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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 07:17

Depuis bientôt 48 heures, Créon vit au rythme de la tempête. Une décennie après celle qui avait au moins causé autant de dégâts et de soucis, il faut bien constater que la situation a largement empiré. Jamais on n'a eu l'impression d'être face à un vide sidéral des responsabilités, comme si personne n'avait été antérieurement confronté à de telles situations de crise. Tous les diagrammes, tous les tableaux, tous les colloques, toutes les remontées n'ont absolument servi à rien, puisque le système de réponse à la crise a été méthodiquement démantelé depuis dix ans. Car le problème est bien là, avec la casse des services publics qui avaient joué un rôle essentiel dans la réponse apportée en 1999. Quel citoyen a véritablement conscience, quand il peste contre les retards pris dans le dégagement des routes, l'intervention des sapeurs-pompiers ou celui des employés d'EDF, que tout ce beau monde a été liquidé, sacrifié sur l'hôtel du profit et de la concurrence ? Tout a été éclaté et détruit pour soi-disant être plus efficace via la privatisation !
La DDE, qui avait comme mission essentielle de réagir en ces circonstances, n'existe plus, puisque l'essentiel de ses missions a été « refilée » (le mot n'est pas exagéré) aux conseils généraux et aux communes. Un arbre tombé sur une chaussée a désormais un statut : si la route est départementale il faut trouver le centre routier qui puisse intervenir, si elle est communale il faut s'adresser au maire d'une petite commune pour obtenir qu'intervienne une tronçonneuse et ... un employé qui n'existe pas ! Sans de multiples interventions, une motivation hors du commun, des centaines de kilomètres de voies de circulation seraient restées obstrués.
Cette tempête, la plus violente depuis celle de 1999 qui avait fait 88 morts dans l'Hexagone, n'a fait cette fois "que" quatre morts en France car elle s'est déroulée de nuit et avec une forte prévention médiatique, contrairement à l'autre. Les secours, qui dépendaient uniquement des sapeurs-pompiers, ont été morcelés ou déstructurés. Impossible pour eux de couper des arbres ne menaçant pas directement les biens et les personnes, impossible de transporter un blessé ou un malade « privés » sans l'accord du 15 (financement du déplacement oblige !) et interventions limitées pour des problèmes budgétaires. Le maquis des responsabilités n'a fait que compliquer les décisions, et surtout ont suscité l'incompréhension totale des personnes dans la détresse.

DES MILLIERS...D'ABSENTS

Les dégâts sont très importants sur le réseau électrique et le patrimoine forestier, mais aussi sur les réseaux de téléphonie et d'adduction d'eau ont déclaré les « autorités », sans se soucier d'expliquer que tous ces secteurs d'activité, autrefois majoritairement « publics », ont été privatisés au maximum ! Les raisons politiques fournies avaient été farouchement combattues par les personnels, qui mettaient en avant dangerosité de cette volonté de rentabiliser des services au public, dont on ne mesure la nécessité que quand ils font défaut !
Quelque 1,1 million de foyers étaient toujours privés d'électricité aujourd'hui, et il faudra au moins une semaine, voire deux, pour un retour à la normale... Entre EDF qui produit et vend l'électricité, ERDF qui le transporte sur certaines lignes, et RTE sur les plus importantes, les entités sont à la ramasse, avec surtout des centaines de suppressions d'emplois. La sous-traitance est permanente et se traduit au moment des crises par des carences graves, qui renvoient à perpète des solutions techniques pourtant simples.
L'insuffisance caractérisée en personnel est depuis hier soir incroyable. On attend des renforts, venus de régions elles aussi sinistrées, ou qui se démunissent en cas de situations graves.

LA TRISTE REALITE
La société ERDF dit avoir envoyé 1.000 agents sur le terrain, ainsi que 12 hélicoptères pour repérer les dégâts sur le réseau. Des électriciens en provenance de Grande-Bretagne, d'Allemagne et du Portugal devaient arriver en renfort dans la journée... sans connaître la réalité du terrain.
En fait, hier soir, je me suis retrouvé avec l'un des 12 agents ERDF chargés de sécuriser les lignes tombées à terre, sans téléphone portable fiable et sans radio pour joindre le centre chargé de  rétablir les alimentations. Après 49 coups de téléphone donnés avec mon mobile personnel, nous avons réussi à rebrancher les abonnés d'un petit secteur; mais aujourd'hui, il n'y a plus personne pour intervenir ! La privatisation a simplement détruit l'unicité de réponse et donc l'efficacité réelle.
Les habitants sont souvent aussi privés d'eau potable et de téléphone. France-Télécom parle d'une coupure de 350.000 lignes et annonce avoir envoyé 1.000 techniciens sur le terrain...Là encore, il faut absolument relativiser ces effets d'annonce dénués de tout fondement, car les techniciens sur le terrain avouent qu'il faudra plus d'un mois pour ramener tout le monde à la normale ! Les opérateurs privés de téléphonie ont baissé pavillon depuis longtemps, car ni Bouygues, ni SFR, n' ont été capables de maintenir leurs relais en état de fonctionnement. 

