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MAIS JE DEBLOGUE...

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 07:17

J'ai parfois bien du mal à me souvenir du contenu des 1200 chroniques publiées sur ce blog depuis sa création. Je conserve néanmoins en mémoire des thèmes ayant provoqué des réactions irritées des rares supporteurs du gouvernement de droite actuel. Un texte avait provoqué une polémique « privée » avec un lecteur, qui avait une vision diamétralement opposé de la mienne sur la laïcité. Il avait décidé, pour démontrer le « ringardisme » de mes positions sur ce sujet, de piquer le contenu de la chronique et de le publier sur son blog, avec quelques critiques acerbes du genre : regardez ce que c'est qu'un « laïcard » dépassé ! Bien évidemment, il n'avait nullement sollicité mon accord pour l'exploitation d'une prise de position que j'assume encore plus aujourd'hui qu'avant... et surtout depuis que Nicolas Sarkozy, ardent développeur du communautarisme religieux, a plongé le pays dans la pire des situations. Comme sur beaucoup de sujets, il faudrait ne pas avoir la mémoire courte, et revenir sur la « karchérisation » des banlieues, les émeutes qui succédèrent, et... le recours massif aux grands frères, aux imams, pour calmer les ardeurs d'une « communauté » qui avait été provoquée et plus encore stigmatisée.
La constitution d'entités officielles donnant une existence légale aux phénomènes religieux de tous bords avait encore accentué ces phénomènes, faisant le lit du principe d'une France laïque ayant essuyé, dans le passé, les effets néfastes d'une telle méthode de gestion de la vie sociale.
Quand le Chanoine de Latran se délecte dans des déclarations qui plaçent le pasteur au-dessus de l'instituteur, il ouvre forcément la porte à toutes les interprétations du rôle des religions. Il suffit alors qu'une étincelle intervienne, pour que le baril de poudre explose. Pour l'instant, on en reste à des phénomènes ponctuels, mais... ça ne cesse de progresser. Divers événements : profanation de cimetières musulmans, attaque d'une synagogue, manifestations et contre-manifestations violentes, viennent confirmer que les communautés, soudées par une religion plus ou moins extrémiste, vont s'affronter sur des terrains jusque-là paisibles. Il est déjà trop tard pour restaurer le seul concept qui pouvait mettre la République à l'écart de cette guerre larvée : la laïcité. Au risque de lasser, je ne peux que réécrire que jamais ce concept, méprisé et tourné en dérision par Nicolas Sarkozy qui, sous la plume de Guaino, la souhaitait « positive » pour mieux la tuer, n'a été autant actuel. Il est même urgentissime que les politiques ayant un brin de jugement clament que c'est la priorité des priorité en une période de crise, où les haines factices, mais bien entretenues, vont se raviver.
DOIT-ON S'INTERROGER ?
Une voiture bélier en feu a été lancée contre une synagogue, à Bagatelle, dans un quartier dit "à karchériser" de Toulouse. Une autre voiture, qui contenait des cocktails Molotov, était garée non loin de là. On ne déplore aucune victime. Mais on s'interroge, en plein conflit israélo-palestinien, sur cet acte qui n'a pas été revendiqué... mais qui dénote forcément que les communautés, que l'on a sans cesse encouragées, sont prêtes à s'affronter.
L'automobile en feu a été précipitée contre le portail métallique du bâtiment, qui a résisté à l'assaut et n'a été que noirci.
A cette heure-là, un rabbin donnait des cours à l'intérieur de la synagogue. L'ensemble des personnes présentes dans l'édifice religieux a pu s'enfuir et échapper au sinistre. Cet acte de malveillance aurait donc pu tourner très mal. D'après des sources policières, les auteurs ont été dérangés, vraisemblablement par une alarme puisque le système de vidéo-surveillance a permis de déjouer cet attentat. Acte de malveillance ou acte antisémite ? On se pose évidemment la question, alors que redoublent les combats dans la bande de Gaza.
Cette agression intervient peu après la réunion, organisée lundi par la ministre de l'Intérieur, qui a reçu les principaux représentants des « communautés » juives et musulmanes de France pour appeler au calme, après les manifestations qui ont suivi l'offensive israélienne à Gaza.
Une démarche qui dévoie le système républicain, car il condamne les positions des gens non assujettis à cet esprit communautariste religieux. Eux sont simplement des citoyennes et des citoyens français, qui respectent le caractère laïque de la République à laquelle ils appartiennent, et se permettent d'affirmer que le conflit israélo-palestinien n'est pas un conflit entre juifs et musulmans, mais la confrontation de deux états autonomes.
C'est chaque fois que l'on a sciemment transformé un affrontement entre entités plus ou moins reconnues par les organismes internationaux en « croisade » (comme l'a fait, quand ça l'arrangeait, Georges W. Bush en Irak) ou en guerres de « religions » ou de « civilisations » que l' on a fait reculer l'Humanité de plusieurs siècles. Le monde le paiera cher ! Très cher ! Trop cher !
TERRORISME OU VANDALISME ?
