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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 07:17

Les banques, qui ont tant voulu avoir leur indépendance dans le contexte de la libre concurrence, se retrouvèrent bien dépourvues....quand la crise fut venue. Après leur dénationalisation, obtenue au prétexte que leurs conditions de gestion laissaient à désirer, et qu'elles n'avaient pas la liberté de réaliser les profits qu'on pouvait escompter de structures économiques performantes, on a pu constater que tout allait pour le pire. L'affaire du Crédit Lyonnais a rassuré tout le monde, celle de la Société générale a été révélatrice d'un nouveau comportement éthique. Les pertes sont devenues excusables, et les prises de risques inconsidérés, jugés antérieurement condamnables, sont devenues excusables... et - même sans les initiatives extérieures à notre pays - comme pouvant être largement rémunérées. Les « filles » historiques de la filière bancaire, issue de l'économie sociale et solidaire, n'échappent pas à la règle et sont même au cœur de la tourmente. Les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires vont être fusionnées de force, au prétexte qu'elles ont enfanté un monstre financier Natixis. Incapables de le maîtriser depuis des mois (et pas seulement après la crise), les responsables des deux entités ont fini par se retrouver en position délicate. Ils ont pourtant tout fait pour éviter une telle mise en cause de leur gestion.
Jeudi dernier, selon le site Médiapart, les administrateurs de la Caisse nationale des Caisses d'épargne ont vécu un moment décisif. Il fallait arrêter les comptes de l'exercice 2008 où, pour la première fois de son existence, l'Ecureuil serait en perte. Il fallait aussi avancer dans la fusion entre les Caisses d'épargne et les Banques populaires. Les administrateurs, sûrs de leur rôle, pensaient encore conserver leurs fauteuils confortables et donc se sortir de l'ornière financière dans laquelle ils s'étaient mis. Ils ne seront plus que 7 dans chaque camp, ce qui va considérablement diminuer les avantages dont bénéficient la totalité de ces instances, dans lesquelles, faut-il le rappeler, siègent des représentants non pas des actionnaires, mais des sociétaires !

LES PARACHUTISTES INQUIETS
La question qui dominait, qui planait sur la réunion, était tout autre: comment éviter la mainmise de l'Etat sur les Caisses d'épargne et le nouvel ensemble? Une question de principe? Il y eut, selon Mediapart (http://www.mediapart.fr), des rappels courroucés aux principes : rappel des origines « mutualistes », de « l'esprit d'indépendance » des Caisses, de la nécessité de sauvegarder cette « tradition historique ». C'est vrai, mais il y avait d'autres arrières pensées déclinées ci-dessus : comment garder son poste, ses fonctions et les facilités qui y sont liées? Qui pourrait assurer qu'au lendemain d'une fusion, ce pouvoir si chèrement et parfois fraîchement acquis n'allait pas s'évanouir ? Car l'arrivée de l'Etat mettrait un terme aux décisions entre amis. Du moins on peut le supposer, mais sans en avoir la certitude. Car les mauvais comptes ne font jamais les bons amis !
Le président de la Caisse d'Epargne, Charles Milhaud avait été contraint de remettre sa démission en deux jours. Entraînant avec lui le directeur général Nicolas Mérindol et le directeur en charge des finances et des risques, Julien Carmona, ils avaient en effet été obligés de quitter le navire des Caisses d'Epargne en deux jours. Certes, le patron de l'Ecureuil, n'avait pas été démis de toutes ses responsabilités, puisqu'il conservait la présidence du conseil de surveillance d'Océor, filiale sur l'outre-mer et l'international.
Toujours selon Mediapart, c'est l'Elysée qui avait fait pression pour que Charles Milhaud garde la présidence de ce conseil de surveillance de l'une des filiales les plus convoitées du groupe. Océor possède en effet une banque aux Antilles, à la Réunion, à Tahiti, en Nouvelle Calédonie et s'est aussi développée à l'Ile Maurice, en Tunisie, au Maroc ou encore au... Luxembourg.
Sarkozyste déclaré ? L'ex-patron avait été privé de ses parachutes dorés et avait donc bénéficié d'un accompagnement privilégié vers la retraite. C'est désormais de l'histoire ancienne, mais cet exemple a pesé sur le conseil d'administration quand on passa à l'examen des comptes.
Il fallait arriver à se passer de l'aide de l'Etat, tout en continuant les pratiques de bilans légalement adaptés aux circonstances. Il manquerait 4 milliards d'euros de fonds propres aux Caisses d'épargne pour respecter les ratios prudentiels imposés par les structures internationales. Si on voulait éviter l'Etat, il fallait les trouver ailleurs et il y avait plusieurs pistes possibles comme dans toutes les structures multipolaires.
Les caisses régionales des Caisses d'épargne pourraient apporter 2 milliards d'euros. Les représentants des caisses régionales, qui ont déjà tant donné, mais aussi couvert toutes les dérives passées, acceptèrent à nouveau de cautionner ce plan de sauvetage. Deux milliards d'augmentation de capital, ils devraient pouvoir y arriver, malgré la course aux plus-values à laquelle se sont livrées les régions ces dernières années... En raclant les fonds des tiroirs de ces instances de dépôt, on pouvait espérer sauver la boutique. Il manquait tout de même encore 2 milliards pour dresser une ligne Maginot contre l'Elysée, devenu brutalement l'ennemi numéro un.

