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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 07:17

Mois après mois, de manière inexorable, la solidarité prônée par Nicolas Sarkozy dans ses vœux de rentrée, et vite très vite oubliée, disparaît. Elle repose sur le centralisme propre au communisme d'une certaine époque : elle est sensée partir de la base pour profiter au sommet ! Après la création des franchises médicales, dont je serais particulièrement heureux de savoir combien ont été réellement affectées aux finalités proclamées il y a un an, un bilan de la solidarié concrète s'impose.
Allez, osons simplement vérifier combien cet acte de solidarité des plus malades vers les moins malades a servi à financer le plan de lutte contre le cancer, la maladie d'Alzheimer et l'amélioration des soins palliatifs. Cette franchise de 0,5 euro par boîte de médicaments, 0,5 euro pour tous les actes paramédicaux et de deux euros sur tous les transports sanitaires a été appliquée dans un silence assourdissant depuis le 1er janvier dernier. Elle a été annuellement plafonnée à 50 euros par assuré social, et il serait intéressant de connaître les statistiques relatives à cette contribution. Qui se retrouve piégé par cet impôt social sur l'infortune liée à la maladie ? Sont-ce les plus nantis ? Sont-ce les plus malades ? Sont-ce les plus fragiles ? On avait déjà une réponse partielle au bout de six mois de mise en place : fin juin, 6 % des assurés avaient atteint ce plafond : 18 % des personnes en affection de longue durée (diabète, cancer, etc.) et 2 % des autres patients ! Les cancéreux, les Alzheimer, les admis en soins palliatifs... eux, attendent encore une amélioration de leur sort ! Il est vrai que peu d'entre eux se souviennent des promesses de 2008. Il y en tant eu qui se sont retournées  contre les gens dont elles devaient améliorer le sort, que plus personne ne se plaint : la résignation est la pire maladie sociale actuelle !
La question du remboursement avait, par exemple, donné lieu à un cafouillage. Le chef de l'Etat avait demandé que "cette franchise puisse être prise en charge par les assurances complémentaires santé". Concrètement, les complémentaires santé furent en fait fortement incitées à ne pas prendre en charge ces nouvelles franchises, puisque, si elles le faisaient, elles perdaient toute une série d'exonérations fiscales et sociales, dont bénéficiaient les seuls contrats dits "responsables". Les mutuelles ont pourtant décidé de peser encore plus dans le budget 2009 des familles, alors que le Président de la République avait promis une augmentation du pouvoir d'achat. Principal argument avancé par Jean-Pierre Davant, le Président de la Mutualité française, pour justifier l'augmentation des tarifs des mutualistes : une taxe d'un milliard d'euros sur leur chiffre d'affaires, décrétée comme « indolore » par Roselyne Bachelot !
Jean-Pierre Davant a ainsi dénoncé « une taxe » que « nous avions souhaité exceptionnelle, nous avions même dit que si elle était exceptionnelle, nous ferions un effort pour ne pas pénaliser nos adhérents dont le pouvoir d'achat est malmené depuis quelques mois, mais le gouvernement n'a pas voulu nous entendre.» Résultat, les sociétés  mutualistes devraient augmenter leurs tarifs de 3.5% à 4%... en 2009 et leurs adhérents auront droit, pour celles et ceux qui peuvent encore se payer une mutuelle à la double peine : franchise, plus augmentation de la cotisation ! Mais ça marche : personne n'a réagi. Sauf qu'en 2009 le nombre de foyers qui pourront payer une complémentaire santé va diminuer, car certains n'auront plus, tout simplement, les moyens de le faire ! C'est ce que l'on appelle la « solidarité », chez Sarkozy !
LES HANDICAPES CIBLES
Depuis le 1er janvier, nombre de familles découvrent ainsi, brutalement, que les frais de transport des personnes handicapées, entre leur domicile et le centre où elles reçoivent des soins, sont désormais moins remboursés. Jusqu'à présent prises en charge par l'assurance-maladie, ces dépenses sont aujourd'hui intégrées dans un nouveau dispositif : la prestation de compensation du handicap (PCH). Seul problème : celle-ci est plafonnée à 200 euros par mois, alors que les seuls frais de taxi peuvent, dans certains cas, dépasser 1 000 euros, lorsque le handicap nécessite plusieurs séances de soins par semaine.
