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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 07:07

Le 29 janvier prochain, il faut déjà s'attendre à une journée difficile dans toute la France, car il y a fort à parier que le mouvement social sera à la hauteur de la crise. Cette échéance, malgré toutes les bravades officielles diverses de ces derniers jours, inquiète singulièrement l'Elysée. On sait déjà qu'il faudra mettre tout le poids des amis du président dans les médias, soit pour réduire l'impact de cette revendication massive collective, soit pour la discréditer. Il faut s'attendre à ce que, cette semaine, la pression monte, et que les effets d'annonce se multiplient, pour tenter de discréditer l'appel à la grève générale unanime, lancé par toutes les centrales syndicales. On sent bien que ce pourrait être un tournant du sarkozysme, car, jusqu'à présent, les manifestations ont été ponctuelles et catégorielles, et c'est ce que cherche absolument le gouvernement depuis ses débuts : ne jamais arriver à une globalisation des oppositions. Or là, on y va tout droit !
Quand les infirmières manifestent, il n'y pas de raison de s'affoler. Quand ce sont les seuls professeurs, même topo. Quand on trouve les employés des Assedic et de l'ANPE dans la rue, rien ne presse. Quand les employés de France-Télévisions cessent le travail, on s'accommode. Quand la gare Saint-Lazare ferme, c'est le ton qui monte ! Bizarrement, le Service Minimum d'Accueil dans les écoles va reculer avant le 29 janvier, afin que le gouvernement n'essuie pas un nouvel échec... Enfin, dans tous les ministères, on recherche une solution, afin de masquer l'ampleur du désastre qui se prépare. Et on va même aller jusqu'à inviter les principaux responsables syndicaux à venir bavarder avec le maître du monde, dès que le bon peuple aura apprécié le cérémonial d'investiture de Barak Obama, spectacle gratuit qui devrait redonner un sens à la politique.
En attendant, le ton monte, et on va tout tenter afin de démontrer qu'il y a les bons Français, qui se battent avec leurs petits bras musclés contre la crise, et les mauvais Français, qui n'ont rien compris, et qui se plaignent toujours du triste sort que leur réserve la société du profit. D'ailleurs, dès hier, l'omniprésent Jean-François Copé, occupant toutes les chaines ou presque, durant tout le week end, a lancé le discours destiné à faire naître l'opinion dominante ! Olivier Besancenot incarne selon lui « l'extrême gauche dans ce qu'elle a en réalité de plus agressif, de plus violent », a accusé le président directeur général de l'UMP, répondant au porte-parole de la LCR, qui avait accusé Nicolas Sarkozy de vouloir « criminaliser le mouvement social » en s'en prenant à Sud-Rail.
Olivier Besancenot « cautionne en réalité des mouvements qui sont pour certains d'entre eux non légaux », a affirmé celui qui se présente comme un écrivain d'avenir... et qui ne doit pas apprécier, compte tenu de ses ambitions, de constater que Chamalot Bertrand va s'installer à la tête de l'UMP ! Et la rhétorique habituelle va se développer, et être reprise par tous les chantres de l'union nationale derrière les banquiers et les patrons qui souffrent !
HARO SUR LA LUTTE DES CLASSES
« C'est très choquant parce que nous sommes dans une période où on a besoin de se rassembler » et « ces attaques permanentes au nom de la lutte des classes qui a 100 ans ou 120 ans, ça me paraît complètement en décalage » a affirmé celui qui va véritablement pratiquer l'amalgame entre revendications sociales. Qui brise le rassemblement, en annonçant des dizaines de milliers de postes dans les entreprises, dans la fonction publique, dans les services ? Qui multiplie les attaques contre les classes les plus défavorisées de la société pour récompenser, avec le paquet fiscal, celles qui ont causé l'écroulement du système !
« Ce qui choque Olivier Besancenot, c'est que nous ayons un président de la République qui entende appliquer la loi », a insisté le chef de file des députés UMP. « Une écrasante majorité de Français considère que le service public, c'est pas quelque chose dont on peut se servir pour paralyser le pays ». On constatera ça le 29 janvier !  Le sieur Copé a également dénoncé l'attitude du syndicat Sud-Rail. « Un certain nombre de responsables de ce syndicat en appellent à l'action totalement débridée, avec parfois d'ailleurs - on l'a vu dans certains cas - des actions violentes ».
