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MAIS JE DEBLOGUE...

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 07:07

Aujourd'hui, le monde entier aura les yeux rivés sur un petit écran, afin de capter un instant de l'arrivée hautement symbolique au faîte de l'Etat de Barack Obama. Un événement devenu planétaire compte tenu du contexte dans lequel il intervient. Les commentateurs zélés ne tariront pas d'éloges sur celui que la France a baptisé le Président de la diversité, puisque ça arrange tout le monde. En fait, même si je dois choquer pas mal d'entre vous, je préfère célébrer, en cette journée, le départ de George W. Bush. Oui. Je vis cet instant comme une délivrance pour bien des gens, et j'attends de mesurer, sur bien des points, s'il y aura véritablement une différence entre les prises de position des Etats-Unis de Bush et les Etats-Unis prometteurs d'Obama. En attendant, je boirai un coup avec mes amis, à midi, au métal Caffé de Bordeaux où nous refaisons le monde le mardi à midi, à la fin du règne le plus catastrophique de la période moderne.
Bush est dévenu maintenant qu'il a un genou à terre la cible des éditorialistes du monde entier, qui lui reprochent d'avoir terni l'image des États-Unis par un mélange d'arrogance et d'incompétence. Mais diable, pour quelle raison ont-ils oublié de l'écrire ou de le clamer antérieurement ? Malgré leurs critiques, certains journaux n'excluent pas que les historiens se montrent un jour plus cléments que ceux qui rédigent aujourd'hui de premières ébauches historiques. En fait, ce n'est qu'une question de choix du bout de la lorgnette par lequel on regarde son parcours !
En Australie, le Sydney Herald Tribune regrette par exemple son « singulier manque de curiosité pour les affaires internationales » (mais de quoi était-il curieux ?) dans un éditorial intitulé « Adieu à un commandant en chef imparfait et impopulaire ». Mais ce journal reconnaît en Bush l'artisan de meilleures relations avec la Chine et l'Inde, et lui fait crédit de ses efforts contre le sida en Afrique. « Rares sont les historiens de la présidence américaine à douter que George Bush junior ait été le dirigeant le plus calamiteux que les Etats-Unis aient connu », écrit le quotidien Le Monde. Les Français lui reconnaissent un seul succès : depuis le 11 septembre 2001, les Etats-Unis n'ont pas connu d'attentat sur leur sol. Mais ce résultat voisine avec une interminable liste d'échecs, à commencer par la guerre en Irak... et ailleurs, de manière indirecte.
L'Allemagne, naguère tournée en dérision comme un élément de la « vieille » Europe par l'ancien secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, parce qu'elle s'opposait à l'intervention en Irak, s'en prend aussi à Bush. Ce dernier « a causé de grands malheurs au monde par sa mentalité du type ami ou ennemi », écrit Die Zeit. Pour la revue Stern, « Bush a conduit à la ruine le pays le plus puissant du monde. Il a menti, torturé au nom de la liberté et causé un préjudice durable à l'image de l'Amérique. »
DEUX GUERRES INACHEVEES
En Autriche, le journal Wiener Zeitung note que l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est mieux classé que Bush dans une enquête d'opinion internationale. « Les États-Unis symbolisaient naguère la justice aux yeux du monde, mais Bush y a porté atteinte. » Il faudra bien du talent à Obama pour, d'abord estomper cette image de manipulation délibérée de l'opinion publique internationale, et pour arriver à démontrer que les USA peuvent prendre en mains un sujet planétaire qui altére leur notion invétérée du profit ! « Dirigeant faible, Bush a été dépassé par sa tâche », écrit le journal allemand Süddeutsche Zeitung. « Il a confondu l'obstination avec les principes. L'Amérique est devenue intolérante et il faudra longtemps pour remédier aux dégâts qui en ont résulté. » Les commentateurs rendent Bush responsable de deux guerres inachevées et de la récession économique, l'accusent d'avoir transformé un excédent budgétaire en dette monumentale, lui reprochent sa politique en matière d'environnement, et les conditions d'internement au centre militaire de Guantanamo Bay. Au Canada, le Toronto Star est sans appel : « Adieu au plus mauvais président qui ait jamais été. Bush a été une catastrophe complète, il a échoué sur les grandes questions, de l'invasion de l'Irak au réchauffement climatique, sur l'ouragan Katrina et la crise économique la plus grave depuis la grande dépression. »
« Bush laisse un pays et une économie en lambeaux »,
écrit le Sunday Times de Londres, qui note que la dette publique et le taux de chômage américains ont presque doublé sous sa présidence. « Il laisse le monde se débattre avec sa crise la plus terrible depuis la dépression (des années 1930), un Moyen-Orient en flammes et des États-Unis au plus bas », poursuit un autre quotidien britannique.
