidarité mis en place par l'Etat républicain.

DES DRAMES DECALES
La situation de loin la plus critique est celle des familles monoparentales. Plus de la moitié (56%) des ménages pauvres interrogés, représentatifs de 8 millions de ménages vivant sous le seuil de pauvreté, déclarent avoir moins de 250 euros par mois, une fois les dépenses fixes payées (logement, crédits, téléphone ...). Près de 15% de ces ménages sont même en négatif, et s'endettent un peu... plus chaque mois avec des crédits revolving qui déboucheront en 2009 sur un nouveau choc économique incontrôlable. 16% déclarent être en surendettement, contre 7% de la population générale... Et je suis certain que ces statistiques sont sous-estimées, car on n'avoue pas facilement son surendettement. 70% des ménages pauvres disent s'en sortir difficilement, contre 32% de l'ensemble de la population.
Dans ce contexte, si 40% des ménages en général ont puisé dans leur épargne plus que d'habitude au cours des trois derniers mois, 28% des ménages pauvres ont été à découvert plus que d'habitude, contre 17% pour l'ensemble.
En matière de consommation, là encore, les ménages pauvres se distinguent. Tout le monde dit se restreindre, mais il faut faire la part entre l'anticipation, le « sentiment » de restriction, et les privations sur l'essentiel.
52% des ménages pauvres ont annulé ou retardé durant les trois derniers mois une dépense importante, contre 40% globalement, 51% se sont imposés plus de restrictions que d'habitude (39% de la population générale).
Globalement, les Français ont restreint les vacances et les loisirs, l'habillement, l'électroménager.
Les plus pauvres se restreignent aussi sur les dépenses alimentaires (66%), diminuant la consommation de viande et de poisson, de fruits et légumes ou sautant des repas. Les changements touchent aussi, et c'est plus grave, à la santé, domaine où les ménages pauvres se restreignent "significativement plus" que les autres. 31% ont renoncé à des soins dentaires (contre 15% des ménages en général) et 22% à des soins optiques.
59% des ménages pauvres dépenseront moins à Noël que l'an passé (contre 48% de la moyenne des ménages).
La crise conduit tout le monde à comparer davantage les prix, mais les ménages pauvres privilégient plus que les autres les magasins discount et se refusent tout achat "coup de tête". Les discounts explosent avec des progressions à deux chiffres de leur chiffre d'affaires par rapport à 2007 ! Ce "baromètre social", qui sera renouvelé tous les trois mois, confirme l'analyse des associations d'aide aux démunis, qui avaient récemment alerté sur l'aggravation de la précarité, antérieure à la crise financière, mais s'accentuant à cause d'elle.

RETOUR SUR TERRE
Demain matin, le Père Noël passera tout de même partout, mais il masquera une réalité profonde. L'affaire de quelques minutes car vite il faudra revenir sur terre. Pas au Brésil ou en Egypte mais en France, sous un pont pour certains, sur un trottoir pour d'autres, dans des pièces non chauffées pour trop, devant une table avec des produits de la Banque alimentaire ou de la récupération dans les poubelles des grandes surfaces ou des marchés pour une part... mais dans le fond, l'essentiel c'est qu'ils ne viennent pas perturber notre frénésie de consommation. Nous avons, au moment des fêtes, un réflexe pavlovien qui conduit à ignorer tous les paramètres pour se comporter en cigales hivernales. Il semble que les coups sur les doigts répétés, au moment de mettre la main au portefeuille, commence pourtant à porter ses fruits. Le problème c'est que les doigts qui les reçoivent sont les plus engourdis par le froid de la pauvreté. Les autres savent y échapper, en portant les gants adaptés, ou en démontrant que leur geste ne changera rien à leurs moyens financiers.
L'heure est à l'économie dans les classes moyennes. Plombés par une détérioration de leur pouvoir d'achat, les Français prévoient de se serrer donc partiellement la ceinture pour les fêtes de fin d'année. Certes, comme chaque année, les Français souhaitent consommer pour Noël, mais cette fois, ils sont particulièrement rigoureux et économes afin de respecter strictement le budget de dépenses qu'ils ont décidé d'y consacrer. Ainsi, ils ont été cette année beaucoup plus nombreux à préparer un budget de dépenses pour les fêtes : 1 Français sur 2 contre seulement 1 sur 3 l'an passé. Par ce biais, ceux-ci ont voulu notamment éviter les achats d'impulsion.
Pour tenir leur budget, les consommateurs français sont en attente de promotions, mais ils prévoient aussi de réduire la part consacrée aux cadeaux. Moins de cadeaux se traduira par moins de bénéficiaires, affirme l'étude. En effet, les Français offriront moins de cadeaux aux amis ou au cercle familial éloigné. En revanche, les enfants seront préservés... et c'est la seule constante qui résiste à la crise !
Les comportements d'achat vont donc se modifier. Même si pendant la période de Noël, le prix le plus bas n'est pas la priorité unique des consommateurs, cette année, 1 Français sur 3 déclare que l'obtention du meilleur prix est le critère prioritaire, quelles que soient les conditions de fabrication du produit. Les commerces traditionnels alimentaires, d'ordinaire très fréquentés pendant cette période, devraient donc en pâtir. En effet, une partie de la clientèle de ces magasins déclare son intention d'acheter davantage dans les magasins hard discount ou en supermarchés. Dans quelques semaines, ils y reviendront avec d'autres ambitions, qui consisteront simplement à ne pas basculer dans le rouge chez leur banquier (quand il en reste un !), qui lui, aura enfin réalisé de bonnes fêtes grâce au dépôts de ses clients, tétanisés par la crise !
Mais je débloque...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

Gilbert SOULET 24/12/2008 16:59

Bien dit, cher ami et camarade;D'ailleurs au Brésil, Carla ne s'y est pas trompé non plus, en disant au peuple des Favelas:< Mon mari va vous apporter des sous-marins et des hélicoptères >,foi(e) du "Canard"!Bon Noël, et une chaude pensée pour celles et ceux pour lesquels ce seraun pôvre jour comme les autres.Gilbert de Pertuis en Luberon.