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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 19:05
En situation de crise, il existe trois mots clés qui peuvent sauver la démocratie : valeur, équité, responsabilité. Il est actuellement certain que dans la vie politique française ces références n'existent guère, car elles ne rapportent pas ! Tout le monde exploite ces filons sans pour autant demeurer très longtemps sur le sujet. Comme si, de manière générale, le gouvernement pratiquait une sorte de dumping moral consistant à transférer, transférer sans cesse, transférer en permanence les responsabilités vers les autres, en oubliant les valeurs républicaines et en se souciant fort peu de l'équité. L'exemple de ces pratiques vient de la récente manifestation nationale, puisque dans le fond, le Premier Ministre et ses acolytes se sont contentés de refuser toute suite positive aux revendications portées par 3 millions de personnes, niant de fait toute utilité aux manifestations syndicales. Jean-François Copé a estimé, par exemple, que le gouvernement ne peut pas « s'offrir le luxe d'annoncer de nouvelles négociations sociales au rythme des appels à manifester ». Mais, par contre, le patron des députés UMP en a appelé à « la responsabilité » des syndicats, dans un entretien au Monde daté de demain. Comme si, de son côté, le pouvoir actuel n'avait aucune responsabilité particulière dans la situation. Les éditorialistes de la presse écrite, qui ont bien souvent un regard beaucoup plus critique que leurs homologues « je-sais-tout » des télés et surtout des radios - quand ils ne sévissent pas sur les deux - n'ont pas manqué de le souligner !
Alors qu'un nombre record de manifestants est descendu dans la rue jeudi, les éditorialistes de la presse française déplorent majoritairement « l'autisme de François Fillon »  et Nicolas Sarkozy, qui aboutit, selon eux, à un « dialogue de sourds » avec les grévistes. Comment, en effet, admettre que des déclarations intempestives parlent de la valeur du dialogue social alors que, quand il s'impose, il est totalement ignoré !
« Il suffisait ainsi d'entendre hier soir François Fillon, pour mesurer le creusement de ce fossé social entre des syndicats qui attendent plus que les 2,6 milliards d'euros débloqués lors du sommet du 18 février, et un gouvernement qui estime en avoir fait assez », résume l'éditorialiste de Nice-Matin. Personne ne peut honnêtement accuser Nice-Matin d'être le reflet d'une Gauche débridée et irresponsable. Et pourtant, le jugement est sans équivoque ! Même son de cloche avec celui de La Nouvelle République du Centre-Ouest,  qui constate lui aussi que « le Premier ministre (appuyé à l'Assemblée par une majorité UMP très remontée) n'a rien de plus à proposer que la stricte application des mesures de février. Ce n'est pas un dialogue social, c'est un dialogue de sourds. » Le constat se répète d'un quotidien à l'autre, avec finalement la mise en cause dans les événements ultérieurs d'un gouvernement qui continue, vaille que vaille, à défendre l'indéfendable, et à fonder sa politique sur celle de la corbeille de la Bourse !

AUTISME GENERALISE
Une situation dangereuse, selon Sud-Ouest. Car « en refusant un nouveau round social rassemblant syndicats et patronat, le gouvernement a pris la responsabilité d'ignorer la crise morale que traverse la France. » Or, explique-t-on dans ce quotidien, qui vient dans la même semaine de faire deux "une" sur... Alain Juppé et de lui accorder trois pages d'expression libre, on craint le pire. Il est vrai que le Maire de Bordeaux, balayé par une réforme des retraites, sait de quoi il parle, en évoquant l'autisme politique et social. « En politique plus qu'en tout autre domaine, la détermination ne doit jamais virer à l'autisme », avertit Le Courrier de l'Ouest. Jamais on n'a constaté qu'il y avait autant de « handicapés »  politiques à la tête de l'Etat !
L'argument de François Fillon pour expliquer son inflexibilité, analyse La Charente Libre, est qu'il faut « éviter de creuser un déficit public qui a déjà doublé et qui pénaliserait la France lors de la reprise envisagée dès 2010. » Une valeur sur laquelle ironise le Progrès: « C'est son obsession, nous protéger, une vraie mère-poule avec ses poussins, gentils mais pas très malins. Oui, nous avons bien de la chance de l'avoir, François Fillon, ou le pouvoir de dire non, pour notre bien. » Le ton est tout à fait de circonstances, car le Premier Ministre joue au Clémenceau durant la Guerre. Il va dans les tranchées expliquer qu'au nom de l'intérêt supérieur de la Nation, il faut que les salariés se sacrifient et acceptent de mourir socialement comme l'ont fait leurs aïeux à Verdun. Les vagues d'assaut, balayées par la mitrailleuse du profit, comme chez Continental, sont vite ensevelies, afin que les autres qui arrivent derrière n'aient pas peur de l'avenir.
Dans La Montagne, on pense en effet que la posture de Fillon est calculée. « Sur l'échiquier politique, il n'y a pas de place entre Bayrou et Sarkozy », observe-t-il. « Fillon a donc décidé de se faire applaudir sur les bancs de la droite. Il confirme son image de père la rigueur et se sculpte une image pour l'avenir ». Vous voyez qu'avec un brin de lucidité ,des gens bien peuvent finir par être de... gauche sans le savoir !

