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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 07:17

L'année 2008 se terminera dans quelques heures. Elle entrera, c'est désormais une certitude, dans l'Histoire, mais elle sera certainement devancée par celle qui s'ouvrira également dans quelques heures. En effet, après la crise de 1929, on portera sur les livres d'une Histoire que les lycéens français n'étudieront plus, la notion de désastre économique pour 2008, mais surtout de naufrage social pour 2009. La société bling-bling, portée par Nicolas Sarkozy et la doucereuse Carla, ne masquera plus du tout la réalité. La gouvernance actuelle du gouvernement UMP ressemble, en ce jour de réveillon, à celle du Titanic. Les déclarations sur l'insubmersibilité du navire, sur les qualités exceptionnelles de son équipage, sur la technicité haut de gamme de ses machines et la sûreté de jugement de son commandant... permettent de faire croire que le voyage vers le nouveau monde, promis durant la campagne de lancement, ressemblera à une croisière sans risque. Tout concourt pourtant, malgré les grandes déclarations et les assurances variées, à ce que la naufrage devienne inévitable. Ce n'est pourtant pas « Titanic » qui est inscrit sur la coque mais plus clairement « France ».
Les signes se multiplient pour annoncer que les premières semaines de 2009 vont plonger tout le pays dans l'eau glacée de la crise. Et ce ne sont pas tous les vœux de la terre qui modifieront cette évolution. Imaginez, en effet, un bateau qui partirait pour un périple sans que son « capitaine » ait le moindre sou vaillant pour acheter le carburant. Actuellement, le pays vit dans l'ignorance quasi-totale des mécanismes du fonctionnement de l'Etat, ce qui permet toutes les supercheries. Par exemple, on terrorise à juste titre le contribuable en lui présentant l'endettement comme étant la pire des irresponsabilités vis-à-vis des générations futures. Et c'est vrai qu'en quelques semaines la valse macabre des milliards promis à celles et ceux qui ont enterré la vie économique a de quoi donner le tournis. Mais qui a compris que l'Etat est obligé d'emprunter à tout va, uniquement pour assurer son fonctionnement... mais pas pour relancer l'investissement, seul moyen de redonner un espoir à une économie exsangue.
Face à l'ampleur de la crise, Nicolas Sarkozy a d'ores et déjà tiré un trait sur son souhait de ramener le budget français à l'équilibre en 2012. « Nous n'avons pas le choix: ne rien faire nous coûterait bien plus cher », avait prévenu le "capitaine" début décembre. L'an prochain, le déficit public devrait ainsi être propulsé à 3,9% du PIB, bien au-delà des 3% autorisés par Bruxelles. Mais la crise devrait peser, dès cette année, sur les résultats des entreprises et sur la consommation des ménages, amputant d'autant les rentrées fiscales de l'Etat.
Le ministère du Budget a ainsi évalué (sous-évalué pour ne pas effrayer la bourse) à 4,4 milliards d'euros, pour le moment, le manque à gagner en matière de recettes fiscales en 2008 au titre l'impôt sur les sociétés, avec le risque de voir le déficit public dépasser 3% du PIB dès cette année. Le manque à gagner total en matière de recettes fiscales est déjà estimé à 9 milliards d'euros en 2008. Parallèlement, la dette publique pour faire face au seul fonctionnement de l'Etat continue de s'alourdir: elle atteindra 1.284,8 milliards d'euros au 30 septembre, soit approximativement 66,1% du PIB, selon l'Insee, alors que la limite est fixée à 60% par Bruxelles... et elle se creuse chaque jour un peu plus.

UN RECORD DE PLUS
Il faut sans cesse expliquer que ces fonds ne relanceront absolument pas l'économie sur le terrain, tant qu'un plan d'investissements en biens et réalisations durables ne sera pas décidé. Et c'est là que se situe le paradoxe, car rien ne pourra se faire sans une forte volonté des collectivités locales en la matière, puisque ce sont elles qui investissent à près de 75 % en France. Or, le gouvernement ne trouve rien de mieux que de déstabiliser le système au moment où l'iceberg approche ! Un Conseil régional, un Conseil général, une commune ne peuvent pas emprunter pour fonctionner, mais elles doivent emprunter pour réaliser et donner des ordres de travaux qui sauvegarderaient des centaines d'emplois... quand tous les rouages de l'Etat (Préfets, Trésoriers payeurs généraux, comptables publics de base, cours des comptes...) flinguent allègrement, sur la base de ratios dépassés, les élus locaux, départementaux ou régionaux qui investissement trop en empruntant ! S'ils stoppent, on constatera alors que le désastre va vite s'accentuer !
Il est d'ailleurs déjà arrivé, avec la publication hier des statistiques du chômage. Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE en catégorie 1, baromètre de référence, a fait un bond de... 3,2% (+64.000 personnes) en novembre 2008 par rapport à octobre et de 8,5% sur un an, pour s'établir à 2.068.500, a annoncé le ministère de l'Emploi. Cette hausse du chômage mensuel, en données corrigées des variations saisonnières, (CVS), est la septième consécutive et la plus forte depuis le début de l'année.
Elle a été immédiatement qualifiée de « plus forte hausse de toute l'histoire » du pays, par la première secrétaire du PS et ancienne ministre du Travail, Martine Aubry. Ses affirmations n'étaient pas vérifiables immédiatement, car les statistiques comparables ne sont accessibles que depuis 1991, mais un expert, Jacques Freyssinet, professeur d'économie à la Sorbonne, a déclaré à l'AFP n'avoir « aucun souvenir » d'une progression aussi importante en pourcentage.

