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LES STATISTIQUES

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MAIS JE DEBLOGUE...

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 07:17
Toutes les crises ont été profitables à la Droite la plus extrême. C'est une constante dans l'histoire sociale que peu de femmes et d'hommes de gauche prennent en compte dans la période actuelle. Il n'est pas certain du tout qu'une gestion catastrophique de la situation économique débouche sur une alternance politique. Tous les signes prouvent le contraire, et il faut bien convenir que le choix de « l'enlisement », du « pourrissement », de « l'affrontement » peut être considéré comme une action volontariste destinée à renforcer l'éparpillement des oppositions, et donc le renforcement, de fait, de la majorité soutenant Nicolas Sarkozy. Les prises de position gouvernementales, après les manifestations de jeudi, témoignent de cette tactique que Laurent Fabius, avec sa sagacité habituelle, a bel et bien mise sur la table.
L'ex-Premier Ministre s'en est pris, samedi, à la « surdité économico-sociale » du gouvernement, deux jours après la forte mobilisation interprofessionnelle. « Deux à trois millions de personnes dans la rue, et aucune conséquence tirée par le pouvoir: cela montre une surdité économico-sociale. La crise est profonde, la réponse ne peut pas être "'je ne change rien'. A moins que l'exécutif n'ait choisi le pourrissement », déclare-t-il.
« Aujourd'hui, il suffirait d'une allumette pour tout embraser. Notamment chez les jeunes, qui, ne voyant aucun débouché, sont très inquiets. Je mets en garde contre ce risque », poursuit Laurent Fabius... Il est vrai que si l'on se réfère aux moments difficiles précédents,  il n'a pas tort. Le 23 et le 30 juin 1968 resteront en effet les références en la matière. Les stratèges élyséens savent bien que l'angoisse collective qui étreint le peuple peut le conduire à radicaliser ses positions, puis à effectuer machine arrière aussi vite. L'UDR, énième prémice de l'UMP, avait réalisé un hold-up historique, avec 293 députés contre 57 socialistes et 34 communistes. Et si l'opération se renouvelait? Quand on constate que, par exemple, les Socialistes ne sont pas arrivé, hier, à mobiliser sur Paris la foule pour la défense des libertés, on a un signe concret de cette indifférence générale pour les véritables problèmes rongeant la République, et plus encore un avertissement sans frais pour celles et ceux qui penseraient que le concept de l'homme à poigne s'est estompé  dans les esprits. Il sommeille dans les urnes hexagonales, et les opportunistes de tous ordres se tiennent dans les starting-blocks !
« S'embarquer dans un contre-sens qui est de penser que pour défendre la sécurité il faut rogner sur les libertés c'est une erreur, et encore plus une erreur quand on est de gauche », a affirmé Marie-Pierre de la Gontrie.  « La droite en France a souvent l'habitude, lorsqu'il y a une crise sociale, de mettre en place une législation de répression sociale, ce qui a été le cas au moment du deuxième choc pétrolier, dans les années 1980 » avec « la loi sécurité et liberté », affirmait-elle hier dans un Bercy à moitié vide. Partout la Droite renforce ses positions en Europe et se consolide sur la base des nécessités du combat à mener contre la crise. Hier en Italie, on a par exemple franchi un pas supplémentaire. Les héritiers du fascisme italien ont en effet dissous leur mouvement pour fusionner avec le parti conservateur de Silvio Berlusconi et unifier le centre droit, en dépit de rivalités persistantes entre ses dirigeants. L'Alliance nationale (AN), deuxième parti de la coalition gouvernementale, a tenu son dernier congrès à Rome, et approuvé sa fusion avec le Peuple de la liberté (PDL), bloc de centre droit de Silvio Berlusconi. Selon des commentateurs, Gianfranco Fini, dirigeant de l'AN, âgé de 57 ans, et actuel président de la Chambre des députés, attendrait en coulisse de succéder au président du Conseil, âgé de 72 ans, au cas où Silvio Berlusconi déciderait de se retirer.

