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MAIS JE DEBLOGUE...

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 07:17

Il ne faut absolument pas confondre « promotion canapé » et « canapé en promotion » car les deux conduisent à la perte de confiance. La réalité c'est que s'installer avec ses chaussons douillets sur un sofa confortable devient dangereux. Surtout si personne ne peut garantir la provenance de vos achats. L'affaire des sofas et des chaussures contaminés au Diméthyl Fumarate (DMF), une substance dangereuse ayant provoqué de sérieuses allergies et brûlures, n'en finit pas de faire des vagues. On croyait ainsi les dégâts limités aux canapés Conforama et aux bottes Etam, et les exemples se multiplient. On trouve souvent dans les rayons, des produits venant de Chine et qui n'ont aucune fiabilité.
Les magasins GEMO sont, par exemple, en train de procéder au rappel de 4600 paires de ballerines. Les analyses des chaussures réalisées par la DGCCRF ont en tout cas été formelles : elles contenaient bien du DMF. « Nous avons aussi procédé au rappel de 14 autres références, soit 20 000 paires, où nous avions trouvé des traces de DMF. Mais nous n'avions pour celles-ci pas eu de plaintes » a expliqué une responsable commerciale de cette enseigne, ce qui donne une idée exacte de ce phénomène d'intoxication légale. Le cauchemar serait en effet, pour les concurrents, de se retrouver dans la position de Conforama qui doit traiter aujourd'hui 533 dossiers de plaignants pour des canapés « made in China »
Pas de bol pour Conforama, au prise avec la plus grosse crise de son histoire, et qui aura du mal à se débarrasser de l'étiquette « canapés chinois ». Les fabricants chinois utilisent le Diméthyl Fumarate pour éviter les moisissures pendant le stockage en période de mousson, voire protéger la marchandise lors des longs transports en containers. Le DMF peut se présenter en petits sachets. Pas de panique cependant. La plupart des sachets anti-moisissures qu'on retrouve dans beaucoup de produits ne contiennent pas de DMF. Il s'agit de silicagel : « Dans ceux-là, il y a des petites billes dedans. Les sachets de DMF qu'il y avait dans mes chaussures étaient, eux, des sachets avec un comprimé blanc. » explique une spécialiste. Problème. La substance est hautement volatile. Bref, même si le sachet est retiré, le cuir peut être contaminé. Sans compter que le textile a pu être traité par pulvérisation au cours de la fabrication... et que la situation peut dégénérer encore plus vite ! Ces exemples mettent en évidence le grave problème des contrôles réellement effectués sur les produits d'importation, négligés au prétexte qu'ils sont munis de certificats n'ayant parfois aucune validité.
Cette affaire des sofas empoisonnés fait l'objet de la plus grande action en justice menée en Angleterre pour des produits de consommation. Depuis l'automne 2007, le cabinet d'avocats Russell, Joness et Walker a rassemblé 1 300 plaintes de victimes. Les « canapés dangereux » ont fait la une des journaux. On y voit des photos de bébés au visage rougi par le contact avec les sachets de diméthylfumarate glissés dans les canapés. Les actions en justice sont menées contre les distributeurs de meubles Argos, Walmsley et Land of Leisure. Les dommages et intérêts demandés s'élèvent, selon le site du cabinet d'avocats, à une somme astronomique, comprise entre 6 et 10 millions de livres. Les sites anglais évoquent des « tests de sensibilité à ce produit » que l'on peut demander aux médecins en cas de doute. Reste une question : comment se fait-il qu'il n'y ait eu aucune alerte des pouvoirs publics en France, après un tel scandale au Royaume-Uni, mais aussi en Finlande ? L'Europe, si tatillonne sur ses propres produits n'a pas su se défendre contre ceux, dangereux, arrivés de Chine !

LE DANGER PERMANENT
Quand, en plus, vous prenez place sur votre canapé, devant la télé, avec ou sans bière,  vous ne songez certainement pas que c'est extrêmement  dangereux. Les meubles rembourrés (canapés, matelas) sont, en effet, responsables de centaines de victimes dans les feux d'appartements. Cela tient à leur inflammabilité. Il est possible de réduire ce risque, d'épargner des vies par une meilleure mise en conformité des meubles aux normes existantes de résistance au feu. Cela demande une réglementation beaucoup plus drastique, dont les effets seront observables à long terme, en raison du temps nécessaire au renouvellement du mobilier par les familles. Parmi les incendies, ce sont ceux d'habitation qui font le plus de victimes.
Pour la France, ils provoquent environ 800 morts par an, et des milliers d'intoxiqués, des personnes touchées à la fois dans leur santé et leur psychisme, car à l'intérieur même de chaque logement, le niveau de sécurité par rapport au feu est insuffisant. On considère, en effet, qu'en brûlant, 10 kilos de polymères (du type PE ou PP) produisent 20 000 m3 de fumées. En fait, en se diluant dans l'air, ce volume augmente encore. Aussi est-il plus précis de mesurer la surface que les fumées peuvent noircir, soit 7 000 m² pour la combustion d'un fauteuil, alors qu'un brûleur fournissant la même énergie n'en produit que 100 m² (1,4 %). Cette réalité doit être rapprochée des constats effectués sur ces sofas qui, au surplus, sont imprégnés de produits toxiques dès qu'une chaleur se dégage.
Des détecteurs de fumées, surtout en pavillon, devraient être obligatoires, car ils ne coûtent que 10 à 30 euros à l'achat. Une meilleure résistance au feu des postes téléviseurs est indispensable, car eux non plus ne sont pas nécessairement irréprochables dans certaines configurations. Tous ces points nécessitent une réglementation. Elle existe déjà depuis 1988 en Grande-Bretagne.