Le Scottish Daily Record observe pour sa part : « L'Amérique est aujourd'hui détestée dans beaucoup de parties du monde. Bush laisse un héritage de guerres et une économie mondiale en déconfiture. On l'a traité de pitre et de belliciste et présenté comme un homme qui avait fait du monde un endroit plus dangereux tout en le poussant au bord de l'effondrement économique. » N'empêche que plus personne ne cite ses... amis, qui l'ont soutenu mordicus ! Pourquoi les Anglais ne rappellent-ils pas que son principal soutien fut l'ami d'Eric Besson et Nicolas Sarkozy, un certain Tony Blair ? Qui a fait le pitre à ses cotés en Blue jeans, avec un veston trop long, pour une hamburger party du meilleur genre ? Qui a fait acte d'allégeance en réintégrant l'OTAN, en expédiant des militaires mal préparés rejoindre les GI ensablés en Afghanistan ? Nicolas Sarkozy ! Aujourd'hui, il célèbrera l'arrivée d'Obama de manière ostentatoire, pour faire oublier les graves erreurs des premiers mois de son mandat !
UN SOCLE COMMUN
Il défend encore et toujours les mêmes orientations politiques que George W. Bush : réduction des libertés individuelles au nom de la sécurité (avec un magnifique résultat pour la délinquance la plus violente), accroissement du fichage policier, exaltation du patriotisme, du communautarisme et discrimination positive, ultra-libéralisme économique, et retour de la religion dans la politique, rendant à Dieu son pouvoir, en préférant le pasteur à l'instituteur. Et lorsque Nicolas Sarkozy aura abattu toutes ses cartes, il prônera comme Bush une politique étrangère basée sur la guerre.
Comme Bush, Nicolas Sarkozy a une vision du monde totalement binaire, dans laquelle les choses ne peuvent être que, comme dans les westerns, « noires » ou « blanches », « bonnes » ou « mauvaises ». Cette logique ne laisse aucune place au dialogue ou à la concertation, toute opposition étant définie comme représentant « le mal ». Lui, bien évidemment, représente le « bien », vaillant, généreux et efficace, car courant partout en clamant « réforme... réforme... réforme ! »
Il utilise les mêmes méthodes de propagande et de manipulation que Bush : instrumentalisation de l'angoisse du lendemain, populisme par la pipolisation outrancière, discours basés sur un nombre très réduit d'idées simples, mais martelées des centaines et des centaines de fois, conformément au principe énoncé par Goebbels, ministre de la propagande d'Hitler: « Répétez un mensonge assez fort et assez longtemps et les gens le croiront ».
Comme Bush, Nicolas Sarkozy s'imagine que les imbéciles et les incultes sont majoritaires parmi les électeurs, et que celui qui peut réunir leurs suffrages est assuré d'être élu. Et pour obtenir l'adhésion de cette majorité, les idées simples sont plus efficaces que les arguments complexes... et nécessitant réflexion, culture et citoyenneté ! Plus une idée est basique, et plus elle doit devenir populaire ! Saddam Hussein était le Diable, et on tue le Diable !
DES METHODES COMMUNES
Pour résoudre un « problème », l'un comme l'autre ont pour méthode d'adopter la solution qui apparaît comme la plus simple, la plus rapide, et à première vue la plus efficace, en ne prenant en compte aucune des conséquences de leur action en dehors du problème visé. Exemples : le « paquet fiscal », les « heures supplémentaires défiscalisées », « la suppression du juge d'instruction », « la suppression des fonctionnaires », "la marchandisation de l'école "... Tout est inspiré par les brillants exploits de l'administration Bush, CIA comprise ! Ainsi, l'objectif défini par Bush était de prendre le contrôle du pétrole irakien et de démontrer la puissance militaire américaine contre tous les pays qui oseraient s'opposer à eux. Les solutions les plus éculées ont été choisies : invasion militaire de l'Irak, et pratique généralisée de la torture. Mais Bush a superbement ignoré les conséquences sur d'autres domaines, tels que le respect du droit international et des droits de l'homme, ainsi que le coût humain, diplomatique et financier de la guerre en Irak... qu'Obama devra assumer, quoi qu'il veuille faire, dans les prochaines années !
La majorité des gens ont aujourd'hui perdu conscience de la valeur de la liberté et de la démocratie, qu'ils croient être des acquis. Or la liberté et la démocratie ne sont jamais acquises, elles sont menacées en permanence par l'avidité et la soif de pouvoir de quelques uns. Il va falloir s'en persuader, en France comme ailleurs. Obama porte ces valeurs en lui, mais il reste à les transcrire dans le réel, car dans son pays, encore plus que dans le nôtre, le désir de confort et de sécurité est devenu plus fort que le désir de liberté !
Dans l'espoir illusoire d'un peu plus de sécurité, une majorité de la population est prête à renoncer à la liberté, en oubliant que dans le passé, des millions de gens sont morts pour obtenir ou pour défendre cette liberté. Quant aux intellectuels et contre-pouvoirs censés défendre les droits de l'homme, ils sont entièrement occupés à défendre des communautés particulières, au lieu de dénoncer les menaces globales contre la démocratie dans les pays occidentaux, et notamment aux USA, depuis des décennies.
L'Europe s'est convertie au « Bushisme » économique au plus mauvais moment, avant de faire machine arrière...tout en constatant que l'ultra libéralisme n'était qu'un blanc seing donné au monde virtuel du profit. Alors, aujourd'hui, ne vous contentez pas de pleurer d'émotion devant l'arrivée d'un noir au pouvoir dans le plus grand pays du monde. Ayez une pensée émue pour celles et ceux qui, aux Etats-Unis, souffrent terriblement, à cause des erreurs de l'inspirateur initial de notre président. Et réjouissez-vous : avec Obama, ce ne pourra pas être pire !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

