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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 07:17

Il va bien falloir qu'un jour ou l'autre les Françaises et les Français qui s'assoupissent sur leur canapé en regardant TF 1, prennent conscience qu'ils sont sous hypnose permanente. Pour les aider à se réveiller, il suffit de leur proposer de conserver leurs tickets de  caisse, d'une sortie sur l'autre dans un hypermarché. On leur explique en effet, chaque jour, que les milliards qui tombent du ciel permettront non plus de surmonter la crise mais de limiter la casse sociale terrible qui se prépare. Et... en comparant les prix des denrées basiques qu'ils achètent, ils reviendront aux réalités, car le Président du pouvoir d'achat prépare un effet ciseau qui va faire des dégâts. La colère de la Guadeloupe, de la Martinique et maintenant de la Guyane reposent sur une inflation rampante, due à la volonté des grands groupes de maintenir leurs profits. Les prix flambaient chez eux, et on oublie trop aisément que c'est aussi le cas chez nous.
Les prix des produits de grande consommation ont poursuivi leur augmentation en France en janvier, atteignant des hausses de plus de 10% pour les pâtes et le riz, indique une étude du cabinet Nielsen publiée dans l'hebdomadaire LSA en vente ce matin. Ces augmentations se poursuivent alors que les matières premières agricoles... baissent depuis l'été 2008 et que le contexte, avec la réforme du cadre législatif en vigueur depuis janvier, est censé entraîner une baisse des prix à la consommation. En janvier, les prix des produits de grande consommation ont augmenté de 2% par rapport à janvier 2008 où ils avaient déjà grimpé de 2,5% par rapport à janvier 2007, selon Nielsen. Au total, la hausse des prix essentiels aura été de près de 5 % en deux ans. A comparer avec celle des salaires ou des pensions.

CRISE ALIMENTAIRE PROCHE
Les produits de grandes marques affichent l'augmentation la plus faible (+0,45%). Ceux à marques de distributeurs ont augmenté de 2,6% et les produits dits de « premiers prix », vendus par les distributeurs classiques, de 5,2%... Le constat est dramatique, car à ce rythme, il y aura forcément des conséquences dramatiques pour les familles les plus en péril dans la société actuelle. Par familles de produits, le riz a connu la plus forte augmentation en janvier (+11,2%), les pâtes alimentaires (+10,8%) et l'huile alimentaire (+8,4%). Le vin de table a augmenté de 8,1%, la farine de 5,7%, et le lait en poudre de 5%. Le prix du riz "premier prix" a explosé de 36,3% et celui des marques de distributeurs de 14,6%.
Des flambées inexplicables autrement que par une volonté coordonnée de récupérer les marges perdues sur les volumes achetés antérieurement à des prix forts. Les achats faiblissent dans les rayons, et surtout sur les produits réputés « superflus ». Il est donc devenu indispensable de « forcer » sur les produits basiques les plus consommés. L'ampleur des baisses est plus faible : les produits surgelés sucrés ont reculé de seulement 1,8%, les yaourts de 1,5%, et les produits capillaires de 0,5%. Mais ce n'est pas avec ces approches que l'on nourrit une famille !
L'étude LSA sur les prix des produits de première nécessité ramène à la réalité : les plus touchés en France seront évidemment les plus pauvres, ceux pour qui le budget alimentaire représente le plus gros poste de dépense. La crise alimentaire, ce n'est pas que les pays du Sud, l'Ethiopie ou le Sénégal. Elle est aussi chez nous, à nos portes, et elle arrive à grands pas ! Au Secours Populaire, où les inscrits n'ont jamais été aussi nombreux, la banque alimentaire s'essouffle devant les demandes de produits basiques, les Restos du Cœur souffrent pour faire face à un afflux croissant de demandes... mais dans le fond, l'important reste de sauver les banques bénéficiaires, et de ne pas limiter les rémunérations de leurs responsables !

