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MAIS JE DEBLOGUE...

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 07:17

Ce que les spécialistes appellent l'exposition, ou même parfois la surexposition médiatique, à ses avantages et surtout ses inconvénients. Tout l'art de la communication, c'est de pas saouler les téléspectateurs ou les auditeurs par une omniprésence qui, si elle conduit parfois à une notoriété positive, se transforme  aussi quelquefois en catastrophe, quand la tendance s'inverse. Toutes les personnes qui comptent ont en effet désormais autour d'elles des services dits de communication, qui ne sont, en définitive, que des outils de promotion individuelle. Les attachés de presse ne se contentent plus d'apporter des éléments aux journalistes, ils sont souvent chargés d'imposer leur « patron(ne) » aux médias. C'est parfois au prix d'acrobaties délicates, car il suffit que, deux ou trois fois, les résultats n'atteignent pas les espoirs de celui qui passe la commande, pour qu'ensuite des a priori détestables viennent perturber les relations avec la presse pourtant sollicitée.
Dans la vie politique, on a bien vu comment Nicolas Sarkozy a utilisé au maximum ses amitiés privilégiées dans le milieu médiatique pour obtenir, durant la campagne présidentielle, et ensuite, durant la première année de son mandat, une couverture permanente de ses faits et gestes. C'est tout juste si on n'a pas filmé sa rupture avec son épouse légitime, partie, revenue et repartie. On a bénéficié des vacances sur l'eau, des vacances aux States, des amours naissantes, des querelles de famille, des confidences d'oreiller et plus encore de la couverture des voyages multiples de celui qui, comme le furet, est passé par ici pour repasser par là ! Faire de la politique sur la base d'une médiatisation personnelle outrancière, conduit inévitablement à la désillusion un jour ou l'autre. Il vaut mieux être rare que surexposé, être au service des médias plutôt que se servir des médias, être prudent plutôt que téméraire, être économe plutôt que dispendieux. Le chef de l'état tente le pari inverse... même s'il a mis un bémol à la pipolisation, laissant l'exploitation de ce secteur à son épouse. Ce n'est plus à la mode.
Il est pourtant indispensable de savoir que la guerre de la communication fait rage, et que tout l'Elysée est arc-bouté sur les opportunités propres à dézinguer les adversaires, faute de pouvoir bonifier l'image de celui qui doit être omniprésent. Ce travail de sape s'effectue quotidiennement, avec la complicité de rédactions complaisantes.
Hier fut une journée révélatrice de cette réalité. On a vu ainsi le « château » dévoiler, dès le matin, la tendance catastrophique du nombre des chômeurs. Le résultat devant être publié à 18 h, il allait exploser sur les écrans de télévision des Jités de 20 heures. En annonçant une tendance dramatique dès l'aube, l'Elysée préparait l'opinion via les radios, toute la journée. France Infos a joué à plein régime, ressassant la déclaration de Guéant ! C'est ce que l'on appelle la technique du contre-feu préventif. Ce matin, l'envolée du chômage ne faisait plus la une de médias qui comptent. On avait étouffé dans l'œuf la naissance d'une information, pourtant angoissante, et révélatrice de l'échec total de la politique gouvernementale actuelle en pleine crise. Personne ne peut croire que ces annonces furent spontanées ou improvisées. Tout est minutieusement planifié, avec une volonté manifeste de désinformer, comme c'est le cas sur le mariage forcé des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne. Un autre exemple est arrivé via Paris Match Pravda.

COUP PARTI
Inutile de rappeler tous les accrocs déontologiques de ce magazine, depuis l'aventure survenue à son directeur, viré avec fracas pour avoir fait sa une sur l'idylle entre l'ex-épouse présidentielle et son époux actuel. Alain Génestar fut congédié pour crime de lèse- majesté. Il aurait quitté cet hebdomadaire sous la pression du propriétaire, Arnaud Lagardère, pour avoir publié une photo illustrant les déboires conjugaux de Nicolas Sarkozy. Aux journées d'été de l'UMP à la Baule, Nicolas Sarkozy aurait affirmé a des journalistes qu'il aurait eu la tête de Genestar, mais bien évidemment, ce n'est qu'une rumeur sans fondement. On a, depuis, multiplié les photos complaisantes du couple officiel dans le magazine, mais ce n'est pas suffisant. Il fallait renvoyer l'ascenseur. Ségolène Royal étant allée aux Antilles, il devenait indispensable de l'aligner, pour réduire son périple à un simple événement people ! Surtout, dévaloriser une démarche que le... président de la République n'a pas su faire ! Elle avait essuyé les critiques acerbes de l'UMP. Sa démarche d'assister aux obsèques du syndicaliste assassiné (avez-vous entendu parler de l'enquête ?) a été dénoncée comme une « récupération politicienne » par la fédération UMP sur place, « au moment (...) où il convient de s'incliner devant la peine de la famille ». Et la suite a persisté.
Jean-Luc Lubin, secrétaire général du Medef Guadeloupe, n'a pas, lui non plus, goûté les déclarations de Ségolène Royal. « Dans la situation actuelle, elle est très, très mal placée pour venir mettre de l'huile sur le feu. Aujourd'hui, on a besoin de sérénité dans ce pays et non pas de politiciens arrivistes, qui viennent nous donner des leçons et nous dire ce qui est bon, ce qui n'est pas bon. Maintenant, ça commence à suffire, cette affaire-là, maintenant si elle n'a rien à dire, qu'elle se casse, ça commence à bien faire cette affaire-là », s'est-il emporté. La réaction, à Paris, a été plus subtile. On a transformé le déplacement de Ségolène Royal en... idylle privée. Une manière de laisser accroire que nous étions dans la supercherie intégrale de la femme qui va s'exposer sur la plage, comme touriste amoureuse, et aux obsèques, comme politique ambitieuse. Bien évidemment la boulot a été confié à Paris Match Pravda, car il y avait à se faire pardonner.

