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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 07:17

Il était brillant et aimé. Il avait franchi toutes les étapes de la vie politique avec une volonté exceptionnelle de devenir le meilleur d'entre tous. Lorsqu'il succomba à une crise cardiaque, il sortait d'une réunion politique, comme si jamais il n'avait renoncé à revenir au premier plan et comme s'il voulait faire oublier les chemins détournés, indignes, empruntés pour rester au pouvoir. A 22 ans, Adrien Marquet, dentiste de profession, issu de l'extrême-gauche, est déjà un militant socialiste, secrétaire fédéral de la SFIO de Gironde. Il entame une carrière exceptionnelle, qui se terminera plus de 40 ans plus tard dans la pire des situations, celle que connaissent uniquement les traitres.
En 1912, il est élu conseiller municipal de Bordeaux, et il mettra douze ans pour franchir, la même année, deux échelons supplémentaires : conseiller général, puis député ! En 1925, âgé de 41 ans, il est élu maire de Bordeaux. Il imprime à la ville ouvrière une politique de transformation sociale, en construisant ou en modernisant les équipements. Il érige la nouvelle Bourse du travail, la piscine Judaïque, le stade Lescure, les abattoirs, entreprend la réfection des égouts et de l'éclairage public, la macadamisation des rues. Il pratique aussi le clientélisme avec succès, auprès des employés du Gaz de Bordeaux, auxquels il accorde quantité d'avantages sociaux... Un véritable socialiste, qui se mâtine progressivement d'une dérive autoritariste et d'un opportunisme personnel. Il déclare vouloir « prendre le fascisme de vitesse » et prône une forme de socialisme, autoritaire et corporatiste, proche du modèle Mussolinien.
Il devient alors ministre des travaux publics du gouvernement de Gaston Doumergue dans un gouvernement d'ouverture ! En juillet 1933, lors du trentième congrès de la SFIO, Adrien Marquet défendait « l'ordre, l'autorité et la Nation » provoquant la consternation de Léon Blum qui le combattit avec désespoir et indignation !

LA DERIVE HONTEUSE
Exclu de la SFIO par ce dernier, avec Marcel Déat et Pierre Renaudel, après la publication du manifeste des « néo-socialistes », ceux-ci fondent le Parti socialiste de France (PSDF) dont il sera aussi exclu, mais par Marcel Déat cette fois-là. Il est encore ministre du Travail (tiens donc) dans le cabinet Doumergue, aux côtés de Pierre Laval et du Maréchal Pétain entre février et novembre 1934. Des fréquentations qu'il assumera volontiers, et qui ne lui poseront jamais un problème. Il s'installe donc, avec cynisme, de manière ostentatoire, dans le camp de ceux qui dédaignent les principes qui leur ont permis de s'élever et de bénéficier de la confiance populaire.
Marquet fonde alors en 1935 le petit Parti néo-socialiste, et réussit en 1936, dans un contexte pourtant très défavorable, à être élu, de très peu, député de la Gironde. Il ne renonce absolument pas à sa carrière, qui doit passer avant tout, et même avant ses propres convictions, ses propres déclarations. Succédant à Charles Pomaret, il est nommé ministre de l'Intérieur le 27 juin 1940 par le Maréchal Pétain, alors dernier président du Conseil de la Troisième République, et il vilipende ce qu'il avait adoré ! Il se distingue des autres ministres par le fait qu'il n'est pas partie prenante de la Révolution nationale.
Il est remplacé par Marcel Peyrouton, le 6 septembre 1940. On a peu d'écrits sur les raisons de ce remplacement, si ce n'est qu'Adrien Marquet était opposé à la promulgation de lois antisémites. En effet, dès le mois d'août, Abetz déclarait que la France devait s'aligner sur l'Allemagne sur ce sujet, et les antisémites français, comme Alibert qui avait déjà fait un projet de loi, et Doriot, faisaient campagne pour que des lois antisémites soient rapidement promulguées. Pendant l'Occupation, il défend ardemment les intérêts de Bordeaux. En particulier lorsque des Allemand veulent enlever les caténaires du tramway et emmener les voitures en Allemagne. Lors de la libération de Bordeaux, c'est lui qui initialise les discussions pour l'évacuation de la ville par la Wehrmacht, sans destruction. Il est arrêté le 29 août et incarcéré au fort du Hâ le 5 septembre 1945 !
A son procès devant la Haute cour de Justice, tenu sous la présidence de Louis Noguères fin 1947, verdict en janvier 1948, de nombreux témoignages entrainent son acquittement, sauf pour la déclaration d'indignité nationale, qui est alors de rigueur pour tous ceux qui ont participé à un gouvernement sous le régime de Vichy. Les chemins de la vie politique sont pavés de bonnes intentions, mais souvent de mauvaises orientations. Adrien Marquet avait la certitude d'avoir raison contre tous. Il s'est fourvoyé !  