DEJA MIEUX QU'A SON ARRIVEE
Le chômage avait déjà progressé de manière spectaculaire en août (+2,2%) puis en octobre (+2,4%). La hausse du mois de novembre est liée à une forte progression des inscriptions à l'ANPE pour fin de mission d'intérim (+18,2%) et pour licenciement économique (+13,1%). Ces évolutions sont calculées sur les trois derniers mois, par rapport aux trois mois précédents. Pour la première fois, le nombre d'inscrits à l'ANPE est supérieur à ce qu'il était lorsque Nicolas Sarkozy a été élu président de la République en mai 2007.
En avril 2007, l'ANPE avait comptabilisé 2.011.300 demandeurs d'emploi de catégorie 1. Le nombre d'inscrits à l'ANPE avait été inférieur à 2 millions de mai 2007 à septembre 2008... mais soyez-en certains, il en parlera ce soir dans ses vœux, debout, droit dans ses bottes et paré du... bouclier fiscal ! Il évitera de parler de solidarité, en cette période terrible, et de souligner que, dans un naufrage, les canots de sauvetage ne sont pas réservés aux personnes les plus riches ou capables d'écraser les autres ! Il va promettre qu'on ne laissera personne « couler » à pic, quand on sait que, dès les fêtes passées, les plans sociaux vont s'enchaîner à une allure accélérée. Le résultat du chômage en décembre 2008 sera en effet encore plus épouvantable... mais on ne le découvrira que quand il sera trop tard. Un peu de promo pour Carla, et tout sera oublié.
Un dossier spécial, la semaine prochaine, dans " Paris Match Pravda", sur un réveillon frugal, une visite aux Restos du Cœur le plus tôt possible, une annonce quotidienne de milliards nouveaux surgis de nulle part, une réception de Barak Obama et de Madame en avril, une ou deux sorties à l'étranger fin janvier et début février pour vendre quelques centrales nucléaires, une escapade éclair en Afghanistan quand l'Otan aura expédié ses troupes supplémentaires... et on effacera l'addition des sans emplois, avec le soutien de télévisions, préoccupées de ne pas contrarier le nouveau Président Directeur Général de toutes les chaînes. Celui qui souhaite réussir à décupler tous ses pouvoirs sauf celui d'achat des autres, va se glisser dans le costume du Gérard Majax de la crise ! Début du spectacle ce soir à 20 heures pétantes !

PLAN, PLAN ET RATAPLAN
Le plan de relance est absolument nécessaire et il doit être accentué très vite, en accélérant les grands chantiers comme les lignes TGV , la rénovation des écoles, des collèges, des lycées, des universités et des hôpitaux : cet argent restera en France et favorisera directement l'emploi. Encore faut-il qu'un pacte soit scellé avec les collectivités locales, et que de nouveaux projets voient le jour. Or, tétanisés par l'opinion dominante voulant que toute augmentation de la fiscalité est associée à une gestion désastreuse les élus (de gauche notamment), ceux-ci préfèrent réduire les investissements. Le plan actuel n'est qu'une compilation de projets déjà maintes fois annoncés et jamais réalisés pour bien d'autres raisons (oppositions locales, retard dans les procédures administratives, appels d'offres désastreux, défaillance des financements de... L'Etat ruiné) . Il semble bien timide au regard de l'ampleur de la crise industrielle, à tel point que le président Sarkozy a déjà annoncé qu'il y aura un supplément au programme dans le secteur de la construction automobile... pour tenter d'éviter une catastrophe globale.
Le problème, c'est que le gouvernement a déjà tiré la majeure partie de ses cartouches.
Pour « muscler » son artillerie anticrise, il n'aura pas d'autre solution que d'augmenter les impôts ou d'emprunter encore et encore pour fonctionner. Et alors, il avalera son chapeau et ses principes. Probablement utilisera-t-il les deux méthodes, car une chose semble de plus en plus certaine : les effets de la crise de 2008 ne dureront pas moins longtemps que ceux de la Grande Dépression de 1929... dont on sait vers quel drame elle a conduit le monde.
Ah ! Si ce soir dans ses vœux le Président appelait à la solidarité et annonçait que le Parlement serait saisi, dès la semaine prochaine, d'un rectificatif à la loi des finances supprimant le bouclier protecteur et les niches fiscales injustes, on pourrait reprendre un peu d'espoir. Ah ! Si ce soir il annonçait que toute entreprise effectuant des bénéfices nets ne pourrait pas licencier sans autorisation. Ah ! Si ce soir le « Patron du Titanic » admettait qu'il faudrait un peu de modestie pour affronter autre chose qu'une crise financière venue d'ailleurs. Ah ! Si ce soir la maître du monde proposait de sanctionner tous les responsables des faillites bancaires en série ! Allez, bon réveillon et consommez sans modération pour lutter contre la crise. Sauf celle du foie !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

Michel 31/12/2008 14:08

ah si ce soir NS annonçait que finalement "gouverner" c'est trop dur pour lui et s'il démissionnait après s'etre excusé auprès des Français pour s'être trompé de destination bling bling !Mais nous débloguons tous...Bonne année quand même !!

Jean.Samenayre 31/12/2008 10:13

Excellent article, une fois de plus tu es lucide sur l'avenir de notre sociéte. Je conseille à tous les lecteurs de se papier de le démultiplier auprès de leur carnet d'adresse. Bon courage pour 2009 à tous.