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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 07:17
Les élus deviendront, au fil des jours, les boucs-émissaires d'une situation de crise imputable à des personnes qui ne doivent aucun compte au suffrage universel. On sent bien monter dans l'opinion dominante ce ressentiment contre ce qui est trop facilement présenté comme un statut de privilégié. Plus personne ne s'exprime sur leur situation sans parler de « privilèges », de « magouilles », de « trop payés », de « menteurs », « d'incapables », de « voyous »... La cible devient d'autant plus facile que le sentiment d'avoir été cocufié en permanence, depuis des décennies et des décennies, monte dans la population. Ce cancer ronge la cote de confiance de celles et de ceux qui sont censés porter la parole des citoyennes et des citoyens qui leur ont délégué le pouvoir de les représenter. Dans tous les partis, la crise couve... car désormais tout tourne autour du partage du pouvoir et, plus encore, autour de cet inextinguible besoin de le conserver. Les récents événements, dans  tous les camps, ne vont guère réconcilier la France avec la politique. Et la crise va rendre la situation encore plus tendue... au nom de l'égalité de tous face aux difficultés. Il faut prévoir des réactions d'hostilité, naissant de la déception qui germe dans bon nombre d'esprits. Il faudrait faire un retour sur l'histoire des années trente pour redonner le véritable sens de ce contexte. Les esprits les plus fragiles peuvent être tentés par la facilité, et tomber dans le panneau de la généralisation hâtive, destructrice des valeurs. Des signes forts commencent à pointer !
L'Alliance pour l'avenir de l'Autriche a ainsi remporté un large succès en Carinthie, malgré la mort, en octobre dernier, de son populaire dirigeant Jörg Haider dans un accident de voiture. La formation populiste a largement devancé les sociaux-démocrates dans cette province dont Haider fut le gouverneur durant dix ans . Le BZÖ a reçu 45,5% des voix, tandis que le SPÖ, avec 28,6% des suffrages, reculait de 10 points.
Les sociaux-démocrates ont également perdu des voix à Salzbourg, mais restent toutefois en tête avec 39,5%, ce qui garantit la réélection du gouverneur Gabi Burgstaller. Le Parti populaire (ÖVP, conservateur), qui partage le pouvoir au niveau fédéral avec le SPÖ dans un gouvernement de grande coalition, a légèrement progressé en Carinthie, mais perdu des voix dans la région de Salzbourg.
L'extrême-droite a nettement progressé dans cette seconde province. Le Parti de la liberté (FPÖ), ancienne formation d'Haider avant qu'il ne fonde le BZÖ, y a remporté 13% des voix, soit 4,3% de mieux que lors de la précédente consultation. En revanche, le BZÖ, dont le poids est essentiellement limité à la Carinthie, n'a pas atteint le seuil nécessaire pour entrer au parlement régional de Salzbourg. Même s'il ne faut pas en déduire des conséquences pour le reste de l'Europe, on ne peut s'empêcher de penser qu'Hiltler, après avoir perdu toutes les élections, a fini par exploiter le fait que les vainqueurs successifs des élections ont été incapables de trouver des solutions pour rétablir l'Allemagne dont rêvaient les allemands. Suite a un lobbying intense des nazis , le Président Hindenburg a nommé Hitler chancelier... et lui a ouvert les portes du pouvoir, après le discrédit permanent qui avait accablé les hommes politiques en place !

DES BALLES INQUIETANTES
Que l'on soit d'accord ou opposé au gouvernement actuel, il faut bien convenir que la journée d' hier dénote une évolution dangereuse de l'opinion. Les fous sont partout, mais ils ne font que focaliser à l'extrême les non-dits de la société, en se prenant pour des rédempteurs. Des lettres de menaces de mort, accompagnées chacune d'une balle de calibre 9 mm ou 38, ont été adressées ces derniers jours par un ou des inconnus à Nicolas Sarkozy et neuf ministres, élus ou responsables de l'UMP. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet antiterroriste de Paris sur ces courriers de menaces, reçus notamment par les ministres de la Justice Rachida Dati, de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, de la Culture Christine Albanel, ainsi que le maire UMP de Bordeaux, ancien Premier ministre, Alain Juppé, qui s'est déclaré « tout a fait serein ».
Le député du Nord UMP, Christian Vanneste a indiqué à l'AFP avoir reçu ce mardi à son domicile une lettre. Le sénateur UMP de Lozère, Jacques Blanc, et le sénateur-maire UMP de Béziers, Raymond Couderc, avaient déjà reçu auparavant de tels envois. Toutes les personnes menacées ont reçu une lettre identique, dactylographiée sur un papier blanc, sans en-tête, logo, ni signature, a précisé le parquet en évoquant des propos « décousus ». Cette lettre, qu'un journaliste de l'AFP a pu consulter, contient de nombreuses fautes d'orthographes et des propos injurieux, affirmant que les destinataires ne sont « que des morts en sursis, mais des morts verrouillés ».
Selon l'un des destinataires, le courrier se trouvait dans une enveloppe kraft, contenant une enveloppe blanche et la balle. Dix personnalités de droite sont citées dans ces courriers, accompagnés selon les cas d'une balle de 9 mm ou de calibre 38, deux munitions de taille très proche. « Ministres, députés, sénateurs, pourvoyeurs de lois liberticides (...) vous n'êtes que des morts en sursis », proclame le courrier qui menace également « l'UMP, le Nouveau centre FN et autres collabos centristes ou socialos collabos ».
« Ce courrier est le dernier. Nous faisons le black out, silence radio total », écrivent le ou les expéditeurs en évoquant en fin de lettre « 10.000 combattants et une mystérieuse cellule 34 (expéditeur courrier) ». Vous allez voir que c'est un coup de l'ultra-gauche !
Le vocabulaire utilisé « piste », « cible », « verrouillé », « silence radio total » fait penser au langage des militaires... ou des paramilitaires. Personne ne peut se réjouir de ces faits, mais je suis pourtant certain que les effets dans le peuple ne sont pas aussi simples qu'on le croit. Au comptoir des bistrots, les héros ne sont pas toujours ceux qu'on espère !

