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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 07:17

L'année 2008 restera comme celle qui marquera le début du XXIème siècle. Elle sera toujours considérée comme celle d'une crise financière sans précédent, et de multiples historiens analyseront ce qui restera une référence sur le chemin de la vie collective mondiale. En revanche, dans quelques semaines, quand on fera le bilan, il faudra se rendre à l'évidence : 2008 aura bien été une référence en matière de profits. Tout n'a pas été perdu pour tout le monde ! C'est quasiment du jamais vu.
En 2008, le premier groupe pétrolier mondial, le géant américain ExxonMobil, a gagné 45,2 milliards de dollars. Ses profits sont en hausse de 11% sur ceux de l'an dernier, qui avaient déjà marqué un record. Ses ventes ont progressé dans le même temps de 18% à 477,35 milliards de dollars. De quoi, peut-être, ravir au grand distributeur américain Wal-Mart le titre de première entreprise du monde. Bénéfices et chiffre d'affaires sont nettement supérieurs aux prévisions des analystes de Wall Street.
Toutefois, au quatrième trimestre, le groupe pétrolier a commencé à subir les conséquences de la crise économique et de la chute des cours de l'or noir, tombés d'un record de plus de 147 dollars en juillet à moins de 50 dollars en fin d'année. Du coup, sur les trois derniers mois de 2008, le bénéfice net a plongé de 33% à 7,82 milliards de dollars et le chiffre d'affaires de 27% à 84,69 milliards (même si cela reste supérieur aux attentes des analystes). Ce qui en dit long sur les gains réalisés plus tôt dans l'année, au vu des performances de l'ensemble de l'exercice. On peut simplement imaginer ce qu'auraient pu être les profits réalisés si... la crise n'était pas arrivée !
Le groupe pétrolier français Total, pour sa part, avait engrangé un bénéfice net ajusté, en hausse de 21% sur les neuf premiers mois de l'année, à 11 milliards d'euros. Le même groupe pétrolier français Total a annoncé avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 35% au troisième trimestre, dopé par les prix records du pétrole brut et par une forte amélioration de la rentabilité du raffinage. Le bénéfice net ajusté a atteint 4,1 milliards d'euros sur le trimestre, soit plus que les 3,86 milliards d'euros attendus par un consensus réalisé par Dow Jones Newswires auprès de 11 analystes.
Sur les neuf premiers mois de 2008, le bénéfice net ajusté a gagné 21%, à 11 milliards d'euros.
S'il termine l'année sur cette lancée, le groupe pourrait battre son record de 2006, soit 12,58 milliards d'euros de bénéfice net, le plus gros profit jamais enregistré par une entreprise française. Le chiffre d'affaires a gagné 24%, à 48,8 milliards d'euros, au troisième trimestre... Mais personne n'en parle encore, car ce n'est pas très populaire. Il vaut mieux pleurer sur le triste sort de la BNP qui n'a que 3 milliards de bonus seulement et sur tous ces actionnaires qui ne recevront que des marges réduites, alors qu'ils espéraient beaucoup plus. On ne le saura que beaucoup plus tard, et certainement discrètement, car le CAC 40 ne se porte pas si mal que l'on a bien voulu le dire.
Les spécialistes estiment que les 40 plus grandes entreprises françaises devraient dégager près de... 85 milliards d'euros de bénéfices en 2008. Il y a quelques semaines, ils tablaient encore sur 94 milliards. Aujourd'hui, ils anticipent donc un recul de 15% des profits par rapport à 2007 (100 milliards d'euros). Au moment où la crise fait rage, cette relative bonne tenue des profits peut surprendre. Mais «le premier semestre 2008 a été excellent, bien meilleur qu'en 2007 qui avait été une année record.
SEULEMENT 4 PERDANTS
Ces résultats cachent également d'importantes disparités selon les entreprises et les secteurs. D'après les analystes, seules...quatre entreprises du CAC 40 devraient être dans le rouge pour l'exercice écoulé. STMicroelectronics a déjà annoncé la couleur avec une perte de 786 millions de dollars. Alcatel Lucent est également toujours en perte, mais a limité celle-ci, puisque les analystes attendent environ 1 milliard d'euros de pertes...contre 3,5 milliards en 2007. Dexia, la banque française la plus touchée par la tempête financière, pourrait perdre 1,6 milliard d'euros, selon un institut spécialisé. Enfin, Air France devrait être sur le fil du rasoir. Les analystes anticipent une perte de 85 millions d'euros, alors que le groupe a confirmé s'attendre à une perte au troisième trimestre, mais espère rester dans le vert sur l'ensemble de son exercice, clos seulement fin mars.
Les banques devraient toutes afficher une baisse significative de leur résultat, à l'exception de la Société générale, dont le bénéfice avait été obéré en 2007 par l'affaire Kerviel. Crédit agricole et Axa devraient, selon les analystes, voir leurs bénéfices amputés de moitié. Ce qui reste tout de même une performance satisfaisante.
Hier, la seule parole du Président de la République a suffi à leur restituer... 8 milliards ! La suppression de la taxe professionnelle va en effet augmenter les seuls bénéfices réalisés par les entreprises, puisqu'à ma connaissance, son montant est inclus dans tous les prix de vente, depuis toujours.
Aucun patron ne paye réellement la TP puisque, s'il a un bon comptable, il la programme dans les frais généraux et il la répercute sur les prix de vente. En privant les collectivités locales de cette contribution du monde économique à leur vie , il se contente d'augmenter les bénéfices des entreprises. Il ne faut se nourrir d'aucune illusion : le consommateur ne sera pas concerné par cette remise gracieuse qui survient au moment où, en plus, le plan de relance pour 2010 demande aux collectivités locales d'investir davantage ! Encore un effet d'annonce qui constitue un coup d'épée dans l'eau, mais qui consiste à renforcer l'image de celui qui affirmait hier soir : « Pour financer la dépense publique, il faut des impôts ». Et il a expliqué que tous ses efforts allaient justement consister à les supprimer !