Il a jugé « aberrant, dans un pays qui est confronté comme les autres à la crise économique, de voir des comportements aussi irresponsables de la part d'un certain nombre d'agents de la SNCF ». Préparez vos mouchoirs, car au soir de ce jour de grève générale, les pleureuses vont se déchaîner dans les Jités de 20 heures sous hypnose ! Toutes vont expliquer que c'est suicidaire de faire grève, que c'est mettre l'économie de la France à plat, que c'est un scandale d'empêcher les honnêtes travailleurs de se rendre à leur bureau ou dans leur usine, pour faire des heures supplémentaires défiscalisées ! La campagne médiatique va monter en puissance, et les sondages vont la renforcer !
TOUS DES CRIMINELS
Dommage qu'il n'y ait que Besancenot pour se rebeller contre ce plan, pourtant aisé à percevoir. « Nicolas Sarkozy a une volonté : taper fort sur tous ceux qui contestent », accuse-t-il, non sans raison, dans un entretien paru hier dans le Parisien Dimanche. Réagissant notamment aux propos du chef, qui a qualifié, jeudi à Vesoul, le syndicat SUD-rail d'organisation « irresponsable », le porte-parole de la LCR estime que Nicolas Sarkozy « veut criminaliser le mouvement social », ce que Copé a vite relayé, selon les consignes reçues !
« Le gouvernement veut faire des exemples car il a peur de l'extension des conflits, de la jonction entre grévistes », affirme encore Besancenot, qui cite en exemple la condamnation du DAL (Droit au logement) à 12 000 euros d'amende pour avoir installé des tentes dans une rue de Paris, et peut-être aussi sa convocation au commissariat pour des faits liés à une manifestation à La Poste !
Nicolas Sarkozy « et son gouvernement passent leur temps à démanteler le service public, que cela soit les transports ferroviaires, La Poste... Partout il y a des suppressions d'emplois. Les vraies raisons du conflit à Saint-Lazare sont là. La direction de la SNCF demande aux cheminots de faire rouler plus de trains avec moins de personnel, quitte à jouer avec la sécurité ». Faire ce constat, c'est évidemment pratiquer la lutte des classes la plus élémentaire. Se battre pour l'école publique, c'est bien évidemment devenir un dangereux criminel ! Manifester pour défendre les conditions d'accueil dans une maternité, c'est également devenir un danger pour l'union nationale face à la crise ! Entendre, comme je l'ai entendu samedi, le témoignage d'une personne travaillant dans un cabinet d'expertise comptable, qui m'indiquait que depuis le 5 janvier, ses clients ont déjà licencié 6 personnes et que de très nombreux artisans avaient envoyé, avant le 15 janvier, leur déclaration à l'Ursaff sans le chèque correspondant, car les banques leur ont coupé les lignes de crédit, relève d'un délit répréhensible, car de nature à justifier les propos des syndicats !
LES OUBLIES DE COPE
Il est vrai que d'autres ont le sens du sacrifice, en cette période de crise. Leur attitude ne peut vraiment pas inciter les employés, les ouvriers, les chômeurs, à basculer dans la fameuse « lutte des classes »... que le PS a abandonnée. Hier on a appris, par le Journal du Dimanche, que les directeurs généraux de la Société Générale et du Crédit Agricole ont dit "non" à la proposition de Nicolas Sarkozy de renoncer à leur bonus pour l'exercice 2008, en contrepartie du soutien financier que l'Etat a apporté aux banques. Toujours selon le JDD, le directeur général du Crédit Agricole, Georges Pauget, estime que la fixation de sa rémunération dépend de son conseil d'administration et de son comité de rémunération.
De leur côté, le président et le directeur général de BNP Paribas, Michel Pébereau et Baudoin Prot, avaient annoncé samedi leur décision de renoncer à leur rémunération variable pour 2008, selon une porte-parole de la banque. Ils avaient, l'an dernier, respectivement touché 875.000 et 2,27 millions d'euros au titre de cette part variable, a aussi précisé la banque. Une pacotille, comparée aux différentes pertes en ligne constatées dans les banques françaises.
Le président de la République avait demandé jeudi aux dirigeants des banques françaises de suspendre cette année la « part variable » de leurs rémunérations sur les résultats de 2008, en contrepartie du soutien financier que l'Etat leur a apporté. Il a été entendu... mais pas écouté. Il vaut mieux qu'il s'en prenne avec véhémence à « Sud Rail », l'effet est meilleur dans les sondages ! Sinon, à quoi ça servirait d'avoir stylos, micros et caméras à sa disposition?
Mais je déblogue...