COUP TORDU
Dans la mesure où personne ne met véritablement (ne croyez pas toujours aux protestations offusquées) de barrière entre le public et le privé, la tentation est grande d'utiliser cette tendance dans le bon, puis le mauvais sens. Ségolène Royal était rentrée dans le rang, et il fallait exploiter ce besoin d'exister. Le 24 février, la candidate malheureuse à la présidentielle et à la tête du Parti socialiste a fait allégeance à sa rivale, la première secrétaire Martine Aubry, en autorisant plusieurs de ses fidèles à intégrer les instances dirigeantes du PS. « Moi-même, je suis disponible pour exercer des responsabilités », a déclaré Ségolène Royal sur France Info. « Si on me les donne, c'est bien; si on ne me les donne pas, c'est bien aussi. » La présidente de Poitou-Charentes est prête à se contenter de « missions provisoires ». Ce geste s'expliquait par le besoin de créer une « dynamique de rassemblement », à l'approche des élections européennes de juin, premier test électoral de la nouvelle direction socialiste. Alors, avec quelques filatures plus ou moins officielles, on a détecté une faille dans cette position jugée au minimum agaçante et au maximum condamnable. Il fallait éclipser son déplacement dans les Antilles. Les photos volées ont été, en effet, réalisées il y a plusieurs semaines en Espagne et on les avait en réserve. La présidente de Poitou-Charentes a regagné Paris après cette visite dénoncée comme une « récupération » politique par l'UMP. « On mélange la vie privée et sa vie de femme publique. C'est une entreprise de déstabilisation politique », s'est indigné Jean-Louis Bianco, l'un des proches de Ségolène Royal, sur Europe 1, mais il faut lui rappeler qu'en 92, elle avait posé pour des photos, dans ce même magazine. En plus de la photo de couverture, Paris Match publie trois clichés de la présidente de la région Poitou-Charentes se promenant dans les rues de Marbella main dans la main avec un homme d'affaires inconnu du grand public, André Hadjez... dont on ne va tarder à suggérer qu'il appartient au Medef.

COUP DE FIL
La seule satisfaction que pourrait recevoir Ségolène Royal, c'est que Nicolas Sarkozy appelle son copain Arnaud Lagardère pour faire virer le directeur de son journal favori. Ce serait un beau geste, très fair-play, et un signe fort d'indépendance vis-à-vis de cette opération bien ficelée. On peut douter qu'il l'accomplira quand on voit combien il s'assoit avec mépris sur tous les métiers porteurs de valeurs fortes. Mépris pour les journalistes considérés comme uniquement des faire-valoir. Mépris pour les enseignants pris pour des incapables ; mépris pour le comité chargé d'examiner la comptabilité des fonctions publiques et privées ; mépris pour les Guadeloupéens ; mépris pour les salariés, mépris pour les élus locaux ! Ce n'est pas que du mépris idéologique, mais tout simplement du mépris matériel effectif, car personne ne peut admettre que l'esprit de résistance anime véritablement le pays actuellement. « (...) En apparaissant en Guadeloupe à titre personnel, en marge des négociations gouvernementales et sans aucun mandat du Parti socialiste, Ségolène Royal prouve sa volonté d'exister médiatiquement, dans la perspective des scrutins à venir. Quatre jours auparavant, en apparaissant au bras d'un compagnon dans les rues de la station balnéaire de Marbella, pendant les vacances scolaires, elle donne le signe qu'elle n'est plus seule et qu'elle est prête à ouvrir un nouveau chapitre de sa vie. Les clichés réalisés par des photographes de presse dans les rues de Marbella sont l'illustration de ce changement. Pourquoi les photographes, bienvenus pour couvrir sa présence à Pointe-à-Pitre ne le seraient pas dans les rues de la station balnéaire espagnole? Arrêtons l'hypocrisie. Ségolène Royal est apparue sept fois en couverture de Paris Match au cours des deux dernières années. La première, dans le numéro du 5 octobre 2006, sous le titre "L'irrésistible Ascension".» Et c'est là qu'est le nœud du problème ! Comment démèler les moments où les photographes sont les bienvenus et  ceux où ils seraient haïs ? La marge est mince, et Paris Match, dans son communiqué, se contente d'appuyer là où ça fait mal. Par exemple, comment critiquer farouchement TF1, quand on court faire un 20 heures bon pour son image ? A vous de répondre.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

PIETRI Annie 26/02/2009 22:13

J'ai bien aimé l'image des "trois coups".....Le coup parti, le coup tordu et le coup de fil. Mais cela aurait aussi bien pu être le coup fourré, le coup de barre ou le coup de l'étrier....Et qu'est ce qu'on apprend, en lisant tes très sérieuses chroniques? (ou, en tout cas ceux et celles qui ne sont pas très portés sur la lecture des revues people???)qu'est-ce qu'on apprend, donc ? Que notre Sainte Blandine, que la madone des Désirs d'avenir, que notre sage candidate qu'un rien offusque, se donne en spectacle sur une plage huppée d'outre Pyrénées, et qui plus est, avec un homme d'affaires! Pas très "socialiste", tout cela....Mais, l'honneur est sauf : elle a crié urbi et orbi ce soir, sur les étranges lucarnes, qu'elle allait porter plainte.....Le ridicule ne tue pas , dites-vous?