ESBROUFFE PRESIDENTIELLE
En pleine crise financière, et sur fond de forte hausse des déficits publics, le gouvernement annonce qu'il va avoir recours aux crédits déjà programmés pour les catastrophes, mais il semble exclure toute dépense nouvelle. Il en appelle aux assureurs, et compte aussi demander l'aide de l'Union européenne.
Le président Nicolas Sarkozy, accompagné de ses principaux ministres et des dirigeants des sociétés publiques, est arrivé à Pian-Médoc (municipalité UMP), en début d'après-midi pour affirmer que, grâce à sa présence, tous les méfaits de cette déstructuration vont être résolus. « Ce qui me satisfait dans ce drame, c'est que les leçons de 1999 ont été tirées : beaucoup plus de réactivité, moins de victimes, plus d'efficacité », a déclaré plus tôt le président dans le Médoc, où il est venu constater une... intervention de ERDF pour réinstaller une ligne électrique.
« La priorité aujourd'hui est de rétablir l'électricité le plus vite possible. En 1999, il avait fallu trois semaines, là nous espérons que dans une petite semaine tout le monde sera raccordé ». Dommage qu'il ne soit pas venu le dire aux gens de Créon, qui ont défilé toute la journée dans la mairie pour tenter d'obtenir un délai de réparation des lignes qui les desservent... au moins ils auraient obtenu un délai plus court, car, pour nous, la cellule de crise prédit... 6 jours, et 12 jours pour les communes rurales. Mais c'est ce que l'on appelle l'effet Sarko, qui consiste à soigner par les paroles et jamais par les actes !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

Claude Brousse 28/01/2009 18:35

Aujourd'hui, mercredi 28 janvier, à 17 h 45, la fée électricité est revenue. Merci pour le chauffage, l'eau chaude, l'éclairage et monvoisin a relevé ses stores électriques !!Mais quand même, quelle pagaille. Voila le résultat d'une désorganisation des anciens services publics (EDF, Francetélécom,DDE) Dirigés par des technocrates, nous avons pu voir circuler en tous sens, des véhicule EDF. Les braves agents de Langoiran qui connaissaient le territoire et les réseaux étaient tout de même plus opérationnels que les agents qualifiés venant du Pas de Calais que nous remercions pour leurs efforts.Mais maintenant, je me considère comme un privilégié.

La boulange 28/01/2009 11:06

Bravo Jean-Marie, heureusement qu'il y a des élus comme toi ou comme Pascale Got députée du Médoc ou FRançois Deluga;Vous êtes qu'en même la dernière roue du carrosse de la république (bananière de Sarkozy) pour aider nos concitoyens , pour les secourir.Marre du "mastuvu" guignol qui est venu chez Mau au Pian. Pascale a eu une bonne réaction à ce sujet

Circé 26/01/2009 18:53

clavier qui tape plus vite que son ombre, d'où de nombreuses fautes de frappe :souviens, collègues, étaient, d'état...Confuse, je suis.

Circé 26/01/2009 18:34

Comme je suis d'accord avec vous !Je pestais d'entendre les contre-vérité balancées encore ce midi sur FR2, le manque de nuance et d'information des journalistes, comme s'ils n'avaient plus aucune mémoire, même télévisuelle pour leur remettre en mémoire ce qui s'est passé.Je suis une ancienne de France Télécom et me souvient parfaitement de la gestion de 1999, de colègues qui même en vacances, même à la retraite sont venus aider.Et c'étaient 30 départements qui éaient touchés et pas 9.Je suis en train moi-aussi de rédiger un billet, sans doute trop long et pas aussi explicite que le votre, mais j'en ai assez des mensonges détat érigés en vérité.

La Fée 25/01/2009 21:26

Monsieur DARMIAN, je suis absolument d’accord avec les faits que vous dénoncez. Je fais parti du personnel de ces sociétés dites, de service public. La seule démarche qui intéresse les dirigeants de ces entreprises, avec l’aide de certains politiques, est celle du gain de productivité et la rémunération de leurs actions.
Cela fait bientôt 20 ans que je travaille dans une d’entre elle et cela fait bientôt 20 ans que j’entends dire que la charge de travail va baisser donc tous les ans on gèle, on supprime des postes. Alors, aujourd’hui, il ne faut pas s’étonner de ne pas avoir assez de monde sur le terrain.
D’autre part les choix stratégiques ne sont, à mon sens, pas les bons car aujourd’hui on préfère faire du curatif plutôt que du préventif et de ce fait on se retrouve avec du matériel obsolète. On préfère également mutualiser les hommes et les moyens, un salarié peut facilement aujourd’hui avoir une zone de travail qui est passée de 1 département à 6 et donc les temps d’interventions sur incident s’allongent.
Aujourd’hui, avec la tempête on voit les méfaits de cette politique mais on peut le mesurer chaque jours, si par exemple vous avez un problème avec votre abonnement téléphonique et que vous appelez le service après vente vous tombez sur une personne qui est à des centaines de kilomètres de votre lieu de résidence et qui la plupart du temps ne connait par grand-chose à la zone. De plus ces agents d’accueil ont plutôt une formation commerciale que technique.
Idem pour EDF, il y a quelques années vous téléphoniez et vous tombiez sur une agence qui  se trouvait à quelques kilomètres de votre domicile et là vous étiez identifié et un technicien prenait votre problème en main. Aujourd’hui, vous avez un commercial qui gère une région entière (5 départements) et qui en réfère à un ou deux niveaux en dessous pour qu’une intervention soit déclenchée (faut pas être pressé).
 Je voudrais rappeler une règle simple aux citoyens que nous sommes tous, on ne peut pas vouloir payer moins d’impôts, payer toujours moins cher le cout du produit et avoir autant, et sinon plus, de services. Donc quand les agents de ces sociétés sont dans la rue ce n’est pas pour défendre des soi-disant privilèges mais c’est surtout pour défendre un réel service public qui, on le voit avec cette tempête, ne donne pas les satisfactions attendues.