STRICTEMENT POUJADISTE
La dérive s'accélère : c'est tout ! La réforme Balladur ne va faire que renforcer ce sentiment, puisqu'elle accrédite l'idée que les élus ne font rien, ne sont pas efficaces, coûtent trop cher, se critiquent inutilement, doublonnent, et plus encore rongent l'efficacité des réformes gouvernementales. Bref, même s'ils venaient à disparaître, ce ne serait pas une perte essentielle pour la République. Et pourtant ? Le système de la représentation démocratique n'est pas si vieux qu'on le pense. Pendant des siècles, les Français n'étaient pas électeurs. Le pouvoir politique appartenait au roi ou à l'empereur. Il se transmettait selon des règles précises de dévolution de la couronne et, par conséquent, restait toujours dans les mêmes familles. Les individus ne choisissaient donc pas leurs gouvernants. Cette conception a duré ainsi jusqu'à la fin de l'Ancien Régime... et c'est la Révolution qui a institué partiellement la notion de citoyen, éligible quel que soit son statut social. En fait, le mépris de ce principe peut conduire à un formidable retour en arrière, à l'abandon des principes fondateurs de la démocratie.
Hier soir, dans le Grand Journal de Canal +, l'incomparable Jean Michel Apathie a joué au boutefeu. Il a effectué une brillante diatribe de pseudo chevalier blanc de la politique... en prônant une professionnalisation des fonctions, actuellement simplement dédommagées, pour celles et ceux qui exercent une responsabilité de gestion. Une analyse strictement « poujadiste » de la situation, consistant à se faufiler dans l'opinion dominante, et donner raison à celui qui envoie des balles et des menaces de mort. Présenter les maires de petits villages comme des nantis inefficaces, alors qu'ils font preuve d'une dévouement souvent exceptionnel à l'égard de leurs administrés, pour une centaines d'euros d'indemnités. Eux
aussi, en prise directe avec leurs mandants, et jamais isolés par un cabinet, des services, ou des fonctionnaires qualifiés, reçoivent des lettres anonymes pour un rien, car ils sont tenus pour responsables d'un refus de permis de construire, d'un arrêt de bus mal placé, d'un réseau électrique abattu, d'une eau insuffisante ou d'une ornière dans un chemin ! Qu'apporterait aux citoyens la professionnalisation, si ce n'est la substitution au contrôle politique citoyen, de la rentabilité d'un placement ? Dans les faits, elle existe déjà, puisqu'il est de plus en plus dur d'exister quand on n'entre pas dans le moule des partis, et par le fait que justement les médias ne s'intéressent qu'aux faits et gestes d'une trentaine de personnalités, censées représenter tous leurs collègues. Apathie lui-même fabrique chaque jour les pros qui lui servent de faire valoir !
Au moment où justement la crise s'installe, il faudrait insister sur le rôle des élus proches du terrain, dans ce tissu social qui va se déliter. Ils seront les ravaudeurs d'un filet de secours dont personne ne veut reconnaître l'importance. Critiquer une politique, ce n'est pas tirer matériellement ou virtuellement sur celles et ceux qui la font ! Et s'il y a une certitude, c'est que, dans une démocratie, quels qu'ils soient, les porte-flingues ne sont pas les plus respectables.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

PUIG 04/03/2009 09:10

Cher Jean-Marie,encore une fois j'approuve ta chronique et ton analyse. En cela je ne suis pas original bien que discret sur ton blog, toutefois j'aimerais soumettre une réflexion. En tant que citoyen j'ai bien délégué le pouvoir de me représenter a un personnel politique la plupart du temps de valeur et compétant. (je connais des exceptions criantes). Pourtant il me semble que pas mal d'élus se réclamant du suffrage populaire craignent en même temps l'expression des citoyens et décident de tout dans une sorte de forteresse sans jamais débattre avec ceux qu'ils représentent. Ce n'est évidemment pas ton cas car tu as instauré des rencontres réguliéres avec tes administrés. En tant que conseiller général tu informe largement au cours de réunions débat en acceptant la différence. J'aime à penser que des gens comme toi avec des citoyens conscients des enjeux feront barrage à tout ce que tu décris de néfastes. Mais qu'adviendra t'il de ces élus qui répugnent à rencontrer les citoyens, à débattre avec eux, qui n'acceptent pas la contradiction sans parler d'opposition!!! Ceux là se caractérisent par un orgueil dévastateur pour l'avenir de la démocratie même car cela éloigne les citoyens de leurs devoirs de présence, de contôle et de soutien. Oui tu as raison sur le fond mais les torts sur ce poujadisme rampant est à mettre sur le compte des électeurs qui se laissent aller à des penchants rétrogrades mais aussi à des élus qui se comportent comme des notables et qui captent le pouvoir depuis des générations par exemple dans certaines communes et à plus haut niveau sortant des mêmes grandes écoles. Tout cela est inquiétant et c'est ensemble que nous devons nous réveiller!