DES MATERIAUX POISONS
Les matériaux synthétiques ont des comportements variés, mais tous sont dangereux. Certains se détruisent rapidement à la chaleur (c'est la pyrolyse), en émettant d'énormes quantités de gaz combustibles et de fumées : tels sont, par exemple, les polyesters, polyéthers et polypropylènes, employés en ameublement. Sous la forme de mousse, ils pyrolysent d'autant plus vite que cette mousse est légère et que leurs bulles communiquent. Les canapés d'importation sont bourrés de ces matériaux qui ne sont pas toujours parfaitement testés, ou qui le sont sur des bases fausses.
Si l'on met le feu à ces meubles, les premières secondes ne prêtent pas à inquiétudes : le feu ne prend pas instantanément. Au bout de dix secondes, il reste très localisé. Puis, il gagne et se développe. Lorsqu'on le constate, il est trop tard : rien à faire, il n'est plus maîtrisable. Au bout de deux minutes, le fauteuil ou le canapé concerné est totalement embrasé. En moins de trois minutes, la pièce elle-même est tellement envahie par les flammes que celles-ci débordent, se propagent, avec les gaz toxiques qui vont avec.
En fait, on ne retrouve que le profit comme base de ces fabrications, car elles permettent de dégager des bénéfices exceptionnels à partir de coûts de fabrication faibles. Alors, on poursuit la vente de ces « allumettes empoisonnées » en y ajoutant des retardateurs de flamme bromés, qui sont utilisés dans de nombreux produits du quotidien, soit pour empêcher leur combustion, soit pour ralentir la progression du feu. Or, ce sont des perturbateurs endocriniens, qui affectent la fertilité. Dans la maison, ils sont absorbés par les particules de poussière et on peut les inhaler facilement, mais toutes les études financées par les fabricants démontreront que ces atteintes à la santé des enfants ou des adultes ne sont pas mortelles...car la démonstration est impossible à effectuer.

CANCERS ET CONTROLES
Hier est pourtant apparue une nouvelle qui devrait faire réfléchir bien des consommateurs. Le cancer, responsable en 1970 d'un décès sur cinq, était en 2004 la cause d'un décès sur trois, soit la première cause de mortalité en France; mais les personnes atteintes bénéficient d'une amélioration progressive de leur espérance de vie, selon l'Atlas de la mortalité par cancer  élaboré par l'Institut national du cancer, qui établit l'évolution des décès sur près de 25 ans. Ces statistiques font apparaître d'importantes disparités dans les décès selon les régions, surtout pour les hommes.
Le nombre des décès par cancer est passé de 110.000 par an à 150.000, de 1970 à 2004, soit une augmentation de plus de 35%. Cette augmentation concerne davantage les hommes, dont le nombre des décès par cancer est passé de 60 à 90.000 dès le début des années 90, que les femmes (50 à 60.000). Cependant, cette augmentation du nombre des cancers s'explique par la croissance et surtout le vieillissement de la population. Et donc, à structure d'âge équivalente, le risque de mourir d'un cancer diminue pour les hommes comme pour les femmes, depuis le début des années 1990. L'amélioration de l'espérance de vie s'explique par l'augmentation des cas de cancers au pronostic plus favorable (prostate, sein) et la baisse des autres (voies aérodigestives supérieures, œsophage, estomac...), par des diagnostics plus précoces et par une amélioration des traitements. Le coût social de ces maladies n'est en rien comparé à celui des denrées qui en seraient la cause.
Qui penserait qu'en prenant place sur un canapé acheté après une publicité tapageuse, publiée sur un prospectus déposé dans sa boîte aux lettres, il risque sa vie ? Et pourtant la probabilité de s'intoxiquer est infiniment supérieure à d'autres, présentées comme beaucoup plus dangereuses. Si l'on a prétendu que les généraux mouraient dans leur lit, on peut désormais prétendre que les travailleurs peuvent aussi mourir sur leur canapé ! Il n'en reste pas moins vrai que, sous couvert de réduction du déficit, la RGPP entame un vaste plan de démolition du service public de l'Etat, et de ses fondements, -  lesquels se caractérisent notamment par les principes d'égalité d'accès et de droits, d'indépendance, et de neutralité, -  qui va entraîner la disparition des fonctionnaires chargés de vérifier ces réalités désastreuses. Moins de moyens, moins de contrôles, moins de personnels, et la voie sera libre pour les empoisonneurs du quotidien.
Mais je déblogue..

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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