Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Texte Libre

LES STATISTIQUES

VISITEURS UNIQUES

1 074 692

PAGES LUES

7 113 288


MAIS JE DEBLOGUE...

Archives

21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 07:17

Il faut toujours des victimes emblématiques en période de crise. C'est un principe intangible depuis que les phénomènes sociaux se produisent. Même en 1917, au cœur de l'offensive de Verdun, les condamnés pour l'exemple ont symbolisé l'extrémisme de cette position, mais on trouve bien d'autres ignominies du même genre, en d'autres circonstances. Hier, les syndicats du groupe PPR ont réagi à ce type de décisions qui transforment du jour au lendemain un employé en « mort au champ d'honneur du profit ». La suppression de 400 postes, en trois ans, annoncée par la direction de la FNAC n'est « nullement justifiée actuellement au regard des résultats de l'entreprise, stables dans une conjoncture certes morose » ont estimé les syndicats CGT, FO et Solidaires, de l'enseigne. Selon un communiqué commun, ce projet répond à des objectifs purement spéculatifs imposés par l'actionnaire PPR qui exige de sa filiale Fnac 300 millions d'euros de dividendes cette année, après en avoir reçu 53 millions en 2008.
« Ce plan est une véritable ignominie, car PPR profite de la crise pour procéder à des restructurations », estime Sud qui déplore « l'absence de précisions concernant les 200 suppressions de postes prévues à Fnac Paris » et redoute des fermetures de magasins. « On organise des départs en faisant pression sur les gens, ou en prenant prétexte de la moindre petite faute, comme un employé qui avait utilisé sa carte de réduction pour un ami, et ces départs ne sont pas remplacés », a indiqué le délégué CGT de Fnac Relais (province) citant 150 licenciements pour fautes en 2006 et 192 en 2007 pour un peu moins de 3.000 employés dans le réseau province. Ce sont, qu'on le veuille ou non, des « fusillés » sociaux pour l'exemple, puisque la direction a confirmé que le chiffre d'affaires de la Fnac était stable en 2008, malgré une baisse importante sur le marché des produits techniques au troisième et quatrième trimestres 2008, mais a souligné que le résultat opérationnel courant était passé de 4,3 à 4,1%. C'est devenu quotidien, mais personne ne s'en étonne véritablement, tant que les « éclats » passent à côté, jusqu'au jour où ils tombent du ciel sur la tête d'un proche ou d'un membre de la famille.
Jacques Bino, fonctionnaire du trésor public, syndicaliste CGT Guadeloupe, et militant du LKP, est mort, lui, par balles, aux environs de minuit, dans son véhicule, à proximité d'un barrage érigé devant la « cité Henri IV », à Pointe-À-Pitre. Contrairement à l'information qui a été diffusée, ce n'est pas une, mais trois balles, qui l'ont atteint : l'une d'entre elles a été immédiatement mortelle.
Le passager du véhicule que conduisait le syndicaliste n'a pas été blessé et ne fait pas partie de la famille de la victime. Les pompiers et les forces de l'ordre ont mis entre une heure et demie et trois heures pour arriver sur les lieux, selon les sources, du fait d'une « résistance de personnes qui se trouvaient sur le site », selon les mots du procureur de Pointe-À-Pitre, qui précise par ailleurs que le véhicule tentait de passer un barrage au moment des faits. Le passager a déclaré que le véhicule s'éloignait d'un barrage en marche arrière et effectuait un demi-tour quand les coups de feu ont éclatés. Encore une victime d'un conflit social encore plus grave que les autres, et cette fois, il n'y aura pas de suites réelles, car les médias n'iront pas jusqu'à une enquête poussée sur les circonstances de ce que le Premier Ministre a appelé « un meurtre ! ».

MORTS AU CHAMP D'HONNEUR
Il existe des morts plus glorieuses les unes que les autres, surtout celles qui résultent d'un engagement de l'Etat. Le président Nicolas Sarkozy a ainsi accueilli hier les familles des deux militaires français morts en Afghanistan, l'un le 22 novembre 2008, l'autre le 11 février dernier. « Le chef de l'Etat a renouvelé ses condoléances aux familles et les a assurées de son soutien et de celui de la Nation tout entière dans cette épreuve douloureuse », indique la présidence. L'Elysée rappelle que « lors des honneurs militaires, les deux militaires avaient été décorés de la Légion d'Honneur et promus à titre posthume ». Le 22 novembre 2008, un adjudant de 32 ans issu du 3e Régiment du génie de Charleville-Mézières (Ardennes), est décédé dans l'explosion d'une mine, à une dizaine de kilomètres au sud de Kaboul.
C'était le premier mort français en Afghanistan, depuis l'embuscade d'Uzbeen dans laquelle dix soldats avaient été tués à la mi-août 2008. Le 11 février, un capitaine du 35e Régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes avait été tué par des insurgés islamistes, dans la province de Logar, à une trentaine de kilomètres au sud de Kaboul. Depuis l'arrivée des Français en 2002, vingt-cinq militaires ont été tués. La France entretient quelque 2.800 soldats dans ce pays, au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan. Ils ont eu les honneurs que méritait leur sacrifice pour la France, impliquée dans la lutte contre le terrorisme international. Pas question de condoléances officielles pour Jacques Bino, et pas question de message de sympathie pour les sacrifiés du profit chez PPR ! Ils ne sont pas dans la même catégorie... et ne méritent pas le même traitement médiatique ou officiel. Un syndicaliste tué dans une embuscade ne peut pas espérer, même s'il est fonctionnaire de l'Etat républicain, un hommage présidentiel !