VARIABLE D'AJUSTEMENT
Il est vrai que le gouvernement va avoir bien du mal dans quelques jours puisqu'il faut encore et toujours boucher des trous faits au nom d'un profit démentiel. La filiale maudite, Natixis a déjà reçu plus de 5 milliards d'euros en perfusion, elle devrait encore afficher entre 2,5 et 3 milliards de pertes. Celles-ci seront inscrites au compte de résultat de l'Ecureuil. Mais comment traiter le cas de la chute de valeur au bilan... C'est là qu'est arrivée l'idée géniale de la valorisation maximale de la filiale.
Depuis sa création en 2005, Natixis est inscrite à la même valeur dans les livres de la caisse nationale des Caisses d'épargne: 7 milliards d'euros. Le prix exigé pour la rupture des liens avec la Caisse des dépôts. Cela représente une valeur de 19,70 euros par action. Dès l'origine, il y avait un problème: les Banques populaires avaient comptabilisé à 15 euros l'action. Pour une filiale commune, cela faisait désordre. Mais tout le monde fit mine de s'en accommoder. Hormis le jour de son lancement, l'action Natixis n'a jamais eu cette valeur. Dès les premiers mois, elle était tombée à 13 euros. Depuis, ce fut la chute constante (à peine plus d'un euro il y a encore quelques jours) ce qui fait que les Caisses d'Epargne devraient accentuer leur déficit puisqu'on est très loin des 7 milliards de valeur réelle de cette filiale en perdition ! Le conseil d'administration se proposa de continuer comme au bon vieux temps, en s'auto-persuadant que les cours actuels ne voulaient plus rien dire (belle confiance dans la fiabilité de la Bourse), et donc de conserver Natixis à son niveau d'origine, et récupérer ainsi les 2 milliards perdus ! Le pied absolu, sauf qu'un détail avait été oublié : Nicolas Sarkozy veut la fusion pour contrôler ce qui deviendrait le second réseau de France. La situation de sa cote de popularité ne lui permet pas d'annoncer encore des milliards aux banques, alors que 200 euros pour les bas salaires sont impossibles à trouver à la Guadeloupe. Il faut quelqu'un de confiance pour mettre le couvercle sur la marmite bouillonnante !
La tactique éventée, il reste maintenant à se répartir les leviers de commande. Dominique Ferrero, actuellement directeur général, pourrait devenir président du directoire de Natixis, et François Pérol président du conseil de surveillance de la banque française. Cette réorganisation de l'état-major de cette filiale s'inscrirait dans le cadre de la fusion en cours de négociation entre les Banques populaires et les Caisses d'épargne, qui détiennent ensemble 71% de Natixis.