SOUVENIRS... SOUVENIRS
Un avenir plutôt noir, pour beaucoup d'éditorialistes, comme celui de La République des Pyrénées qui ne mâche pas ses mots : « L'inflexibilité de Nicolas Sarkozy est un jeu dangereux, car la prochaine échéance sera celle du 1er Mai ». Que veut-il rappeler ? Le 1er mai 1968, par exemple, quand Le Monde décrivait ce qui s'était passé : « La manifestation qui s'est déroulée mercredi 1er mai après-midi à Paris, à l'appel de la CGT et du parti communiste, a été, de loin, la plus importante de celles qui, sur l'ensemble du territoire, ont marqué la fête du travail. Pour la première fois depuis quatorze ans, la grande centrale syndicale et le PC ont renoué avec la tradition des défilés du 1er mai, interrompue en 1954 par le gouvernement Laniel, en raison des graves incidents survenus le 14 juillet précédent ».
La population de la capitale avait largement répondu à un appel, auquel avaient refusé de se joindre les unions syndicales parisiennes CFDT et FO en estimant qu'une telle manifestation n'entrait pas dans leurs coutumes. En fait, si l'initiative de la journée revenait officiellement à la CGT, les cédétistes ne voulaient pas se prêter à un mouvement politisé par la présence des communistes. Dès lors, la FGDS (ex-PS) avait également décliné l'invitation. Le PSU, pour sa part, l'avait acceptée, et M. Claude Bourdet, prit place sur l'estrade improvisée avec un camion, au pied de la colonne de Juillet.
De toute façon, si la CGT et les fédérations communistes des départements du district parisien voulaient faire la démonstration de la discipline de leurs troupes, elles ont pleinement réussi. Les organisateurs avaient estimé à cent mille le nombre des personnes (vingt-cinq mille selon la préfecture de police) qui défilèrent, deux heures durant, de la République à la Bastille (à noter que la police n'a guère changé depuis 43 ans pour ses estimations toujours aussi ridicules !). Elles étaient canalisées par un efficace service d'ordre CGT-PC ; il intervint, lorsque des altercations opposèrent des militants à des éléments trotskistes, prochinois et anarchistes, dont certains brandissaient le drapeau noir en réclamant « un gouvernement ouvrier » . Dix-sept personnes avaient été contusionnées. Un groupe d'étudiants parvint cependant à s'intégrer dans le cortège et donc à lancer ce lien social qui allait finir par déborder la CGT !

SURTOUT PAS RESPONSABLE
Face à la situation, Le Républicain lorrain, pense qu'une « initiative politique s'impose. A commencer par un remaniement d'ampleur du gouvernement ». Et L'Humanité de conclure : « Le gouvernement, avant de choisir l'épreuve de force, ferait bien de réfléchir qu'elle n'a de sens que lorsqu'on est le plus fort. L'est-il encore aujourd'hui? » Fermez le ban car les décorations sont distribuées ! A l'Elysée, dans la distribution des rôles, on commence à serrer les fesses ! Nicolas Sarkozy a donc vite réagi aux propos de son principal collaborateur, et il a annoncé vendredi son intention d'évaluer « avant l'été » (tiens donc... En mai par exemple ?), avec les partenaires sociaux, les mesures sociales décidées pour faire face à la crise, se montrant prêt à les compléter « s'il le faut ». Une manière de prétendre que la manifestation n'a pas été suffisante pour justifier un Grenelle social.
« Je proposerai aux syndicats d'évaluer l'impact de toutes ces mesures avant l'été, pour voir ce qu'on peut corriger, ce qu'on doit compléter et ce qu'on peut ajouter », a déclaré le président de la République lors d'une conférence de presse à Bruxelles. « Avant l'été, on évaluera, on complétera, on modifiera, on rajoutera s'il le faut », a-t-il répété. Il a exclu de prendre tout de suite de nouvelles décisions. « Il serait imprudent ou difficile de modifier quelque chose qui n'est pas en vigueur », a-t-il observé.
« Les manifestations » de jeudi en France traduisent « l'inquiétude » des Français « face à la crise mondiale » (mais  surtout pas face à l'absurdité des mesures gouvernementales françaises pour la combattre ?), a déclaré le chef de l'Etat. Il a remarqué que cette inquiétude n'avait « pas régressé depuis un mois et demi » et les manifestations du 29 janvier. « Mais qui aurait pu considérer que l'inquiétude aurait pu régresser entre les manifestations de janvier et celles de mars? », s'est-il demandé. Réponse : tous les couillons qui auraient pu croire dans le bien-fondé de ses réformes !
Faisant valoir que le nombre de grévistes avait été moindre jeudi que le 29 janvier (ndlr: 21,1% dans les trois fonctions publiques contre 25%), Nicolas Sarkozy a également remarqué que « le pays n'a pas été paralysé. Et ça n'a pas nui à la revendication », a-t-il ajouté, fier de ce résultat qui met en évidence la fin effective de la valeur du droit de grève ! Il est donc non responsable, non coupable, et surtout non garant de l'équité républicaine. C'est ça son véritable programme. Le reste n'est qu'illusion !
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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