youkaidi 21/01/2009 12:54

On peut fêter aussi la défaite d'une certaine amérique  : Mc Cain aurait été un Bush puissance 10 (si si c'est possible ), on l'a échappé belle !!!Quant à Obama, une vidéo résume très bien mon état d'esprit :
 http://obama100days.amnesty.org/fr/index.htmlA voir.

J.J. 21/01/2009 08:59

C'est vrai que moi aussi, je regrette que le ridicule ne tue pas, ou du moins ne"teaserise" pas.Et je me dis également,  : heureusement que le ridicule ne tue pas ! je serais peut-être la première victime (car il y a des gens qui savent toujours se mettre à l'abri).

PIETRI Annie 20/01/2009 22:32

Tous les éditorialistes et commentateurs étrangers étaient, dans la presse d'aujourd'hui, bien d'accord sur une chose : la Présidence américaine qui a servi de modèle à notre Zébulon national a été la plus calamiteuse que l'Amérique ait connu! Alors, tu as raison, réjouissons -nous, comme plus de 80% d'américains se réjouissent, de son départ. Oui, l'arrivée de Barack Obama aux commandes de la Nation Américaine suscite un immense espoir parmi des populations brimées et méprisées à travers le Monde. Il sera sans doute très difficile pour lui de faire en sorte que l'espoir qu'il fait naître ne soit pas déçu..... Mais chassons nos inquiétudes de sceptiques : Tous les espoirs sont permis puisque: 1. Barack Obama a puisé nombre de ses idées dans le programme de Ségolène Royal (c'est elle qui le dit sans rire. 2. Nicolas Sarkozy va s'associer aux efforts de Barack Obama pour, avec lui, sauver le Monde...puisqu'il ne peut plus le faire avec son ami George W. Bush !On dit que le ridicule ne tue pas. Si j'osais, je dirais ....que c'est bien dommage. Bien sûr, moi qui ne ferais pas de mal à une mouche, je ne veux parler que de tuer ...politiquement.                                      

E.M. 20/01/2009 10:08

Ségolène Royal : "J'ai inspiré Obama et ses équipes nous ont copiés"J'espère pour les américains mais aussi pour le reste du Monde que Ségolène nous fait là encore un coup de "Madonne" !

J.J. 20/01/2009 09:44

Je me réjouis inconditionnellement certes du départ de Bush et de l'arrivée du président Obama, et de cette belle victoire pour l'évolution des mentalités aux etats Unis. Mais qu'est-ce que cela va changer ?Malgré sa bonne volonté il est loin d'avoir le pouvoir de régler tous les problèmes, sans compter l'opposition qui pour le moment fait profil bas. Ce qui m'inqiéte et me confond, c'est de penser que le président du pays, sans doute encore le plus puissant du monde va asseoir sa légitimité et son engagement à servir son pays, et c'est tout un symbole, en prêtant serment sur ce ramassis de contes et légendes, pour ne pas entrer dans les détails, qui constitue la soi-disant sainte bible.Comment peut-on prendre ces gens au sérieux ?