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MAIS JE DEBLOGUE...

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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 07:17

Les médias traversent tous une période extrêmement difficile. La presse écrite quotidienne est en chute libre et ses ventes sont rongées par le manque de goût du grand public pour une autre information que celle portée par la radio et la télévision. Les magazines hebdomadaires tiennent tant bien que mal, grâce à des recettes publicitaires meilleures, et surtout une politique de sujets plus ou moins tapageurs.
Pour le petit écran les mauvaises nouvelles continuent à s'accumuler pour TF1 dont la part d'audience s'érode continuellement. Si TF1 domine toujours, en effet, le marché de la télévision, avec une audience moyenne de 27,2% de Part d'audience  en 2008, ses résultats sont en forte baisse depuis 2005. En l'espace de trois ans, la chaîne a en effet perdu 5,1% de Pda. De son côté, M6 n'a reculé que de 1.6% sur la même période, ceci grâce à une montée en gamme de sa programmation. M6 a donc mieux résisté à la montée en puissance des chaînes de la TNT, qui ont représenté, en 2008, une audience globale de 11,1%. Une tendance que l'extinction de la télévision analogique en 2011 ne fera qu'accroître, souligne l'étude. Les conséquences directes de ce recul d'audience se ressentent sur le plan publicitaire. Pour l'année 2008, TF1 a perdu 4,4% de ses recettes contre 2,6% pour M6.
Seules les radios résistent plutôt bien en matière d'information, mais en perdant une bonne part du sens éthique de ce terme, puisqu'elles ouvrent de plus en plus leur antenne à l'interactivité supposée avec des auditeurs ravis de pouvoir s'emparer d'un laps d'antenne pour déverser leur mécontentement, leurs craintes ou pour exercer leur devoir de supporteurs.
En tous cas, cette situation ne va pas s'arranger, car désormais, l'épée de Damoclès de la justice pèse sur toutes les rédactions. La semaine dernière, après l'affaire Clearstream on a assisté à la mise à mort du journaliste Denis Robert. Ce journaliste avait été condamné par le tribunal de grande instance de Bordeaux, pour diffamation à l'encontre de l'institution financière luxembourgeoise. Il devait verser 5.000 euros de dommages-intérêts, ainsi que 3.000 euros au titre des frais de procédure. Le tribunal a également ordonné la publication du jugement aux frais du journaliste.
Dans un entretien, le journaliste, auteur de plusieurs livres sur Clearstream, accusait notamment la société d'avoir « développé au fil des années un système de double fond, une fonction de dissimulation pour des clients initiés », rappellait le jugement. Le tribunal n'avait pas accordé la « bonne foi » au journaliste, estimant que « les hypothèses qu'il a pu formuler, à une époque, (...) en particulier sur la responsabilité de la société Clearstream dans l'organisation d'un système de blanchiment, n'ont pas été validées (...) ». Il a également retenu une... « certaine animosité » envers la société. « On a jugé l'écume sans s'intéresser au fond de cette affaire. La censure a gagné : je me tais », avait réagi Denis Robert qui, depuis, a disparu de la scène médiatique. On n'entend plus parler de Clearstream.

CONDAMNATION REVELATRICE
L'hebdomadaire Marianne, un de ses journalistes, et un ancien attaché parlementaire ont été condamnés vendredi dernier pour diffamation par le tribunal correctionnel de Paris, pour avoir affirmé qu'un groupe sénatorial déposait des amendements rédigés par l'UIMM. Un ancien attaché parlementaire de Jacques Pelletier, ancien ministre et sénateur décédé début 2008, avait affirmé le 29 mars dans une interview accordée à Marianne que des amendements de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) avaient été présentés au Sénat en 2004, en échange de contreparties financières. Selon cet ancien conseiller, Ronan Tanguy, ces amendements pré-rédigés par l'UIMM auraient été signés par le secrétaire général du groupe sénatorial (Rassemblement démocratique social européen - radicaux de gauche et de droite), Pascal-Raphaël Ambrogi, qui disposait des délégations de signatures de plusieurs sénateurs.
Assigné en diffamation par ce dernier et deux anciens sénateurs, Pierre Laffitte et Bernard Sellier, l'hebdomadaire a été condamné à 1.500 euros d'amende, tout comme son journaliste Eric Decouty. Ronan Tanguy a, lui, écopé d'une amende de 1.500 euros avec sursis. On attend maintenant de savoir ce que la justice va faire dans le cas de Julien Dray...
Ces réalités vont certainement tendre à modifier la place des enquêtes à risques dans la presse écrite... et développer de plus en plus une forme d'écriture reposant sur l'anonymat des témoignages et des informations. On fait donc de plus en plus dans l'approximatif, et on se retrouve avec une défiance permanente des citoyens par rapport au poids des mots, au choc des images censés les informer ! Le métier de journaliste est donc forcément périlleux, et seuls les gens ayant le cuir aguerri peuvent actuellement tenir le coup dans des rédactions aseptisées, ou colonisées par les adeptes de l'opinion dominante basée sur un populisme affligeant...