La tentative d'attentat contre la synagogue dénote surtout la faiblesse de la République française en cette période difficile, comme l'avaient révélé les profanations de 148 tombes, un an après des dégradations du même type dans le carré musulman du cimetière de Notre-Dame de Lorette. Des inscriptions «anti-islam», des « insultes contre Rachida Dati», et même... «une tête de porc pendue à l'une des tombes » témoignaient de la volonté des auteurs de ces actes odieux de bâtir leurs attaques sur des références religieuses. « Il y a longtemps qu'une synagogue n'a pas été victime d'un acte d'une telle ampleur », a fait remarquer Dominique Sopo, qui se dit « extrêmement inquiet » quand il voit « des manifestations de haine se dérouler dans les villes françaises ». Pour le Président de SOS racisme, le fondement de ces affrontements ne repose pas exclusivement sur le conflit israélo-palestinien, mais « c'est un problème de cohésion sociale ». Il est, en effet, bien facile de parler « d'importation » néfaste d'une guerre terrible pour les populations d'un camp ou de l'autre, et c'est bien vite évacuer une accumulation d'erreurs, née de la volonté de se désengager financièrement des zones difficiles. « Il faut prendre la mesure de l'affaiblissement du réseau associatif », estime Dominique Sopo sans expliquer que partout où la laïcité a reculé, partout la haine a progressé.
Nicolas Sarkozy a donc condamné « avec la plus grande fermeté », hier, l'acte de vandalisme (sic) comme le qualifie le Point.fr. Les gens de Tarnac, contre lesquels il n'existe aucune preuve formelle de participation effective au sabotage des lignes TGV sont... de dangereux « terroristes », alors que les incendiaires de Toulouse ne seraient que des... « petits vandales » ! « Notre pays ne saurait tolérer que la tension internationale se traduise par des violences communautaristes » a affirmé le Président de la République. Mais qui donc a créé les conditions de ces réalités sociales, qui reposent sur la confusion entre le politique et le religieux, sur le fait que l'on ait recours au second pour participer à la gouvernance mondiale, que l'on associe volontairement des références à des pays et à des croyances, que l'on ait fait de la laïcité une valeur dépassée ? Dans le sillage du président de la République, plusieurs voix se sont élevées face à cet acte. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a dénoncé pour sa part un « acte débile et révoltant » qu'elle n'a pas encore attribué à « l'ultra-gauche », mais ça ne saurait tarder. Interrogée, sur RMC, sur les liens éventuels entre l'attaque et la situation au Proche-Orient, elle est restée beaucoup plus prudente. Elle s'est montrée soucieuse de la situation au Proche-Orient et de ses éventuelles conséquences en France. « Ma préoccupation, c'est que la situation ne dégénère pas dans notre pays, que la violence ne soit pas importée » a-t-elle expliqué, comme si la...violence dans notre pays attendait d'être amenée de l'extérieur, et comme si elle n'était pas déjà en germe sur notre territoire.
UNE ERREUR FONDAMENTALE
Ces derniers jours, les tensions ont en effet crû entre l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans, et le Crif. Sur le site de l'organisation musulmane, un diaporama affiche « les photos de la barbarie israélienne », tandis qu'un texte dénonce « un génocide sans précédent contre la population palestinienne ». La réplique est venue. « C'est un appel à la violence, une façon de souffler sur les braises », soutient Richard Prasquier, le président du Crif, pour qui Israël défend son droit à la sécurité. De son côté, l'UOIF accuse le Crif de forger « l'amalgame entre les Français juifs et Israël », en soutenant « inconditionnellement l'État hébreu ». Cette année, les mosquées ont clairement relayé les appels à la mobilisation. En période de crise, l'Union des étudiants juifs de France craint donc désormais de voir "la cause palestinienne canaliser une rage... latente" . Tiens donc, les banlieues ne seraient pas aussi paisibles qu'on le croit ?
Si les affrontements communautaristes venaient à dégénérer, on vérifierait vite qu'il faut regretter d'avoir détruit la référence la plus précieuse pour le vivre ensemble. « Voilà bien une indignation partisane, inspirée par l'intolérance laïque », ne manqueront pas de dire les inconditionnels du sarkozysme, habitués de L'AUTRE QUOTIDIEN, et qui sont d'autant plus sévères qu'ils n'y voient qu'une miroir de leurs défaillances. Ils ont une idée totalement erronée, selon laquelle la laïcité serait un dispositif antireligieux faisant obstacle à la tolérance. C'est qu'ils confondent ostensiblement laïcité et tolérance. Le principe de laïcité touche l'autorité publique et ses prises de position, ce qui relève de l'Etat et de ses institutions. Ce principe est d'une grande simplicité : il dit que le lien religieux n'est pas nécessaire au lien politique qui fonde la vie dans la cité. Il impose un devoir d'abstention à la puissance publique en matière de croyances et d'incroyances. Cette abstention fonde, partout ailleurs dans la société civile, la liberté des opinions, des croyances et des incroyances, dans le cadre du droit commun. La laïcité ne s'oppose aux religions que quand celles-ci prétendent faire la loi ou punir au nom de leurs dogmes.
Le raisonnement sarkozien a mis en valeur cette confusion dramatique des genres, pour réclamer une laïcité « positive », plaçant la puissance publique au même régime de tolérance que la société civile. Cela est revenu à briser le modèle politique qui, en France, conditionnait une grande partie de la liberté d'opinion. Il a promu, par simple calcul politique, les religions ès qualités au statut d'interlocuteurs politiques, et il a donc grandement ouvert la voie au communautarisme, dont nous mesurons maintenant les effets pervers. Le mal est fait. Ecoutez bien qui crie au loup... Cherchez qui a tout fait pour l'installer au cœur du troupeau, et attendez la suite. Avec inquiétude.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