LA FUSION INIMAGINABLE
S'adressant à 1.800 délégués de l'AN, Gianfranco Fini a déclaré que Silvio Berlusconi était certes le dirigeant du centre droit mais que ses alliés auraient toujours leur mot à dire au sein du nouveau parti, qui tiendra son congrès inaugural le week-end prochain.
« Berlusconi sait que son leadership solide et reconnu ne peut en aucun cas devenir un culte de la personnalité, a-t-il dit. Nous devons veiller à ce que le Peuple de la liberté ne soit pas le parti d'une personne, mais d'un pays. » L'AN, alliée au parti Forza Italia de Berlusconi depuis le milieu des années 1990, a fait campagne avec lui et sous les mêmes couleurs aux élections de l'an dernier, qui ont débouché sur une victoire écrasante du magnat de l'audiovisuel et lui ont valu un troisième mandat.

Bien que Gianfranco Fini ait d'abord paru hésiter à dissoudre l'AN, cette fusion couronne quinze années d'efforts de sa part pour se débarrasser de l'étiquette postfasciste et transformer sa formation en force conservatrice, acceptée sur un plan national. L'Alliance nationale, née en 1994, succédait au Mouvement social italien, fondé par des partisans de Benito Mussolini après sa mort en 1945, le mouvement fasciste du Duce ayant été interdit à l'issue de la guerre. Vêtu avec soin et s'exprimant avec aisance, Gianfranco Fini a évoqué un jour Mussolini comme le plus grand homme d'Etat du XXe siècle. Mais il a depuis lors pris ses distances avec les partisans douteux de l'AN et rompu avec ses éléments les plus durs.
Il s'est aussi appliqué à effacer certains des chapitres les plus noirs du régime mussolinien, en qualifiant les lois raciales antisémites de « sombre page de notre histoire ». Ces efforts ont été récompensés l'an dernier quand il a été nommé président de la chambre basse après le retour de Berlusconi au pouvoir, et lorsque l'AN a obtenu quatre postes ministériels dans son cabinet. Le parti a enregistré un gain supplémentaire avec l'élection d'un de ses représentants, Gianni Alemanno, au poste de maire de Rome - responsabilité incombant pour la première fois à un dirigeant de droite depuis l'époque de Mussolini. Jamais Berlusconi n'a eu une telle embellie, car il a laminé la gauche sous toutes ses formes.

HARO SUR LA JUSTICE
Berlusconi a tracé la voie. Il s'est confronté avec les juges, il domine personnellement ou familialement les médias, il gouverne par décrets plutôt que par la loi, il surfe sur l'insécurité, il exploite l'immigration, il exhorte au profit, il conjugue réforme et modernité... et il tape sur la justice qui l'agace. Restreindre le pouvoir exorbitant des juges d'instruction, séparer les carrières dans la magistrature, limiter l'usage immodéré des écoutes téléphoniques, assouplir les procédures judiciaires, repenser le Code civil et le Code pénal, construire de nouvelles prisons : c'est une fusée à plusieurs étages que le Conseil des ministres italien a décidé début janvier de mettre en chantier pour réformer une justice lente et inefficace. Lanterne rouge de l'Europe, l'Italie a maintes fois été condamnée à Strasbourg pour la durée excessive de ses procès et la disparité de ses jugements, d'une cour à l'autre. Silvio Berlusconi tient beaucoup à cette réforme : « C'est l'un des thèmes qui comptera dans le jugement sur son expérience politique », souligne le jeune garde des Sceaux, Angelino Alfano. Jamais l'Italie n'a connu une réforme de cette envergure. Elle veut restituer une plus large autonomie à la police judiciaire, face aux juges d'instruction, et se propose d'abolir l'obligation de poursuites pénales inscrite dans la Constitution italienne et appliquée, selon la Droite italienne, aujourd'hui de manière abusive et discriminatoire. Nicolas Sarkozy s'est donc largement inspiré de « l'expérience » de son ami italien.
« Le projet de supprimer le juge d'instruction pour confier toutes les enquêtes à un parquet hiérarchisé et dépendant de l'exécutif », prévu dans un pré-rapport du comité Léger pour une réforme pénale, "modifierait en profondeur notre régime procédural alors que les nombreuses réformes législatives que le parlement a adoptées ces derniers mois ne sont pour la plupart pas évaluées et pour certaines pas même en application", a constaté le collectif réuni à l'assemblée nationale samedi, qui compte dans ses rangs l'ancienne juge d'instruction Eva Joly, le juge d'instruction espagnol Baltazar Garzon ou encore l'ancien garde des sceaux Robert Badinter.
Badinter, qui signait samedi un point de vue sur ce thème dans Le Monde, est intervenu lors de cette rencontre. « Si nous devons avoir toute la procédure d'enquête entre les mains du parquet, assisté de la police judiciaire, tel qu'est aujourd'hui le rapport des magistrats du parquet au regard du pouvoir politique, ce n'est pas admissible », a déclaré l'ancien ministre. « Ce ne sera pas un progrès, ce sera une emprise beaucoup plus grande du pouvoir politique sur la marche des affaires individuelles ». Les juges ne disent pas autre chose en Italie.