 

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

PIETRI Annie 19/01/2009 23:13

Eh oui! Où est la lutte des classes? Pourquoi le Parti Socialiste, notre Parti, a-t-il perdu en chemin la notion de lutte des classes, qui a été le moteur des luttes de toute une génération, et pas seulement communiste ou marxiste, une lutte grâce à laquelle la société avait évolué, jusqu'ici, vers l'amélioration du sort des plus démunis ?Lors de l'élaboration du projet socialiste, à laquelle on nous a demandé de participer, en 2008, nous avons été un certain nombre à nous étonner de la disparation de cette notion qui nous paraissait essentielle. Je me souviens de discussions mouvementées, au cours desquelles j'avais tenté d'émettre des réserves et d'obtenir qu'un amendement soit proposé au Bureau National, destiné à laisser survivre cette notion qui me semblait à la base de toutes nos luttes. Je me suis entendu répondre que cette notion était obsolète, comme ma modeste personne, et qu'il fallait, pour être moderne, dépasser ces luttes......d'un autre âge. Exactement les mêmes propos que ceux que prononçait hier Jean François Copé pour fustiger les mouvements de grève et de protestation des français, trompés et écrasés par ceux qui détiennent le pouvoir et l'argent. Que disent-ils maintenant, tous nos camarades socialistes qui clamaient il y a seulement quelques mois que la lutte des classes n'éxistait plus, et était un concept désuet, tout juste bon à faire  réagir de vieux militants dépassés....Je voudrais ajouter, à l'intention de Nanou, que ses critiques , et ses généralisations à l'égard des élus me paraissent particulièrement simplistes....et injustes. Sait-elle quelle est la répartition des compétences entre les collectivités locales et l'Etat, sait- elle que pour payer ses dépenses, une commune ou un département doit d'abord encaisser les participations de l'Etat qui tardent toujours à venir, même lorsqu'il s'agit du simple reversement de droits et d'impots, sait-elle l'abnégation et les insomnies d'un grand nombre d'élus pour tenter de résoudre des problèmes qui ont pour origine les carences de l'Etat, et croit-elle vraiment que s'ils se battent pour améliorer le sort de leur prochain, et faire vivre la collectivité dont ils sont les élus, c'est parce qu'ils sont séduits par l'argent?J'ajouterai encore, comme Eric, un petit conseil.... Ne lisez pas n'importe quoi, n'écoutez pas n'importe quelle émission dont la raison d'être est justement la défense des possédants....et du pouvoir en place!