ACTIONNAIRES ET SALARIES
En 2008, rares sont en définitive les actionnaires qui récupèreront des dividendes inférieurs au taux servi par le livret A de la Caisse d'Epargne. Leurs pertes ne sont que virtuelles tant qu'ils ne se décident pas à vendre leur capital. Les actions baissent : c'est exact, mais elles n'empêchent pas celles et ceux qui les possèdent de récupérer une part de la mise. Comment mieux partager les richesses dans l'entreprise, s'est interrogé Nicolas Sarkozy. Il évoque une recherche de rentabilité « invraisemblable » comme le répète depuis des années Olivier Besancenot. Il faudra « arbitrer entre l'actionnaire et le salarié ». Ce sera l'un des thèmes évoqués le 18 février, et l'objet de discussions pendant trois à six mois. A titre « personnel » (sic), il estime que la « règle des trois tiers est une bonne règle : 33 % pour les salaires, 33 % pour les bénéfices, 33 % pour les investissements ». Il a assurément lu L'AUTRE QUOTIDIEN (1) sur la position pagnolesque de César car il est certain que les tiers « ne seront pas égaux ! » Le seul véritable problème, c'est que le temps presse, et que  cette règle est vraisemblablement inapplicable, car personne ne sait comment on peut répartir ces tiers entre des salariés qui partent chaque jour un peu plus des entreprises. Leur participation aux bénéfices se résume actuellement à leur prédisposition à accepter des... plans sociaux ! Le trou de la sécurité sociale va devenir béant ! Les Caisses d'Allocations Familiales voient leurs rentrées de cotisations s'étioler.
Et pendant ce temps, on apprend que cela fait plusieurs mois que l'Urssaf demande à Total de déclarer en France... 400 de ses salariés, affectés au centre Jean-Féger de Pau, mais rattachés à la filiale suisse Total Gestion International. Selon le quotidien Sud-Ouest de ce matin, les services de contrôle de l'Urssaf ont reproché à Total un « détournement de procédure », dans un rapport datant du mois de mai dernier, mais censé, bien évidemment, rester... confidentiel. L'organisme de recouvrement des charges sociales, évoquant « l'Eldorado social suisse », a mis en évidence que « les salariés en cause sont recrutés par cette société suisse dans le but d'être envoyés en France » et de ne pas apporter la moindre contribution à la solidarité nationale.
LA VERITE OUBLIEE
Cette pratique, qui permet de délocaliser les charges sociales, en choisissant un pays comme la Suisse, où les cotisations à la charge de l'employeur sont deux fois moins élevées qu'en France, est mise en œuvre par beaucoup de grands groupes. « Ce système existe depuis plus de vingt-cinq ans, il a été bâti, en toute transparence, avec l'administration française », se défend le porte-parole de Total. Mais pour l'Urssaf, les salariés doivent être affiliés à la Sécurité sociale, dès lors qu'ils travaillent en France pour une longue période.
Selon le Conseil des prélèvements obligatoires, les fraudes aux cotisations sociales, toutes entreprises confondues, coûteraient à l'État français entre 8 et 14 milliards d'euros par an, soit environ 30% du montant global estimé de la fraude fiscale et sociale. Et si, plutôt que de supprimer la taxe professionnelle de Total, on se contentait déjà de faire payer à cette multinationale ce qu'elle doit à la vie collective française ?
En fait, comme à l'habitude, on retrouve les mots et les faits. Les premiers meurent très vite, car ils sont chassés par d'autres, aussitôt condamnés par des annonces sans lendemains. Les autres sont plus têtus et plus solides. Ils demeurent tout de même plus longtemps dans les mémoires.
Hier soir, Nicolas Sarkozy a beaucoup parlé, et a donné des signes concrets de ce qui attend le peuple : protéger l'économie, pour éviter qu'elle n'entraine dans sa chute le politique incapable de la maîtriser ! Tout va pour le mieux dans le meilleur des gouvernements de la planète. Les entreprises ont réalisé des bénéfices acceptables. Elles sont incitées à rester chez nous, pour faire payer leur contribution par les foyers, auxquels on explique qu'il leur faudra se serrer la ceinture. Les ministres les plus contestés sont irréprochables. Les réformes menées sont parfaites. La crise est venue comme E.T. d'un autre monde. Les fonctionnaires restent les sangsues de la croissance, mais avec bac+5, les enseignants survivants seront augmentés... en 2015 ! En attendant, qu'ils fassent comme les autres : qu'ils attendent. Jusqu'à quand ? Mystère.
Mais je déblogue...

(1) voir ci-dessous la chronique "Le tiers état de César"

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

PIETRI Annie 06/02/2009 16:50

Et on est tenté d’ajouter, comme Ciceron dans  un fameux discours au Sénat de Rome, en l’an -63  avant Jésus Christ : « Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? » Et même si on n’est pas  latiniste, on peut traduire sans peine….. « Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ?»
Et on peut aussi rappeler, avec une certaine…jubilation, la fin tragique de Catilina qui survint l’année suivante, et qui a été décrite par Voltaire dans « Rome  Sauvée ».
Faut-il rappeler que Catilina (-108/-62) était un homme politique romain, connu pour ses conjurations visant à renverser la République romaine….
Peut-être cela vous rappelle-t-il quelque chose ?