ROIS DU PETROLE
En fait, il faut revenir à la lutte des Antillais pour prendre véritablement conscience de ce qui se passe. L'exemple des produits pétroliers devrait conduire bon nombre de citoyens à la révolte. Une note, établie pour le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo, sur la fixation des prix du carburant aux Antilles et en Guyane, s'avère en effet accablante pour les compagnies, accusées de s'enrichir parfois « sans cause » sur le dos des consommateurs. Le document, rédigé par un membre d'une mission d'inspection interministérielle, met également en cause l'Etat : « Le dispositif actuel de fixation des prix par les préfets (...) prend l'eau de toutes parts ». Selon le texte, dont l'AFP a obtenu une copie, « les services de l'Etat sont incapables de justifier la base de calculs » servant à la fixation, par les préfets, des prix du carburant en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. Les trois départements sont approvisionnés en carburants par la Société anonyme de raffinerie des Antilles, filiale de Total, qui exerce un monopole de fait. Depuis sa fusion avec Fina et Elf, le groupe pétrolier exploite également près de la moitié des stations-services des trois DOM.
D'après la note, « le coût des approvisionnements n'est pas déterminé sur la base des approvisionnements réels » mais selon « une formule intangible », qui s'applique même si la raffinerie installée en Martinique « est arrêtée », comme en 2007. La marge de raffinage, « de l'ordre de 85 millions d'euros par an », subit des « variations de plus de 15 % dans son évaluation entre deux documents successifs, sans justification », s'inquiète encore l'auteur du rapport, qui vient de découvrir un système que tous ses prédécesseurs ont oublié de voir, puisque la note relève donc également « un enrichissement sans cause des pétroliers (qui) n'a jamais été mis sur la table". Il faudrait que cet exemple, qui repose également sur une escroquerie aux volumes, selon la température des livraisons, et sur des primes somptueuses accordées pour le rachat des stations, et qui conduit donc à la mise en place d'un monopole Total de fait, soit appliqué aux produits de première nécessité en France... Le consommateur, puisqu'il n'est que rarement un citoyen, n'exige rien des grands groupes qui se gobergent en faisant croire qu'ils sont en concurrence.

GRENELLE HUMAIN
Jean-François Mattei, le président de la Croix-Rouge française, a demandé hier aux pouvoirs publics d'élever la lutte contre la précarité et la prise en charge des sans-abri « au rang de grande cause nationale ».
Une grande cause nationale attirerait, selon lui « l'attention, et la survenue de la crise pourrait favoriser cette prise en compte : il va falloir qu'on s'occupe de ceux qui sont tombés dans la trappe à pauvreté ». Il tient à « rappeler aux politiques que dans la crise, si les gros maigrissent, les maigres meurent ». Pour lui, « une société se doit d'être solidaire, et aujourd'hui deux catégories doivent attirer l'attention : le bas de la classe moyenne qui est au bord de la pauvreté et ceux qui sont au fond de la trappe ». De plus en plus d'entre eux ne remonteront jamais la pente.
Face au risque suicidaire qui menace particulièrement les personnes en état de précarité, l'Union nationale pour la prévention du suicide a demandé hier l'organisation d'un « Grenelle de l'humain », permettant de compléter le plan de relance économique et financier. La France est en effet un des pays industrialisés les plus touchés par le suicide, avec pas moins de 10.423 suicides en 2006, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. Depuis 1995, les chiffres ont connu une baisse de près de 15%, mais le taux de suicide est stable depuis 2000. La baisse a concerné surtout les jeunes, particulièrement les 15-24 ans.
Une étude fait apparaître que la souffrance psychique « avérée » est beaucoup plus fréquente (69%) chez les personnes en situation précaire que dans l'ensemble de la population (21%). Parmi l'ensemble des Français, 21% ont déjà pensé au suicide, fût-ce de façon vague, mais ils sont 43% chez les personnes précaires. 9% des Français ont déjà envisagé de se suicider, mais 31% chez les précaires, et 3% des Français ont été hospitalisés suite à une tentative, mais 18% des précaires.
Il faut, selon un spécialiste, prévenir cette crise sanitaire par l'organisation d'un nouveau Grenelle, tourné vers ces conséquences humaines, qui mobiliserait tous les acteurs (pouvoirs publics, professionnels de la santé, réseaux associatifs) et définirait un plan sanitaire et solidaire. Autant se préparer au suicide, car on ne voit pas l'Homme prendre le pas sur les finances ! La crise sera sans pitié : entre les coffre-forts et les cercueils, elle n'hésitera pas. Quoiqu'on en dise sur TF1 ou ailleurs !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

Annie PIETRI 12/02/2009 17:11

Certes, l'augmentation des prix est considérable et si nous le constatons tous, il est indéniable que les plus faibles et les plus fragiles économiquement sont frappés de plein fouet. Il faut à tout prix et que dans toutes circonstances la solidarité joue et fasse place à l'indifférence qui marque notre temps. Il est insupportable de penser que la situation économique que nous connaissons,et l'indifférence dont font preuve une grande partie de nos concitoyens puisse conduire certains au suicide. Cette idée me paraît tout à fait intolérable, comme je n'en doute pas, elle sera intolérable à un grand nombre d'entre nous !