J.J. 08/01/2009 09:27

Réponse à Gilbert ...il ne doit ni foi ni obéissance à personne....C'est justement de ce type d'individu dont on veut se débarrasser. Il s'agit de créer une race de béniouioui qui ne risquerait pas de devenir un jour un dangereux épicier anarcho- autonomiste en embuscade sur le plateau de Millevaches !...ou qui pourrait devenir simplement un citoyen possédant un esprit critique, ouvert,  intelligent, tolérant, juste et responsable...ce qui est l'ambition de l'Ecole Grautite, Obligatoire et Laïque. 

Gilbert SOULET 07/01/2009 11:08

Bonjour Jean-Marie, et salut à tous.Si je pouvais le dire en direct à notre Chanoine de Latran, je lui dirai tout simplement: il n'y a pas de laïcité < positive >
en laissant supposer qu'une autre serait < négative >; Il y a cette loi centenaire que nous devons sans cesse appliquer: La Laïcité.- Je souhaite rappeler sur le sujet ce que le radical Ferdinand Buisson prononça peu avant 1905, affirmant qu’« on ne fait pas un républicain comme on fait un catholique », il expliquait : « Pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain si petit et si humble qu’il soit [...] et lui donner l’idée qu’il faut penser par lui-même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite. [...] Croire, c’est ce qu’il y a de plus facile, et penser, ce qu’il y a de plus difficile au monde [...] il ne s’agit de rien moins que de faire un être libre [...]. »Enfin, pour notre cher Président, je terminerai en écrivant qu'il n'est pas nécessaire d'être croyant pour espérer.Amicalement et merci à Jean-Marie pour son billet.Vivement la Paix au Moyen Orient avec application des accords de Genève, et autres résolutions de l'ONU.Gilbert de Pertuis en Luberon

J.J. 07/01/2009 09:47

Celui qui voulait y croire, celui qui n'y croyait pas...( Louis Aragon la Diane Française, refrain  d'un  poëme  écrit pendant l'occupation)Ce vers évoque un temps pourtant bien malheureux, où croyants et incroyants de tout bord avaient trouvé une idée force et concentraient leur énergie vers un seul but : la délivrance du pays.Faudrait-il que l'on retombe dans une pareille situation de désespérance pour que chacun oublie  ses différences avec l'autre ?N'y-at-il que le malheur qui puisse unir les hommes ( et les femmes !) de bonne volonté ?

puig 07/01/2009 08:57

Bonjour Jean-Marie,au sujet de la laïcité je partage ta position et j'aurais aimé pouvoir l'écrire avec autant de clarté. ( c'est pour cela que je ne tiens pas de blog ;-)!Pour le conflit Isrelo-palestinien c'est trés complexe et les positions à l'emporte piéce sont une insulte à l'intelligence et j'apprécie taa démarche sur ce sujet.Bref en tant que fidéle lecteur(parfois critique, souvent conquis) depuis le début, j'aime l'autre quotidien et je lui souhaite longue vie et bonne année à son auteur.A bientôt.

Rocky 07/01/2009 08:22

En prenant la tête de la manifestation de soutien à Israel l'autre jour à Paris, le grand rabbin aurait pu penser que certains esprit faibles risquaient de faire l'équation synagogue = Israel, et que faute de pouvoir s'en porendre à Israel, ils se tourneraient vers les synagogues.