SAINT SANS PAPIERS
Désormais, il existe aussi d'autres victimes. On expulse à tout va au nom de la protection du pain des Français. Depuis hier, il y a pourtant un pauvre bougre qui va devoir quitter le confort argentin. L'Argentine a en effet donné dix jours à l'évêque britannique Richard Williamson pour quitter le pays, soulignant que ses thèses négationnistes « heurtaient profondément la société argentine, le peuple juif et l'humanité », alors qu'elles n'ont absolument pas choqué le Pape en personne ! La levée de l'excommunication par Benoît XVI de Mgr Williamson et de trois autres évêques intégristes, le 24 janvier, avait pourtant suscité un tollé et déclenché une crise qui a compromis les relations du Vatican avec le judaïsme et brouillé l'image du pape.
Deux jours avant le décret pontifical, Richard Williamson avait déclaré à une télévision suédoise: « Je crois qu'il n'y a pas eu de chambres à gaz (...) Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz ». L'Argentine, où l'évêque négationniste réside depuis 2003, a justifié sa décision en précisant que ses papiers n'étaient pas en règle. Brice Hortefeux et son apôtre Besson n'auraient pas accompli pire offense à la religion. Expulser un évêque sans papiers, ce n'est pas en France, avec le Chanoine de Latran, que pareille hérésie se produirait. Souvenez-vous, même Khomeny a coulé des jours heureux à Nauphle le Château !
La Direction argentine des Migrations a pourtant fait valoir « que l'évêque avait falsifié à plusieurs reprises la véritable raison de sa résidence dans ce pays, puisqu'il déclarait être employé de l'Association civile 'La Tradition', alors qu'il était prêtre et directeur du séminaire lefebvriste que la Fraternité Saint Pie X possède dans la localité de Moreno », à 40 km de Buenos Aires, précise le communiqué. Dommage qu'il ait fallu tant de temps, et ces déclarations, pour que les autorités argentines se réveillent ! Richard Williamson est un martyr ! S'il ne l'est pas déjà, il le sera bientôt et sa bénédiction n'en aura que plus de prix pour les nazillons putatifs que compte encore le monde ! Sa mort sociale n'est certainement pas pour demain, car Benoît XVI n'oubliera pas son passé !

OVERDOSE DE CRISE
Dans Newsweek, un long article parle d'un autre phénomène aux Etats-Unis. Il semble parfois incompréhensible qu'un homme, aussi stable et aimant soit-il, puisse tuer les gens qu'il aime le plus, mais malheureusement, c'est plus courant qu'on le voudrait. Le mois dernier, Mark Meeks, 51 ans, de Whiltehall, Ohio, tuait sa femme et ses deux enfants après avoir perdu son emploi. L'affaire survenait une semaine à peine après qu'Ervin et Ana Elisabeth Lupoe de Los Angeles ne se suicident après avoir tué leurs cinq enfants. Les Lupoe avaient écrit dans leur lettre d'adieu : « Après une horrible épreuve, ma femme a pensé qu'il valait mieux en finir, et pourquoi laisser nos enfants à un inconnu... Nous n'avons pas de travail et cinq enfants de moins de huit ans, avec nulle part ou aller. C'est ainsi ». Ces affaires ont choqué un pays qui a encore du mal à digérer l'histoire de Bruce Pardo, 45 ans, qui, habillé en Père Noël, avait attaqué une fête de Noël organisée par les parents de son ex-femme, et tué son ancienne épouse et huit de ses parents, avant de mettre le feu à la maison. Pardo s'était ensuite donné la mort.
Baptisés « exterminateurs de famille », ces gens - quasiment toujours des hommes - éprouvent un besoin profond de contrôle, qui les mène à détruire leur famille quand ils ne peuvent plus s'en occuper financièrement, ou quand la famille est divisée par un divorce.
Dans le cas des hommes qui commettent des meurtres suivis d'un suicide, on observe généralement un événement catalyseur, comme une déroute financière ou personnelle qu'ils considèrent comme catastrophique, alors que les femmes qui tuent leurs êtres chers ont généralement un passé psychiatrique, par exemple une psychose post-partum, comme dans le cas d'Andrea Yates, la mère texane qui a noyé ses cinq jeunes enfants en 2001. Le Violence Policy Center, un groupe de recherche à but non lucratif situé à Washington, D.C., estime à 1.108 le nombre de meurtres-suicides commis aux Etats-Unis en 2007, dont l'écrasante majorité a été le fait d'hommes. Et bien que ces statistiques les plus récentes n'indiquent pas une augmentation de ces crimes de 2006 à 2007, lorsque l'économie supprime des milliers d'emplois tous les mois, certains experts pensent que le stress engendré par les conditions économiques pourrait pousser plus d'hommes, voire de femmes, à considérer l'impensable comme le plus facile ! Les victimes sont souvent innocentes mais il arrive aussi qu'elles soient exemplaires et pourtant oubliées.
Mais je déblogue...

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
commenter cet article

commentaires