Certes, cette modification n'est pas une surprise : elle figure en toutes lettres dans un décret paru en février 2007, antérieur à l'élection de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Le gouvernement actuel n'est responsable que de la mise en œuvre... d'une décision prise par un autre gouvernement UMP. Difficile de ne pas établir un parallèle entre ces décisions prises au détour d'un décret, en cachette, sans concertation préalable, et la réaction pour le moins affligeante du Parquet, à la suite de la mort d'un patient le dimanche 28 décembre à Paris, après la vaine recherche d'un lit en réanimation dans les hôpitaux d'Ile-de-France : " Si on avait trouvé une place, ça n'aurait pas changé les choses (...). Il y avait peu de chances de le sauver. " Quel signe d'humanité et de solidarité ! Ce pauvre homme a eu le tort d'être malade durant les fêtes ! Dommage pour lui si 27 hôpitaux n'avaient pas de lits disponibles !
Difficile également de ne pas rapprocher cette gestion du système de santé, purement comptable et inhumaine, des voeux de Nicolas Sarkozy, affirmant droit dans les yeux des « couillons » qui l'admiraient, le 31 décembre, qu'il ne laisserait "pas les plus fragiles se débattre seuls dans les pires difficultés ". C'est un excellent début pour 2009 ! J'ai déjà personnellement rencontré une personnes seule, au RMI, avec un fils adulte handicapé, auquel on refuse les déplacements, tant qu'elle n'a pas... payé d'avance le taxi sanitaire qui le conduit chaque jour vers la MAS où il est accueilli. Affligeant ! Désastreux ! Démoralisant ! Elle attend depuis des mois une décision de la Maison Départementale des Personnes Handicapées de la Gironde pour espérer une aide supplémentaire. Or la MDPH est submergée par le fait que le postes de fonctionnaires d'Etat promis n'ont pas été transférés (refus des intéressés ou suppressions de postes), et le Conseil Général ne peut pas continuer à mettre la main à la poche pour compenser des années de défaillances (COTOREP notamment), car on lui a transféré la compétence, sans les finances correspondantes ! Les handicapés n'en ont cure, et je les comprends, mais pourquoi continuent-ils à se laisser berner par des effets d'annonce dénués de toute réalité ultérieure !
UN DESASTRE PREVISIBLE
Que l'assurance-maladie doive réaliser des économies n'est pas contestable. Que cela demande des efforts à tous, y compris peut-être aux familles de handicapés, peut se discuter, mais peut aussi, au minimum, être la dernière solution. Mais appliquer mécaniquement, durement, immédiatement, des décisions si lourdes de conséquences pour certains des plus démunis des Français, n'est pas tolérable. Et tenir, le soir des vœux du Nouvel An, en tant que Président garant de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, des propos si rapidement démentis par les faits, risque de décrédibiliser encore un peu plus la parole politique qui est déjà bien mal en point ! L'aide allouée à un adulte ou à un enfant handicapés pour le trajet domicile-établissement est désormais plafonnée à 12 000 euros sur cinq ans. Tout ce qui dépassera ce plafond restera à la charge des familles. « 12 000 euros, cela peut paraître important, explique le responsable d'une association. Mais, sur cinq ans, cela ne représente que deux cents euros par mois... Imaginez un enfant qui doit faire trente kilomètres en ambulance, matin et soir, entre sa maison et son établissement. Les deux cents euros auront été dépensés entre le 5 et le 10 du mois... » .
En seulement 5 mois, début 2008, la personne que j'ai reçue doit à l'ambulancier...plus de 7500 euros que personne ne veut acquitter : la CPAM se réfugie derrière le transfert des charges et le Conseil général ne peut pas faire face à une augmentation exponentielle de ses dépenses. Pour l'instant, on est au début du système, et les familles ne vont pas s'apercevoir tout de suite qu'il va leur rester des sommes faramineuses à payer. Mais que feront-elles quand on leur dira qu'elles ont épuisé leur forfait ? Cela viendra très vite pour les externes et les demi-pensionnaires, un peu plus tard pour les internes. Résultat ? Les internes ne pourront plus rentrer dans leur famille, et les autres n'iront plus dans l'établissement d'accueil. C'est un scandale... qui laissera le gouvernement de la « solidarité » de marbre ! Le déficit budgétaire devrait avoisiner les 100 milliards d'euros, alors il faudra bien faire payer l'addition au maximum de personnes !
Les associations tentent de négocier, mais le discours gouvernemental est simple : « il faut prendre en compte la nouvelle conjoncture. » Un argument qui ne tient pas, car l'actualité n'est pour rien dans cette décision de plafonnement des aides, qui est bien antérieure à la crise. Il faut bien comprendre que les personnes dont nous parlons ne peuvent pas faire un effort. Elles ne le peuvent pas. Tout simplement. Mais personne ne s'en soucie. Le mandat présidentiel a commencé par un acte de solidarité fort à l'égard des « handicapés » du profit, ceux qui payaient trop d'impôts à leur pays de résidence et qui n'arrivaient surtout pas à les dissimuler. Alors maintenant, c'est au tour des autres !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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