COLERE ATOMIQUE
Areva ne décolère pas depuis quelques jours contre l'émission de France 3 « Pièces à conviction », qui a diffusé mercredi un reportage mettant en cause la gestion des anciens sites miniers français d'uranium. Le groupe a dénoncé une nouvelle fois, vendredi, un documentaire « calomnieux ». Il se défend dans un communiqué, où il affirme que « le réaménagement et le suivi environnemental des anciennes mines sont effectués suivant une méthodologie rigoureuse et reconnue, tant par les autorités nationales qu'au niveau international ».
En France, rappelle Areva dans son communiqué, l'extraction du minerai d'uranium s'est achevée en 2001, après l'épuisement des gisements. Le groupe ajoute que l'uranium extrait provenait de 210 mines réparties sur l'ensemble du territoire. Plus de la moitié de ces sites avaient été exploités par d'autres opérateurs qu'Areva (associations de collectivités, pétroliers, autres mineurs), souligne-t-on chez Areva. Or, « l'Etat a confié à un seul acteur le réaménagement des anciens sites miniers d'uranium français ». Le groupe précise avoir « assumé volontiers cette responsabilité parce qu'elle fait appel à sa connaissance reconnue de l'uranium naturel et à ses engagements en matière de responsabilité sociale »... On ne voit pas de quelle manière ce plaidoyer consistant à déclarer que l'on a fait le mieux possible, sous la contrainte, et probablement en essayant de dépenser le moins possible, met en cause les faits déclinés dans un reportage.
Si véritablement les scandales des contaminations décrites dans « Pièces à conviction » sont entièrement faux, on comprend mal que le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo se soit, au cours de l'émission, engagé à veiller à une meilleure sécurisation, dans moins d'un an, des déchets de mine d'uranium abandonnés... Une déclaration inutile si tout était limpide et sans problèmes. Fin janvier, Areva avait saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) à propos de cette émission, déplorant un « magazine à charge » contre lui, mais n'a pas lâché une meute d'avocats contre France 3 et le producteur de l'émission. N'empêche qu'il serait étonnant que les maîtres des antennes prennent à nouveau un tel risque, dans cette période où leur PDG sera nommé par le VRP international d'Areva, qui sème des centrales atomiques clés en mains aux quatre coins du monde. La contre publicité ne doit surtout pas venir perturber la filière nucléaire !

PRISE EN MAINS RAPIDE
La société des journalistes de France 3 a fait part, le même jour, des inquiétudes de la rédaction concernant la réforme de France Télévisions, qui prévoit notamment de séparer les directions de l'information nationale et de l'information régionale de la chaîne. Le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, dont on connaît l'indépendance pusiqu'il applique les ukases présidentiels avant même leur validation par la loi, a présenté aux cadres les premières étapes de la réforme du groupe public, et sa transformation en une entreprise unique, dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel public.
France Télévisions doit être scindée en sept grandes entités. L'information doit elle-même être divisée en cinq pôles. Dans ce nouvel organigramme, la rédaction nationale et la rédaction régionale de France 3 devraient être « déconnectées », la première devant dépendre d'une direction commune aux rédactions de France 2 et France 3, la seconde devant être intégrée à un pôle « territoires », qui chapeautera aussi RFO.
Ils veulent déconnecter la rédaction nationale de la rédaction régionale. Or ce sont les régions qui fondent notre existence : en coupant ce lien organique, on pourra assimiler demain la rédaction nationale de France 3 à une super rédaction transversale de France Télévisions.
Une assemblée générale s'est tenue à France 3, dans une ambiance extrêmement grave, car la messe est dite et les nominations devraient intervenir dès mercredi prochain. Arlette Chabot, actuellement à la tête de l'information de France 2, pourrait être désignée à la tête de l'information nationale... ce qui laisse présager une certaine vision de l'indépendance journalistique, et le retour d'Arlette aux côtés de Laurence Ferrari, Duhamel et Pujadas à la table élyséenne pour, comme on l'a vu récemment, questionner le Président avec autant de vigueur que quand elle est en face d'un ou d'une socialiste.
Elle aura en charge la mise en œuvre de la fameuse règle des tiers à appliquer : un tiers pour l'UMP, un tiers pour le gouvernement UMP, un tiers pour le Président de la République UMP, et le reste pour l'opposition. Un sacré boulot quand, en plus, il y a des journalistes qui veulent faire des scoops à risques.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

PIETRI Annie 17/02/2009 00:35

Et on essaiera encore de nous faire croire que les medias restent indépendants du pouvoir politique! On nous prend vraiment pour des demeurés, pour qui ceux qui nous gouvernent n'ont que mépris et indifférence. Jusqu'à quand ?