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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 07:17

La circulation des citoyens en Europe devient de plus en plus problématique. La crise qui va s'accentuer porte les germes de trois dangers terribles pour les sociétés démocratiques : le protectionnisme économique, la xénophobie et la violence. Pour le premier volet, les gouvernements hésitent encore à mettre en place des contraintes visibles pour diminuer les échanges de produits, mais déjà, dans quelques discours, on sent percer des velléités de ce type. Nicolas Sarkozy, en prétendant, comme tout l'Ump, qu'une amélioration du pouvoir d'achat via la consommation entraînerait un déficit de la balance du commerce extérieur, prône de fait le repli sur le commerce national. Pour ne pas acheter « étranger », les salariés, les retraités, les gens en difficulté, sont soumis au régime sec ! Il est vrai que les mesures prises pour soutenir le marché de l'automobile ont déjà profité, par exemple, aux marques étrangères, mais ce n'est peut-être pas uniquement en raison du prix de vente !
Le vice-Premier ministre tchèque Alexandre Vondra a d'ailleurs mis en garde contre « un risque de protectionnisme accru », réagissant à des propos du président français Nicolas Sarkozy sur le rapatriement en France de la production automobile nationale. Il avait préconisé, dans une interview télévisée, d'arrêter les délocalisations pour que « si possible on relocalise... Si on donne de l'argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n'est pas pour apprendre qu'une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs » avait insisté le Président, sans avouer sa tentation protectionniste.
« On entend dire, il faut acheter des voitures françaises fabriquées sur le sol français », a relevé M. Vondra, profitant de la tribune offerte par la Conférence sur la sécurité de Munich, avant d'appeler à ne « pas affaiblir les règles du marché ». À partir du moment où libre-échange et protectionnisme ne sont, dans les faits, que les deux facettes d'une même lutte pour conquérir des parts de marché, il est largement temps d'assainir ce marché et d'éliminer les effets nuisibles de la concurrence, effets d'autant plus nuisibles que, protectionnisme ou pas, les pays pauvres du Sud, ceux à qui on enlève constamment l'échelle, en sont toujours les principales victimes. Or, ce sont eux qui ont le plus besoin de protection, et c'est à eux que nous, Européens, la refusons, en particulier par le biais des accords de partenariat économique que l'UE cherche à leur imposer. Il est certainement nécessaire de dépasser l'opposition libre-échange/protectionnisme, et de développer l'idée d'échange équitable, basé sur la notion de coopération plutôt que sur celle de concurrence. Mais cette utopie aura bien du mal à émerger dans le contexte actuel.

ALERTE GENERALE
Un signe fort de renoncement à ce repli frileux sur les frontières nationales vient d'arriver avec la position du Sénat américain ! Alors que le plan, appelé « Buy America » (achetez américain), récemment annoncé par les Etats-Unis, était fortement critiqué, notamment par l'Union Européenne et le Canada (principaux impactés ...), la Maison-Blanche a annoncé que l'administration Obama réexaminait actuellement cette disposition du plan de relance. L'objet de la discorde : une mesure aux forts relents de protectionnisme, réservant aux groupes sidérurgistes américains les achats d'acier financés par ce plan. Jeudi, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, avait indiqué, pour sa part, qu'il s'attendait à ce que les États-Unis respectent leurs obligations internationales, qualifiant le dossier « d'affaire sérieuse ». Il semble donc que le Sénat ait pris une position rassurante sur le sujet, mais cela reste encore à confirmer. Samedi, lors de l'avant-dernière journée du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, a enfoncé le clou et mis la pression !
Selon lui, si un gouvernement peut, certes, être attiré par le protectionnisme à court terme parce que cette approche donne l'impression aux salariés qui ont perdu leur emploi que l'on partage leurs préoccupations, cela peut toutefois avoir de sérieuses conséquences. « Nous devons éviter les erreurs qui ont été commises dans les années 30, lorsque les pays ont choisi la voie du protectionnisme, ce qui a entraîné une très longue récession. Nous voulons mettre l'accent sur le libre marché » a-t-il ainsi affirmé. Il est certain qu'au fil des mois tout sera fait pour contourner ce beau principe, car il faudra bel et bien lier les aides étatiques à des contraintes de maintien des activités et donc de l'emploi !