METTRE LE COUVERCLE
François Pérol, qui est actuellement secrétaire général adjoint de l'Elysée et conseiller économique du chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, est aussi pressenti pour prendre la direction du nouvel ensemble issu du rapprochement des organes centraux des deux banques mutualistes. La présidence du directoire de Natixis est actuellement assurée par Philippe Dupont, le patron des Banques populaires, tandis que le poste de président du conseil de surveillance est aujourd'hui occupé Bernard Comolet, le président de la Caisse nationale des Caisses d'épargne. Ils auront réalisé un bref passage, mais ils seront certainement récompensés.
D'ailleurs, ils n'ont plus d'illusion à se faire sur leur sort, puisque Nicolas Sarkozy s'occupe personnellement du dossier. Une décision sur une fusion entre la Caisse d'Epargne et la Banque Populaire interviendra « cette semaine », a déclaré celui qui sait tout, qui fait tout et qui décide de tout. François Pérol peut préparer ses valises pour le mois de mars. Il quittera le château de la Star Ac' sarkozyste avec 20 ou 30 % de parts pour l'Etat dans la corbeille de mariage. Espérons qu'il a au moins un livret A à la Caisse d'Epargne... Une seule réaction à cette annonce faite par la presse après une réunion tenue samedi matin à l'Elysée.
Si Benoît Hamon est favorable à ce que « l'Etat rentre au capital de la nouvelle banque », il a déclaré que « le choix du numéro deux de l'Elysée, c'est-à-dire un ami personnel de Nicolas Sarkozy, à la tête du deuxième groupe bancaire (...) participe d'une stratégie d'influence du président de la République dans les milieux économiques. Moi, je fais la différence entre les intérêts de l'Etat et les intérêts de Nicolas Sarkozy », a-t-il lancé avant de préciser: « Je pense que François Pérol est au moins autant un proche de Nicolas Sarkozy qu'un défenseur des intérêts de l'Etat ». Il ne restera bientôt plus un seul poste de l'Etat qui ne sera pas détenu par un UMP et même de préférence par un Sarkozyste... Une véritable stratégie, déroulée sans aucun complexe. On se croirait chez Poutine quand ce dernier assoit une partie de son influence dans les milieux économiques, par oligarques interposés, ou par la volonté de placer untel ou untel a la tête des entreprises dites libres, mais sous surveillance étatique. Benoît Hamon a résumé la situation en déclarant hier: « ce n'est pas que l'Etat Sarkozy, c'est le patronat Sarkozy ». Mais ce sont aussi les fonctionnaires Sarkozy, les médias Sarkozy, les vedettes du show bizz Sarkozy, les sportifs Sarkozy, les milliardaires Sarkozy ! Alors, que les banquiers le soient, ce n'est pas si étonnant que cela !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

VIEIL OBSERVATEUR 24/02/2009 19:27

S'ils ne sont pas opposés à la venue de M. Pérol, plusieurs dirigeants des Caisses d'Epargne contactés par l'AFP se sont dits rebutés par les méthodes de l'Elysée au point de menacer de voter contre la fusion jeudi.
Serge Huber, qui représente les salariés au conseil de surveillance, juge ainsi "scandaleux" que l'Etat décide à la place des Caisses d'Epargne, qui ont payé 7 milliards d'euros pour recouvrer leur indépendance. L'Ecureuil s'était affranchi en 2006 de la tutelle historique de la Caisse des dépôts.
D'autres ne digèrent pas la "différence de traitement" entre le groupe mutualiste et BNP Paribas, à qui l'Etat aura prêté en tout 5,1 milliards d'ici l'été sans contrepartie similaire. "C'est injuste et humiliant", estime un dirigeant.
"Il y a une vraie révolte au sein du groupe contre les méthodes de l'Etat, qui sont des méthodes de voyou", renchérit une autre source.

PIETRI Annie 23/02/2009 20:58

Lorsque je suis entrée dans la vie active, il y a bien longtemps, j'ai confié mes premiers salaires à la Banque Populaire...Il me semblait que c'était un choix conforme à mes convictions, le choix d'une banque mutualiste, qui ne donnait pas dans l'affairisme, à laquelle il fallait s'adresser, de surcroît, pour obtenir un prêt de la Garantie Mutuelle des Fonctionnaires....ce qui fut le cas peu après, lors de l'acquisition de mon premier appartement. Je suis restée fidèle à "ma" banque, dont je suis devenue "porteur de parts", et auprès de laquelle j'ai déposé mes quelques économies. J'ai même assuré ma maison, ma voiture....et maintenant ma "résidence secondaire créonnaise" auprès de cet établissement bancaire ! Alors, être cliente, et qui plus est "actionnaire", d'une banque qui certes sera le second établissement bancaire de France par son importance, mais qui sera, au surplus, entre les mains de gens pour qui je n'éprouve pas la moindre sympathie, et en qui je n'ai pas la moindre confiance.....il faut bien admettre que c'est désespérant. Avoir été "fidèle" toute une vie, pour arriver au détestable constat que l'on s'est fait avoir, que l'on va être dépendant d'un sarkoziste grand teint.... Si ce n'était pas si compliqué, et si j'étais plus jeune, je changerais de banque. Mais pour aller où? Tout, absolument tout, est fagocité par ce despote dont nous devrions bien tout faire, et très vite, pour nous débarrasser.