S'INSPIRER DU CAVALIERE
Sur bien d'autres sujets il existe d'étranges similitudes entre les deux systèmes de gouvernement. En fait, l'Europe repose sur un triangle moins visible que celui « Brown, Merkel, Sarkozy » mais beaucoup plus efficace. Il est composé par la coalition « Barroso-Sarkozy-Berlusconi » dont l'impact sur la conduite des affaires européennes est essentielle. Les racailles, et les banquiers à bonus, sont associés, dans l'ire présidentielle, ou dans sa construction de survie. Les dirigeants de la Société générale, s'attribuant des stock-options indues, et les sauvageons qui ont attaqué, en quelques jours, un lycée à Gagny, des policiers aux Mureaux, et un principal de collège à Garges-lès-Gonesse, aussitôt reçu par le Président, ont bien mérité l'attention de l'Elysée. Selon le site du JDD « C'est le chemin vers 2012 qui est tracé, analyse un proche. Sarkozy va jouer une réélection à la Berlusconi, sur l'ordre et la sécurité. » Ordre économique, que bafoueraient des chefs d'entreprise; sécurité, mise à mal par les bandes... Et l'ordre social et politique, bouleversé par l'extrême gauche d'Olivier Besancenot, le troisième ennemi, la troisième cible, offerte en pâture pour oublier la colère sociale...
Sarkozy ne veut plus conquérir, mais protéger son camp, cette part de l'opinion qui lui reste fidèle, presque stoïquement. C'est pour elle qu'il développe sa stratégie de la tension. C'est la Grande Guerre, on désigne l'ennemi, Besancenot, les voyous, la Société générale... Et on tient, comme à Verdun. Et on fusille les mutins. La patronne des patrons, Laurence Parisot, jadis sarkophile, subit, stupéfaite, un pouvoir qui bouscule les chefs d'entreprise, qui menaçe de légiférer si les patrons ne diminuent pas eux-mêmes leurs rémunérations d'ici à la fin du mois, et qui intervient même dans le domaine sacré: la répartition de la richesse entre salariés et actionnaires ! Là aussi, c'est du berlusconisme. La patronne des patrons italiens (étrange similitude), Emma Marcegaglia, qui a rencontré Silvio Berlusconi la semaine dernière, a demandé à celui-ci de donner de vraies réponses aux demandes des entreprises: en clair, un apport d'argent frais pour soutenir les entreprises à la trésorerie exsangue. Ces propos viennent en réponse aux récentes déclarations du "Cavaliere" qui indiquait que les médias exagéraient les effets de la crise en la qualifiant de "tragique" et que, selon lui, il y avait lieu d'être optimiste, car son gouvernement a fait ce qu'aucun autre gouvernement n'a fait pour soutenir les entreprises. Pour le pouvoir d'achat, c'est encore la solidarité absolue.
Mais je déblogue...

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Published by Jean-Marie DARMIAN - dans ACTUALITE
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commentaires

Baillet Gilles 25/03/2009 20:09

Bonjour,prenez garde monsieur Marc d'Héré de ne pas vous retrouver en garde à vue dans un commisariat pas trés accueillat pour une broutille: l'an dernier 1% de la population a connu la joie des fouilles au corps et autres humiliations, bien souvent pour rien! J'espère que vous avez en permanence votre carte UMP, elle peut vous servir...

marc d'Héré 23/03/2009 14:46

Vous stigmatisez l'indifférence aux vrais problèmes qui aurait conduit les socialistes à bouder le "zénith de Martine Aubry" et à transformer cette réunion en bide retentissant! Mais si, au lieu d'indifférence, c'était tout simplement de la lucidité. Personne ne peut croire sérieusement que Nicolas Sarkozy menace de quelque manière que ce soit la démocratie ou les libertés, quand au contraire il les renforce. Personne, sinon ces  antisarkozystes obsessionnels dont parle  le socialiste Manuel Valls et que vous connaissez très bien Monsieur Darmian....