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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 00:00

Les temps sont durs et tout le monde le sait. Des signes quotidiens le démontrent, comme cette véritable flambée contestataire dans les rues des villes françaises jeudi, dont, heureusement pour les Préfets concernés, les slogans ne sont pas parvenus jusqu'aux oreilles présidentielles. Le pouvoir d'achat ne fait pas que s'effriter de jour en jour : il disparaît, purement et simplement, pour celles et ceux qui sont au chômage technique ou pire, sur la liste des demandeurs d'emplois. Dans un tel contexte, les appels à la solidarité vont se perdre dans le désert de l'indifférence. Il faut avouer qu'il ne se passe plus un jour sans que via la télévision, via le téléphone, via le courrier, on quémande une aide en faveur de personnes en difficultés sur le plan sanitaire ou social. Cette demande, extrêmement culpabilisatrice, repose sur le principe qu'un chèque vous dédouane de tout jugement défavorable de la part d'un société incapable de faire face à ses obligations.
Les temps sont durs, et la générosité collective qui a remplacé la charité est en chute libre et ce n'est qu'un début. Le problème, c'est que depuis des années cette forme de prélèvement a masqué les insuffisances de la puissance publique dans le domaine de la recherche médicale ou dans celui du soutien aux plus démunis face aux aléas de la vie. Le « Téléthon », les « Restos du Cœur », « les pièces jaunes », et toutes les opérations lancées sans cesse vers le grand public ne constituent en définitive qu'une manière habile de solliciter un impôt « volontaire », masquant l'insuffisance notoire des budgets dans des domaines clés. La crise risque fort de remettre en cause ce comportement collectif qui conduit le citoyen à hurler quand sa feuille d'imposition croît de 10 euros alors qu'il peut fort bien dépenser 100 euros pour des « œuvres » diverses insuffisamment soutenues par la puissance publique !
Les temps sont durs, car il faut aller à l'essentiel : se loger, manger, se déplacer pour travailler. C'est difficile, même pour les nantis qui savent ce qu'être généreux veut dire. Le septième « diner de la mode, contre le sida » a par exemple moins rapporté que l'an dernier, car selon les gazettes qui comptent « politiquement » il n'a été collecté que 700 000 euros ! Carla Bruni-Sarkozy, vêtue de Saint-Laurent, a joué les maîtresses de cérémonie aux côtés de Pierre Bergé, soutien financier affirmé de Ségolène Royal, le président du Sidaction et, toujours selon les journalistes spécialisés dans le pince fesse charitable, elle « a tenu à merveille son rôle de présidente. « Après avoir organisé, mercredi, l'anniversaire de son époux Nicolas Sarkozy, la first lady, ambassadrice du Fonds mondial contre le sida, s'est consacrée avec bonheur à une œuvre de bienfaisance » ajoute la brosse à reluire, qui oublie que ce même jour, des millions de personnes on défilé pour réclamer parfois de quoi survivre !

QUE DU BEAU MONDE
L'association de lutte contre le sida a précisé que ce rendez-vous pour milliardaires français avait permis de récolter ces 700 000 euros, contre 750 000 l'an dernier, grâce à la vente des tables à raison de 8500 euros pour 10 personnes, la tombola, et la soirée Club Sandwich. Dommage que la télévision publique n'ait pas rendu compte le lendemain de cette... manifestation de solidarité avec les quémandeurs du pouvoir d'achat !
Huit cent personnes ont assisté à la soirée donnée au très chic pavillon d'Armenonville, parmi lesquelles de nombreuses personnalités du monde de la mode (Jean-Paul Gaultier, Christian Lacroix, Inès de la Fressange, Elie Saab, Jean-Charles de Castelbajac, Sonia et Nathalie Rykiel, Christophe Josse, Vanessa Bruno) et autant de stars du cinéma: Alysson et Vanessa Paradis, Laetitia Casta, Elsa Zylberstein, Diane Krüger, Cécile Cassel, Julie Depardieu, ainsi que des vedettes des médias, comme Laurence Ferrari (vous aviez cru qu'elle était journaliste, vous vous étiez trompés) ou Nikos Aliagas. Et, cerise sur le gâteau, le président en personne est venu rejoindre sa chère et tendre en milieu de soirée, et il a passé près d'une heure à la table d'honneur entre Pierre Bergé, Christine Albanel et... Jack Lang. Et oui, vous avez bien lu, il y avait l'incontournable Jack qui, n'en doutons pas, le matin avait défilé avec les ouvriers de sa circonscription. En fait, c'était une manière rassurante de témoigner de son attachement à une grande idée de la Gauche : la solidarité ! Il est vrai que tout a été fait pour qu'en cette période où des milliers de foyers vivaient dans la froid et l'angoisse du lendemain, on a tout fait pour qu'on ne trouve pas de traces, dans les médias, de ces rapprochements de l'opulence ostentatoire. Tenus à distance pendant la présence du chef de l'Etat, les photographes de presse n'ont pas, en effet, été autorisés à prendre des photos du couple présidentiel installé à la table officielle. En termes d'image, ce n'aurait pas été terrible !