PREMIER ACCROC
Les premiers incidents xénophobes en relation avec la crise ont eu lieu. Le vice-Premier ministre tchèque, chargé des affaires européennes, a ainsi évoqué à ce sujet la question de l'emploi en Grande-Bretagne qui a donné lieu à des tensions entre travailleurs britanniques et du reste de l'Europe. Après une semaine de grève sauvage pour protester contre l'embauche d'employés italiens et portugais, les ouvriers de la raffinerie Total de Lindsey, dans le nord-est de l'Angleterre, ont voté pour la reprise du travail. La fin du conflit, qui s'était étendu par contagion à une vingtaine d'autres sites dans le pays, a été possible grâce aux concessions faites par la société pétrolière française, qui a accepté que 102 emplois sur 200 soient attribués à des ouvriers locaux. Au début du conflit, la semaine dernière, 700 ouvriers britanniques avaient arrêté le travail pour protester contre le groupe italien Irem qui avait fait venir des centaines d'Italiens et de Portugais pour travailler sur un chantier d'extension de la raffinerie de Lindsey, près de Grimsby sur la côte de la mer du Nord. Aucune embauche locale n'avait été prévue par Irem, sous-traitant de Total pour ce contrat qui se termine le 31 mai prochain.
La grève de Lindsey, qui s'est déclarée sans préavis et était à ce titre illégale, a très vite fait boule de neige : des milliers d'ouvriers ont suivi l'exemple de leurs collègues dans une vingtaine de sites industriels dans le secteur de l'énergie, dans tout le Royaume-Uni, du Pays de Galles à l'Écosse. L'ampleur du mouvement et la force des slogans anti-étrangers, «des emplois britanniques pour les ouvriers britanniques», ont surpris le gouvernement travailliste de Gordon Brown. Ce sont des événements inquiétants, car ils constituent les prémices à d'autres plus inquiétants encore. Et d'ailleurs, en France, on a vite vu ressurgir les vieux démons, puisque le nouveau ministre de l'Immigration, Eric Besson, a exploité le filon populiste en signant une circulaire aux préfets ouvrant la possibilité à tout « immigré clandestin victime de proxénétisme ou d'exploitation » d'obtenir un titre de séjour, en échange d'une « coopération » avec la police pour démanteler la filière clandestine. Si, après avoir réussi à « se soustraire à l'influence de ses exploiteurs », le sans-papier porte plainte, il pourra recevoir une carte de séjour temporaire de 6 mois minimum et « un accompagnement social renforcé ». La carte de résident de 10 ans ne serait obtenue que « si une condamnation effective est prononcée » contre la filière.

ESPOIRS ET CRAINTES
Il y a néanmoins toujours une lueur d'espoir dans ce monde oppressé et égoïste. C'est massivement que les Suisses ont approuvé, hier, la reconduction et l'extension à la Bulgarie et à la Roumanie des accords bilatéraux signés en 1999 avec l'Union européenne. Le « oui » l'a, en effet, emporté par 59,6 % des voix et dans 22 des 26 cantons, démentant toutes les enquêtes d'opinion qui prévoyaient un scrutin beaucoup plus serré, crise économique et campagne xénophobe centrée sur les Roms menée par l'UDC (Union du centre, extrême droite) aidant. Un non aurait été catastrophique pour la Confédération helvétique : en effet, en vertu d'une « clause guillotine » imposée par l'Union, le rejet d'un seul accord bilatéral par la Suisse vaut dénonciation de l'ensemble des accords déjà signés entre Berne et Bruxelles. En clair, il n'est pas question de laisser les Suisses faire leur marché et rejeter, par exemple, la libre circulation avec la Bulgarie et la Roumanie pour garder les seuls aspects qui les intéressent.
La consultation de ce dimanche avait deux objets : dans le premier paquet d'accords bilatéraux, signés en 1999 et entrés en vigueur en 2002, il était prévu qu'après 7 ans d'application, la Suisse devrait le confirmer. De même, elle doit, à chaque élargissement, décider si elle accepte d'étendre l'application de ces accords aux nouveaux États membres... Le référendum, nullement obligatoire, a été obtenu par l'UDC et la Ligue des Tessinois, deux partis xénophobes. Ce vote positif montre que la Suisse a profondément changé depuis le 6 décembre 1992, lorsque 50,3 % des citoyens ont refusé d'adhérer à l'Espace Economique Européen, antichambre de l'adhésion à l'Union. Bizarre qu'en France, la bête immonde se soit réveillée, au même moment, à Marseille. 
Hier,  le chef du Front National a fait une virée dans la deuxième ville de France pour annoncer son intention de se présenter comme tête de liste du FN aux prochaines élections régionales de 2010 en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
En marge de cette annonce, Jean-Marie Le Pen a fait des déclarations qui donnent le ton de ce que va être sa campagne des européennes. Il a notamment déclaré : « Il y a 300 000 musulmans à Marseille, le jour où ils seront 800 000, le maire ne s'appellera plus Gaudin mais peut-être Ben Gaudin. » Avant d'en remettre une couche: « L'immigration de masse tend à prendre l'allure d'une véritable colonisation. » C'est reparti, comme avant 40 !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

mathilde 13/02/2009 17:05

je réagis un peu tard, mais je n'ai pas eu bcp de temps pour te lire ces derniers jours... Cette circulaire de Besson me donne envie de vomir.Parmi tous les malheurs que cette crise est en train de drainer c'est bien la possibilité de voir ce genre de comportement se multiplier qui m'effraie le plus.

youkaidi 10/02/2009 18:51

Et comme en 40 on entend un porte parole dire que la dénonciation est un devoir républicain , mais que attention il ne s'agit surtout pas de délation, la limite entre les deux étant dans ce cas tellement ténue qu'il s'est cru obligé de préciser.