E.M. 19/01/2009 13:10

@ NanouJe comprends votre lassitude... J'en suis frappé également...Mais j'ai quand même trois remarques à faire sur votre commentaire : 1) Les indemnités de chômage que les députés ont voté pour eux même ne sont en rien choquantes contrairement à ce que certains essaient de faire croire en diffusant de fausses infos sur ce sujet. Elles concernent très peu de députés. Juste les battus qui ne peuvent pas réintégrer leur fonction d'avant leur élection... Ils sont vraiment peu nombreux. Ensuite, elle est dégressive pour être égale à 20% de l'indemnité de départ la dernière année (5ème).2) Contrairement à ce qu'affirmait la candidate opposé à JMD lors des cantonales, le Créonnais n'a pas besoin d'un nouveau collège ! J'étais moi aussi dans la salle lorsque vous êtes intervenu... J'ai d'ailleurs aussi fait mon intervention... La chute démographique va plutôt entraîner le problème inverse : comment conserver les collèges existants ?3) Quant à l'émission "Capital" sur M6, je ne saurais trop vous conseiller de faire très attention à son côté "populiste" ! C'est encore ici une histoire d'audimat ! 

Nanou 19/01/2009 11:45

Il y a bien longtemps que je n'interviens plus même si je reste une fidèle lectrice, car une espèce de lassitude gagne du terrain. Il semble que quoi que l'on dise ou quoi que l'on pense, la machine est lancée et plus personne ne peut rien. J'ai quelques exemples notoires.Lors de la campagne des cantonales de JMD j'ai asssté par curiosité à une réunion de l'autre candidat. Elle disait pis que pendre sur le C.G. dont le Président avait dans sa commune utilisé des fonds pour construire un collège. Que nous nous avions dans le secteur du créonnais besoin d'un autre collège et que ELLE élue elle comblerait ce manque. J'ai pris la parole en leur proposant de rêver un peu "J'ai gagné au loto et je vous donne non pas 15 million d'euro mais 30 ! Vous aurez un magnifique collège sur le créonnais avec toutes les installations modernes mais pouvez vous m'assurer que l'Etat qui est de votre majorité nommera des professeurs pour que ce collège fonctionne ?Et voilà toute la subtilité de notre démocratie. La division des pouvoir. Cette division si elle protège quelquefois, a des effets pervers car lorsqu'une idée ou décision part d'une institution, il y a tout de suite l'autre de l'idéologie adverse qui la contre. "Ce n'est pas de sa compétence, on n'a pas les crédits, etc...." Alors oui je suis assez d'accord avec un certain courant (Besancenot). Va t il falloir une révolution pour remettre tout à plat ?Car de droite comme de gauche, j'ai vu des collectivité ne pas régler leur fournisseurs en temps et en heure et mettre en danger des assos ou des PME mais que je sache personne n'a suspendu les indemnités des élus. La droite comme la gauche a voté à l'assemblée de substentielles indemnités de chomage pour les futurs non élus et quant aux retraites, il suffisait de regarder Capital Dimanche soir. Alors qui va être assez pur pour stopper ce goût de l'argent ? Besancenot ? L'argent est tellement séducteur et l'être humain a tellement besoin de séduction après avoir perdu pas mal de ses convictions.Vous commencez à comprendre ma lassitude ?

J.J. 19/01/2009 08:56

Il y a "lutte des classes" et "lutte des classes".La lutte des classes socialement et financièrement défavorisées est démodée ( n'y at-il pas un parti de gauche en France qui l'a enlevée de ses programmes, cette lutte ?).Par contre, pour le monde capitaliste, elle est tout à fait d'actualité : il y a maintenant quelques mois, un requin richissime de la finance américaine, dont j'ai oublié le nom, tellemnent je méprise ces individus, a trouvé le moyen de faire des profits remarquables grâce à la crise financière.Il  se vantait du progrès de la lutte des classes : les classes privilègiées finissant d'écraser le "prolétariat". On pouvait sous entendre : - "Ils ont voulu nous attaquer, ces salauds de pauvres, ils n'ont que ce qu'ils méritent."Et je crains que le nouveau président étasunien, malgré l'espoir qu'il suscite, sera bien dans l'incapacité de faire avancer les choses.Je crains qu'il ne puisse que décevoir, malgré sa bonne volonté, les espoirs que l'on met en lui.