DES POSITIONS CLAIRES
Dans les « inquiétantes ruptures de Nicolas Sarkozy » on trouve la description d'un « ministre de l'Intérieur survolté mais peu efficace » qui parfois « enfile la combinaison d'un Le Pen », ne « croit pas au modèle républicain d'intégration » qu'il veut au contraire « démanteler ». On y ajoute que le modèle de ce « néoconservateur américain à passeport français » est « communautariste et confessionnel ». un diagnostic largement confirmé par la suite et qui désormais a conduit la France au bord du gouffre. « Comme George Bush il compte sur toutes les religions y compris fondamentalistes et souvent intégristes pour réguler la vie en société, encadrer les jeunes et ramener l'ordre dans les quartiers », expliquait lucidement l'auteur dans l'introduction de cet opus multithématique de 140 pages intitulé « Les inquiétantes ruptures de Monsieur Sarkozy ». Un livre qu'il faudrait faire dédicacer à son auteur, tellement il est criant de vérité et tellement il correspond à la dérive du sarkozysme !
Les deux lois sur l'immigration du ministre de l'Intérieur Sarkozy, - « à l'ego largement plus dilaté que la moyenne des hommes politiques » et qui aime « se servir des mots pour prétendre panser les maux », -  qui devaient, selon le même auteur, se conclure par « la production assurée de clandestins » , n'échappaient pas à cette mise en coupe réglée. Un constat d'une criante vérité qui s'appliquerait à une analyse objective du comportement présidentiel et que personne ne songerait à réfuter.... sauf celui qui a franchi la ligne blanche, pour tirer un trait sur tous ces reproches incisifs, que peu de gens oseraient écrire sans risques !
La loi du 26 novembre 2003 s'est soldée, selon lui, par un « échec de ses deux ambitions: réformer la double peine et mettre un frein à la dérive des flux d'immigration. Les associations de soutien aux étrangers s'inquiètent et dénoncent les effets dévastateurs de la politique menée depuis 2003 : arrestations massives dans certains quartiers, placements en rétention à répétition de personnes non reconductibles, y compris les enfants » : bien vu, et surtout impeccable dans la qualité de la prospective. Quant au texte de février 2006 sur l'immigration choisie, principe cher à Nicolas Sarkozy, il « aboutit surtout à précariser la situation des étrangers installés en France" et "participe au pillage des élites des pays en développement ».
Ainsi s'exprimait Eric Besson, qui dénonçait deux principes-clés : l'abrogation de la régularisation de plein droit après dix années de présence sur le territoire qui « fabrique des sans-papiers », et la modification des conditions du regroupement familial qui « remet en cause le premier vecteur d'intégration sociale ». Des écrits sans ambigüité, qui discréditent totalement l'engagement politique puisque, désormais, Adrien Marquet, pardon Eric Besson, prétend exactement le contraire, pour gagner ses galons ministériels dans le camp de celui qu'il a éreinté ! Dramatique de trouver un transfuge du Parti socialiste chargé du ministère de « l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire ».

UN A GAUCHE... UN A DROITE
En fait, le bilan de ce jeu de chaises musicales tourne autour de la situation inquiétante de l'UMP, qu'il fallait au plus vite remettre en ordre de marche, avant le démarrage de la campagne des européennes et après la succession de frondes du côté des députés comme des sénateurs. Ces derniers ne se privent pas de démontrer qu'ils ont envie de se démarquer de la frénésie du Zébulon de l'Elysée. Il est passé par ici. Il repassera par là. Il oubliera ceci pour ne pas faire cela ! Ah ! Quelles étaient agréables les querelles du PS, pour masquer à point nommé la décadence de l'UMP. Malheureusement, pour l'instant elles ont été légèrement calmées, et on ne peut plus taper sur le dos eni montrer du doigt des socialistes qui se déchirent.
Xavier Bertrand sera encadré par deux nouveaux, réputés pour leur docilité. A sa droite, Brice Hortefeux, sera chargé des investitures et donc de fusiller, pour l'exemple, quelques têtes brûlées qui résistent. Lui, qui a expulsé au plus facile des familles entières, a décroché le Ministère des affaires sociales, et va mettre à l'ordre du jour de ses décisions la formule pétainiste « travail, famille, patrie ». A « gauche », Eric Besson qui, allant jusqu'au bout du bout de son rôle de « traitre », boit le calice jusqu'à la lie, avant d'entrer à la direction de l'UMP et reprendre les fonctions d'Hortefeux... qui ne lui font nullement honte, alors qu'elles ont bénéficié de terribles critiques de sa part ! « Brice de Vichy », comme l'appellent certains de ses amis, devient l'homme fort de ce nouveau gouvernement, comme si Sarkozy le préparait, après une défaite électorale qui pourrait bien arriver, à en faire le successeur de Fillon, qui a fini par se couler dans le moule du « collaborateur », selon la formule méprisante de Sarkozy, et par passer sous la table pour conserver son poste !
En fait, le replâtrage de l'UMP n'a été possible qu'avec la complicité de celles et ceux qui sont tombés dans le panneau du chiffon rouge que représente le titre d'un ministère, qui n'a pas d'autres effets que ramener au bercail certaines voix du Front national, sans régler en aucune manière le problème de l'immigration clandestine. Une véritable supercherie qui sera désormais pilotée par Eric Besson, un homme qui n'a jamais été à gauche, sauf pour se faire élire quand les circonstances l'exigeaient. Comme le veut la tradition en politique, il n'y a pas de traîtres, mais seulement des gens qui, pour vivre dans les honneurs, acceptent de perdre le leur.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

PIETRI Annie 16/01/2009 10:36

@Montesquieu,Entièrement d'accord ! la transmission AU P.S. est faite.....(1ersecretariat@parti-socialiste.fr)

montesquieu 16/01/2009 09:40

quel article remarquable ! voilà une bouffée d'oxygène dans ce froid politique ambiant où aucun média ne dissèque rien, aucun socialiste national ne fait le minimum pour expliquer ce que vous venez de dire et que le peuple de gauche devrait entendre d'une voix forte afin de savoir que certains traîtres ne peuvent être assimilés de près ou de loin à des socialistes...voilà des propos essentiels qui devraient être lus en cours d'instruction civique et dans bien des sections socialistes de france et de navarre pour élever parfois les consciences militantes et même certaines de celles des  dirigeants. voilà un billet à envoyer au PS national.