INQUIETUDE GENERALISEE
Les salles des marchés et les associations caritatives deviennent ainsi, aux deux bouts de la société, de précieux indicateurs de la santé économique. Les entreprises, car ce sont elles qui financent ce type de rencontre pour m'as-tu-vu de la bienfaisance, et non pas les individus eux-mêmes, vont avoir du mal à dégager les sommes de nature à faire figurer sur leur press-book des invités de marque. A la base, on commence à se faire du mouron, puisqu'on a l'habitude de voir arriver les chèques permettant de panser des plaies sociales plus ou moins ouvertes. « Le don est une composante du pouvoir d'achat, il lui est corrélé », constate une responsable de France Générosités, qui regroupe 66 associations vivant de l'aide privée. « C'est un poste qui peut être coupé en premier dans un budget. » Il constate ces derniers temps « une baisse généralisée du montant des dons ». Cette année, il a fallu intercaler une collecte supplémentaire pour parvenir aux mêmes rentrées. Toutes les associations notent aussi qu'il est de plus en plus difficile de trouver de nouveaux donateurs. « Nous sommes vigilants, voire inquiets, admet celui qui tient les cordons à Amnesty International. Pour l'instant, nous ne voyons pas d'incidences de la crise financière. »
En même temps qu'elles s'interrogent sur la générosité des Français, les organisations se préparent à un surcroît de travail. Les chiffres du chômage sont annoncés à la hausse. Par une implacable mathématique, c'est l'assurance de plus de détresses à traiter.
Reste que l'annonce des sommes débloquées par les Etats pour sauver les établissements financiers passe mal dans ces associations, qui doivent compter le moindre sou. On trouve depuis des semaines, plus facilement des milliards pour aider une banque que des millions pour sauver des petits enfants ou pour donner à manger à des retraités à la dérive. Cette contradiction entre les sommes astronomiques envolées dans des bulles financières artificielles et la modestie du coût d'une soupe chaude, d'un vaccin ou d'un logement convenable devient insupportable. C'est bien pourquoi on expédie un chèque pour laver sa conscience, en oubliant que c'est à l'Etat républicain, et à lui seul, de garantir la solidarité nationale.

UNE NOUVELLE DONNE
Près de 3 milliards d'euros. C'est le montant des dons versés par les particuliers français aux associations et organisations caritatives en 2007. Un chiffre que l'on trouve dans la treizième édition de "la Générosité des Français" publiée par l'association Recherches et Solidarités. Selon cette étude, qui se fonde notamment sur les déclarations de dons à l'administration fiscale, près de 40 % des Français donnent de l'argent au moins une fois par an, ce que confirme l'Observatoire de la générosité et du mécénat.
Que feront les Français en 2009 ? Recherches et Solidarités estime que la récession aura « des effets très importants sur les montants de collectes que vont enregistrer des associations » en 2009. Cependant, les premiers résultats de l'enquête qu'elle a menée auprès de 1 390 donateurs incitent à l'optimisme. Certains déclarent qu'ils donneront probablement moins d'argent cette année, mais les deux tiers donneront « au moins autant », voire plus : c'est le cas de 18 % de ceux qui donnent déjà plus de 500 euros par an. La crise de 1994 avait entraîné une diminution de l'ordre de 25% du montant des dons. La situation, début 2009, six mois après la chute de la bourse, risque de connaître une issue semblable. D'autant que les donateurs adopteront une démarche pragmatique, et repositionneront probablement leurs dons vers des causes qui leur sont proches, privilégieront le quart monde français plutôt que les problématiques appels à la solidarité internationale, plus éloignées.
La réhabilitation de l'impôt comme vecteur de solidarité mériterait une véritable campagne citoyenne. C'est la seule et authentique forme républicaine de partage, sur des bases qui devraient être justes et équitables. Quatre milliards de crédit d'impôt bientôt jetés aux petits oiseaux et aux gros requins, quinze milliards par an engloutis par le « paquet-fiscal », prochainement trois de plus, liés à future baisse de la TVA sur la restauration. Faut-il alors s'étonner qu'il faille tailler dans le budget de la recherche, ou dans les montants des aides sociales, et faire appel à la générosité bien pensante pour soigner les pauvres miséreux d'un monde affamé atteints du SIDA ? Il est vrai que sans ces rendez-vous de la générosité médiatique, on ne parlerait pas de solidarité dans des milieux où on ne compte pas, mais où il faut surtout le faire savoir.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

Gilbert SOULET 31/01/2009 18:48

Bonjour, OK, mais pourrai-je obtenir réponse à cette question sur le site de la Mairie de Créon?Amicalement, Gilbert de pertuis en Luberon

Gilbert SOULET dit: 28 janvier 2009 à 9 h 46 min
Bonjour Monsieur le maire, Conseiller Général de Gironde.
Salut Jean-Marie,
Belle démonstration comme toujours et triste constat du démantèlement de nos services publics. Demain 29, nous le rappellerons tous ensemble…Mais notre solidarité, comment pourrions-nous l’exprimer? Y-a-t’il un site que tu pourrais nous recommander? Peut-être dans ta Mairie, ou au siège du département ou de la Région?
Très amicalement,
Gilbert de Pertuis en Luberon